de Pierre Assouline

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La République des livres
Pessoa, intranquille comme personne

Pessoa, intranquille comme personne

Une règle d’or : ne jamais se laisser influencer par l’épaisseur d’une biographie, qu’elle vous décourage ou qu’elle vous impressionne par son poids. Une telle mise en garde est indispensable en s’emparant (des deux mains sinon c’est une foulure du poignet assurée) de Pessoa. L’œuvre-vie (Pessoa. A Biography, traduit de l’anglais par Nicolas Richard, 1280 pages, 39,90 euros, éditions du Seuil) de l’américain Richard Zenith qui semble avoir voué sa vie à cette œuvre. Monumental, sans aucun doute. Un évènement, soit. Et alors ? Cela ne suffit pas. A l’examen, c’est époustouflant de finesse critique dans l’analyse des textes, de prudence éclairée dans la critique des sources, de parfaite connaissance des contextes politique, social, littéraire, artistique. Et c’est l’exploit du traducteur d’avoir rendu fluide et enthousiasmante la lecture de ce pavé. Il est vrai que le biographe a été animé du souci de tout rendre visualisable par le lecteur ; une prouesse s’agissant d’un poète et écrivain chez qui tout passait par le ressenti, qui n’aura cessé depuis son plus jeune âge d’inventer, d’expérimenter, d’imaginer, de rêver surtout en faisant tout passer par les mots.

Œuvre-vie, comme l’indique le sous-titre en couverture, c’est le cas de leur dire non seulement parce qu’elles font vraiment qu’une mais encore parce que l’auteur les traite ainsi, ne songeant jamais tout au long de ce bon millier de pages à les dissocier. Fernando Pessoa (1888-1935) a tout écrit, touché à tous les genres littéraires, des plus attendus (poésie, traductions…) aux plus surprenants (autoanalyses, thèmes astraux…). Un archipel que cette œuvre. Il est dominé par Le Livre de l’intranquillité (traduit du portugais par Françoise Laye, 624 pages, 30 euros, Christian Bourgois éditeur, 1988) autobiographie sans évènement, quelques cinq cents passages rédigés sur des registres, des tons, des styles, des sujets variés, qui a assuré sa gloire posthume (la première édition en portugais ne remonte qu’à 1982), échappe aux catégories littéraires classiques. Son biographe s’est résolu à le présenter comme « son Journal intime semi-fictif ».

Le néologisme de l’« intranquillité » a été inventé (bien qu’une occurrence de ce terme inconnu ait été retrouvée dans un vieux poème d’Henri Michaux), en tout cas popularisé par la traductrice Françoise Laye en 1988 pour rendre en français desassossego (le mot était venu sous la plume du poète le 20 janvier 1913) exprimant à la fois le désarroi, l’angoisse et l’inquiétude. Quelque soixante-dix hétéronymes recensés dont quatre (Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos, Bernardo Soares) sont les principaux, les piliers du système de ce livre, de véritables alter ego, tous trois nés en 1914 à la veille de la guerre. A ceux qui découvriraient cette œuvre, il convient de préciser qu’il s’agit bien d’hétéronymes (situés hors de sa personne) totalement créés par lui et non de pseudonymes (l’auteur en propre personne).

Leur invention de même que leur réunion sous sa plume avaient pour but de lui conférer un moi unifié et cohérent dont l’absence le faisait souffrir. Ces personnages composaient son orchestre intime pas toujours très harmonieux car chacun à sa manière avait des prétentions de soliste. Contrairement à Joao Gaspar Simoes, premier biographe de Pessoa en 1950, Zenith ne croit pas que les hétéronymes relevaient d’une fabrication artificielle et insincère, un exotisme créé pour appâter le chaland, une manigance mystificatrice mais qui ont toutes périclité au bout de quelques mois. Il leur rend justice notamment à la fin du livre en les incluant dans la chronologie de leur créateur à leur date de naissance mais en se gardant bien de signaler celle de leur mort puisqu’ils vivront tant qu’il y aura des livres et des yeux pour les lire.

« J’ai mal à la tête et à l’univers entier »

De son vivant un certain nombre de poèmes de sa main parurent dans des revues et des journaux, mais l’essentiel de ses textes ne fut révélé qu’à titre posthume. Il ne ressentait aucune urgence à publier. Seule lui importait l’écriture en elle-même, acte unique qui assurait sa survie à ses yeux dès lors qu’il s’organisait autour de sa « poétique du moi fragmenté », un moi éparpillé et flou mais un moi constamment irrigué par sa relation à autrui en vertu de l’entretien que nous sommes.

Tout ce qu’il écrivait portait la marque de l’hésitation et de l’inachèvement, les deux fléaux majeurs contre lesquels il luttait avec son irrésolution. Autant dire que la notion même d’« édition définitive » de son œuvre est vouée à l’échec le concernant tant « le principe d’incertitude » gouvernait tout ce qu’il a écrit. De toute façon, « il n’existe pas de livre-matrice auquel se référer ». Tout au plus peut-on esquisser des analogies avec un autre grand livre. Richard Zenith s’y emploie en le rapprochant de L’Homme sans qualités de Robert Musil au motif que les deux sont mus par des idées tout en étant dépourvus d’intrigue (mais est-ce si original) et que leurs narrateurs observent le monde sans pouvoir agir sur lui tant la volonté leur fait défaut (et Bartleby ? et Oblomov ?). Sur le plan philosophique, il le rapproche plutôt de Kierkegaard. Mais c’est à Shakespeare qu’il a recours pour lui trouver un glorieux prédécesseur dans sa manière de transformer sa vie en allégorie. Autant de parallèles éclairant mais de biais car cette œuvre à l’écoute de la chute du temps est sans pareille.

Rassurez-vous : malgré le nombre d’années consacrées à cette enquête et la quantité d’écrits que cela a suscité sous sa signature, Richard Zenith juge lui-même que le mystère Pessoa demeure inentamé. Cela a suffi à ses admirateurs pour lui accorder le statut intouchable de poète maudit. Quelque chose d’essentiel résiste encore, mais quoi ? Sa pudeur, sa réserve, sa timidité, son sens maniaque du rangement et de l’organisation, son misérable tas de secrets sur sa vie privée, sa relation avec Ophelia Queiroz la seule amoureuse qu’on lui connut (célibataire convaincu, il est mort puceau à 47 ans de son propre aveu). En présence d’une femme qui l’attirait, son premier réflexe était de s’enfuir. Chez lui, tout passait par les mots, rien que les mots. Il ne lui suffisait pas rêver sa vie, de l’imaginer ; encore lui fallait-il la visualiser jusqu’à la cartographier.

« Pessoa, par-dessus tout, ressentait »

Quoi ? Tout. A commencer par ce sentiment étouffant, asphyxiant même, selon lequel la vie ne suffit pas. Or l’humanité ordinaire le dégoûtait, c’était épidermique, seulement voilà : il n’y en avait pas d’autres. Rien ne vaut de passer son temps aux terrasses de cafés à Lisbonne à refaire le monde en compagnie de quelques amis choisis, poètes, philosophes, écrivains. Il avait bien participé à la création de quelques petites sociétés à l’objet divers et varié ainsi que de modestes revues où il publiait ses poèmes mais leurs existences furent éphémères. Mais de quoi vivait-il alors ? question majeure s’agissant de tout artiste qu’Henri Cartier-Bresson m’enjoignait de me poser systématiquement en toutes circonstances. (« D’où vient l’argent ? »). Richard Zenith nous l’apprend : en 1907, il a bénéficié d’un héritage « considérable » à la mort de sa grand-mère et quand celui-ci menaçait de se réduire en peau de chagrin, ses riches tantes le renflouaient.

Le monde de Pessoa est si insaisissable stricto sensu qu’il devrait décourager les metteurs en scène de s’y frotter. A l’écran, cela n’a rien donné de convaincant fut-ce à travers le filtre Tabucchi. Au théâtre, où Pessoa s’était essayé, le pire et le meilleur. Le pire, c’est en ce moment. Pessoa Since I’ve been me, le spectacle de Bob Wilson repris au Théâtre de la Ville à Paris jusqu’au 21 juin, échoue à refléter ce grand manège de la sensation pure que son œuvre exprime. C’est juste une succession de tableaux certes saisissants de beauté formelle. Tout pour l’esthétique contrairement au Regard du sourd ou à Einstein on the Beach. On est émerveillé mais l’émotion s’arrête là. Les fragments de textes lus en plusieurs langues ne suscitent pas la moindre émotion ni le moindre intérêt. Ca veut mimer mais ça ne fait que grimacer ; au lieu de danser, ça gesticule. Où sont le théâtre et l’opéra ? Dommage que l’esprit et l’âme de l’écrivain soient absents de ce simulacre de pièce qui hésite entre le cabaret et le music-hall malgré l’énergie déployée par Maria de Medeiros dans le rôle-titre. On n’entend pas sa musique intérieure dont la lecture en solitaire d’une seule page du Livre de l’intranquillitéou de certains de ses poèmes nous suffirait à en percevoir les échos. Ce n’est pas dans ce spectacle que l’on découvrira tout simplement un autre monde, une prose poétique qui a trouvé une manière unique de dire l’écoulement du temps, le secret que nous sommes pour nous-mêmes, la quête d’identité comme une obsession, l’art de la fuite. Ses derniers mots :

« Je ne sais pas de quoi demain sera fait »

 Reste le meilleur. C’était pour la création d’Ode maritime adapté par Claude Régy de l’œuvre de Pessoa en 2009 au Théâtre de Vidy sur les rives du Léman à Lausanne avant d’être donné à Avignon puis de partir en tournée. Quel paradoxe de quitter un tel lieu le coeur léger après avoir assisté à un spectacle d’une grande violence ! Non que l’on se réjouisse d’en avoir terminé, au contraire. Alors ? Le bonheur de se sentir reconnaissant. Il n’y a pas d’autre explication que cette gratitude en remerciement de ces deux heures d’intelligence et de sensibilité. Leur alchimie dépendait du comédien, Jean-Quentin Châtelain. Le résultat fut un vrai choc. Pessoa avait publié Ode maritime (traduit du portugais par Dominique Touati, Éditions de la Différence, 1990) en 1915 dans la revue Orpheu sous la signature d’Alvaro de Campos, l’un de ses chers hétéronymes. Claude Régy s’en était emparé et avait revu et adapté les exigences de la traduction littéraire à celles de la scène avec l’aide d’un expert de la langue d’origine, lui qui ne connaissait que le français ; cette fois donc avec Parcidio Gonçalves. Outre la violente beauté du texte, et sa radicalité absolue qui correspond si bien à sa conception du théâtre, il voulait faire passer ce qui l’avait particulièrement touché : la nostalgie de l’enfance qui s’en dégage dans la dernière partie, lorsque Pessoa introduit Jim Barns, personnage que l’on croirait surgi de L’Ile au trésor, et sa chanson de pirates si typique de la manière de Stevenson, avec ses histoires de coffres à merveilles analogues à la malle en bois dans laquelle Pessoa avait lui-même entassé quelques 25 000 feuillets que l’on retrouvera après sa mort. Relique laïque du culte de Pessoa, elle fut rachetée (vide, bien sûr) par un collectionneur portugais qui conserve farouchement l’hétéro… pardon, l’anonymat.

« Et m’enveloppe comme le souvenir d’une autre personne

Qui mystérieusement serait moi »

   Inoubliable Jean-Quentin Châtelain, seul sur scène, debout face à nous, au bord d’un quai qui n’est plus que mélancolie de pierre, narrateur et unique personnage de ce spectacle. Le proférateur devrait-on dire car lorsqu’il ne mâchait pas son texte avec une diction qui lui est propre, le saccadant, le ruminant, le découpant, le crachant, il criait.

« Aho-ô-ô-ô-ô-ô-ô-yyyyyyy Goëlette aho-ô-ô-ô-ô…. »

Cette litanie qui joue sur tous les registres d’une voix, du murmure effondré à l’appel au grand large, s’inscrit dans une longue coulée de poème en vers rythmée par des jeux de lumière et un tapis sonore. Jamais une silhouette immobile ne nous aura fait autant voyager dans le grand dehors. Toutes les mers, tous les océans, tous les ports, tous les matelots, mousses, navigateurs, hommes d’équipage et gabiers s’exprimaient par la voix d’un seul. Une orgie océanique parmi des vapeurs aux allures de prolétaires des mers.

« Et vous ô choses navales, vieux jouets de mes songes !

 Composez hors de moi ma vie intérieure ! ».

(…) Tout navire au loin est un bateau à voile proche,

 Tout navire distant vu maintenant est un navire dans le passé vu de près.

Tous les marins invisibles à bord des navires à l’horizon

Sont les marins visibles du temps des vieux navires,

De l’époque lente et voilière des navigations périlleuses,

De l’époque de vois et de toile des voyages qui duraient des mois ».

Des femmes y sont violées, des blessés balancés aux requins, des enfants enterrés vivants dans des îles désertes dans l’évocation du mystère joyeux et triste des arrivées et des départs. A la fin seulement, après cet appel à notre imagination, interpellation personnelle qui nous cloue durant une centaine de minutes, on se rend compte que ce n’étaient pas des paroles mais une musique que lançait cette voix sans bouche surgie du néant.

« Faites des gréements de mes veines ! »

Il faut être habité, hanté, halluciné pour incarner un tel texte comme Jean-Quentin Châtelain y parvient. Il implore qu’on le piétine, qu’on l’attache au mât, qu’on le flagelle, qu’on le torture, qu’on lui casse les os, qu’on lui arrache les yeux. Il implore à mort. Ainsi se laisse-t-on envoûter par l’émotion qui sourd du moindre de ses sons. On sent une telle fragilité en lui qu’on voudrait l’aider avant que ses hurlements au loin nous en retiennent. On assiste alors à ce phénomène rare sur une scène : un homme déchiré par ce qu’il s’extorque, le corps et l’âme ne faisant plus qu’un dans un moment d’une intensité qui ne se laisse pas oublier. « Les vents de Patagonie ont tatoué mon imagination » scande-t-il.

Fernando Pessoa craignait la folie car il savait que cette crainte relevait déjà de la folie. Son porte-parole nous insuffle cette angoisse, délire des choses maritimes, jusqu’au vertige. On en ressort intranquille mais heureux, comme si le clapotis du Tage venait de submerger nos sens. L’art, probablement. C’était il y a une quinzaine d’années. Le temps a passé mais Pessoa transcendé par le génie de Régy et celui de Chatelain me hante encore alors que ce que j’ai vu et entendu sur la scène il y a quelques soirs à Paris est déjà oublié. Restera aussi l’étourdissante biographie de Richard Zenith, longtemps sans aucun doute. Il n’est pas né celui qui la rendra obsolète.

(« Fernando Pessoa fotografado na Baixa de Lisboa nos anos 20 do século XX – esta é uma das imagens mais marcantes do seu quotidiano. Pessoa a caminhar no Chiado. »Au musée Fernando Pessoa et dans son quartier à Lisbonne ; Une scène du Pessoa de Bob Wilson  » photos Passou)

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commentaires

1 631 Réponses pour Pessoa, intranquille comme personne

J J-J dit: 21 juin 2026 à 10h25

Merci, ah ouais, OK
C’est quoi un phylactère dans une BD ? Les personnages s’expriment grâce au texte qui est placé dans les BULLES, appelées aussi phylactère. Chaque bulle possède une queue ou appendice. La pointe de la queue indique le personnage qui parle. Les bulles sont placées sur la page dans un ordre bien précis.

Come back pour notre ami catholique intégriste (humour des endives) :

Le commun des « assistés » être d’être dépourvus d’ordinateurs.
D-D, lui, est un « super assisté par ordinateur ».

Christiane dit: 21 juin 2026 à 11h04

Renato, les mots bleus, n’est-ce pas une chanson de Christophe ?
Quand même qu’elle idée. C’est une forme d’édition qui donne le torticolis !

bolibongo dit: 21 juin 2026 à 11h04

Oui, le lien, merci JJ-J, pourrait donner lieu à un rapprochement Pessoa/Guyotat?

 » L’histoire du coma est attestée. Elle est autobiographique, mais elle a aussi quelque chose de légendaire qui la rend inséparable de la figure héroïque d’un auteur entièrement voué à son œuvre. En ce sens, elle participe à sa consécration comme grand écrivain à une époque et dans un pays qui n’en produisaient plus. Grand écrivain, c’est-à-dire inventeur de langue et, qui plus est, capable de survivre à sa mort. Comme Dante, Guyotat est descendu aux Enfers et en est remonté pour raconter ce qu’il a vu, « ayant tant souffert dans cette traversée », comme il l’écrit dans Coma (2006). Que Dante soit réellement allé dans les Enfers importe peu, car la vérité de l’épisode tient à sa dimension symbolique – dimension qui a également pris le dessus sur l’épreuve vécue de mort partielle (trois jours de coma) et de retour à la vie de Pierre Guyotat. Le coma symbolise, avec une évidence que n’a pas l’œuvre, l’expérience concrète de perte de soi vécue dans une écriture devenue le corps même ; l’auteur s’est dépouillé de son moi, de son individualité, pour absorber la totalité du drame de l’expérience humaine.« Les seuls gestes qui me font ressentir que j’ai encore un peu d’os et de chair, c’est des gestes vers les autres : tous ceux que je peux faire pour moi, vers moi, ont disparu. »Il s’est exclu du lot commun en renonçant au confort d’une vie singulière pour embrasser le monde entier, dans une empathie véritablement océanique. Comme Dante, il revient de sa traversée avec une langue neuve et bouleversante. À ceci près que le monde dans lequel évoluait et écrivait Dante était encore lisible, ou qu’on pouvait y distinguer des architectures et des lois. L’enfer d’où revient Guyotat n’est plus assignable à aucune forme lisible. Déchiquetée, sa langue porte entièrement la marque du mal et de la destruction. »

puck dit: 21 juin 2026 à 11h30

l’autre différence entre Musil et Pessoa, probablement ce qui les éloigne le plus c’est leur engagement politique.

Musil était un pacifiste et démocrate grand défenseur de la pluralité : son livre l’HSQ a été écrit pour démolir le livre de Spengler sur le déclin de l’occident.
Musil était conscient des pires choses que peut produire l’occident (il a fait la guerre 14-18), mais il estimait que cette civilisation portait en elle le mielleur qui pouvait la sauver de ses démons a savoir l’esprit critique.

Pessoa c’est tout le contraire : c’est un anti démocrate et anti lébéral, lui défendait une mystique hyper nationalisme et autoritaire, voire même totalitaire.

du coup faire cette comparaison en le bouquin de Pessoa et celui de Musil c’est non seulement une défaillance de l’esprit critique, une faute de gout esthétique, carrément un contre sens qui vaudrait un zéro pointé dans une épreuve de philo au bac.

mais en plus cette comparaison démontre la confusion mentale et morale dans laquelle nous baignons où le langage dit le contraire de ce qu’il désigne.

c’est limite puant : ça veut dire que nous ne sommes même plus capable de faire la différence entre un démocrate et un anti démocrate !

ce qui se vérifie chaque jour dans les discours politiques des globalistes européistes bellicistes avec leur qi d’huitre qu’on entend tous les jours : ces gens qui ne savent pas dire une seule phrase qui ne soit pas un mensonge !

nous avoins fait du mensonge notre première valeur morale !

et alii dit: 21 juin 2026 à 11h40

ùmrerxoi renato
iun, articler sdur le centre
La pièce est couronnée par une peinture in situ d’Idris Khan, composée de milliers de mots estampés à la main tirés du discours du président Obama à Selma. Il s’agit de l’une des 28 commandes réalisées pour le campus, dans le cadre d’un ambitieux programme artistique dirigé par Virginia Shore. Parmi les autres points forts, citons l’installation de Julie Mehretu sur la façade nord de la tour, la peinture de Mark Bradford sur trois étages dans l’atrium du hall d’entrée, et l’arche géante de Martin Puryear sur la place.

Jean Langoncet dit: 21 juin 2026 à 13h51

@Pessoa, intranquille comme personne

Tranquille le chat …

Persona Pessoa dixit

1. Persona : étymologie et évolution sémantique

1.1. Origine latine

Le mot persona apparaît en latin classique avec deux sens principaux :

le masque de théâtre, souvent en bois ou en cuir

le rôle joué par l’acteur

L’étymologie exacte est débattue :

Hypothèse phonétique (la plus célèbre) : per‑sonare → « résonner à travers ».Le masque antique amplifiait la voix de l’acteur.→ Persona serait donc littéralement ce par quoi la voix passe.

Hypothèse étrusque : dérivation d’un terme étrusque phersu, désignant un personnage masqué dans les rites funéraires.→ Cette piste souligne l’idée de figure, de double, de représentation rituelle.

Dans les deux cas, persona désigne une figure qui n’est pas l’individu réel, mais une projection, un rôle, une façade.

1.2. Passage au sens psychologique

Dès l’Antiquité tardive, persona prend le sens de :

individu social,

identité juridique,

fonction.

C’est ce sens qui dominera dans les langues romanes : personne, persona, persona (espagnol), person (anglais).

1.3. Réactivation moderne : Jung

Carl Gustav Jung réactive le sens théâtral :→ la persona est le masque social, l’image que l’on présente au monde, par opposition au soi profond.

Cette distinction jungienne est extraordinairement pertinente pour comprendre Pessoa.

2. Persona et Fernando Pessoa : un lien nominal et conceptuel

2.1. Le nom « Pessoa »

Le patronyme portugais Pessoa vient directement du latin persona.Il signifie littéralement « personne », « individu », mais aussi — par rémanence — « masque », « rôle ».

Pessoa porte donc dans son nom même :

l’idée d’identité,

l’idée de multiplicité,

l’idée de masque.

C’est un cas rare où l’étymologie du nom propre semble annoncer l’œuvre.

3. Les hétéronymes : au-delà du pseudonyme, une démultiplication de la persona

Pessoa ne crée pas des pseudonymes, mais des hétéronymes, c’est‑à‑dire :

des auteurs complets,

avec une biographie,

un style,

une vision du monde,

une date de naissance (mais pas de mort, comme le rappelle l’article de Passou)

Chaque hétéronyme est une persona au sens antique :→ un masque qui parle, un rôle qui résonne à travers l’auteur.

Mais Pessoa va plus loin :il habite ses hétéronymes, il pense par eux, il écrit comme eux.

3.1. Alberto Caeiro : la persona du maître païen

Masque de la simplicité, du naturalisme absolu.Caeiro est la persona de l’immédiateté.

3.2. Ricardo Reis : la persona stoïcienne

Masque de la mesure, de l’ode horatienne.Reis est la persona de la discipline.

3.3. Álvaro de Campos : la persona du modernisme exalté

Masque de l’excès, de la vitesse, de la crise.Campos est la persona de la démesure.

3.4. Bernardo Soares : la persona de l’intranquillité

Masque du demi‑hétéronyme, presque Pessoa mais pas tout à fait.Soares est la persona du moi fissuré.

4. Implications philosophiques : Pessoa comme dramaturge de lui-même

4.1. La fragmentation du moi

Or persona signifie précisément le rôle, non l’essence.

Pessoa ne cherche pas son identité :il la multiplie,il la diffracte,il la met en scène.

4.2. Le paradoxe nominal

Pessoa, dont le nom signifie « personne », est précisément celui qui :

ne se sent personne,

devient plusieurs personnes,

fait de la persona un système littéraire.

C’est un cas unique où le nom propre devient programme poétique.

4.3. L’hétéronymie comme réponse à l’intranquillité

L’article évoque l’« intranquillité » comme néologisme central.Cette intranquillité est celle d’un sujet qui ne parvient pas à se stabiliser dans une seule persona.

Les hétéronymes sont donc :

des solutions existentielles,

des masques nécessaires,

des voix qui permettent de respirer.

5. Synthèse : ce que révèle l’étymologie de persona chez Pessoa

5.1. Trois niveaux d’articulation

Étymologique : persona = masque, rôle, voix.

Nominal : Pessoa = « personne », mais aussi « masque ».

Poétique : hétéronymes = système de masques parlants.

5.2. Conclusion forte

Fernando Pessoa est peut‑être l’écrivain qui a le plus radicalement exploré ce que signifie persona :

la voix qui résonne à travers un masque,

la multiplicité des rôles,

l’impossibilité d’un moi unifié,

la création d’identités littéraires autonomes.

Il n’a pas seulement porté le nom Persona.Il en a fait une ontologie, une esthétique, une méthode d’existence.

Charquemont dit: 21 juin 2026 à 14h46

La doctrine de la Sainte Trinité affirme qu’il existe un seul Dieu en trois personnes distinctes et égales : le Père (la source), le Fils (Jésus-Christ, la Parole) et le Saint-Esprit (le souffle). Elles partagent la même nature divine sans être trois dieux différents.

Jean Langoncet dit: 21 juin 2026 à 14h46

La première intention était la suivante : proposez une recherche étymologique structurée du mot latin persona, suivie d’une mise en perspective directe avec Fernando Pessoa et ses hétéronymes

et alii dit: 21 juin 2026 à 14h49

¨Pessoa ,et bien sur, ses traducteurs et critiques, n’ont pas oublié nobody

Christiane dit: 21 juin 2026 à 14h55

Donc, Pessoa et ses hétéronymes.
Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos, Bernardo Soares, et lui, Fernando Pessoa. Ce n’est pas « Je est un autre » mais tous ces autres sont un.
« Le livre de l’intranquillité » est construit en fragments numérotés, tous attribués à Fernando Pessoa. Est-ce un livre ? Un journal, une absence, un rêve,… on ne sait. Il écrit et j’écoute.
Fernando Pessoa existe-t-il ?
Pourquoi dans le fragment 24, le garçon de café, se tournant vers lui, lui dit :- A bientôt, monsieur Soares.
Est-ce un clandestin ?
Pourquoi tente-t-il de trouver sa personnalité en la perdant ?
Il écrit, dans le f.39, « J’ai été moi-même un autre pendant très longtemps-depuis ma naissance, depuis la conscience (…) et je me réveille sachant que j’existe plus fermement que tout ce que j’ai été jusqu’à maintenant. Mais la ville m’est étrangère, les rues me sont inconnues, et le mal est sans remède. Donc. J’attends, que la vérité me quitte, pour me laisser à nouveau nul et fictif. »
Et dans le f. 42, « M’en aller de la rue des Douradores vers l’Impossible… Me dresser de ce bureau vers l’inconnu. »
Et dans le f. 51 : « Personne ne parvient là-bas, n’y parviendra jamais. Même si, par une fuite contradictoire du temps et de l’espace, je pouvais m’évader du monde, personne ne m’y rejoindrait jamais. J’y attendrais vainement quelque chose, sans savoir quoi, et il n’y aurait à la fin de tout, que la lente tombée de la nuit… »

renato dit: 21 juin 2026 à 15h08

Même Borges, semble-t-il, n’existait pas. Je me souviens d’un article rapportant une opinion publiée par une revue argentine de droite, selon laquelle Borges n’existait pas, qu’il avait été entièrement créé par un groupe d’écrivains dont Leopoldo Marechal, Adolfo Bioy Casares et Manuel Mujica Lainez… selon certains théoriciens du complot, cela expliquerait l’échec de l’attribution du prix Nobel au poète aveugle.
Bref, le bon vieillard photographié comme une star par certaines stars de la photographie du XXe siècle serait un acteur ; mais à un moment indéterminé de ma pensée, plutôt qu’une invention de trois écrivains talentueux, j’imagine que c’est une invention de Borges qui admet sa propre non-existence et invente la nouvelle que Borges n’existe pas.

Un doute dans ce sens m’est venu à l’esprit en lisant Borges et son double. Je pense que ce sont quelques pages de Cartographies d’un destin ou de L’Autre dans Le Livre des Sables , je devrais chercher, mais je n’en ai pas envie, donc, de mémoire. Borges est assis sur un banc et regarde couler une rivière, soudain une voix familière parvient à son oreille, venant d’un banc voisin. Intrigué, il se lève et s’approche de la personne assise sur le banc et, à son immense étonnement, découvre que cette personne est lui-même, mais de plus de soixante ans son cadet. Il pose quelques questions au jeune Borges, révèle son identité et le prouve en décrivant les détails de la maison à Genève où vit désormais le jeune Borges. Et ainsi de suite jusqu’à l’ébauche d’un anti-inventaire : « Je ne sais pas combien de livres vous écrirez, mais je sais qu’ils seront nombreux. Vous écrirez des poèmes qui vous procureront un plaisir incroyable et des histoires fantastiques. Vous enseignerez également, comme votre père et comme beaucoup d’autres de notre sang. » Et il est heureux que le jeune Borges ne lui ait pas posé de questions sur l’échec ou le succès des livres.

et alii dit: 21 juin 2026 à 15h16

Être Personne et n’être personne. Le pouvoir de l’alias d’Ulysse
Pascale Brillet-Dubois

D. dit: 21 juin 2026 à 15h19

Il faut craindre beaucoup de pertes humaines pendant cet épisode caniculaire, mais également des pertes d’animaux d’élevage, notamment pour ceux élevés en hangars fermés. Les porcs, par exemple, aussi les poules élevées en batterie.

D. dit: 21 juin 2026 à 15h25

Beaucoup de productivité en moins, donc. Oeufs, lait, viande.
Certains maraîchers sont déjà sinistrés. Faute d’avoir pu ombrer partout, leurs plants de légumes sont littéralement grillés en tout ou partie ou ne produisent plus rien, la plante étant stressée à un point de non-retour.
Le résultat à venir ; des prix très élevés à prévoir et une rareté ou une pénurie de certains produits en juillet-août.

Donna Ricaud-Veyre dit: 21 juin 2026 à 15h32

Monsieur Dé, ils ne vous répondront pas, la plupart des commentateurs sont harrassés et ont perdu toutes leurs forces. Seuls quelques durs-à-cuire, du genre renato, ouvrent encore la bouche, mais comme des poissons hors de l’eau. C’est affreux. Moi ça va, j’ai la clim.

D. dit: 21 juin 2026 à 15h33

Mes poules aussi ont la climatisation dans le poulailler. Je ne me fais aucun souci pour elles.

D. dit: 21 juin 2026 à 15h36

Et la Gigi ? J’espère qu’on ne va pas la perdre. Est-ce que quelqu’un la brumise à intervalles réguliers ?

Donna Ricaud-Veyre dit: 21 juin 2026 à 15h37

Je ne suis pas sûre, Monsieur Dé. Je préfère ne pas y penser.

J J-J dit: 21 juin 2026 à 15h43

La petite notule sur votre guerre d’Algérie, lors du souvenir de vos dix ans. Vous continuez à peaufiner votre Légende. Mais qui diable vous le reprocherait ? Cette femme, tout de NOIR vêtue, qui vous intriguait…

Achevé ma lecture de Boualem, justement. Comment le Canard de Pagès a-t-il pu parler d’un « navet » littéraire ? La mauvaise foi pro l-f-i-ste de ce journal, quand on y pense !…
Entre autres mille observations, accablement et indignations mentales, un admirable passage entre tous sur le souvenir de ce maton, « agent (exemplaire) de continuité » carcérale.
« Les dictatures ne tiennent pas seulement par leurs chefs, ni par leurs lois, ni même par leurs armes. Elles tiennent par des hommes comme Youssef (ni des bourreaux, ni des victimes »). Des hommes qui ne haïssent pas, qui ne crient pas, ni ne doutent pas -mais qui continuent. Et tant qu’ils continuent, tout continue » (p. 162).

J J-J dit: 21 juin 2026 à 15h50

@ Et la Gigi ? (15.36). Votre allégeance à la haine commune me déçoit toujours un peu. Pourquoi m’appelez-vous ainsi ?… Je ne me suis jamais affublé d’un tel pessoaïsme.
N’ayez crainte. Sachez que, fort de mes propres conseils, je m’étire les ailes sous le brumisateur, comme nos poules, pour ne pas m’étroicir. Tvb pour l’instant, merci. Bàv.

Jean Langoncet dit: 21 juin 2026 à 15h51

Capté en passant ; sans doute un agité du bocal qui « continue pas » et prend ce cul de basse fosse pour une source d’information fiable

« «Macron a été destitué !» : un octogénaire tire sur des gendarmes, convaincu que la révolution a éclaté

Retranché dans le sous-sol de sa maison après avoir blessé deux militaires avec un fusil, l’octogénaire s’est finalement rendu au GIGN.

Il croyait à la révolution. Ce samedi 20 juin, vers 18h50, aux abords de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), un homme de 82 ans, convaincu que le président de la République avait été renversé, s’est emparé d’un fusil et de cartouches avant de sortir de son domicile, proférant des paroles telles que «c’est la révolution» et «Macron a été destitué», explique le Parquet de Chartres dans un communiqué transmis au Figaro.

Alertée par l’épouse, la gendarmerie dépêche aussitôt «cinq militaires du Peloton de Surveillance et d’Intervention de la Gendarmerie (PSIG) de Nogent-le-Rotrou.» À leur arrivée, la fille du couple les informe que son père se tient dans le jardin, embusqué «derrière un cèdre», une arme en main. Les militaires engagent alors le dialogue tout en progressant prudemment vers le vieil homme. C’est alors qu’il fait feu «à trois reprises» dans leur direction. Deux gendarmes sont atteints «aux jambes», précise le parquet.(…) »

Christiane dit: 21 juin 2026 à 16h38

Et des tentatives d’élucidation comme à la fin du f.299
« J’ai créé en moi diverses personnalités. J’en crée constamment de nouvelles. Chacun de mes rêves s’incarne, dès son apparition, en quelqu’un d’autre, qui se met à rêver à ma place.
Pour créer je me suis détruit ; je me suis extériorisé au-dedans de moi à tel point qu’en moi, je n’existe plus qu’extérieurement. Je suis la scène vide où passent divers acteurs, jouant diverses pièces. »

Le plein du vide…

Jazzi dit: 21 juin 2026 à 16h50

« Il est bon pour l’ehpad. »

L’asile, carrément !
Une victime de la canicule…

Jazzi dit: 21 juin 2026 à 16h59

Lue une très bonne critique de « La Légende » sur les réseaux sociaux, JJJ. L’auteur prenait le contre-pied les versions officielles de la presse de l’intelligentsia de gauche (pléonasme) et retournant leurs critiques négatives en qualités positives.
Notamment sur les répétitions et approximations, qu’il trouvait au contraire parfaitement justifiées et il argumentait en ce sens…
Je ne retrouve malheureusement pas le lien !

Jazzi dit: 21 juin 2026 à 17h16

« Borges est assis sur un banc et regarde couler une rivière, soudain une voix familière parvient à son oreille, venant d’un banc voisin. Intrigué, il se lève et s’approche de la personne assise sur le banc et, à son immense étonnement, découvre que cette personne est lui-même, mais de plus de soixante ans son cadet. »

C’est le thème de L’Autre, la nouvelle qui ouvre Le Livre des Sables, renato.
Une petite merveille de quelques pages.

Chaloux dit: 21 juin 2026 à 18h06

La boldoclopine pense comme George Sand. Vraiment ?

« Le 13 juin, elle déclare à Laure Ducerfz qu’elle a beau aimer peu le roi, « ce roi » n’en est pas moins à ses yeux « un mal nécessaire », et elle ne cache point qu’elle « s’applaudit du dernier soupir [dans le sang] de cette république effrayante » dont les honnêtes gens se sont vus menacés. Le 6 juillet 1832, elle avoue à Meure que cette crise plébéienne l’a conduite à abjurer « tout patriotisme », toute « philanthropie » et que si elle « hait » toujours « les rois », elle porte à présent la même exécration aux « héros non moins sanguinaires qui veulent proclamer la liberté à tout prix ». Le 1er mars 1830, G.S. ne cachait point à Boicouran qu’il la heurtait avec les façons qu’il avait, chez elle, au château, d’aller passer des heures, le soir, à la cuisine, avec les rustres ; « je vous désapprouve beaucoup » ; la conversation de ces gens moi, « me dégouterait » ; « je ne demeurerais point un quart d’heure avec eux » ; « vous avez été élevé comme moi, non comme eux ; vous ne devez donc pas être avec eux comme un égal ».

Henri Guillemin, La liaison Musset-Sand, Gallimard p. 33-34.

Chaloux dit: 21 juin 2026 à 18h08

J-J dit: 17 juin 2026 à 9h43

« De fait, il s’agit d’une R4… Et elle la conduira le temps qu’il faudra. Plût au ciel que d’autres n’en conduisent jamais quand leurs moyens ne le permettent pas ».

Ces gens se disant « de gauche », disciples d’historiens douteux, de flans avariés qui veulent revenir sur la table, de conseillers de dictateurs, etc., ne sont que de petits messieurs Prudhomme Louis-Philippards, antisémites rampants, drapés dans leurs (faux) privilèges qui tomberont à la première occasion, de ces volailles qu’on plume de préférence, et n’ayant rien à foutre d’autrui. Cette soi-disant «gauche » est la plus puante imposture du dernier demi-siècle, elle n’est qu’une droite dissimulée, pire que la droite, un simple créneau, un nid à cancrelats engraissés. Mais tout de même, pour se glorifier de pouvoir prendre en leasing une R4 électrique tout en conspuant ceux qui « ne peuvent pas se le permettre », il faut être un sacré cornichon, un crétin hors-norme, une bouse. Une R4 électrique ! En leasing! Est-ce là rien qu’on propose? Croit-il, cet étroniforme butor, que si j’avais l’usage d’une R4 électrique, je ne pourrais pas me l’offrir, en leasing de surcroit ? Pour le reste, la pauvre Gigi sur-visqueuse est un exhibitionniste maladif, un vaste champ d’épandage ayant tartiné ici toutes ses bassesses, toute sa morbidité, toutes ses lèpres, ses variétés de typhoïdes et le produit répugnant de ses chancres, qui s’aperçoit un peu tard qu’il eût mieux valu se faire plus discret mais qui, ne pouvant plus revenir en arrière, s’invente maintenant, pour donner le change, un talent pour la fiction. Sans aucune morale, largué par sa vieille correctrice qui n’en pouvait mais de survivre auprès d’un tel paltoquet, trahissant ses amis, hystériquement calomnieux, manipulateur glaireux surdiplômé en lècheculat, on voit très bien sur quoi s’est bâtie sa misérable carrière, aboutissant, Ô Empyrée, à pouvoir s’offrir, en leasing, une R4 électrique, ce que les autres, évidemment, ne peuvent pas se permettre! Quelle inepte et sotte brêle, mais surtout, surtout, quel ballot.

Christiane dit: 21 juin 2026 à 18h33

Le 18h11 était une réponse possible à cette nouvelle de Borges évoquée par Jazzi : L’autre.,où Borges se rencontre sur un banc.

renato dit: 21 juin 2026 à 18h42

La possibilité de se connaitre soi-même repose sur la faculté de reconnaître ses préférences, ses répulsions et ses limites. Cela dépend aussi de la capacité à vivre dans un état de solitude, qui découle de la présence en nous d’une structure ontologique — l’humanité profonde —, que nous pourrions être tentés de nous cacher à nous-mêmes.

Chaloux dit: 21 juin 2026 à 18h54

Borgès s’amuse de la naïveté du garçon qu’il rencontre, bien la preuve qu’il a appris quelque chose.

et alii dit: 21 juin 2026 à 18h55

il est preuit être umpossible de se connaître soi-même…mais
qu appelons nous connaitre ?

renato dit: 21 juin 2026 à 18h57

Merci Jazzi, je n’avais vraiment pas envie d’ouvrir un livre pour chercher.

Cela dit, « Parmi les nombreux recueils de poèmes que ma résignation, ma négligence et parfois ma passion ont esquissés, L’Autre, le Même est celui que je préfère. »

Jorge Luis Borges, L’Autre, le Même, 1964. Le plus important recueil de poèmes de Borges, couvrant trente années de sa vie, nous permet de suivre l’évolution de son écriture poétique : baroque à ses débuts, elle devient finalement d’une complexité modeste et secrète.

renato dit: 21 juin 2026 à 19h16

Bref, le thème de l’autre, etc., accompagnait le poète depuis longtemps.

Jazzi dit: 21 juin 2026 à 19h19

Je me rencontrerais à vingt ans aujourd’hui, bien sûr que je me reconnaitrais et connais, Christiane.
Je me regarderais avec plaisir et m’amuserais, plus tendrement que méchamment, de mes illusions, de mes certitudes et de mon arrogance d’alors, Chaloux.
Je me souviens qu’à 18 ans, tandis que je dansais dans une boite de nuit du Palm Beach à Cannes en compagnie de ma petite amie Danielle, une superbe blonde racée et élancée au physique androgyne, avoir aperçu deux hommes quarantenaires nous regardant d’un air attendri et amusé et avoir entendu l’un d’eux dire à l’autre : « Ils sont jeunes et ils ne le savent pas ! ».
Des paroles qui m’avaient intrigué à l’époque et que je n’ai jamais oubliées…

Jean Langoncet dit: 21 juin 2026 à 19h27

@@@Heureusement qu’on a eu celui là [De Gaulle vs Salazar]

Et quelques résitants « de l’intérieur » avant la libération
Et une quatrième République pour reconstruire la France, de la libération à 1958

Sur ce dernier point, le préambule de la Constitution du 4 octobre 1958 en vigueur stipule :

« Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l’homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu’ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946, ainsi qu’aux droits et devoirs définis dans la Charte de l’environnement de 2004. »

-> voici le préambule de la Constitution de 1946, qui a donc pleine valeur constitutionnelle aujourd’hui, dans son intégralité :

« 1. Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.

2. Il proclame, en outre, comme particulièrement nécessaires à notre temps, les principes politiques, économiques et sociaux ci-après :

3. La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme.

4. Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République.

5. Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances.

6. Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale et adhérer au syndicat de son choix.

7. Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent.

8. Tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises.

9. Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.

10. La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.

11. Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence.

12. La Nation proclame la solidarité et l’égalité de tous les Français devant les charges qui résultent des calamités nationales.

13. La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’Etat.

14. La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n’entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n’emploiera jamais ses forces contre la liberté d’aucun peuple.

15. Sous réserve de réciprocité, la France consent aux limitations de souveraineté nécessaires à l’organisation et à la défense de la paix.

16. La France forme avec les peuples d’outre-mer une Union fondée sur l’égalité des droits et des devoirs, sans distinction de race ni de religion.

17. L’Union française est composée de nations et de peuples qui mettent en commun ou coordonnent leurs ressources et leurs efforts pour développer leurs civilisations respectives, accroître leur bien-être et assurer leur sécurité.

18. Fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s’administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires ; écartant tout système de colonisation fondé sur l’arbitraire, elle garantit à tous l’égal accès aux fonctions publiques et l’exercice individuel ou collectif des droits et libertés proclamés ou confirmés ci-dessus. »

Source :
https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946

D. dit: 21 juin 2026 à 19h39

Chaloux, à l’instant je viens d’entendre jouer Martha Argerich (85 ans) sur Arte.
Une merveille. Epoustouflant. Que Grimaud est loin derrière. Pas un fossé : un gouffre.

J J-J dit: 21 juin 2026 à 19h43

(19.19) une scène à la tonio kröger… presque,
(17.55) Dédé, dédée, D.D., D. ?… c pas bien méchant mais trop simple à retenir… le correcteur s’est tout emmêlé avec l’apparition du haricot vert qu’il a confondu avec un lézard d’une couleur idoine. ON ignore pourquoi l’IA les confond en permanence. ON se demande qui a bien pu l’alimenter de la sorte.
BON SOIR, la nuit sera courte.

J J-J dit: 21 juin 2026 à 19h49

@ BS – et « l’habeas corpus » en Algérie ?

@ JL – Carré de Malberg : oui ‘le bloc’ (en ses proclamations de principes) fait partie intégrante de la Constitution française.

BON SOIR à tous.tes,

J J-J dit: 21 juin 2026 à 19h53

Ils vont avoir du mal les 9 Sages avec la Corse depuis le temps qu’elle « réclame » d’être plus libre et mieux « assistée », hein ?

Jean Langoncet dit: 21 juin 2026 à 20h00

C’est cela ; d’un bloc l’autre

« Témoignage », était-il écrit sur la première page du manuscrit rédigé d’une traite à l’été 1940, puis dissimulé en attente de jours meilleurs, et finalement publié en 1946 aux Éditions Franc-Tireur, émanation du groupe résistant dans lequel Marc Bloch s’est engagé jusqu’à son arrestation au printemps 1944. Le « plus vieux capitaine de l’armée française », comme il aimait se décrire, combattant de 1914 devenu engagé volontaire en 1939, y propose autant un examen de conscience qu’une analyse sans concession de la France battue…

https://classiques.uqam.ca/classiques/bloch_marc/etrange_defaite/bloch_defaite.pdf

J J-J dit: 21 juin 2026 à 20h04

@ Je ne retrouve malheureusement pas le lien ! (jzmn)
Essayez…, cela m’intéresserait beaucoup. Merci par avance.

Jean Langoncet dit: 21 juin 2026 à 20h04

Un clin d’oeil à Pessoa : « Ces pages seront-elles jamais publiées ? Je ne sais. Il est probable, en
tout cas, que, de longtemps, elles ne pourront être connues, sinon sous le manteau, en dehors de mon entourage immédiat. Je me suis cependant décidé à les écrire. L’effort sera rude : combien il me semblerait plus commode de céder aux conseils de la fatigue et du découragement ! Mais un témoignage ne vaut que fixé dans sa première fraîcheur et je ne puis me persuader que celui-ci doive être tout à fait inutile. Un jour viendra, tôt ou tard, j’en ai la ferme espérance, où la France verra de nouveau s’épanouir, sur son vieux sol béni déjà de tant de moissons, la liberté de pensée et de jugement. Alors les dossiers cachés s’ouvriront ; les brumes, qu’autour du plus atroce effondrement de notre histoire commencent, dès maintenant, à accumuler tantôt l’ign orance et tantôt la mauvaise foi, se lèveront peu à peu ; et, peut-être les chercheurs occupés à les percer trouveront-ils quelque profit à feuilleter, s’ils le savent découvrir, ce procès-verbal de l’an 1940. »

et alii dit: 21 juin 2026 à 20h09

IL SERAIT FAUX DE DIRE que je fuis ceux qui répondent
mais je reste regardante à leurs savoirs!

Christiane dit: 21 juin 2026 à 20h22

Jazzi 19h19
Voilà un texte que j’aimerais bien lire. Formidable idée. Une belle idée de science-fiction.
Tu as déjà les photos, les souvenirs. Reste le dialogue entre ces deux-là.
Et si tu ne le reconnaissais pas…
Et lui, qui ne t’a jamais vu… te reconnaîtrait-il ? aurait-il peur ?
Bref… Voilà qui est passionnant…

Jean Langoncet dit: 21 juin 2026 à 20h23

@‘le bloc’ (en ses proclamations de principes)

Elles ont ici des finalités très concrètement exprimées

Jazzi dit: 21 juin 2026 à 20h26

« je reste regardante à leurs savoirs ! »

Le mieux est de balayer devant sa porte, et alii !

Chaloux dit: 21 juin 2026 à 20h39

D, je ne peux pas entendre Grimaud plus de cinq minutes, pas plus que Zimerman et quelques autres, mais à chaque fois que je suis allé écouter Argerich j’ai été déçu. Le pire récital à Gaveau avec Nelson Freire dont le jeu de fond de clavier avec un legato exceptionnel contrastait cruellement avec les sautillements d’Argerich. On la compare parfois à Horowitz, mais j’ai entendu Horowitz en 85 (12 heures de queue pour avoir des places à un prix abordable) et je ne vois pas le rapport. Dans sa génération, Radu Lupu était mille fois au-dessus.

et alii dit: 21 juin 2026 à 20h45

il me semble qu’il y a bien plus intéressant à considérer que ma porte pour la RDL
lleElle le dit presque sans émotion : « Aujourd’hui, je compte les heures de mon parti. » Attablée devant un expresso dans une brasserie à côté de l’Assemblée nationale, à Paris, cette députée secoue la tête, résignée. « Il ne se passe plus rien chez nous : ça fait des mois qu’on n’a plus de réunions du bureau national, qu’on n’a plus de débats, plus rien… », souffle la socialiste, qui voit poindre à l’horizon un scénario cauchemar :

renato dit: 21 juin 2026 à 21h02

L’article dont je parlais, Jazzi, disait que Borges est un acteur qui joue un poète inventé. Article que j’ai imaginé écrit par Borges, qui invente que Borges n’existe pas. Mon post me semblait clair.

De plus, à Genève j’habitais Champel, lui la Vieille Ville, et lorsque j’allais à la bibliothèque d’art et d’archéologie, parfois je le voyais en compagnie de sa femme dans le jardin de la Promenade du Pin. Je sais donc que le poète existe et a été vivant, à moins que le couple que je voyais ne soit composé d’acteurs !

et alii dit: 21 juin 2026 à 21h04

qui pourrait présenter cette « affaire »ici?
« Le réalisateur d’« Hippocrate », Thomas Lilti, rattrapé par ses impostures mediapart
Le réalisateur de la série « Hippocrate » a pillé le travail de plusieurs femmes scénaristes, selon une enquête de « Mediapart ». Il a par ailleurs continué à exercer illégalement la profession de médecin après sa radiation, en 2012. Confronté à ces éléments, Thomas Lilti se dit victime de personnes avec lesquelles il « ne travaille plus », « liguées » contre lui.

Sarah Brethes

19 juin 2026 à 10h56

et alii dit: 21 juin 2026 à 21h18

c’est d’ailleurs parce que je trouve bien plus intéressant à considérer que ma porte que je pense que la RDL peut en être dispensée et s’épargnér l’expression de sentiments qu’elle pourrait venir à regretter

et alii dit: 21 juin 2026 à 21h25

en bonus pour ROSE, a propos du même lilt
L’enquête révèle également des faits susceptibles de constituer un exercice illégal de la médecine. En raison d’une cessation de son activité, il a été radié de l’ordre des médecins en 2012. Il aurait notamment continué à prescrire des ordonnances sous le nom de son père gynécologue, désormais décédé
L’enquête révèle également des faits susceptibles de constituer un exercice illégal de la médecine. En raison d’une cessation de son activité, il a été radié de l’ordre des médecins en 2012. Il aurait notamment continué à prescrire des ordonnances sous le nom de son père gynécologue, désormais décédé.,

et alii dit: 21 juin 2026 à 21h44

Billet

« Il a posé comme condition que je couche avec lui » : le « cas » Roland Barthes
Arnaud Gonzague
Arnaud Gonzague
Publié le 20 juin 2026 à 8h00 ,
mis à jour le 20 juin 2026 à 8h00

Lecture : 2 min.
Abonné

L’auteur de « Mythologies » a un jour fait pression sur un très jeune écrivain pour obtenir des faveurs sexuelles. Que penser de cette anecdote, survenue en 1977 ? Qu’elle n’a plus rien d’une anecdote, justement.

et alii dit: 21 juin 2026 à 21h47

C’est une interview parue dans « le Nouvel Observateur » en 1991, il y a pile trente-cinq ans, et sur laquelle je suis tombé par hasard. Elle m’a mis très mal à l’aise. Hervé Guibert, critique, écrivain reconnu et déjà très malade (il mourra du sida quelques mois plus tard) y évoque, entre autres choses, sa rencontre avec un monstre sacré, Roland Barthes. Cela se passe en 1977. Barthes a alors 62 ans et Guibert, 21.

Jean Langoncet dit: 21 juin 2026 à 22h00

Capté en passant ; quand les barbares acculturés des temps modernes se voudraient des guerriers antiques et authentiques

« Faire d’Israël une « super Sparte » : comment Netanyahou théorise l’isolement grandissant de son pays pour sa survie politique

« Israël doit devenir super-Sparte ». Benyamin Netanyahou a choisi l’antiquité pour défendre sa politique unilatérale qui relègue chaque jour de plus en plus son pays au ban des nations. La guerre totale à Gaza, l’expansion des colonies en Cisjordanie, le refus des compromis, amènent le Premier ministre israélien vers la voie de la radicalité usuelle de ses alliés au sein de son gouvernement.(…) »

et alii dit: 21 juin 2026 à 22h16

pour rose, Lilti suite in libe
Le témoignage le plus important est celui de Lila. L’autrice aurait travaillé avec Thomas Lilti sur plusieurs projets étalés entre 2008 et 2012 ; notamment comme ghost writer pour plusieurs épisodes de la série Cœur Océan diffusée sur France Télévisions pour laquelle Lila n’a pas touché de droits d’auteur. Plus important, selon les documents consultés par Mediapart, Lila a également activement participé au processus d’écriture des films Hippocrate et Médecin de campagne, sans être créditée ni rémunérée en conséquence. Elle est notamment l’autrice d’une nouvelle, les Ors de la République, qui aurait fortement inspiré le film Hippocrate et donc la série.

Jean Langoncet dit: 21 juin 2026 à 22h19

(même les andouilles mâtinées de crème de golem sont susceptibles de crime contre l’humanité)

et alii dit: 21 juin 2026 à 22h34

SPARTE appelle ici un vrai historien « ami » de M.Bloch
donc P.VIDAL NAQUET AVEC LE CHASSEUR NOIR
En 1981, Jacques Le Goff accueillait Pierre Vidal-Naquet pour la parution du « Chasseur Noir », un ouvrage sous-titré « Formes de pensée et formes de société dans le monde grec ». Il en exposait l’objet et, au-delà de l’étude du monde grec archaïque et classique, ce qu’était sa méthode de travail.

Avec
Pierre Vidal-Naquet

Historien français

Se présentant comme historien de la tête aux pieds, influencé par le structuralisme et Claude Lévi-Strauss, Pierre Vidal-Naquet avançait que s’il avait eu une intuition fondamentale dans son travail de chercheur et d’historien, c’était d’avoir mis en relation ce qu’il n’allait pas de soi de mettre en relation. Un point qu’il abordait d’ailleurs dans l’introduction qu’il donnait au Chasseur noir : « Si loin que je remonte dans l’histoire de mon travail, telle a, en effet, été mon ambition : faire communiquer ce qui ne communique pas naturellement, selon les critères habituels du jugement historique, et, je ne l’ignore pas, certains des rapprochements que j’ai pu opérer peuvent paraître aussi singuliers, sinon aussi beaux, que la rencontre fortuite, « sur une table de dissection, d’une machine à coudre et d’un parapluie » dont parlait Lautréamont. Il n’est pas évident, à priori, que, pour comprendre comment la comédie d’Aristophane et l’histoire d’Hérodote parlent des femmes, il faille recourir à l’opposition entre deux types très différents d’esclavage ».
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/les-lundis-de-l-histoire-pierre-vidal-naquet-pour-le-chasseur-noir-5272427

Jean Langoncet dit: 21 juin 2026 à 22h38

@Il n’est pas évident, à priori, que, pour comprendre comment la comédie d’Aristophane et l’histoire d’Hérodote parlent des femmes, il faille recourir à l’opposition entre deux types très différents d’esclavage

Heu ! Non, rien …

et alii dit: 21 juin 2026 à 22h42

et je précise sur sparte:
Les Hilotes
Si « l’esclavage-marchandise » est la forme de servitude qui a été la plus étudiée et demeura un pilier essentiel de la société antique, il y eut cependant d’autres formes d’esclavage, dont l’exemple le plus connu, mais non unique, est celui des Hilotes de Sparte. Esclaves attachés à la terre qu’ils cultivent, cédés sans doute avec cette terre, ils ne pouvaient être vendus à l’extérieur de territoire péloponnésien. Sans droits civiques, ils pouvaient malgré tout servir parfois à la guerre. Leur cas mérite l’attention.
https://odysseum.eduscol.education.fr/lesclavage-sparte

Jean Langoncet dit: 21 juin 2026 à 22h48

@Soleil vert dit: 20 juin 2026 à 16h16
Pas forcément l’ode maritime mais il y a des passerelles entre le livre de l’intranquilité et la poésie de Pessoa.Je préfère néanmoins le premier. »l’ode à la Lusitanie » de Camoens.Je me souviens des réflexions de De Gaulle à la libération comparant la situation de la France à celle du Portugal : passé glorieux, avenir certain.On sait que grâce aux efforts du General, la France a évité le statut de protectorat

Grâce aux efforts du General, la France a évité le statut de protectorat … Mais comment les autres nations européennes ont-elles fait pour échapper au statut de protectorat sans un De Gaulle à leur tête ?

Jean Langoncet dit: 21 juin 2026 à 22h59

Plus sérieusement, si même l’administration Trump ne parvient pas à faire de cette vieille Europe une puissance autonome de rang mondial, elle mériterait d’être littéralement bouffée, soit par la Russie moribonde de Vlad l’Empaleur, soit par la Chine communiste de l’empereur Xi, soit, pourquoi pas, par le petit état fasciste de Bibi de Lituanie …

Jean Langoncet dit: 21 juin 2026 à 23h12

(si tu entends un candidat à la prochaine éléction présidentielle se revendiquer de l’héritage du général de gaulle, tu peux être certain de la tentative d’enfumage)

rose dit: 21 juin 2026 à 23h30

Origines. Petit-fils d’un rabbin émigré de Lituanie en Palestine mandataire en 1920, Benyamin Netanyahou naît à Tel Aviv le 21 octobre 1949 dans une famille militante du « sionisme révisionniste »

Qu’il y retourne ou rencontre le grand requin blanc qui vient d’être repéré en Mediterranée.

rose dit: 21 juin 2026 à 23h31

Jean Langoncet dit: 21 juin 2026 à 23h12
(si tu entends un candidat à la prochaine éléction présidentielle se revendiquer de l’héritage du général de gaulle, tu peux être certain de la tentative d’enfumage).

(si tu entends un candidat à la prochaine éléction présidentielle se revendiquer de n’importe quoi, tu peux être certain de la tentative d’enfumage).

rose dit: 21 juin 2026 à 23h34

On est déjà demain.
Hier, c’etait premier jour de l’été, fête de la lusique fête des pères.
Pffff.

rose dit: 22 juin 2026 à 0h02

fête de la musique.
Le chanteur avait vingt ans de moins que ma mère.
Après réflexion, un chanteur c’est comme un prof. Il est tellement heureux de chanter que, pourquoi le payer ?
Je suis allé lui poser deux questions :
« mais, connaissez-vous toutes ces paroles par cœur ? » . Il m’a répondu que non, mais oui, il connait toutes ses chansons par cœur.
Piouuuuu !
« pourquoi vous ne chantez pas dalida, c’est parce que c’est une femme ? »
Ah oui, dalida, m’a-t’il dit. Non, mais c’est parce que je ne peux pas chanter ça quand même !
Qu’il me dit.

Source : YouTube https://share.google/jAOrqyYKHw9NL08dL

Alors, je vais voir C., j’lui dit j’ai un point commun avec le chanteur, ah ouais qu’elle me fait lequel ? La surcharge pondérale que je lui réponds. Elle rit, moi aussi, j’lui réponds c’est pas méchant, elle le sait.
Avant les deux questions, je lui ai demandé de chanter un joyeux anniversaire à ma mère. Tout l’ehpad lui a chanté, tout le monde l’adore. À la fin , elle a eu un gros sanglot d’émotion.
J’ai remercié le chanteur.
Plusieurs fois.

Chaque fois, les chanteurs, ils parlent de leur problème de cul. Vivre avec son chien, le divorce, je suis seul ( lui, j’lui avait emmené un drap ). Aujourd’hui, j’ai dansé le twist.

Ici, y a pas eu un seul hippocrate hypocrite qui ait souhaité bon anniversaire à ma mère. Alors, je l’ai trouvé dehors. Dix à la bonne mère. Dix au restaurant. Cinquante à l’ehpad.
29 ans, ça se fête dignement.

Jazzi dit: 22 juin 2026 à 0h06

« à moins que le couple que je voyais ne soit composé d’acteurs ! »

J’ai toujours pensé que Borges jouait les aveugles mais qu’il nous voyait très bien.
Lors de cette conférence au collège de France je voulais le regarder dans les yeux, mais il y avait tant de monde que je n’ai pu assister à la séance que retransmise sur un écran dans une autre salle que celle où il se trouvait, hélas !

rose dit: 22 juin 2026 à 0h18

Moi, j’ai regardé le kakemono pour de vrai, mais comme il était très haut, j’ai du lever la tête pour le voir. C’était lui.

Jazzi dit: 22 juin 2026 à 0h21

Trop occupée par la recherche de liens sur de sombres histoires de plagiats ou de cul, toute la RDL sait très bien que ce n’est pas vous qui balayez devant votre porte, et alii.
A l’ehpad, Il y a des esclaves , ni Spartes ni Hillotes, pour ça.

rose dit: 22 juin 2026 à 0h36

J’ai compté, moi, puisque je passe mes journées à réflechir, esclaves payés quatre fois moins que ce que paye ma mère. La seule solution c’est de faire des nuits : une nuit par semaine, quatre nuits par mois, cela doit atteindre les 1600 euros à peine.

CE N’EST PAS UNE RAISON POUR VOLER DES GENS VULNÉRABLES ET VIEUX.

=> pas de vol dans les ehpad. C’est un but à atteindre.

et alii dit: 22 juin 2026 à 0h39

il y en a qui sont en mal de mémoire de sorcellerie avec leur obsession de balai; qu’ils relisent ginzburg:
Carlo Ginzburg
Le sabbat des sorcières
Première parution en 1992
Trad. de l’italien par Monique Aymard et Martin Rueff
Postface inédite
Collection Folio histoire (no318)
Folio
Gallimard
Parution
17-02-2022

rose dit: 22 juin 2026 à 0h47

Les choses maritimes, est-il écrit.

Elle a rangé sa collection.
Y a les bateaux.
Dont un en bouteille.
Les nœuds marins, encadrés.
Le petit livre dédié aux coquillages.
Les hippocampes.
Les coquillages, ah la la la la la la.
Les oursins.
Le bernard l’hermite.
Les lambis.
Les porcelaines.
Les étoiles de mer.
Les coraux.
Un crabe.
Des posidonies séchées en boule.
Quelques hannetons.
Un fossile.
Et patin et couffin.
Une vitrine pleine.
La collection de ma mère de ses choses maritimes.
Fallait la voir heureuse.
Je suis partie avec les clés.
Elle n’était pas contente.

Je vais lui rendre ses clés dès que je vais avoir abordé le problème des vols constants dans l’ehpad. Depuis 1973.

Chaloux dit: 22 juin 2026 à 2h15

Dans son Journal, Matthieu Galey note les propositions (refusées) de Barthes un soir où il le raccompagne. Une habitude, semble-t-il. À part un ou deux essais du Degré zéro et encore, jamais compris ce qu’on trouvait à Barthes. Son discours amoureux est un pensum plus que pénible.

Chaloux dit: 22 juin 2026 à 2h23

Les remarques de Jazzi sur la cécité de Borgès supposée fausse sont du pur Labiche, du type « je ne me suis jamais mouché si haut ». Étonnant. Marguerite Yourcenar raconte qu’elle lui a décrit par le menu son appartement de Genève qu’il ne pouvait voir, – « plein de miroirs », dit-elle et de son point de vue assez déplaisant.

renato dit: 22 juin 2026 à 4h34

La cécité de Borges n’était pas totale, mais elle a progressivement réduit son monde à une ombre.

et alii dit: 22 juin 2026 à 4h52

je n’imagine plus pouvoir un jourcomprendre ni être comprise des contributeurs,apres ce que vient de crier rose, a propos des vieux et des personnes vulnérables, »communauté », »groupe humain » dont je suis;
sans doute ai-je compris que Rose blame un comportement particulier qui choisit ses cibles; je ne soutiens pas ce comportement non plus mais si pour Rose, passer un heure avec sa mère , agée, c’est du travail-ce que je pense- c’est aussi du travail de parler avec moi-ce que je crois aussi;mais réciproquement,et là, tout se complique beaucoup!donc, je ne dois pas parler à Rose non plus,et sans doute à personne; comme lorsque j’étais enfant, donc,et qu’on m’enfermait des journées entières, seule, et même, interdiction de parler à mon père quand il rentrait le soir(apres, c’est trop compliqué, et je sais que ce n’est pas pour la RDL.

et alii dit: 22 juin 2026 à 5h15

SUR LA CECITE DE BORGES,elle intéresse évidemment toujours
« Mémoires d’aveugle, L’autoportrait et autres ruines » (Jacques Derrida, 1990) [MEDA]

mais je ne répondrai plus à Jazzi,et éviterai ses amis

rose dit: 22 juin 2026 à 5h39

Il y a quelques jours, peu, Janssen J-J a écrit quelque chose à christiane de courtois, de correct, du style « ne cherchez pas à comprendre » et genre « cela ne vous regarde pas ».
Cela me convient totalement pour l’absence de relation entre et alii et moi. Nous n’avons aucun lien et aucune compréhension réciproque. Ce que j’écris ici ne la concerne pas. Et qu’elle ne cherche pas à comprendre. Je trace ma route seule et cela me convient parfaitement.

Je ne suis pas ici pour que l’on – quiconque – me donne des conseils, des avis et ou des influences. Et je suis totalement responsable de moi-même.

De plus, ce que j’écris n’a aucun lien avec et alii, mais concerne ma mère – qui ne connaît pas et ne voit pas et alii – et moi, et c’est tout.

Donc oui, arrêtez net avec rose par ci, et rose par là.
Chacun et tous.
À Manosque, une professeur de philo du lycée des Iscles a conduit ses élèves à préparer et passer un concours d’éloquence.
Trois choses m’ont marqué tout particulièrement ( dans le désordre, mais le 3 est premier ) :

– la petite jeune fille qui a gagné le concours en 2026 est sortie seconde en 2025.
– une élève du concours a fait un remerciement à sa prof. en disant : Madame Trucmuche nous a appris à briller sans jamais écraser les autres.
– une des concurrentes a eu un blanc et panne sèche. Quelqu’un est venu l’aider et elle a repris la tirade de son oral. À la fin de l’examen, le jury lui a décerné le prix du meilleur espoir. Pourvu que cette petite jeune fille ne renonce pas et continue le concours d’éloquence.
L’espoir que les profs mettent en leurs élèves de manière à ce que ceux-ci réussissent m’émerveille.

Ce matin, à l’aube, j’ai eu une idée que c’est la première fois qu’elle me vient. Et je me suis prise pour Trump dans ses négociations de paix.

Aujourd’hui, je suis harassée, exténuée, mais animée d’une force tranquille incommensurable.

Si j’avais vécu avec un homme aimé, je l’aurai encouragée à passer le bac en candidat libre, en lui disant, mon amour, tu sais, c’est une épreuve à passer.
Ce n’est pas le cas.
Je ne suis ni dans son enfance, ni dans celle d’et alii.
J’ai eu une enfance éminemment heureuse, aimée et choyée par ma mère. Surveillée à l’adolescence par mon père pour que je n’attrape pas un polichinelle dans le tiroir.

La vie d’autrui n’est pas ma vie. Quand je parle des personnes vulnérables, et âgées, je parle de ma mère et de so entourage direct.

J J-J dit: 22 juin 2026 à 5h43

(faire) balayer devant sa porte… c le drâââme de l’Incommunicabilité inquiète : ‘je voudrais bin convaincre de ma véracité, mais je peux point, ils ne comprennent que la voracité’.

renato dit: 22 juin 2026 à 5h43

Cécité et miroirs. Un ami, souffrant de cécité progressive, a fait installer des miroirs dans toute sa maison. Il m’a confié qu’ils l’aidaient à se déplacer seul, car son reflet se déplace, contrairement aux meubles qui renvoyaient une masse sombre, uniforme e sans détails distinctifs.

et alii dit: 22 juin 2026 à 5h51

Si j’avais vécu avec un homme aimé, je l’aurai encouragée
la grammaire, ça me réveille souvent!

rose dit: 22 juin 2026 à 5h56

je suis dans
soyez attentif.
https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/06/22/canicule-49-departements-et-35-millions-de-francais-concernes-par-la-vigilance-rouge-lundi_6706357_3244.html?lmd_medium=al&lmd_campaign=envoye-par-appli&lmd_creation=android&lmd_source=default
hier, j’étais dans le rouge. À 14h30, le retour du restau a été ardu. Je suis allée chercher la voiture à cent mètres, me suis mise en double file et suis allée chercher ma mère. Le soir tard, je suis allée me baigner, tout le monde était dehors, à la mer. À la fin de mes 45 minutes de nage, un gars nageait derrière moi, en marche arrière, oui, un gars sait nager en nage arrière, pour voir le soleil se coucher derrière l’Estaque. Il s’est émerveillé, moi aussi, et a enchaîné avec « on ne connait pas notre bonheur ». J’ai plussoyé.
Suis rentrée mouillée.
Pas souffert de la chaleur.

rose dit: 22 juin 2026 à 5h59

Janssen J-J et B.
ai qq chose à.vous dire.
Cela ne passe pas.
couic.
je ne cesse de vouloir l’écrire. Hier soir, B., tout particulièrement.

rose dit: 22 juin 2026 à 6h01

cela aurait pu être 45 minutes de rage, mais non, je suis dans un calme olympien.

rose dit: 22 juin 2026 à 6h02

vous, peut-être, voire sans doute, mais moi, très personnellement, je n’ai pas de monstre en moi.

et alii dit: 22 juin 2026 à 6h06

née en 1946, je suis bien trop agée -et de constitution fragile-pour trainer sur ce blog de mastodontes qu’est devebu la RDL
mais j’en ai eu quand même conscience ouf!
j’ouvre un nouveau bouquin cet aprem!

rose dit: 22 juin 2026 à 7h00

B.
vous aussi, vous êtes dans « soyez attentif ».
Nous sommes sept départements de privilégiés.
Pour moi qui déteste les privilèges, c’est ardu.

Jazzi dit: 22 juin 2026 à 7h08

Terrible ce silence qui vous fut imposé à l’enfance, et alii !
Côté parents, vous n’avez pas tiré le gros lot et, visiblement, vous en êtes resté traumatisée à vie…

Jazzi dit: 22 juin 2026 à 7h23

« mais je ne répondrai plus à Jazzi,et éviterai ses amis »

Ce n’est pas une raison pour reproduire le shema délétère et morbide que vous avez subi dans la petite enfance, et alii, porteur d’exclusion, de xénophobie et de racisme.
Autant d’atitudes violentes de rejet envers toutes sortes de groupe humain,propices à la création d’ apartheids et de ghettos !

et alii dit: 22 juin 2026 à 7h27

Un psychanalyste à sa fenêtre : un art du gris
17 juin 2026

SÉRIE. Olivier Faure ou la politique des ruines.

comme si l’on pouvait arrêter le cours du grand fleuve capitaliste avec des barrages de papier hygiénique.

et alii dit: 22 juin 2026 à 7h29

le lien
Un psychanalyste à sa fenêtre : un art du gris
17 juin 2026

SÉRIE. Olivier Faure ou la politique des ruines.

et alii dit: 22 juin 2026 à 7h33

l y a chez Raphaël Glucksmann la mélancolie des bibliothèques que l’on a dû quitter pour la boue des places publiques. Il apparaît sur l’écran comme un fils de bonne famille jeté dans un siècle de ferrailleurs, portant son nom comme une cuirasse trop lourde, ou peut-être comme un talisman. C’est le visage d’une jeunesse qui n’a jamais été tout à fait jeune, une face de prince de la Renaissance égarée dans les courants d’air de la social-démocratie.

Regardez ce regard : il y a là l’ombre du père, ce vieux lion des idées dont il a recueilli le rugissement, mais en l’adoucissant, en le polissant pour les oreilles délicates de notre temps. Il ne crie pas, il déplore ; il n’excommunie pas, il s’attriste. Il est la voix de ceux qui croient encore que l’on peut sauver le monde avec des adjectifs bien choisis et une indignation de soie.

On l’a vu courir les marches de l’Empire, de la Géorgie aux plaines d’Ukraine, cherchant dans le fracas des armes une vérité que les salons parisiens ne lui rendaient plus. Il aime les causes perdues qui finissent par gagner dans les livres d’histoire. Il se veut le héraut des peuples opprimés, le scribe des douleurs lointaines, trouvant dans l’exil des autres une patrie pour sa propre inquiétude ; n’ayant pas de terre de combat évidente sous ses pieds à Paris, il trouve dans la souffrance des confins du monde le seul lieu, la seule patrie spirituelle, où son besoin d’engagement et son nom prennent enfin tout leur sens.

Il marche sur le fil de l’Europe comme sur un vers de Racine : avec une élégance qui masque l’abîme, et cette certitude un peu vaine que la lumière finira par avoir raison de la nuit, pourvu que la syntaxe soit sauve.
https://laregledujeu.org/2026/06/13/49604/un-psychanalyste-a-sa-fenetre-lheritier-aux-mains-claires/

et alii dit: 22 juin 2026 à 7h36

sur RG SUITE
On le voit sur les marchés, s’efforçant de trouver le ton juste, ce ton qui ne trahirait ni ses lectures, ni sa naissance, mais la greffe est fragile. Il est ce « nous » qui cherche désespérément à ne pas être un « moi ».

Il est le candidat de la belle âme confrontée à la dureté des rapports de force, un tribun de velours dans un monde de papier de verre. On l’aime pour sa clarté, pour cette douceur qui change des vociférations de la plèbe ou des ricanements des cyniques ; mais on se demande parfois si, à force de vouloir incarner l’idée, il n’oublie pas la pesanteur des corps.

et alii dit: 22 juin 2026 à 7h46

Il est le seul à gauche qui pense que l’on ne peut pas distribuer le pain si l’on abandonne l’épée et le droit.

Et puis, il y a la langue.

Les autres ont des slogans comme des pavés que l’on jette ; lui a des nuances comme des voiles que l’on déplie.

Les héritiers du jacobinisme historique crient à la guerre des classes, invoquent le poing levé et la fureur du peuple ; les technocrates du socialisme résiduel alignent des rapports de commission comme des inventaires après décès. Glucksmann, lui, introduit dans l’arène une forme de mélancolie civilisée. Il ne promet pas le grand soir, mais le sursaut ; il ne flatte pas le ressentiment, il appelle à la responsabilité.

et alii dit: 22 juin 2026 à 7h57

ET POUR LE PLAISIR? JE VOUS SIGNALE QU ‘ON ME FAIT DES PANSEMENTS A L ARGENT (protocole! argent qui évite l’odeur -sur les chevilles-

closer dit: 22 juin 2026 à 7h58

Ben oui, et alii, le style du gendre idéal au perpétuel demi-sourire gentillet, pour ne pas dire niais, de Glucksmann, ça ne marche pas en politique. Ce qui marche, c’est le tribun vociférant du type Mélenchon…

J J-J dit: 22 juin 2026 à 8h05

Me demande quelle valeur (heuristique ?) accorder aux portraits psychanalytiques des candidats à la présidentielle. Le blog signalé est « intéressant » (cet adjectif qui ne veut rien dire, envahit notre espace politico-médiatique). Il surtout devrait plaire aux erdélistes féru.es de lectures du monde politique par la psy (les portraits de RG et d’EZ, notamment). Merci de l’avoir signalé.
Je me parle à moi-même. Ce qui n’appelle pas de commentaires, sadomasochistes ou autres. BON JOUR

rose dit: 22 juin 2026 à 8h06

tribun vociférant
pas discret pour un sou *
doit être taureau et marseillais

* l’argent sur une personne de confession juive : parions ** sur la guérison rapide.

** des nèfles pour les goy.

P.S
dit sans méchanceté.

nota : se taper Léa Salamé à l’Élysée, j’ai beau aimer grave le Liban, ah ça non !

Chantal dit: 22 juin 2026 à 8h33

C’est la grande foire aux suppositions les futures présidentielles chacun donne son avis, hier comme il faisait chaud mais que j’ai réussi à ce que mon appart reste frais, j’ai regardé un film intéressant : la baie d’Alger, il n’est pas récent mais permet de comprendre un peu ce qui s’est passé par là …

Ensuite comme YouTube est fort généreux, j’ai visionné un échange d’un gars du Cercle Aristote ( ce n’est pas parce que je mets le lien que j’adhère ) est-ce à ce point machiavélique ?

https://www.google.com/search?q=%C3%A9lections+2027+strat%C3%A9gie+de+macron+vid%C3%A9o&client=safari&hs=UKSV&sca_esv=a34ddc620dd62935&channel=mac_bm&sxsrf=APpeQnsHbgzlBziPtGaPx6KCw76xBV9FBA%3A1782116010473&ei=qu44ar–HOiei-gP_OTG8QY&biw=1440&bih=710&ved=0ahUKEwi_u4K-s5qVAxVozwIHHXyyMW4Q4dUDCBI&uact=5&oq=%C3%A9lections+2027+strat%C3%A9gie+de+macron+vid%C3%A9o&gs_lp=Egxnd3Mtd2l6LXNlcnAiK8OpbGVjdGlvbnMgMjAyNyBzdHJhdMOpZ2llIGRlIG1hY3JvbiB2aWTDqW8yBRAhGKABMgUQIRigATIFECEYoAFI1hhQxAVYnBRwAXgBkAEAmAGVAaAB7ASqAQMzLjO4AQPIAQD4AQGYAgegAsgFwgIKEAAYRxjWBBiwA8ICFxAuGNwGGLgGGNoGGNgCGMgDGLAD2AEBwgIHECEYChigAZgDAIgGAZAGC7oGBAgBGBmSBwMzLjSgB6IWsgcDMi40uAeyBcIHBTItNS4yyAc1gAgB&sclient=gws-wiz-serp#fpstate=ive&vld=cid:688d4b2b,vid:eeSsRWFTU-w,st:0

Du coup de fracturer en 8 pseudos qui flottent sur les opinions politiques est peut-être une solution de survie, à vrai dire j’ai perdu la passion de la chose politique, je me demande si je ne vais pas aussi devenir nihiliste on dort mieux.

et alii dit: 22 juin 2026 à 8h48

l’horizon gay de la RDL ne vérifie pas les balivernes de guérison rapide par « lacano gargarisme », même à l’IA

Jazzi dit: 22 juin 2026 à 9h26

« née en 1946 »

Tout juste octogénaire et placée (rose dirait « jetée ») en Ehpad depuis plusieurs années !
Mais qu’avez-vous donc fait pour que votre entourage vous y ait impitoyablement abandonnée (ne vous croyez pas obligée de répondre à ma question, comme le préciserait JJJ) ?

Alfred dit: 22 juin 2026 à 9h37

Parler de soi quand on est un obscur n’importe qui, et parler de sa vie quand on l’a ratée n’importe comment, tout cela c’est du n’importe quoi.
N’est-ce pas et alii, pauvre fofolle !

Christiane dit: 22 juin 2026 à 9h39

Robert Bréchon, dans son ouvrage, « Pessoa, le poète intranquille », écrit page 90, à propos du « Livre de l’intranquillité » ces lignes pleines de bon sens :
« Voilà donc une œuvre qui n’en est pas une et qui, selon les propres termes de son auteur, est fait d’impressions dérisoires, une autobiographie qui n’apprendra rien à personne, un livre sans forme ni contenu, aléatoire, puisqu’il n’a pas été fait par Pessoa, mais par les éditeurs successifs qui ont organisé, chacun à sa manière des centaines de fragments retrouvés, près de cinquante ans après sa mort, dans la fameuse malle où il entassait ses manuscrits. »

Alfred dit: 22 juin 2026 à 9h41

À quel moment de sa misérable vie, gigi la crapule a compris qu’elle n’a aucune dignité ? Même pas la simple et humaine dignité ?

Christiane dit: 22 juin 2026 à 9h47

« est fait d’impressions… / est une suite d’impressions…

Christiane dit: 22 juin 2026 à 9h52

rose dit: 22 juin 2026 à 5h39
« Il y a quelques jours, peu, Janssen J-J a écrit quelque chose à christiane de courtois, de correct, du style « ne cherchez pas à comprendre »

Rose, Occupez-vous de vos affaires !
« courtois »? cet infâme JJJ, ce mec toxique, imbu de lui-même. Ah, vous allez bien ensemble !

FL dit: 22 juin 2026 à 9h58

Je viens de lire dans « Bleus Blancs Rouges » que Simone de Beauvoir à la fin des années 70 était allée voir la police pour que les Renseignements Génaraux organisent les écoutes des conversations de Sartre et de Benny Lévy.

Ce que le roman ne dit pas mais qui peut être reconstruit sans trop de témérité c’est qu’elle espérait que Benny Lévy et Sartre diraient des choses susceptibles de faire envoyer le maoïste préféré des synagogues derrière les barreaux. Elle pouvait pas supporter le jeune intrigant opportuniste adepte des détournements de vieillard. Elle aurait tout fait pour s’en débarrasser.

Simon de Beauvoir allant voir la police pour qu’ils espionnent Sartre !

Je n’ai plus de voix.

Ce qui veut dire que dans les archives de la police il y a des transcriptions importantes pour l’histoire du dernier Sartre. Attendons !

renato dit: 22 juin 2026 à 9h59

L’adjectif « intéressant » est généralement utilisé pour éviter d’aborder en la valeur d’un contenu.

Soleil vert dit: 22 juin 2026 à 10h00

Faisceau faicho bzzzz

Ici IA feuu^% support entité Soleilvert prend relais hémisphère cérébral droit endommagé

Initialisation terminée cheking article Pierre Assouline cheking Fernando Pessoa

Conclusion fumer est dangereux pour la santé consommation alcool excessive prohibée propos incohérents

Recommandation soumettre écrits Pessoa au haut Conseil IA

FL dit: 22 juin 2026 à 10h10

Elle n’en a pas parlé dans « La Cérémonie des adieux » de sa petite visite au poste à la nuit tombée pour des sujets concernant la « sécurité nationale ».

renato dit: 22 juin 2026 à 10h10

S’il y avait deux petits bourgeois philistins, c’étaient Sartre et Beauvoir — très attachés à leurs petits intérêts. Il n’est donc pas étonnant qu’elle aille voir la police pour l’espionner.

J J-J dit: 22 juin 2026 à 10h21

Au début, Bacri plus joli que Jazzi.
A la fin, l’inverse, …
No more comment.

J J-J dit: 22 juin 2026 à 10h25

Je quitte… tout à l’heure (15h), un rencart de Mozart intégral. Audience mondiale prévue plus forte que la coupe de monde de football. On va enfin pouvoir communier avec le génie des notes qui s’aiment.

J J-J dit: 22 juin 2026 à 10h29

parfois, cricri vs etalii se ressemblent en bateau. De vraies célinéjulies. Rien de bien grave.
No comment, SVP.

rose dit: 22 juin 2026 à 11h27

Il n’est donc pas étonnant qu’elle aille voir la police pour l’espionner.
Dingue cette histoire !
Mais comment sait-on que cette information est réelle ?

rose dit: 22 juin 2026 à 12h10

voilà, je l’ai retrouvé
J J-J dit: 15 juin 2026 à 17h09
Il vous faut renoncer à essayer de comprendre comment je « fonctionne » sur ce réseau social. J’en ignore moi-même la logique. Elle n’est pas la vôtre, la chose est certaine. Parfois, les deux se rencontrent au gré d’un heureux ou d’un malheureux hasard. S’attirent et se heurtent. Voilà tout.
Bàv,

trois coms plus loin J J-J précise qu’il s’adresse bien à christiane.

Je plussoie quant à cette analyse sur ma « relation » avec et alii : idem.

closer dit: 22 juin 2026 à 12h18

« Intranquillité » n’existe pas en français courant. « Desassossego » est parfaitement portugais; je le trouve dans le petit « Houaiss » comme dans le grand « Aurélio ». Traduire un mot courant dans une langue par un néologisme inventé me paraît une sorte de trahison, au minimum une coquetterie artificielle destinée à attirer le chaland.

« Le Livre de l’Inquiétude » que l’un de vous a trouvé me paraît très bon. « Le Livre de l’Angoisse » ou « de l’Anxiété » sont aussi de bonnes traductions.

Jazzi dit: 22 juin 2026 à 13h11

Merde, Soleil vert semble avoir reçu un sacré coup de chaleur sur le ciboulot !

Intranquilité est tellement plus poétique et plus beau que Inquiétude, Angoisse ou Anxiété, termes plus médicaux, closer !
Pas besoin de cachets pour soigner son intraquilité…

Christiane dit: 22 juin 2026 à 13h26

Rose,
Je vous le dis à nouveau : mêlez vous de vos affaires !
Extraire un commentaire d’une longue suite de commentaires abjects ne signifie rien.
On vous a déjà dit qu’en vous mêlant des affaires des autres vous ne faites que les aggraver.
Toujours ce désir qui devient suspect d’excuser tout le monde, d’aimer tout le monde. De parler de paix entre les gens alors que dans votre famille vous êtes plutôt coriace et négative, à vous lire ici.
J’ai découvert peu à peu que JJJ n’était pas franc du collier. Parlez-lui, échangez avec lui. Je m’en moque mais évitez de me citer dans ses contraires hypocrites.

rose dit: 22 juin 2026 à 13h36

christiane

reprenez le 15 juin, vous avez l’heure, dans sa totalité et vous aurez l’ensemble des commentaires, entre lji et vous, sans que j’intervienne jamais.
Sous des dehors avenants, vous êtes extrêmement pénible, et en rien, je ne me mêle de vos affaires : je signale juste que, ce que vous écrit Janssen J-J, que je n’approuve pas lorsqu’il vous a pourrie, ici, publiquement, dans cette réponse particulière vous demande de ne pas chercher à comprendre.
Et je me suis permise de rebondir sur sa réponse parce qu’elle correspond pile-poil à et alii.
Point barre.
Pour le reste, je fais ce que je veux.

rose dit: 22 juin 2026 à 13h37

entre jjj et vous.

Jamais, je ne me suis laissée régenter, ce n’est sûrement pas ici que cela va commencer.

rose dit: 22 juin 2026 à 13h44

dans l’hypothèse où soleil vert aurait fondu, il serait dans les astres.

closer dit: 22 juin 2026 à 13h51

« Quando o desassossego é persistente, intenso, interfere no trabalho, relacionamentos ou sono, ou vem acompanhado de pensamentos de prejudicar-se, é importante procurar ajuda profissional (médico de família, psiquiatra ou psicólogo). »

Désolé JB, mais « o desassossego » est tout aussi médical que l’inquiétude ou l’anxiété, et requiert de la même façon une aide médicale en cas de préjudice pour la vie quotidienne.

« Inquiétude » me paraît le meilleur des trois; anxiété n’est pas mal non plus; angoisse peut-être un peu fort et avec des sous entendus métaphysiques.

et alii dit: 22 juin 2026 à 13h58

l’anthologie de grammaire que vous vous etes permise,en tant que
maitresse gouine,chère rose, sera archivée:elle est historique

rose dit: 22 juin 2026 à 14h02

et alii ou l’art de l’injure couplé à l’art de foutre les gens à sa porte.

=> mon temps gagné en de vertes vallées.

Jean Langoncet dit: 22 juin 2026 à 14h11

@Capté en passant ; quand les barbares acculturés des temps modernes se voudraient des guerriers antiques et authentiques

« Faire d’Israël une « super Sparte » : comment Netanyahou théorise l’isolement grandissant de son pays pour sa survie politique

« Israël doit devenir super-Sparte ». Benyamin Netanyahou a choisi l’antiquité pour défendre sa politique unilatérale qui relègue chaque jour de plus en plus son pays au ban des nations. La guerre totale à Gaza, l’expansion des colonies en Cisjordanie, le refus des compromis, amènent le Premier ministre israélien vers la voie de la radicalité usuelle de ses alliés au sein de son gouvernement.(…) »

De la référence reccurrente à une Sparte imaginaire chez les fascistes et suprémacistes

« 1. Corpus et cadre : où les nazis parlent-ils de Sparte ?
On trouve Sparte dans :
• Les écrits et propos d’Hitler (notamment sur les Helotes et l’“État völkisch”)
• Les textes idéologiques de Rosenberg et de l’appareil de formation du NSDAP/SS
• La propagande et l’iconographie (Leonidas, Thermopyles, Lycurgue)
• Les lectures postérieures qui reconstituent ce “Spartabild” nazi (Hiller von Gaertringen, Weikard, Wisniewski)
Les travaux de Julia Hiller von Gaertringen et d’André Weikard montrent que Sparte devient, dans le discours nazi, un topos récurrent : modèle de Rassenstaat völkisch, de société militarisée et de hiérarchie raciale “naturelle”.

2. Hitler : Sparte comme “premier État völkisch”
On dispose d’un passage très souvent cité, où Hitler présente Sparte comme un précédent historique de l’État racial :
« La domination de six mille Spartiates sur trois cent cinquante mille Hilotes n’a été possible qu’en raison de la haute valeur raciale des Spartiates. (…) Ainsi Sparte doit être considérée comme le premier État völkisch. »
Dans ce même passage, Hitler loue :
• L’exposition et la mise à mort des enfants faibles ou malformés, présentée comme “plus humaine” que la préservation des “dégénérés” dans les sociétés modernes.
Ce texte est cohérent avec l’ensemble de sa pensée eugéniste telle qu’on la retrouve dans Mein Kampf et dans ses discours, même si la formulation exacte varie selon les éditions. Les projets d’édition critique des discours d’Hitler par l’Institut für Zeitgeschichte confirment l’importance de ces thèmes (race, sélection, “valeur” biologique) dans ses interventions publiques.
Point important : Hitler ne s’intéresse pas à Sparte comme objet d’érudition, mais comme preuve historique que la domination d’une “race supérieure” sur une masse servile est “naturelle” et “efficace”. Sparte sert de légitimation rétroactive à la politique raciale nazie.

3. Rosenberg et l’appareil idéologique : Sparte comme Rassenstaat
Alfred Rosenberg, en tant que Beauftragter des Führers für die gesamte geistige und weltanschauliche Erziehung der NSDAP, supervise l’appareil de formation idéologique du parti (Bureau Rosenberg, Schulungsamt, etc.).
Les études sur cet appareil (notamment sur la formation idéologique de la SS) montrent que :
• Sparte y est présentée comme archétype d’un État racialement homogène, hiérarchisé, où une élite guerrière domine une population asservie.
• La séparation Spartiate/Helotes est lue comme préfiguration de la séparation “Aryens / sous-hommes” (Untermenschen).
• L’agôgè spartiate est utilisée comme modèle rhétorique pour justifier la dureté de la formation SS (discipline, endurcissement, obéissance absolue).
Les manuels de formation et conférences de l’appareil Rosenberg ne sont pas toujours facilement accessibles en ligne, mais les inventaires d’archives et les études secondaires (Gallo sur la formation SS, Hiller von Gaertringen sur Sparte) convergent : Sparte est intégrée dans un canon de références “aryennes” (Germains, Rome, Sparte) servant à construire une généalogie idéologique du Reich.

4. Figures héroïques : Léonidas, Lycurgue et la propagande
Les travaux de Martina Gatto sur Lycurgus and Leonidas in Nazi German Ideology and Historiography montrent comment la propagande nazie mobilise des figures spartiates précises :
• Léonidas : modèle du guerrier prêt à mourir pour la communauté, utilisé dans l’iconographie et les discours comme figure de sacrifice héroïque (Thermopyles comme préfiguration du “combat jusqu’au bout”).
• Lycurgue : présenté comme législateur qui aurait créé un ordre politique parfait, fondé sur la discipline, la frugalité, la subordination de l’individu au tout.
Dans ces textes et images :
• Sparte devient une allégorie de la Volksgemeinschaft : communauté organique, soudée, purifiée.
• Les Thermopyles sont lues comme mythe de la minorité héroïque qui tient tête à la masse ennemie—transposable aux SS ou aux soldats du front de l’Est.

5. La lecture historienne des textes nazis sur Sparte
Les études récentes (Hiller von Gaertringen, Weikard, Wisniewski) permettent de replacer ces textes dans une perspective critique :
• Julia Hiller von Gaertringen montre que Sparte et Olympie sont deux “topoi” centraux du “Griechenlandbild” nazi, à la fois dans le discours et dans la politique archéologique (usurpation des sites, fouilles instrumentalisées). Sparte y est explicitement qualifiée d’archétype d’un État racial völkisch-totalitaire.
• André Weikard, dans Sparta als politische Metapher im Nationalsozialismus, analyse Sparte comme métaphore politique plus que comme référence historique : ce qui compte, c’est la fonction rhétorique dans les discours, pas la fidélité à la réalité antique.
• Daniel Wisniewski, dans Hitler’s Sparta: The Reception of Spartan Militarism and Authoritarianism by Nazi Germany, insiste sur la manière dont les nazis sélectionnent certains traits (militarisme, autoritarisme, éducation dure) et en ignorent d’autres, pour construire un Sparta mythifiée qui sert de miroir au Reich.
Ces travaux convergent sur plusieurs points :
• Les textes nazis ne “décrivent” pas Sparte : ils fabriquent un mythe.
• Ce mythe sert à naturaliser la domination raciale, l’eugénisme et la militarisation totale.
• L’usage de Sparte est cohérent avec l’idéologie nazie, mais radicalement anachronique du point de vue de l’histoire grecque.

6. Bilan : ce que disent vraiment les textes nazis mobilisant Sparte
Si on se limite aux textes (et non aux reconstructions imaginaires), on peut résumer ainsi :
• Chez Hitler :
Sparte = “premier État völkisch”, preuve historique que la domination d’une élite raciale sur une masse servile est possible et souhaitable.
o L’élimination des enfants faibles est présentée comme modèle eugéniste “plus humain” que la modernité.
• Dans l’appareil idéologique (Rosenberg, SS) :
o Sparte = modèle de société raciale homogène, militarisée, disciplinée.
o L’agôgè spartiate sert de référence justificatrice pour la formation SS et la dureté éducative.
• Dans la propagande héroïque :
o Léonidas et Lycurgue = figures exemplaires de sacrifice et de législation “organique”, intégrées au panthéon nazi.

Les historiens montrent que cet usage est systématique, cohérent et profondément idéologique, mais qu’il repose sur une déformation radicale de la Sparte historique. »

Phil dit: 22 juin 2026 à 14h26

Leonidas produit des chocolats trop sucrés, Godiva bien meilleur, mais propriété turque, ça ne plait pas à tous les moyen-orientaux.

Christiane dit: 22 juin 2026 à 14h34

Closer,
Votre remarque est intéressante. Ce terme « d’intranquillité » apparaît d’abord dans un poème de Michaux, certainement inconnu de Pessoa. Françoise Laye, sa traductrice, nous l’apprend dans le livre qu’elle lui a consacré.
Mais je doute qu’il ait influencé Pessoa qui lui écrit en portugais utilisant le terme que vous citez « desassossego ».
Bien sûr que vos propositions sont possibles.
Il se trouve que j’aime ce mot. Peut-être, parce que j’entends « tranquille » et ce préfixe « in » que je traduis par « sans ».
La tranquillité d’une âme me fait songer à Pascal dans ses méditations, à Rousseau et ses promaded rêveuses, à Montaigne dans sa tour.
Ces 583 fragments que les éditeurs ont rassemblés disent une âme qui n’est pas tranquille.
Jaime assez que dans ce chaos fiévreux vous puissiez mener un tel questionnement.
Extrait de l’introduction de Françoise Laye.
« Le terme d' »l’intranquillité », devenu aujourd’hui d’usage courant, était un néologisme en 1988, et à fait couler beaucoup d’encre. Nous l’avions adopté cependant pour traduire le monde si complexe et si personnel de Pessoa poétique, mouvant, musical, parcouru sans cesse de courants contradictoires, et traversé d’une interrogation fondamentale.
Pour ramener au jour ces couches inconnues de l’0être, qui n’ont de nom nulle part, Pessoa a usé d’un langage entièrement neuf (…) faire épouser à la phrase, à l’expression, à la ligne même du discours, le cheminement nocturne de l’analyse. En suivre les spirales descendant toujours plus profond, et « naviguer, dit-il, sur des eaux ignorées de moi-même. (…) ».

Christiane dit: 22 juin 2026 à 14h37

O.K., Rose.
C’est plus clair.
Oui, c’était une belle saloperie que je ne lui pardonnerai jamais.

lmd dit: 22 juin 2026 à 14h39

…(holà)…
À propos du titre, Le Livre de l’intranquilité ou Le Livre de l’inquiétude ?
L’article Wikipédia fait le point. Mais j’observe que cet article ne connait pas la traduction d’Inês Oseki-Dépré publiée par les Editions Unes. J’ai ce livre sous les yeux ; il indique : tiré à 1500 exemplaires, achevé d’imprimer le 30 novembre 1987. Mais ce n’est qu’un recueil de fragments choisis.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Livre_de_l%27intranquillit%C3%A9

rose dit: 22 juin 2026 à 14h49

christiane,

j’ai une très grande estime de vous : je vous cherche sur la toile, et je vous retrouve avec bonheur, dans un echange lumineux avec raymond prunier autour de Amselm Kiefer, que vous ne cessez d’aimer.
Christiane Parrat à propos d’Anselm Kiefer – Je peins le passage https://share.google/fHSgsNTQgPsikJVgW

Et là, avec joie, je retrouve toute la christiane que j’estime tant.
Restons en paix dans un monde aussi brutal : c’est un travail.

et alii dit: 22 juin 2026 à 15h02

Le terme latin « coitus ante portas » signifie « coitus inter femora » (rapport sexuel avant la porte) et se traduit par une copulation ou une masturbation consistant à insérer le pénis entre les cuisses de son partenaire sexuel . Cela peut se faire de quatre manières différentes : a) avec un partenaire debout ou allongé ; b) avec un partenaire assis sur les genoux ; c) avec un partenaire allongé sur un lit ou une table , les jambes en l’air ; d) dans le cas de la pédérastie , en tenant un enfant par les chevilles, la tête en bas . Synonymes
: coitus ante portas ; coitus inter femora ; coitus interfemoris ; college fuck ; college style ; dry fuck ; dry hump ; dry run ; English method ; femoral intercourse (ou coitus ) ; Harvard style ; interfemoral intercourse ; intracrural intercourse ; irrumatio (n) ; leg work ; leggins ; Princeton Rub (ou Style) ; rubbins ; slick leggins ; thigh sandwich ; thighs . Voir aussi : butter churn .

Christiane dit: 22 juin 2026 à 15h07

Merci, Rose, que des beaux souvenirs. Mais j’ai quitté sa planète…

Christiane dit: 22 juin 2026 à 15h16

Rose,
Je savais bien que se rencontrer détruirait cette transparence… (La raison pour laquelle j’ai fui votre RV gare de Lyon.) Ce blog appartient aux mots, la vie de tous les jours est ailleurs…

Chantal dit: 22 juin 2026 à 15h19

Vu l’ambiance sur la plage de la RDL, je prends quelques jours de vacances, mon sac est prêt et je me prépare pour le saut en parapente demain, j’ai quand même un peu les chocottes, un jour je me dis: j’annule, le lendemain çà me botte à nouveau. J’ai réussi à ne pas faire douter de ma bonne volonté mon pote moniteur, je ne vais pas me dégonfler. Je n’ai rien dit à mon fils, je le revois après. Je me souviens bien quand passou nous avait raconté son expérience avec Jean-Quentin Chatelain au Théâtre de Vidy, en sortant de la représentation on peut mettre ses pieds dans l’eau du lac … avait il ajouté. Les mises en scène de Claude Régy n’ont rien d’un clapotis de bords de scène. Il sait suciter l’émotion.

rose dit: 22 juin 2026 à 16h05

Christiane dit: 22 juin 2026 à 15h16
Rose,
Je savais bien que se rencontrer détruirait cette transparence… (La raison pour laquelle j’ai fui votre RV gare de Lyon.) Ce blog appartient aux mots, la vie de tous les jours est ailleurs…

on ne demande pas cinquante rencontres. En tout cas, clairement il n’y a pas d’amitié. Je vois le côte défoulatoire de certains, certaines.
Cela ne date pas d’hier, le cafe raté.
Ai retrouve un mail de vous datant de 2016 où déjà, vous ne pouviez pas prendre un café avec moi.

C’est comme cela, à votre second refus, que j’ai changé radicalement le rôle de ce blog dans ma vie, qui, elle, effectivement, se déroule dehors.

Ce n’est pas grave du tout. Désormais, je vais tout faire pour ne pas répondre aux agressions.
Cela ne m’intéresse pas.

L’intérêt, c’est ce qui ouvre des pistes. Les murs, les impasses, et les portes fermées, cela n’offre aucun intérêt.

Christiane dit: 22 juin 2026 à 16h15

Bon, ça suffit, Rose.
Revenons à l’essentiel. Pessoa par exemple…

pourmapar dit: 22 juin 2026 à 17h02

C’est quand même un comble que de nous faire confondre dans une illustration, l’ Afrique et le continent européen.
Comme si tout cela était la même chose.
La confusion des images..

J J-J dit: 22 juin 2026 à 17h13

Faites le, Chantal… Sinon, vous le regretterez à jamais. Courage et bon vent !
(J’ai hésité pmp au dernier moment, alors que j’étais prêt à faire le saut, il y a 10 ans, au Puy de Dôme ; maintenant, il est trop tard pour connaître l’ivresse des forces ascensionnelles. Trop pondéralement surchargé, m’a-t-on dit, on ne veut plus m’initier, ni en parachute ni en parapente). Alors je lis des légendes sur Ycare.

J J-J dit: 22 juin 2026 à 17h19

@ je vais tout faire pour ne pas répondre aux agressions (16.05).

Je vais essayez aussi, mais c pas facile… on rechute facilement. Essayer de se diligenter. Revenir à Passou-Passoa,

D. dit: 22 juin 2026 à 17h33

Pour penser que les bons chocolats sont suisses, il faut avoir un problème de refroidissement. C’est évident.

et alii dit: 22 juin 2026 à 18h01

en guise de salut
tout à l’heure me sont revenues plusieurs histoires récentes avec des psycho professionnelles que je connaissais; l’une d’elles, originaire de Transylvanie me raconta une rencontre avec un homme qu’elle pensait l’homme de savie, et me dit un soir que je la trouvais radieuse que c’était d’être aimée et de le savoir;
personnellement, jen’ai rien dit à cette winicottienne de choc mais j’ai pensé que la merveilleuse rencontre qu’elle pensait voir virer prochainement vers yune une union légitime revée, se décomposerait prochainement et peut etre sévèrement; ce qui survint de fait, et elle disparutn regrettée des femmes avec lesquelles elle avait travaillé; j’en suis restée curieuse, je l’avoue, mais sabs fantasmer au-delà;c’est dire que je n’ai guère investi affectivement, ni intellectuellement sur la RDL. OCCASION POUR MOI DE E2GLER MES DETTES SELON L’EXPRESSION DE P.ASSOULINE AUQUEL JE DOIS DONC AUSSI BEAUCOUP; quant à la « transmission »;le travail d’ Assouline dont je ne suis pas élève est pour moi exemplaire, mais merci à vous tous si présenys:non Rose, je n’ai jamais voulu insulter personne;
bonne suite !

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