de Pierre Assouline

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Quand Paul Celan perçait déjà sous Paul Antschel

Quand Paul Celan perçait déjà sous Paul Antschel

Généralement, lorsque surgissent des inédits de jeunesse signés à d’auteur de renom, ce n’est pas très bon signe. L’exhumation est toujours douteuse et le fond de tiroir, suspecté. Raison de plus pour saluer une exception lorsqu’elle se présente. Bien sûr, l’édition bilingue des Poèmes de Czernowitz 1938-1945 de Paul Celan (24 euros, 325 pages, Seuil) qui parait ces jours-ci attirera en priorité les fidèles lecteurs du grand poète- et ils sont de plus en plus nombreux en France. Mais ce sera peut-être l’occasion d’élargir le cercle davantage encore car ces poèmes de jeunesse sont plus accessibles que ceux de la maturité, lesquels n’ont pas volé leur réputation d’hermétisme, quoi qu’on en dise, à l’égal de ce qui se dit encore pour l’œuvre d’un Mallarmé par exemple. On dira qu’en 18 et 25 ans, le jeune créateur était plus désarmé qu’il ne le sera par la suite. On précisera également que la plupart de ses poèmes relèvent du lyrisme amoureux sinon érotique en ce qu’ils étaient adressés à son amie Ruth Kraft. Nombre d’entre eux ont été mûris alors qu’il cassait des cailloux dans un camp de travail où les nazis l’avaient envoyé avant d’expédier ses parents dans des camps de concentration de Transnistrie où ils mourront, l’une exécutée d’une balle dans la nuque, l’autre du typhus.

Pour autant, Paul Celan qui s’appelait encore Paul Antschel, né dans une ville roumaine après avoir été autrichienne et avant de devenir soviétique et enfin ukrainienne (à travers sa résurrection poétique, Czernowitz est devenue le paradigme de la fragmentation historique et géographique de l’Europe centrale), ne renoncera jamais à la langue allemande lui qui connaissait tant de langues. A l’heure où tant d’intellectuels récusèrent en bloc toute culture allemande au lendemain de la guerre (le philosophe Vladimir Jankélévitch entre autres), il avait fait le choix de la langue du bourreau afin de lui faire rendre gorge et de la dénazifier en la truffant souterrainement de mots, de racines, d’étymologies empruntées notamment à l’hébreu et au yiddish. Pour autant, jamais sa poésie ne se fera témoignage d’un monde disparu après anéantissement.

Tout en assurant ses besoins en étant engagé comme lecteur d’allemand à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm (nombre de traducteurs lui doivent quelque chose), il échafauda une œuvre d’une sombre intensité et d’une force de pénétration sans équivalent qui en fit le plus important poète de langue allemande de la seconde partie du XXème siècle.

Les Poèmes de Czernowitz ne sont pas publiés n’importe où n’importe comment, précision utile en un temps où un management dénué du moindre souci littéraire ou culturel tente d’imposer sa loi dans l’édition française. Ils paraissent dans la collection « La librairie du XXIème siècle » créée et animée jusqu’à sa disparition par Maurice Olender, éditeur passionné de l’œuvre de Celan en français. Et Jean-Pierre Lefebvre en est l’érudit annotateur, le précis traducteur et l’impeccable préfacier, des qualités indispensables dès lors que lecteur sera inévitablement confronté à « l’intelligence proprement poétique des situations » qui caractérisait Celan. Malgré son autorité sur la question, Lefebvre se garde bien de trancher : lorsqu’il y a un doute, il parle d’« hypothèse », use du « peut-être »persuadé que même dans l’opacé il y a une porte de sortie. On peut être certain que lorsqu’il décèle la trace de ses influences de jeunesse (Rilke, Trakl, Hofmannsthal, Stefan Georg), c’est qu’elle est incontestablement établie en vue de cette édition on ne peut plus critique.

Ils nous invitent à découvrir ces poèmes de jeunesse comme le laboratoire de l’œuvre en germe. Thèmes, cadences, motifs, inspirations, lexique, syntaxe, couleurs (le blanc, notamment celui de la neige, étant sous sa plume associé au deuil, la neige est ses flocons noirs), rythmes, vocables s’y manifestent sans qu’ils soient nécessaires de les solliciter. Ce qui n’empêche pas de se poser des questions sur le choix de certains mots peu usités : « mourance », « le languir », « kobold », « carabes », « enluronner », « asters »… Qu’importe puisqu’il faut que la poésie saigne. Dans les notes, prolongement nécessaire à qui veut aller au-delà de l’ivresse produite par la lecture, on découvre le sous-bassement proprement musical de son art poétique, pas seulement du côté de Webern comme cela a souvent été dit, mais d’un lied de Schubert (D.776, opus 59, No 3 ainsi que D.101), d’une sonate de Beethoven (opus 81a en si bémol majeur).

Jamais il ne réussira à mettre à distance une culpabilité profondément ancrée en lui : le dilemme qui lui fit choisir la langue des assassins de sa mère comme langue d’écriture ; la Fugue de mort (lue ici en allemand par son auteur et là en français par un comédien) notamment se fait l’écho de cette question lancinante. De dépressions en internements, rongé par les crises mélancoliques, il s’est suicidé en 1970 à l’âge de 50 ans en se jetant dans la Seine du haut du pont Mirabeau alors qu’il avait rendez-vous avec son fils devant le théâtre de l’Odéon. Dans ses poches, on a retrouvé deux billets pour une représentation d’En attendant Godot.

                NOTTURNO

« Ne dors pas. Sois sur tes gardes.

Les peupliers d’un pas chanteur

défilent avec la soldatesque.

Les étangs sont tous de ton sang.

 

Y dansent de verts squelettes.

L’un d’eux arrache, au culot, le nuage :

ravagé, estropié, gelé,

ton rêve saigne des coups de lance.

Le monde est une bête en couches,

faufilée, glabre, sous la nuit de lune.

Et Dieu est son hurlement.

J’ai peur et j’ai froid. »

 

(Schlaf nicht. Sei auf der Hut.

Die Pappeln mit singendem Schritt

Ziehn mit dem Kriegsvolk mit.

Die Teiche sind alle dein Blut.

Drin grüne Gerippe tanzen.

Eins reißt die Wolke fort, dreist :

Verwittert, verstümmelt, vereist,

blutet dein Traum von den Lanzen.

 

Die Welt ist ein kreißendes Tier,

das kahl in die Mondnacht schlich.

Gott ist sein Heulen.

Ich fürchte mich und frier.)

 

( » huile sur toile de Mark Rothko » ; « Paul Celan jeune » photos D.R.)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire, Littérature étrangères, Poésie.

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commentaires

1 397 Réponses pour Quand Paul Celan perçait déjà sous Paul Antschel

J J-J dit: 25 avril 2026 à 16h38

Hier j’ai peint Juan, l’ouvrier maçon portugais pris en photo dans l’effort de son travail. Torse nu. Sur du papier noir, avec un pastel blanc, genre Caillebotte sur les planches. J’ai photographié le dessin, et à l’aide du logiciel de transformation j’ai établi 12 possibilités de variations de la même toile. Il en est résulté une série inédite non dépourvue d’originalité. Je pense l’exposer dasn la salle de lecture de mon village, en accompagnement du portrait de mes 12 partenaires du club de tarot local. En effet, tous ces dessins sont originaux et commencent à connaître leur petit succès. J’aime pas mal travailler sur des sujets plutôt réalistes que je n’éhséite pas à pop’artiser hardiment. Rien de révolutionnaire, mais ça plait bien en général aux gens du coin, dépourvus de culture picturale, mais suffisamment avisés pour me faire des remarques pertinentes sur la manière d’améliorer ma technique des ‘portraits » au graphite (du B3 au B2) sur des formats d’aquarelles de couleurs préalablement séchés. J’achève les toiles petit format en accentuant les traits caractéristiques des visages grâce au logiciel de microsoft, en les rehaussant à coups de méplats aux markers blancs. J’achève mes séries en les signant d’un style qui me soit tout à fait propre ou que j’essaie, du moins, d’originaliser en preant mes distances avec mes sources d’inspiration. Présentement, ç’a l’air de marcher, et surtout de me procurer beaucoup de plaisir et d’apaisements, entre deux feux. Voilà ce que je pouvais dire au journal télévisé de la RDL au 26 IV 26, sans oublier de formuler tous mes regrets et pensées amicales à tous les souffrant.es en silence de n’avoir plus aucune perspective de créativités (croient-ils, à tort). ///
et le tort tue, et tu meurs, etc.

renato dit: 25 avril 2026 à 17h00

Selon l’une de mes amie (68 ans) « Si quelqu’un n’est pas antifasciste, c’est son problème. »

closer dit: 25 avril 2026 à 17h19

Marre des analyses de généraux ou de géopoliticiens de plateau TV sur la guerre au Moyen Orient, qui manifestement ne savent pas grand chose…

Aujourd’hui, divine surprise sur la Cinq: le C’est dans l’Air était consacré aux OVNI et aux Extra Terrestres!!!

Trump a déclassifié les documents sur le sujet, sans doute pour détourner l’attention du bourbier iranien, mais peu importe, il n’empêche que le débat était tout à fait sérieux et massionnant. Selon l’un des intervenants, trois hypothèses peuvent être retenues pour expliquer les phénomènes incompréhensibles recensés dans les dossiers US (il y a l’équivalent en France): un, les extras terrestres, deux, des armes secrètes développées par la Chine, trois, des armes secrètes développées par les USA eux-mêmes…

closer dit: 25 avril 2026 à 17h25

puckovski oublie que la raison qui passionne tant l’Occident selon lui, n’était en rien incompatible avec la croyance en Dieu chez Descartes ou chez Kant…
Si Dieu s’efface peu à peu de notre horizon, aussi bien en occident qu’ailleurs, y compris chez ses chers russes, autant que la raison reste solidement installée pour faire face aux sectes, aux superstitions et aux fanatismes…

puck dit: 25 avril 2026 à 17h35

@ »puckovski oublie que la raison qui passionne tant l’Occident selon lui, n’était en rien incompatible avec la croyance en Dieu chez Descartes ou chez Kant… »

cloclo d’amour, alors là puckovski il t’arrête de suite dans tes délires, tu me fais penser aux experts de plateau quand ils parlent de la guerre en Ukraine, au Liban ou a Gaza ou en Iran.

les experts de plateau étaient encore assez bon pendant la 1ere guerre d’Irak.

après ils ont été encore pas trop mauvais pour la guerre en Afghanistan.

ça a commencé à se dégrader avec la 2e guerre en Irak.

après il y a eu le rachat des médias par les oligarques et là c’est parti complet en couille.

il faudra un peu de recul pour comprendre les méfaits économiques, politiques et sociaux dans le passage de la démocratie à l’oligarchie en France.

par contre pour les médias le résultat est visible de suite.

puck dit: 25 avril 2026 à 17h39

cloclo c’était quoi déjà ta question ?

à ouai la foi de Descartes et de Kant….

c’est ce qu’on peut appeler une foi de pacotille : Kant et Descartes ne croyaient pas plus en Dieu que moi je crois à la victoire du psg contre le bayern…

je veux dire à moins d’un miracle ces enc.lés de parisiens ils ont aucune chance et si ils gagnent je m’engage à ne pas prendre la nationalité russe comme prévu.

puck dit: 25 avril 2026 à 17h43

Descartes avait peur de finir comme Galilée, du coup il a réussi à enfumer l’église en se glissant comme un anguille dans les méandres de l’enfumage de haute volée du genre je vais prouver par la Sainte Raison la Sainte Existence de Dieu, par contre il n’a pas réussi à enfumer ses lecteurs, je veux dire ses bons lecteurs, du genre des lecteurs comme moi qui connaissent Nietzsche et Dostoïevski mieux qu’ils se connaissaient eux-mêmes.

après des lecteurs un peu cons j’imagine qu’ils peuvent se laisser enfumer par la foi de Descartes.

puck dit: 25 avril 2026 à 17h50

Descartes et Kant ne croyaient pas en Dieu !

pas plus que Hegel et Spinoza ne croyaient en Dieu !

aucun philosophe ne croit en Dieu.

au contraire ils ont tous contribué à la mort de Dieu.

parce que si le Bien dépend de la Seule Sainte Raison alors Dieu ne sert plus à rien.

CQFD !

et ça nous sommes en train d’en prendre la mesure aujourd’hui seulement !

la civilisation occidentale avait dès son origine, donc dès Socrate, l’objectif de tuer Dieu !

l’individu occidental s’est émancipé de toutes choses : l’état, Dieu, son genre, son sexe, son identité et aujourd’hui, avec l’IA et le transhumanisme, il va se couper de son humanité.

sauf qu’il ne sait pas encore.

mais ça va bientôt venir…………!!

puck dit: 25 avril 2026 à 17h58

d’où l’effondrement moral de l’occident que nous sommes en train de traverser.

le nihilisme profond dans lequel l’occident est plongé c’est juste la dernière étape avant la rupture entre l’individu et son humanité qui elle-même représente la dernière étape de la volonté de l’homme occidental de se couper de tout ce qui lui donnait l’impression d’être prisonnier.

si on suit l’historique de la russophobie on voit qu’à partir du moment où Poutine a fait la promotion des valeurs familiales le matraquage médiatique anti Poutine a démarré.

promouvoir aujourd’hui les valeurs familiales aujourd’hui en Europe c’est avoir la certitude de se faire défoncer par tous nos médias.

parce que le progrès n’est pas là : le progrès c’est de poursuivre dans cette voie d’émancipation absolue.

on peut parler de cette émancipation comme une forme d’absolutisme ou de totalitarisme moderne.

puck dit: 25 avril 2026 à 18h02

j’ai écouté l’émission de Finky ce matin, j’étais mort de rire.

les mecs ils en sont encore à discuter du wokisme du genre c’est pas bien, mais quand même c’est pas mal…

les mecs ils sont le nez dans le guidon et ils n’arrivent pas à prendre de hauteur pour avcoir une vue d’ensemble de ce mouvement qui accompagne l’effondrement des valeurs morales et donc même Finky avec ses discours rances conservateurs fait partie parce que quand on l’écoute il donne pas envie d’être d’accord avec lui, au contraire ce type est une publicité ambulante pour le wokisme le plus extrémiste.

Christiane dit: 25 avril 2026 à 18h07

pourmapar dit: 24 avril 2026 à 7h34
« De Georges Roque : penser la couleur, gallimard avril 2026.
Où il est question entre autre d’une analyse détaillée de la peinture « Ocre » (ocre, rouge sur rouge) de Rothko qui fait la une de la couverture de son magnifique essai.
Bonne journée! »

Ce dernier chapitre sur cette toile de Rothko est formidable. Je n’avais pas vu cette superposition de couleurs et de rectangles. Quel œil!

L’essai est parfois trop cérébral mais tellement juste et qu’elle exploration du jaune-bleu-rouge au cours des siècles. Une question n’est pas abordée : comment parler des couleurs dans un dialogue avec un aveugle ?
Et « La pie » de Monet avec cette incroyable neige colorée qui n’a jamais paru si blanche.
Je suis entrée dans cet essai par une pensée de Charles Blanc, historien d’art, qui m’a sidérée. C’est dans l’avant-propos page 6.
« Mais n’hésitons pas à le dire : le goût de la couleur, lorsqu’il prédomine absolument, coûte bien des sacrifices, souvent il détourne l’esprit de sa route, il altère le sentiment, il dévore la pensée. Le coloriste passionné, inventé sa forme pour sa couleur : rien n’est plus vrai. Tout chez lui est subordonné à l’éclat de la teinte. Non seulement le dessin fléchit alors et doit fléchir, mais la composition est commandée, gênée, violentée par la couleur. »
(« Grammaire des arts du dessin-(1867)
-cette pensée répondant à celle de Baudelaire citée juste avant dans ses commentaires sur l' » Exposition universelle ».
Et Georges Roque de poser la question qui traverse tout son essai :
« La couleur » pense-t-elle par elle-même » ou « dévore-t-elle la pensée « ?
Magnifique essai qui arrive fort à propos alors que j’attends un livre pas encore édité et un autre venu de très loin (occasion).
Merci.

bolibongo dit: 25 avril 2026 à 18h10

« Torse nu. Sur du papier noir, avec un pastel blanc, genre Caillebotte sur les planches ».

Le peintre marié mis à nu par ses célibataires, même.

puck dit: 25 avril 2026 à 18h11

on dit que c’est à la fin d’une vie que cette vie prend du sens.

c’est vrai pour la vie des gens, et aussi la vie des empires, et aussi des civilisations.

maintenant que la civilisation occidentale est entrain de toucher à sa fin en passant par cette dernière étape de nihilisme pour aller vers l’IA et le transhumanisme comme étape ultime du détachement de l’individu de son humainité, que l’ensemble prend forme.

là on a une vue d’ensemble : tout prend sens.

notamment le boulot accompli par les philosophes depuis Socrate qui a le premier sacralisé l’individu et sa Raison.

tuer Dieu consistait à tuer le tragique, et donc tuer la vie humaine.

l’ultime victoire de la Raison sur le Tragique !

puck dit: 25 avril 2026 à 18h20

la question est comment les hommes ne s’en sont pas rendus compte plus tôt ?

parce que maintenant ça parait évident : il fallait effacer les destins cruels et pour ça il avait la raison et son idéalisme.

sauf que le destin cruel peut s’effacer dans l’idéalité, mais il ne s’efface pas dans la réalité.

du coup il fallu comme si c’était vrai et pour faire comme si… il a fallu se détacher du réel.

donc il été évident dès le départ que ce détachement du réel de la pensée occidentale se terminerait par ce qui est l’incarnation même de cette réalité pour les individus à savoir leur humainité !

donc dès le départ, dès Socrate il était évident que cette mort programmée de la Vie (comme le dit Nietzsche) se finirait par une séparation entre les individus et leur humanité.

parce que l’idéalisme a fait de l’humanité des hommes la chose la plus pesante dont il fallait se débarasser à la première occasion puisque que cette humanité philosophiquement pesant venait apportait des démentis à cet idéalisme.

cette occasion nous est enfin offerte par la technique, et si on regarde l’ensemblke du parcourt, nous ne pouvons pas refuser ce que va nous proposer cette technique puisque nous avons fait dès le départ tout pour que ce moment advienne un jour.

puck dit: 25 avril 2026 à 18h24

en fait ce qu’il aurait fallu pour sauver l’humanité c’est tuer Socrate au début, quand il était encore enfant.

et ensuite faire en sorte que la philosophie n’existe jamais.

dans ces conditions nous aurions pu garder Dieu, le Tragique et l’Humanité.

autrement dit nous aurions pu, nous aussi, être russes.

il ne nous reste plus qu’à regarder les russes de loin, s’éloigner, avec envie, avec cette jalousie qui nourrit notre russophobie.

puck dit: 25 avril 2026 à 18h31

Nietzsche n’a pas supporté de l’apprendre.

je veux dire quand il a compris ça, il a pété un plomb.

avant de péter un plomb il s’est énervé, ensuite il s’est isolé, ensuite il a compris que cette mort de Dieu signifiait la mort de la Vie, et là il a pété un plomb peuchère.

pourtant il lisait Dostoïevski, il l’a même lu jusqu’au dernier moment.

Dostoïevski est le plus russe des écrivains russes comme Moussorgski est le plus russes des compositeurs russes.

du coup c’est le truc qui aurait pu le sauver, parce que Dostoïevski est l’auteur qui donne le plus espoir en l’homme et dans la Vie, en plus c’est l’auteur le plus optimiste de tous, les autres évitent la réalité parce qu’elle leur fait peur, alors que Dosto n’a pas peur de l’affornter et il s’en sort plutôt pas mal.

c’est pour cette raison sans doute que Nietzsche a lu cet auteur jusqu’à la fin, l’intuition de se dire seul un russe pouvait le sauver sans doute.

J J-J dit: 25 avril 2026 à 18h43

@ comment parler des couleurs dans un dialogue avec un aveugle ?

Une réponse possible dans le généreux roman très infoemé de Sclesser, « dans les Yeux de Mona ». L’avez-vous lu, lu ?
https://www.babelio.com/livres/Schlesser-Les-Yeux-de-Mona/1579372
Une formidable initiation pour les incultes, comme moij, j’avais trouvé… (nb / Je sais bien que la petite Mona est « menacée de cécité » à 10 ans, mais le grand-père lui apprend en cachette à VOIR les toiles au Louvre… Elle pourra imaginer les couleurs (de Matisse à Rothko), pour le restant de sa vie. Non ?

Chaloux dit: 25 avril 2026 à 18h45

Tout mon soutien à Boualem Sansal dont les sens de la dignité, de la liberté, font évidemment désordre dans l’univers de gamelles tendues de ceux qui n’hésitent pas à se déshonorer en l’insultant, en Belgique y compris. On établira les listes ensuite, et il faudra le faire … Le bien de tout cela c’est qu’un monde prétendument littéraire aux trois -quarts vide est en train de s’effondrer, grâce à lui.

J J-J dit: 25 avril 2026 à 18h52

18.18 – J’aurais parié que cette précision allait être épinglée. Merci de ne pas nous avoir déçu, BLBG. Auriez-vous pris la relève de jzmn, par hasard ?
Nancy Huston évoquait plutôt des « professeurs de désespoir »… Vous devriez la lire, Kam’Harad, ça nous changerait de votre lassante psychorigidité sur les faiseurs de la mort de Dieu. Et vous reposerait les méninges (gîtes).

Bon, aujourd’hui, j’avais la pêche. Demain, mes jolies petites cousines et nièces viennent visiter nos rosiers (très sensibles elles sont, au poème de Ronsard dédié à Hélène de S., (notre mère et voisine à tous.tes, dans les parages).

renato dit: 25 avril 2026 à 18h53

Anecdote schönbergienne.
Un aveugle demande à un voyant : « À quoi ressemble le blanc ?»
Le voyant mime le cou d’un cygne avec son bras et invite l’aveugle à en suivre le contour.
L’aveugle s’exécute et finit par dire : « Maintenant, je sais ce qu’est le blanc. »

J J-J dit: 25 avril 2026 à 18h58

@ je me joins à 18.45, quoiqu’il m’en croûte… Pas à ses conclusions, bien évidemment.
Boualem, à sa différence, n’a jamais fantasmé sur l’attitude des collabos franchouilles à la Gestap’. durant Vichy et ses séquelles apparemment immarcescibles chez la RDL.
Euh, bon – je sors. Hein, Valériane ?

Chaloux dit: 25 avril 2026 à 18h58

Charles Alloncle, Boualem Sansal, c’est la même chose, un monde lézardé qui commence à s’effondrer. Enfin.

J J-J dit: 25 avril 2026 à 19h01

Elle est belle votre anecdote, RM… Elle ne tombera pas dans un lac, croyez moij, je vas la ressortir. J’attends la réaction des plumes soyeuses de Ch., notre blanche hermine tapie sur le noir de la neige qui reste après le passage de l’agace. Merci bien.

Chaloux dit: 25 avril 2026 à 19h03

Les « collabos franchouilles » jusqu’en 42, ce sont d’abord les communistes. Beaucoup de membres de l’Action française (que je cautionne pas) avaient rejoint de Gaulle à Londres.

Chaloux dit: 25 avril 2026 à 19h17

Le gros c… antisémite des Charentes dont les digues s’apprêtaient à lâcher, ferait mieux de la fermer. Il est le véritable héritier de Vichy.

Christiane dit: 25 avril 2026 à 19h45

Renato 18h53
Schonberg…
Comme une parole de son Pierrot lunaire s’adressant à Colombine ?

Soleil vert dit: 25 avril 2026 à 19h48

Georges Roque : Quand la lumoière devient couleur

« Enfin réfuter cette idée selon laquelle l’aventure de la couleur dans l’art moderne à partir de l’ impressionnisme aurait consisté à se focaliser sur les couleurs «spectrales» en éliminant le noir, alors que cette aventure a eu lieu grâce à la prise en compte du noir, et du blanc, et non par son rejet, d’abord au XIXᵉ siècle, puis chez les plus grands coloristes du XXᵉ siècle. »

Difficile à croire, surtout chez Monet
Pas de noir pour Monet, disait Clémenceau à l’enterrement de son ami.

Soleil vert dit: 25 avril 2026 à 19h51

En ce moment, c’est la lumière chez Turner qui m’intérèsse. « Le soleil c’est Dieu ». Sans s’en rendre compte il a été le plus grand physicien de son temps.

rose dit: 25 avril 2026 à 20h03

Vu Wiwes III, elles ont cinquante ans : génial. Il s’agit de voir la trilogie en son entier. Le III est réjouissant alors que je craignais la grosse déprime : les amies d’enfance, les amies d’école. Heidrun est abstinente depuis trois ans, j’espère qu’elle tient encore. Je suis Heidrun.

Soleil vert
Je ne sais plus ce que je voulais vous dire.
Ah, oui : bcp, beaucoup, beaucoup d’interférences entre le livre et moi.

Renato
Merci pour les notes sur Jan Van Eyck, et ses potes, à 15h43.

Pas écrit sur Colette pck je bloque. Vais lire ultérieurement qqs.uns de ses textes.

Attaque Grothendieck, la clé des songes.
M’absente un peu, donc.

See you laters, fellows

Soleil vert dit: 25 avril 2026 à 20h12

Sur les « brouillards » de Turner, une explication : l’explosion du Tambora

« Ainsi, les couchers de soleil aux tons rougeoyants du peintre britannique William Turner (1775-1851), célèbre pour sa maîtrise des couleurs, sont particulièrement révélateurs de la cendre et des gaz émis par des éruptions volcaniques majeures. Il s’agit de l’un des constats de chercheurs grecs et allemands qui ont passé à la loupe des centaines de tableaux réalisés au cours des cinq derniers siècles. »

Témoins involontaires d’une éruption historique

Turner et les autres peintres européens ont en effet, probablement sans le savoir, été les témoins éloignés de l’éruption la plus meurtrière de l’histoire, celle du volcan Tambora, survenue en avril 1815 en Indonésie. La catastrophe a fait quelque 10.000 victimes directes et on estime que des dizaines de milliers d’autres ont péri de ses répercussions sur le climat.La quantité de cendres envoyée dans la haute atmosphère, à plus de 40 kilomètres d’altitude, par le Tambora fut telle qu’elle fit plusieurs fois le tour de la Terre.

Christiane dit: 25 avril 2026 à 20h14

Thomas Schlesser – Les yeux de Mona. Je vais lire ce roman, JJJ. Que réserve ce trio ? Le grand-père, sa petite fille, ces toiles. Comment partager un tableau avec cette enfant ? Elle regarde, s’emplit de beauté, parle ou ne parle pas. Oui, la toile entre en elle avec douceur. Qu’a-t-il choisi ce grand-père ? Quelles couleurs ? Avant d’entrer dans ce monde assombri, flou peut-être noir, qu’aura mémoriser l’enfant ? Elle connaissait les couleurs pas ces tableaux. Quel rôle tient l’art dans cette histoire ? Quels liens tisse-t-il pour elle entre sa jeune vie et ces histoires de peintures ? Étonnant…

puck dit: 25 avril 2026 à 20h27

les gens savent lire bien les tableaux même ceux qui n’ont jamais mis le pied dans un musée.

exemple : le tableau du monde actuel : le monde a compris que la diabolisation de l’Iran c’était un mensonge et de l’hypocrisie de l’occident.

les iraniens provoquent une crise économique mondiale, mais le monde les soutient.

ils ont compris qui, dans le tableau, sont les agresseurs et qui sont victimes.

ils ont compris qui dans le tableau, sont des tueurs de femmes et d’enfants.

par contre nos intellectuels qui connaissent l’histoire de la peinture de la renaissance italienne sur le bout des doigts ne savent toujours pas lire le tableau du monde qu’ils ont sous les yeux.

ils disent c’est la faute de l’Iran ! c’est la faute du Hezbollah ! c’est la faute des palestiniens ! c’est la faute du Hamas ! les iraniens doivent accepter de se soumettre à nos exigences ! etc etc etc…

ils lisent le tableau du monde à l’envers…

Soleil vert dit: 25 avril 2026 à 20h28

Mais l’essentiel n’est là. Il ne s’agit pas de la maitrise de la couleur mais de la lumiere.
La phrase prononcée sur son lit de mort, « le soleil c’est Dieu » fait écho à celle de Goethe « mehr licht »

Rembrandt, Le Caravage, entre autres, ont montré comment la lumière sculptait la matière. Turner va plus loin. Dans sa toile Going to the Ball (San Martino), la lumière absorbe le paysage et les constructions. Il a compris que la matière proçédait de la lumiere. La lumière crée la matière et c’est ce que nous apprend la physique des étoiles. Le soleil brule son hydrogène et le transforme en un élément plus lourd l’hélium. Au cours des milliards d’années de son existence, dans sa combustion il traverse ainsi tout le tableau des éléments périodiques. En mourant les étoiles nous lèguent des astéroides qui en s’agglutinant formeront des planètes. C’est en ce sens que Turner était le plus grand physicien de son temps.

puck dit: 25 avril 2026 à 20h34

comment ces millions de personnes sans culture, qui n’ont jamais mis un peid dans un musée, arrivent à lire ce tableau du monde qu’ils ont sous les yeux alors que nos savants intellectuels le lisent à l’envers ?

parce que c’est leur coeur qui parle, c’est toutes ces larmes qu’ils versent devant les tombes des 170 écolières tuées dans leur école primaire, les photos des visages de ces enfants innocentes ont maintenant pris l’apparence de saintes dans le tableau du monde, elles sont venues s’ajouter aux visages de tous ces enfants morts à Gaza, les figures saintes du tableau du monde.

ce tableau que nos intellectuels ne savent pas lire.

Christiane dit: 25 avril 2026 à 20h37

Soleil vert -19h48
Je ne suis qu’au début de l’essai de Georges Roque, « Penser la couleur ». Après avoir lu le chapitre qui concerne Rothko je cherche grâce aux indications listées à la fin du livre à découvrir ce qu’il a pensé de certaines toiles. Je n’ai pas encore rencontré le passage que vous citez et je ne le comprends pas bien. Je vous dirai…

Jazzi dit: 25 avril 2026 à 20h44

Les écrivains, il faut les lire sans préjugés ni jugements…

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COLETTE

Tu croqueras la vie à pleine dent

Pour la très sensuelle Colette, le bonheur commence souvent dans l’assiette, où, la succulence d’un plat, enraciné dans son paysage, et accompagné d’un bon vin local, est le plus à même d’enchanter plusieurs de nos sens. Attention au coup de pied !

« Naturellement, vous aimez la Provence. Mais quelle Provence ? Il y en a plusieurs. […] Il y a des morceaux de Provence gras, herbus, baignés de sources, de petites Provences italiennes, même espagnoles ; une Provence – peut-être est-elle ma préférée – maritime, pays de calanques d’un bleu qui n’est point suave mais féroce, de petits ports huileux qu’on ne déchiffre qu’à travers une grille de mâts et de cordage… […]
En forêt du Dom*, il est une auberge… Son renom se fait si vite qu’il n’est pas besoin de la désigner plus clairement. Le lieu est beau, en pleine forêt profonde, et la route romantique tourne à souhait pour l’attaque des diligences… Les soirs d’été, deux, trois tables rudimentaires, égaillées sous les acacias attendent les amateurs de gibier, et les friands du poisson que j’appelle « le poisson au coup de pied ».
Est-ce une recette ? Non. Un accommodement culinaire primitif, vieux comme l’olivier, comme la pêche au trident. Jamais cuisson n’a demandé moins d’apprêts – il n’y faut que la manière.
Ayez seulement… une forêt provençale, tout au moins méridionale. Fournissez-vous-y de bois choisi : bûches cornues d’olivier, fagot de ciste, racines et branches de laurier, rondins de pin pleurant la résine d’or, menue broussaille de térébinthe, d’amandier, n’oubliez pas le sarment de vigne. A même la terre, entre quatre gros éclats de granit, bâtissez, allumez le bûcher. Pendant qu’il flambe, rouge, blanc, cerise, léché d’or et de bleu, il n’y a rien à faire que le regarder. Le ciel vert du crépuscule provençal au-dessus de lui, tourne au bleu de lac.
Les flammes baissent, se couchent ; vous avez sous la main, n’est-ce pas, une ou plusieurs belles pièces de poisson méditerranéen, tout vidé ? Vous avez acquis à Saint-Tropez une rascasse monstrueuse, à gueule de dragon, ou vous avez apporté de Toulon les malins mulets à dos noirs, et vous n’avez pas omis, vidant ceux-ci ou celle-là, de glisser, tout le long de leur ventre creux, un fuseau de lard ? Bon. Apprêtez votre balai, j’appelle ainsi ce bouquet odorant de laurier, de menthe, de pebredaï**, de thym, de romarin, de sauge, que vous avez noué avant d’allumer votre feu. Apprêtez donc le balai, c’est-à-dire qu’il trempe dans un pot empli de la meilleure huile d’olive mêlée de vinaigre de vin – ici nous n’admettons que le vinaigre rose et doux. L’ail – vous pensiez naïvement qu’on pouvait se passer de lui ? – pilé, jusqu’à consistance de crème, rehausse le mélange comme il convient. Du sel, du poivre, assez.
Attention. Votre feu n’est plus que braise bientôt. Un lit épais de braise qui chante bas, des tisons qui flambent encore un peu ; une fumée translucide, légère, porte à vos narines l’âme consumée de la forêt… C’est le moment de donner le magistral coup de pied qui envoie, au loin, bûches, brandons et fumerolles, qui découvre et nivelle le charbon ardent d’un rose égal, met à nu le cœur pur du feu sur lequel halète un petit spectre igné, bleuâtre, plus brûlant encore que lui. […]
Le « poisson au coup de pied » saute de son vieux gril dans votre assiette. Vous verrez qu’il est roide, vêtu d’une peau qui craque, s’exfolie et bâille sur une chair blanche, ferme, dont la saveur se souvient de la mer et des baumes sylvestres. La nuit résineuse descend, une lampe faible, sur la table, dénonce la couleur de grenat de vin qui emplit votre verre… Marquez, d’une libation reconnaissante, cet instant heureux. »

(« La Treille muscate » in « Prisons et paradis », Bibliothèque de la Pléiade,
Œuvres III, Editions Gallimard, 1991)

* La forêt domaniale du Dom s’étend sur les pentes du massif des Maures.
** La sarriette.

Jean Langoncet dit: 25 avril 2026 à 21h09

Capté en passant

« « Il me reste quelques mois à tirer dans ce pays et je me tire » : Boualem Sansal envisage de quitter la France

Par Le Télégramme avec AFP

Le 25 avril 2026 à 18h40

« Attaques »

« Pourquoi rester en France avec toutes ces attaques que je subis matin et soir ? », interroge-t-il auprès du journal. « Les Français sont adorables », assure-t-il. « Mais c’est le problème d’une poignée d’oligarques de la pensée, de petits dictateurs de bureau ». Et d’avancer : « Je vais partir. J’irai en Suisse, en Belgique… Et de là-bas je continuerai à critiquer à longueur de journée ». À la chaîne de télévision, il avait auparavant lancé : « La France c’est fini pour moi, il me reste quelques mois à tirer dans ce pays et je me tire […] J’ai quelques années à vivre, tranquille. Je vais aller, je ne sais pas où, chez les Belges s’ils veulent de moi, ou ailleurs ».

Vendredi, dans un entretien à l’AFP, l’octogénaire, qui est aujourd’hui en traitement médical en région parisienne pour plusieurs pathologies lourdes, avait déjà confié : « je déteste Paris, je ne pense pas que je vais rester en France ». Il a donc persisté et signé auprès d’autres médias.

Entrée à l’Académie royale de Bruxelles…

Ces déclarations interviennent le jour de son entrée, ce samedi, à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, une distinction qui lui « donne de la force » après son éprouvante année d’emprisonnement en Algérie, avait-il aussi dit à l’AFP. « Ça flatte, quand on sort de prison et qu’on a été ramené à zéro, sans statut, sans droits » et « ça me donne de la force », déclarait-il dans la grande salle de l’Académie déjà aménagée pour la réception officielle. Son élection dans cet aréopage bruxellois de 40 « fauteuils », dont dix réservés à des étrangers, a eu lieu en octobre 2025, quelques semaines avant sa libération. L’Académie avait alors dit vouloir honorer un homme « portant haut la fonction créatrice de l’écrivain », à ses yeux « inséparable de la liberté dans laquelle elle s’exerce ».

… en pleine polémique Grasset

Six mois plus tard, l’installation de Boualem Sansal intervient en pleins remous dans le monde parisien de l’édition liés à son arrivée chez Grasset, une maison contrôlée par le groupe Hachette du milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Sansal a quitté le mois dernier son éditeur historique, Gallimard, et son arrivée chez Grasset coïncide avec le départ du PDG de cette maison, Olivier Nora, considéré par de nombreux auteurs comme un « licenciement » décidé par Vincent Bolloré. Les deux dirigeants étaient en désaccord sur la date de publication du prochain livre de Sansal, finalement anticipée à juin.

Le départ d’Olivier Nora a provoqué une fronde inédite dans l’édition, marquée par le départ de nombreuses signatures connues de Grasset et un appel largement relayé à étendre à ce secteur une « clause de conscience, semblable à celle existant pour les journalistes. Grasset serait-elle devenue une maison d’édition au service du camp conservateur ?

Refus d’instrumentalisation

À l’AFP, Boualem Sansal dit refuser d’être instrumentalisé politiquement et qu’on l’associe à Vincent Bolloré. « Pourquoi avant mon arrivée chez Grasset personne n’a dit « les gens qui sont chez Grasset sont chez Bolloré »… J’arrive moi et on dit « ah il est chez Bolloré » », proteste l’écrivain, y voyant « une cabale » pour le décrédibiliser. « Bolloré, je ne l’ai jamais rencontré, je ne connais pas ce Monsieur. Il n’a pas besoin de moi, je n’ai pas besoin de lui ».

Yves Namur, secrétaire perpétuel de l’Académie, reconnaît que la polémique en cours chez Grasset vient perturber l’événement de samedi après-midi. « Oui ça nous met mal à l’aise, nous aurions préféré éviter le trouble », dit-il à l’AFP. Il relativise toutefois les conséquences. Il y a certes eu quelques appels à différer la réception le temps que la controverse s’apaise. Mais seule une académicienne a prévenu qu’elle serait absente samedi. « Sans pour autant regretter son geste d’avoir voté » pour Boualem Sansal, souligne-t-il.

Incarcéré en Algérie pendant un an pour certaines prises de position sur son pays natal, l’écrivain a retrouvé la liberté en novembre. Il a été gracié par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui a répondu favorablement à une demande des autorités allemandes. La parution de « La Légende », livre dans lequel il raconte sa détention, est prévue le 2 juin, selon Grasset. Vendredi, Boualem Sansal a laissé entendre qu’il y revenait sur sa brouille avec Gallimard, pour cause de stratégie divergente durant l’emprisonnement. Il aurait aimé être défendu en résistant, en « homme libre », affirme-t-il. « Je ne suis pas une marchandise dont on négocie la peau ». »

renato dit: 25 avril 2026 à 21h21

La palette de Cézanne :

Blanc/Terre de Sienne Naturelle/Terre de Sienne Brûlée/Terre verte/Ocre Jaune/Ocre Rouge/Bleu de Cobalt/Outremer/Bleu de Prusse/Jaune brillant/Jaune de Naples/Vermillon/Laque Carminée/Laque de Garance Foncée/Laque de Garance Rose/Noir de pêche/Vert Émeraude/Vert Véronèse.

Le noir est donc présent. Il y a aussi le jaune de Naples, une couleur qui ne supporte pas le contact avec le métal.

Jean Langoncet dit: 25 avril 2026 à 21h38

En passant, en attendant

« Marc Bloch au Panthéon : le sacre d’un printemps citoyen.

Le 23 juin 2026, Marc Bloch entrera au Panthéon, quatre-vingt-deux ans après son exécution par les nazis dans un champ de Saint-Didier-de-Formans. La cérémonie s’annonce solennelle, comme il convient à ceux qui ont tout donné ; mais qu’on se garde de croire qu’elle marquera le commencement de l’hommage : elle en sera l’aboutissement visible, la coupole lumineuse d’un édifice patiemment construit, pierre à pierre, depuis des mois, par des milliers de mains enseignantes et cherchantes. Découvrez ce texte magnifique de notre contributrice Joëlle Alazard, présidente de l’association des professeurs d’histoire-géographie. (…) »

https://www.sansdoute.info/marc-bloch-au-pantheon-le-sacre-dun-printemps-citoyen/

D. dit: 25 avril 2026 à 21h39

Le noir de pêche s’obtient en brûlant des noyaux de pêche. Il demeure inférieur au noir d’endive plus fin et profond.

Jazzi dit: 25 avril 2026 à 22h18

« Lettre ouverte à la gauche
Objet : Boualem Sansal « n’a rien fait » ? Si. Il a fait ce que vous n’osez plus faire.
Chère gauche,
On vous entend. Dans les dîners, sur les plateaux, sur X : « Boualem Sansal ? Bof. Il n’a rien fait. »
« Rien fait » ? Vraiment ? Alors parlons faits. Juste des faits.
1. Il a fait 1 million de lecteurs.
900 000 à 1,2 million de livres vendus. Traduit en 25 langues. 2084 : La fin du monde : 400 000 exemplaires. Le Village de l’Allemand : 200 000.
« Rien fait » ? C’est combien, votre dernier tract tiré à 500 exemplaires ?
2. Il a fait tomber son propre salaire.
Ingénieur, docteur en économie, haut fonctionnaire au ministère de l’Industrie algérien. Limogé en 2003. Motif : ses livres. Viré par le régime pour délit d’écriture.
« Rien fait » ? Vous en connaissez beaucoup, des énarques qui perdent leur poste pour avoir trop bien décrit le réel ?
3. Il a fait l’Académie française, pas la fête de l’Huma.
Grand Prix du Roman 2015. Grand Prix de la Francophonie. Prix de la Paix des libraires allemands. Prix du Roman Arabe.
« Rien fait » ? Il a juste raflé les prix que vos auteurs préférés rêvent d’approcher.
4. Il a fait du courage quand vous faisiez des éléments de langage.
1999 : Il démonte les islamistes et le FLN en pleine guerre civile algérienne. 2008 : Il ose écrire noir sur blanc le mot « islamo-nazisme ». 2015 : Il décrit la dictature religieuse de 2084 quand vous en étiez encore à « pas d’amalgame ».
« Rien fait » ? Il avait 20 ans d’avance sur votre prise de conscience. Si prise de conscience il y a.
5. Il a fait le choix de rester là-bas.
Menacé, censuré, interdit de publication en Algérie. Il vit toujours à Boumerdès, à 50 km d’Alger. Pas planqué dans le 11ème entre deux vernissages.
« Rien fait » ? Lui risque sa peau. Vous risquez un bad buzz.
Alors on va traduire « il n’a rien fait ».
Ça veut dire : « Il n’a pas dit ce qu’on voulait entendre ».
Sansal critique l’islamisme, l’arabisation forcée, défend la laïcité, la francophonie, et ose dire que la décolonisation a aussi enfanté des tyrans.
Pour vous, c’est un crime. Donc vous décrétez qu’il « n’existe pas » littérairement. Pratique.
Le problème, chère gauche :
Vous avez passé 40 ans à expliquer que « l’art doit être engagé ».
Un type arrive. Il s’engage. Il paie. Il perd son job. Il risque sa vie. Il vend 1 million de livres.
Et vous dites « il n’a rien fait » parce qu’il ne s’engage pas dans votre sens.
Sansal n’a pas « rien fait ».
Il a fait des livres que vous êtes obligés de lire pour pouvoir le détester.
Il a fait la preuve qu’on peut venir d’Algérie, être arabe, être musulman de culture, et dire merde aux islamistes.
Il a fait ce que vous n’osez plus faire : nommer les choses, sans demander la permission à Médine ou à l’heure de prière.
« Il n’a rien fait » ? Si.
Il a fait votre boulot.

Salutations républicaines,
Un lecteur de Sansal. »
Potier Christian

Petit Rappel dit: 26 avril 2026 à 0h32

J’avoue que l’abjection d’hier dont la signataire m’échappe parue dans Liberation sur Sansal, comme quoi il n’a pas le droit de critiquer l’ Islam et qu’il ennuie son lecteur a le faire dans cinq romans dont le tre fin 2087, m’a parue symptomatique de ce que le journalisme français peut produire quand il est au plus bas….

JC..... dit: 26 avril 2026 à 3h49

Le destin de l’homme ?

Naitre, manger, boire, se reproduire, mourir !
Tout le reste est littérature !

(…autant dire que l’on est mal barré …)

Chaloux dit: 26 avril 2026 à 5h11

Il semble que le discours de l’intellectuel belge qui a reçu Boualem Sansal ait été particulièrement insultant à son égard. L’ancienne ministre française Noëlle Lenoir, une femme remarquable qui faisait partie du comité de soutien de B. Sansal, a quitté la salle. Un certain monde qui est en train de s’effondrer sous nos yeux. L’Europe se réveille enfin, il était temps.

renato dit: 26 avril 2026 à 6h50

«… comme quoi il n’a pas le droit de critiquer l’ Islam… »

Nous avons le droit de tout critiquer… enfin, ce n’est pas vrai partout, ce n’est pas possible là où dominent les pouvoirs arbitraires — et dans le paysage contemporain, il y en a un certain nombre —, qui, n’étant pas estimés, cherchent toujours quelqu’un sur qui décharger leur colère.

Chantal dit: 26 avril 2026 à 7h14

Jean Luc Outers, est publié chez Gallimard depuis des lustres, c’est un auteur estimé, fils de Lucien Outers grand résistant et intellectuel wallon très lettré. Il a fait paraît-il une tirade anti-bolloré à la fin du discours de réception. Au moins il a dit ce qu’il pensait tout haut et Sansal qui ne se gêne pas pour dire ses 4 vérités sur tout a rencontré quelqu’un qui a fait la même chose de son point de vue. C’est une tradition ici, je me souviens de Frederic Beigbeder qui s’est pris une volée de boit vert anti-Lagardère Hachette il y a de cela 20 ans par l’écrivain anarchiste Anatole Atlas dans une rencontre sensée l’accueille, et comme par hasard la discussion a ensuite tourné sur Saint Augustin et ses mémoires. Maintenant je crois hélas qu’il se trompe de cible, il n’y a rien d’après les spécialistes de l’oeuvre de Sansal qui donne à penser qu’il est d’extrême- droite. Sauf si tout à coup le dernier à sortir en juin devait contenir des idées qui permettent de le classifier ainsi. Je n’aime pas cette histoire de chasse à l’homme et de sa pensée.

JC..... dit: 26 avril 2026 à 7h21

ACTUALITES

Autour du trône du Roy frétillent la Cour de nombreux cons, tout heureux de porter estime au meilleur d’entre eux.

Christiane dit: 26 avril 2026 à 7h32

Soleil vert,oh, pour le noir en peinture à l’huile, il est souvent approché avec un mélange de brun et de bleu. Une pointe de rouge, parfois.
Le noir que j’aime est celui de l’encre de Chine sur du papier doux d’un blanc duveteux comme la neige. L’encre est absorbée lentement. La lumière rebondit sur le blanc du papier et là c’est suavement le jeu des ombres et de la lumière, une pénombre accordée au lavis qui dilue la force de l’encre dans l’eau. Monet aimait les estampes qu’il gardait près de lui.
Il faut d’abord préparer son encre avec le bâtonnet que l’on dissout dans un peu d’eau. La pierre à encre… C’est là que naît l’encre d’un noir velouté quand l’encre s’accroche sur elle.
Une encre fabriquée avec du noir de fumée obtenu par la combustion d’huiles ou de branches d’arbres. Elle embaume et luit doucement.
Alors, vient le bambou ou le pinceau avec sa touffe en pointe aiguisée, tellement sensible. Vous le tenez à la verticale puis l’attaque et le développement en faisant tourner la pointe. Le galbe naît… Ce noir d’encre c’est celui du regard en dedans, une concentration, un silence intérieur.
Mais nous sommes loin de votre interrogation et proche de vos commentaires sur Turner et sur cette toile de Rothko.
Le noir, un bien grand mystère. La seule couleur qui ne reflète pas la lumière. Sauf quand Soulages se saisit de cette couleur, la strie , la grave, l’offre aux reflets de la lumière capturée dans ses sillons.

pourmapar dit: 26 avril 2026 à 8h46

Christiane dit: 25 avril 2026 à 18h07

Merci pour votre attentive lecture du livre préconisé à toutes et tous ici…
Je suis comme vous et j’aime bien les personnes qui lisent pour aller plus loin dans leur compréhension du monde et de ses manifestations.
Vous avez raison d’y aller en profondeur.

Et pour répondre à une question générale, oui, le noir est une couleur!
Cela à même été revendiqué par les peintres.
Le noir de Matisse, on en fait quoi?
Bonne journée à toutes et tous.

pourmapar dit: 26 avril 2026 à 8h48

« Le noir est une couleur en soi qui résume et consume toutes les autres. » Ces mots d’Henri Matisse nous rappellent l’importance de la couleur noire dans l’Histoire de l’art.

FL dit: 26 avril 2026 à 8h59

Donc comme promis quelques rectifications concernant les insultes communistes contre Sartre.

Finkelkraut y faisait donc allusion dans son débat avec le professeur Boucheron:

« Sartre, cette hyène dactylographe, ce chacal muni d’un stylo »

Ça n’est pas Kanapa, cette petite frappe qui aura eu une superbe carrière dans le Parti Communiste Français, mais Alexandre Fadéïev le 28 août 1948
en Pologne à Wroclaw lors d’un congrès à vocation universelle et manipulatoire. Alexandre Fadéïev est une espèce de sniper, bas, rampant, à qui on pouvait
tout demander. Même Louis Aragon réussit à être plus sympathique que lui.

Une citation de Pasternak sur cet humaniste:

« Personnellement, Fadéïev m’aime bien, mais, si on lui ordonne de m’écarteler, il le fera en toute conscience et en rendra compte avec vigueur, même si ensuite, quand il se remettra à boire, il dira qu’il a pitié de moi et que j’étais quelqu’un de très bien. »

Tout l’article est à lire. Le communisme comme on l’aime. Il ne déçoit jamais.

https://books.openedition.org/pur/194138

FL dit: 26 avril 2026 à 9h02

Il n’est pas inintéressant de voir à quoi ressemblait la délégation française:

‘Le Parti communiste français (PCF) a envoyé à Wroclaw une délégation prestigieuse, composée de dirigeants et journalistes communistes – Laurent Casanova, Jean Kanapa, Pierre Daix, André Wurmser, etc. –, mais aussi d’artistes et gens de lettres, membres ou proches du Parti : les écrivains Paul Éluard, Aimé Césaire, Pierre Seghers, Vercors, Roger Vailland, Julien Benda, les peintres Picasso et Fernand Léger, le critique de cinéma Léon Moussinac, etc. Les scientifiques sont représentés, entre autres, par Frédéric et Irène Joliot-Curie, Prix Nobel de chimie. Curieusement, Aragon a refusé ce voyage, et Dominique Desanti supposera qu’il était « averti de ce que diraient les Soviétiques11 » et « ne tenait pas à se trouver présent quand s’élèveraient les éclats indignés des Occidentaux12 ».’

FL dit: 26 avril 2026 à 9h07

Picasso est tellement moche que j’ai renoncé à regarder ses tableaux. Je devrais me forcer. Après tout je lis bien Louis Aragon.

Chaloux dit: 26 avril 2026 à 9h38

Je vois que « l’estimé » Outers (qu’est-ce que ça veut dire?) a publié chez Gallimard ses lettres à … Sollers… Comme une tenace odeur de livrée… Fermez le ban…

Chaloux dit: 26 avril 2026 à 9h43

La maison Gallimard semble pourvue d’une nombreuse et internationale domesticité.

Chantal dit: 26 avril 2026 à 9h53

n’importe quoi, Outers est aussi publié chez actes sud, à la différence, et c’est lui qui a chapeauté l’édition de « Donc c’est non » de Michaux.

https://www.arllfb.be/composition/membres/outers.html

Chaloux ou le degré zéro de l’information, j’en ai marre de sa jalousie sur les belges moins crottés de l’esprit que lui.

Christiane dit: 26 avril 2026 à 10h01

pourmapar,
Matisse et la couleur noire…
« J’utilise le noir pour refroidir le bleu. (…) Quelle différence entre un noir teinté de bleu de Prusse et un noir teinté de bleu outre-mer ? Le noir avec l’outremer a la chaleur des nuits tropicales, teinté de bleu de Prusse, la fraîcheur des glaciers. », note-t-il. (extrait du livre de Georges Roque, « Quand la lumière devient couleur » (évoqué par Soleil vert) pages 139 à 145.
Retour dans l’autre livre de Georges Roque, page 106. Françoise Gilot raconte dans son livre (« Matisse et Picasso ») cette anecdote, Renoir aurait déclaré à Matisse :
« A la vérité, je n’aime pas ce que vous faites. J’aimerais presque dire que vous n’êtes pas un bon peintre (…) Mais une chose m’en empêche ; quand vous placez un noir, sur la toile, il reste à son plan. Toute la vie, j’ai pensé qu’on ne pouvait s’en servir sans rompre l’unité chromatique de La surface. C’est une teinte que j’ai bannie de la palette.  »
La dernière phrase est particulièrement frappante. Si elle correspond parfaitement au lieu commun selon lequel les impressionnistes auraient banni le noir de leur palette, la mettre dans la bouche de Renoir constitue un contresens flagrant de ses idées et déclarations. S’il s’intéressait tant à l’usage qu’en faisait Matisse, c’est bien parce que le noir était pour lui « la reine des couleurs ».
Henri Matisse – « Écrits et propos sur l’art » page 74.
A propos de la toile « Intérieur à Nice », 1918.
Matisse expliquait que la toile en question représentait une fenêtre ouverte depuis sa chambre à l’hôtel Beau Rivage, à Nice.

Chaloux dit: 26 avril 2026 à 10h13

La flemme de lettres belge n’a pas l’air contente, mais qu’elle se rassure, je suis aussi bien renseigné qu’elle. Et jaloux de quoi? Pauvre Belgique…

J J-J dit: 26 avril 2026 à 10h37

@ 22.18 Je ne sais pas qui a sorti « Boualem Sansal n’a rien fait » ni pourquoi ce citoyen (Christian Potier, « lecteur de Sansal ») s’en prend « à la gauche » pour défendre ce considérable écrivain algérien. Je suis « de gauche » depuis toujours et fidèle lecteur de Sansal depuis Harraga. Je suis sûr qu’il n’a besoin d’aucun avocat français (de gauche ou de droite) pour décider de ce qu’il a à faire, présentement.

@ 20.14 Schlesser – J’espère que vous trouverez quelques réponses dans les yeux de Mona, mais j’en doute un peu au vu de votre niveau de conscience perceptive et mentale dans votre culture des couleurs. Pourtant, son entreprise pédagogique était belle et méritoire, je pense que vous en conviendrez. Elle m’a marqué et rehaussé mon estime de certains pédagogues généreux.

MC dit: 26 avril 2026 à 10h48

« Picasso est tellement moche ». C’est un jugement moral? Parce que le pb des jugements moraux est qu’ils résistent mal au temps. Je parlerais juste de léger purgatoire dû au fait qu’il s’éloigne de nous…

J J-J dit: 26 avril 2026 à 10h59

Pastoureau (1992) raconte que le premier coureur cycliste à porter le « Maillot jaune » s’appelait Eugène Christophe, en 1919. Il s’agissait de mieux apercevoir celui qui était en tête du tour… Mais pourquoi « jaune », hein ?… A cause de la couleur terne du papier, explique-t-il, sur lequel était imprimé à cette époque le journal l’Auto, organisateur de la « Grande Boucle ». Un jaune jaune nullement valorisé ni valorisant pour une simple opération publicitaire, qui allait pourtant bien vite prendre une dimension mythique. C’en serait fini du jaune, de cette couleur longtemps dévalorisée depuis l’Antiquité en Occident.

Chantal dit: 26 avril 2026 à 11h11

La mort est précisément le thème du livre Le Dernier Jour (Gallimard, 2017) préfacé par J. M. G. Le Clézio : «Dans la tradition des Tombeaux, en quelque sorte, le dernier hommage que l’on peut rendre à ceux dont l’heure ultime nous sépare de la mort.» Ce livre évoque, sur un mode fictionnel, les dernières heures d’artistes et écrivains qui ont marqué l’auteur : Hugo Claus, Chantal Akerman, Simon Leys, Henri Michaux, Dominique Rolin… Ces deux derniers auteurs furent les compagnons de route de Jean-Luc Outers qui publiera les lettres de refus de Henri Michaux, Donc c’est non (Gallimard, 2017), les Lettres de Dominique Rolin à Philippe Sollers (Gallimard, 2018).

Donc, mauvaise foi de Chaloux une fois de plus, se traduit par :

Je vois que « l’estimé » Outers (qu’est-ce que ça veut dire?) a publié chez Gallimard ses lettres à … Sollers… Comme une tenace odeur de livrée… Fermez le ban…

Moi j’ai de l’estime pour Outers, que j’ai lu et écouté à plusieurs reprises, de plus il a un humour très fin, chose fort rare chez Chaloux qui pratique la lourdeur d’une pensée qui sent le vieux chignon tiré par 4 épingles, courage fuyons cet ectoplasme !

Chaloux dit: 26 avril 2026 à 11h23

La flemme de lettres belge m’évoque une grosse crêpe mal cuite. Ce qu’elle lit est à peu près du niveau de ce qu’elle écrit. Le mieux est de laisser ces gens entre eux.
Cela dit, j’imagine assez bien Boualem Sansal démissionner de l’académie belge qui ne mérite pas mieux.

Chantal dit: 26 avril 2026 à 12h07

Personne ne le retient, au mieux il ira en Tchéquie chez ses filles, écoutez-le chez Bourdin, il n’a pas vraiment la pêche d’écrire sa fameuse  » Légende » et cherche du réconfort un peu partout. La France n’est pas encore obligée de casquer pour faire un procès à Tebboune, il pousse un peu le bouchon je trouve, comme ces auteurs africains qui demandent la destitution de Sassou N’gesso depuis 20 ans. Ce n’est pas mon problème.

https://www.youtube.com/watch?v=db0PaXFZ97I

Chaloux dit: 26 avril 2026 à 12h55

« Personne ne le retient »?

Mais de quoi elle se mêle, la belge? Ferait mieux de se préoccuper de son pays dévasté.

« Bruxelles, capitale de l’épaisseur », écrit quelque part Marguerite Yourcenar… De l’épaisseur ancillaire, en l’occurrence.

Christiane dit: 26 avril 2026 à 14h39

Je ne sais pas, JJJ. Je n’ai pas encore lu ce roman qui n’en est pas tout à fait un. L’auteur par le truchement de ce personnage de petite fille tente, je suppose, d’établir un dialogue entre celui qui peut intervenir en historien d’art, en lecture d’image, en philosophie avec une enfant qui, je l’espère, garde sa naïveté, son impatience, sa lassitude et puis soudain son intérêt. C’est une transmission.Qui apprendra le plus ? On pense l’enfant mais qui sait ? ce sera peut-être le grand-père qui a besoin d’un œil neuf, qui a besoin d’être utile.
Et puis le savoir n’est pas tout il reste le dialogue, les mots face à la couleur, à la forme, au rrssenti. Beaucoup de mots, j’espère pas de trop. L’histoire aurait pu être écrite sans la menace de la cécité.Simplement Un grand-père et sa petite fille…
Entre un tableau et celui ou celle qui le regarde il y a ce qui est dérobé au langage.
Mais pour l’instant j’explore toujours l’essai difficile de Georges Roque. Difficile car il explore toutes les questions que des générations d’artistes ont résolu par les couleurs, par l’acte de peindre.

Christiane dit: 26 avril 2026 à 17h38

JJJ, je pense à quelque chose. Vous avez parlé des « yeux de Mona » de Thomas Schlesser juste au moment où nous demandions si le Noir était une couleur. J’évoquais Soulages.
Si Mona et son grand-père traversent tous ces musées avec une halte devant un tableau, il est possible qu’ils se soient arrêtés devant un Soulages. Quel beau partage ce serait alors…

J J-J dit: 26 avril 2026 à 18h37

Michel Onfray qui n’y connaissait rien à l peinture, s’est mis à écrire un livre sur Gérard Garouste… Comme quoi, tout est possible, même sans grande culture picturale, à l’origine. Bien sûr, on dira Garouste, quelle daube ! Pas étonnant qu’Onfray, etc. Hein ?

Christiane dit: 26 avril 2026 à 18h56

Oh, JJJ, je suis déçue. Il ne l’a conduite qu’au Louvre ? Pas au centre Pompidou ? Pas au musée d’Orsay? Ni au musée Rodin? Ni voir les nymphéas de Monet? Enfin, c’est mieux que rien mais c’est une enfant. Elle aurait eu plaisir à découvrir l’art contemporain, les Impressionnistes, la sculpture de Rodin, celle de Giacometti à la Fondation proche dans le 14e.
Je me souviens des grandes vadrouilles avec mon petit-fils. La dernière, maintenant qu’il a 30 ans, c’était lui le guide pour une expo au Louvre. Les petits-enfants grandissent et c’est formidable.

pourmapar dit: 26 avril 2026 à 19h01

 » Il faut respecter le noir. Rien ne le prostitue. Il ne plait pas aux yeux et n’éveille aucune sensualité. Il est agent de l’esprit bien plus que la belle couleur de la palette ou du prisme. »
Odilon Redon (1840-1916)
Cité dans : L’ histoire de la couleur dans l’art de Stella Paul, Phaidon 2018.

pourmapar dit: 26 avril 2026 à 19h06

3 Quand je suis tombée amoureuse du noir, pour moi il contenait toutes les couleurs. Ce n’était pas une négation, au contraire, c’était une acceptation parce que le noir porte en lui toutes les couleurs, le noir est la plus aristocratique de toutes. »
Louise Nevelson (1899-1988)
In L’ histoire de la couleur dans l’art, opus déjà cité.
Bon, je retourne à la lecture de cet essai fort bien illustré.
Bonsoir.

B dit: 26 avril 2026 à 20h02

l’épaisseur ancillaire,

Et vous Chaloux, de la race des Seigneurs ? Toujours aussi sympa, accueillant, ouvert au dialogue.

B dit: 26 avril 2026 à 20h05

Quand on sait avec qui vous trainez, ce genre de réplique prête à sourire. Compromis, je me demande quelles sont les limites de vos engagements militants, sûrement s’agit-il d’une carte en patch-work.

D. dit: 26 avril 2026 à 20h33

Chantal elle fait refroidir ses flancs sur le rebord de la fenêtre, Chaloux.
Je le sais.

closer dit: 26 avril 2026 à 20h42

Pastoureau est intéressant sur les couleurs, comme sur beaucoup d’autres choses.
Son point de vue est historique et factuel. Je me méfie en revanche des rêveries éthérées sur « le noir », « le jaune » et autres…
« Noir c’est noir! » comme disait notre immense critique esthétique Johnny Halliday.
Tout est dit.

closer dit: 26 avril 2026 à 20h48

Les mots de Boualem Sansal sur son divorce avec la France et le discours immonde de je ne sais quel écrivaillon belge pour sa réception à l’Académie de Bruxelles ne peuvent que causer une immense douleur à quiconque aime la littérature et la France.

B dit: 26 avril 2026 à 20h51

Chantal, B Samsal refuserait peut-être d’être interviewé par un journaliste accusé d’agressions sexuelles, d’exhibition, de proposition indécente tarifée s’il avait suivi l’actualité de notre pays où ce genre d’affaire démontre clairement que nous sommes sortis du moyen-âge en ce qui concerne les rapports hommes/ femmes, la preuve en est faite dans ces milieux pourtant éduqués, cultivés , appartenant à une certaine élite parisienne.

Christiane dit: 26 avril 2026 à 21h14

Pourmapar, ce qui est bouleversant c’est la parole de Baudelaire retenue par Georges Roque.
Page 6. : « Le titre de ce livre fait allusion à une phrase de Baudelaire qui m’a longtemps semblé inouïe, d’une audace incroyable, d’une force irrépressible, projetant dans le futur son pouvoir visionnaire. La voici : »Il me semble que cette couleur (…) pense par elle-même, indépendamment des objets qu’elle habille. » (Charles Baudelaire, » Exposition universelle »)
Le premier à avoir exprimé que la couleur n’était pas un ajout au motif mais qu’elle existait par essence, avec force et irradiait. Ainsi sont les couleurs qui partout viennent à notre rencontre, parfois avec tant de force qu’elles absorbent notre pensée.
C’est un peu cet écrasement du soleil quand on est allongé sur le sable ou sur l’herbe.
Le soleil noir de Baudelaire, de Nerval. Un so’eil qui consume.
Oui, un très bel essai. Je ne connaissais de lui que son livre célèbre sur l’art abstrait. J’ignorais ce pas en avant à la rencontre de la couleur. J’aime comme il la cherche dans son essai à mille et une périodes de l’histoire de l’art, de l’histoire de l’humanité. J’aime comme il cueille le bleu trop bleu de la Seine dans le tableau de Manet. »Argenteuil ». Un bleu particulièrement intense et opaque. Très cru.Quel sens particulier a-t-il ? Manet peignait en plein soleil. Il lui fallait cet excès de couleur. C’est un signe visuel.
« La Terre est bleue comme une orange »…

Chaloux dit: 26 avril 2026 à 21h44

La reptation n’est pas de mon goût. Pas rencontré beaucoup de gens dans le même cas…

Hurkhurkhurk !

B dit: 27 avril 2026 à 2h50

21h44: Vous savez, n’est-ce pas, que dans le parcours, l’entraînement du combattant, les militaires y sont soumis ( la reptation ), ce qui ne les transforme pas en serpillières, lopettes, jean-foutre, grooms, « larbins », girouettes, bien que leur soient demandées loyauté, fidélité, obéissance, d’être prêt à servir la patrie et en quelque sorte soumission totale à la hiérarchie.. Certes ce ne sont pas tous de brillants intellectuels qui s’épuisent en une hémorragie de commentaires , se fatiguent dans des joutes verbales où les courages rivalisent d’ingéniosité pour qu’à terre enfin l’ennemi expire, mais ils nous sont utiles quand les régimes ne sont pas totalement corrompus et instrumentalisent l’Armée comme un outil de pouvoir, d’oppression, de répression, une menace permanente pour contenir les peuples ( et quand l’armée n’est pas carrément aux commandes des institutions politiques).

rose dit: 27 avril 2026 à 4h57

Colette
Lettres à sa fille
1916-1953
Édition d’Anne de Jouvenel

La nièce de Colette de Jouvenel, la fille de Colette et d’Henri, son grand-père, a mis vingt ans pour publier cette correspondance, entre la mère et la fille, selon les recommandations de celle-ci.

À l’arrachée, pauvre fille dévouée à sa mère , qui lui donne tant d’affection et en reçoit si peu. La relation s’inverse totalement lors de ces quarantes années de correspondance.
Enfant, Colette de Jouvenel réclamait sa mère tout le temps, avec bien peu de résultat.
Âgée, Colette réclamait incessamment des courriers à sa fille, alors qu’elle manquait cruellement de « nourriture ». Nourriture au sens propre, que la fille prodigua généreusement à sa mère durant WW2, alors qu’elle vivait en Corrèze, à la campagne.

Elle se maria ( sa mère n’assista pas au mariage ) et le mariage dura quinze jours. Deux mois, avant le divorce. Elle en retira une vive répugnance des hommes.

Triste récit que cette correspondance d’une mère centrée sur son nombril, face à une fille avide d’affection, qui ne la recut que de maniére épistolière, comme ici, sur ce blog, ai-je remarqué où la tendresse ne cesse de manquer cruellement.

Je me passerai de les remarques acerbes contre la mère. Elle laissa par testament son droit patrimonial à son troisième mari, de seize ans plus jeune qu’elle, qui dépouilla même la fille de l’appartement au 9 rue de Beaujolais. Elle se battit vingt ans pour faire un musée dans le dit appartement à la gloire de sa mère. Le vil mari se remaria avec une donzelle de trente ans plus jeune qui le dépouilla ( et le precédent, Lelong, pianiste, pareillemment, elle s’etait fait une spécialité ).

Renonca. Mourut. Repose au Lachaise aux côtés de sa mère.

Nota : Heidrun hors le polyamour. Ça non, à tout prix.

Bis : Anne de Fontanel s’est chargé d’une tâche difficile. D’autant plus que son père est le sujet du Le blé en herbe. Et qu’elle avait û grand-père infidèle, ce qui a fait que*.
Colette ne pratiquant pas la reptation. ( a fini dans un fauteuil roulant à cause de sa hanche arthritique : elle roulait, parfois, on la portait. ).
* Vengeance ou laisser-aller, ou moralité en cacahuète ? Qui le sait hormis elle ?

rose dit: 27 avril 2026 à 4h58

Commencé La clé des songes.
J’aime qu’il me tutoie.

Paresse de ne jamais les écrire au matin ? Surtout les grands rêves épiques.

rose dit: 27 avril 2026 à 5h01

quarante années, Colette, l’enfant naît en 1913.
La mère a quarante ans.
reçut
un grand-père infidéle. Moi aussi.

Christiane dit: 27 avril 2026 à 6h01

Page 241. « Penser la couleur », Georges Roque.
« Ce n’est évidemment pas un hasard si Manet est considéré comme le peintre ayant ouvert la modernité. (…) et dans le cas des grands coloriste comme Matisse et Bonnard, chez qui les couleurs restent motivées mais servent à contrecarrer la reconnaissance des objets représentés, le système des valeurs, les contrastes, etc.
(…) On connaît à cet égard la fameuse déclaration de Gauguin :
« Si un peintre voulait demain voir les ombres roses ou violettes, on n’aurait pas à lui demander compte, pourvu que son œuvre fût harmonique et qu’elle donnât à penser.
– Alors, vos chiens rouges, vos ciels roses ?
– Sont voulus absolument.! Ils sont nécessaires et tout dans mon œuvre est calculé, médité longuement. « 

Christiane dit: 27 avril 2026 à 6h31

JJJ,
vous évoquez la première partie des « Yeux de Mona » pages 28 à 188, au Louvre (Botticelli, Leonard de Vinci, Raphaël, Titien, Michel-Ange, Frans Hals, Rembrandt, Vermeer, Poussin, , Watteau (…) Goya, Turner.

Mais vous oubliez la partie II. Pages189 à 324, à Orsay.(Courbet, Whistler, Manet, Monet, Degas, Van Gogh, Camille Claudel, Hammershoi,etc.

Et la partie III à Beaubourg. Pages 325 à 466.
(Kandinsky, Duchamp, Malevitch, Magritte, Brancusi, Picasso, Hartung, Pollock(…) et le dernier : Soulages!

52 semaines, 52 mercredis, 52 tableaux. Trois parties.
Maintenant je vais commencer à lire ces dialogues devant les œuvres choisies par ce fantastique grand-père.

closer dit: 27 avril 2026 à 7h18

Ce matin Luc Ferry affirmait que Sansal ne quitterait finalement pas la France. Il aurait dit le contraire sous le coup de la colère…
(sur Radio Classique 8h40, pas encore disponible en replay)

Christiane dit: 27 avril 2026 à 7h32

Rose,
Oui, c’est un duo complètement raté celui de Colette et de sa fille. La maternité n’était pas faite pour elle !
Cela n’enlève rien à la beauté de son écriture et valorise les progrès de la contraception féminine. Elle ne doit pas être là seule en ces années-là à subir une grossesse non désirée. Bel-gazou a dû vivre une enfance triste, dans l’attente d’une mère incapable de l’aimer, voire de la supporter.
Il faut, je crois, placer ce drame car cela en est un dans la condition des femmes. Lire l’essai d’Élisabeth Badinter sur le désir de maternité qui n’est pas une évidence même si la société et l’Église trouvaient invraisemblable qu’une femme ne puisse désirer être mère.
Colette était une femme tourmentée, volage dans ses liaisons bisexuelles, égoïste, rouée mais la lire est toujours un grand bonheur. Je relis encore une fois ces temps-ci « Le fanal bleu » que j’ai trouvé il y a quelques années dans une brocante. Éditions Ferenczi (1949). Un trésor qui commence à se fragiliser.
Merci pour le Breughel très biblique : « Les aveugles ». Construction admirable mais aucun rapport avec l’approche des couleurs par un aveugle.

Phil dit: 27 avril 2026 à 7h40

en ripley
qui sont les cuistres qui veulent faire taire M. Sansal, dear Closer ? des news de M. Nora ?
Rosi et Colette en bateau, aujourd’hui le jouvenceau Jouvenel vont met en taule.
Du blé dans l’herbe.

J J-J dit: 27 avril 2026 à 7h54

merci Ch. (6.31). Oui, j’admets lire trop, au point que ma mémoire s’hémorragise et « reteint » moins. J’ai surtout le tort de ne pas aller revoir les livres avant de (vous) les signaler. Alors, j’admire votre vigilance et l’extrême sérieux et attentions avec lesquels vous continuer à dialoguer avec vos interlocuteurs, sans les lâcher. La RDL qui vous respecte peut vous faire confiance, de ce point de vue.
Pmp, j’espère que vous pourrez nous sauver quelque chose de cette histoire, certes un brin mièvre dans son cousu, mais hautement vraisemblable dans le contenu des échanges devant les toiles, et notamment dans le rendu des réactions de la petiote. C’est du moins ce qui m’avait frappé et importé, naguère, à la première lecture.
Belle suite & courage à vous, immense, inlassable et indispensable lectrice et peintre.

J J-J dit: 27 avril 2026 à 8h05

@ 7.40… Pradal @ Girardot (in Albertine et le Sarrazin, déjà) – Mourir d’aimer, d’abord… Georges Pompidou, ensuite. Remember.

Jazzi dit: 27 avril 2026 à 8h07

Les femmes de la Commune étaient-elles des femmes communes ?

Arthur Rimbaud

Les Mains de Jeanne-Marie

Jeanne-Marie a des mains fortes,
Mains sombres que l’été tanna,
Mains pâles comme des mains mortes.
– Sont-ce des mains de Juana ?
Ont-elles pris les crèmes brunes
Sur les mares des voluptés ?
Ont-elles trempé dans des lunes
Aux étangs de sérénités ?
Ont-elles bu des cieux barbares,
Calmes sur les genoux charmants ?
Ont-elles roulé des cigares
Ou trafiqué des diamants ?
Sur les pieds ardents des Madones
Ont-elles fané des fleurs d’or ?
C’est le sang noir des belladones
Qui dans leur paume éclate et dort.
Mains chasseresses des diptères
Dont bombinent les bleuisons
Aurorales, vers les nectaires ?
Mains décanteuses de poisons ?
Oh ! quel Rêve les a saisies
Dans les pandiculations ?
Un rêve inouï des Asies,
Des Khenghavars ou des Sions ?
– Ces mains n’ont pas vendu d’oranges,
Ni bruni sur les pieds des dieux :
Ces mains n’ont pas lavé les langes
Des lourds petits enfants sans yeux.
Ce ne sont pas mains de cousine
Ni d’ouvrières aux gros fronts
Que brûle, aux bois puant l’usine,
Un soleil ivre de goudrons.
Ce sont des ployeuses d’échines,
Des mains qui ne font jamais mal,
Plus fatales que des machines,
Plus fortes que tout un cheval !
Remuant comme des fournaises,
Et secouant tous ses frissons,
Leur chair chante des Marseillaises
Et jamais les Eleisons !
Ça serrerait vos cous, ô femmes
Mauvaises, ça broierait vos mains,
Femmes nobles, vos mains infâmes
Pleines de blancs et de carmins.
L’éclat de ces mains amoureuses
Tourne le crâne des brebis !
Dans leurs phalanges savoureuses
Le grand soleil met un rubis !
Une tache de populace
Les brunit comme un sein d’hier ;
Le dos de ces Mains est la place
Qu’en baisa tout Révolté fier !
Elles ont pâli, merveilleuses,
Au grand soleil d’amour chargé,
Sur le bronze des mitrailleuses
À travers Paris insurgé !
Ah ! quelquefois, ô Mains sacrées,
À vos poings, Mains où tremblent nos
Lèvres jamais désenivrées,
Crie une chaîne aux clairs anneaux !
Et c’est un soubresaut étrange
Dans nos êtres, quand, quelquefois,
On veut vous déhâler, Mains d’ange,
En vous faisant saigner les doigts !

J J-J dit: 27 avril 2026 à 8h11

D’accord pour donner des circonstances atténuantes à Colette à l’égard de sa fille. Aucune mère n’a jamais été une « bonne mère » (en soi)… Car enfin, pourquoi devraient-elles l' »être » ? Et qui ira nous pré juger des « bons et des mauvais pères » ? Hein ?… Bon, alors, quoi ? Folcloche qui nous Bazine ? 🙂

J J-J dit: 27 avril 2026 à 8h17

les femmes communistes n’étaient assurément pas communes, jzmn, et l’arthur l’avait bin copris, jzmn !

B dit: 27 avril 2026 à 8h20

Phil, personne mais j’ai compris que BS se lassait qu’on l’associe à l’extrême droite qui tente de le récupérer en raison de ses positions anti-Islam rigoriste et avec l’affiche à laquelle il a accepté de paraître, De Villiers entre autres. D’où sa réaffirmation d’avoir été un homme de gauche et comptant parmi les progressistes. Personnellement je comprends qu’il s’inquiète de l’Islam politique ( de ses travers les plus odieux) et du pouvoir que ces courants sur la jeune génération qui en perte de repères renoue avec une tradition qui laisse à penser . Je pense que l’attachement à ses racines devraient pouvoir se passer d’un vêtement carnaval et pour avoir questionné les apparences vestimentaires de jeunes musulmanes , j’avoue que l’argumentation me paraît des plus simplistes: c’est Dieu qui le veut, paraît-il. Dieu dans sa grandeur autorise-t-il l’utilisation d’internet, des téléphones portables, de toutes les technologies qui ont permis d’améliorer le sort des humains. Moyen-âge pour moyen-âge, pourquoi ne pas tout en conserver , à ce tarif la.

J J-J dit: 27 avril 2026 à 8h25

Vous arrivez à supporter Luc Ferry, vous ? Eh bé, quel masochisme ! Je ne vous plains pas, remarquez, chacun est libre des ses amours… Pmp, je fuis et zappe, en général, devant les atomes non crochus, genre les clowns ferry, anouna ou praud. Sinon, non…, pas de nouvelles fraiches de Nora ni de Sansal. On verra bien. Bonne journée.

Chantal dit: 27 avril 2026 à 8h33

oui B il s’est fait piéger et paie cher son jus d’orange pressé à la rotonde avec de Villiers, il a heureusement d’autres amis qui ne vont pas l’utiliser à des fins politiques.
C’est vrai qu’il y a un problème de communautarisme à Bruxelles et que si on veut maintenir un certain équilibre laïc, on ne doit pas se faire rouler dessus. Nos institutions sont un peu mal foutues, et les minorités linguistiques bénéficient d’un pouvoir bien supérieur aux nombres de voix réellement émises. Ce qui déséquilibre nos institutions, je ne suis pas très rassurée non plus de la suppression du sénat. C’est un peu la foire d’empoigne et je fréquente de moins en moins les politiciens, besoin de m’orienter vers autre chose de plus créatif.

Phil dit: 27 avril 2026 à 8h57

L’émouvante petite Belgique, Gracq moins rancunier que Charles, a produit le cordon sanitaire médiatique, aussi efficace que le slip fil dentaire.

FL dit: 27 avril 2026 à 9h11

« Ça n’est pas Kanapa, cette petite frappe qui aura eu une superbe carrière dans le Parti Communiste Français, mais Alexandre Fadéïev le 28 août 1948
en Pologne à Wroclaw lors d’un congrès à vocation universelle et manipulatoire. »

Ça n’empêche pas que Kanapa a pu reprendre les insultes de Fadéïev dans La Nouvelle Critique. Contrairement à ce que raconte l’IA cette revue est fondée en 1948 pas en 1947.

closer dit: 27 avril 2026 à 9h21

Luc Ferry est souvent agaçant, c’est vrai, mais de là à le comparer avec Hanouna ou même Praud c’est n’importe quoi!

A ma connaissance, ces deux derniers n’ont pas traduit Kant pour La Pléïade…(j’emprunte cette remarque à Frédéric Martel qui a été son élève en master de philo).

By the way, Pascal Praud, très agaçant lui aussi à l’oral, a un bon talent d’écriture dans ses chroniques du JDD…Nobody’s…

Christiane dit: 27 avril 2026 à 9h23

JJJ,
Ce livre, je vais le lire (« les yeux de Mona » ) d’abord près de moi : les œuvres choisies dans les trois musées, leur façon de les aborder, les dialogues en allant de celles qui me sont familières avant celles que je connais mal.
Puis, j’entamerai une lecture loin de moi, ce prétexte, la cécité possible qui menace l’enfant. J’espère que ce ne sera pas trop sentimental, larmoyant…
Si les œuvres choisies ont été sélectionnées pour aider l’enfant, ça va être intéressant bien qu’à priori cette clé n’ouvre pour moi qu’une porte imaginaire. Le problème de l’enfant est peut-être juste loge6 dans l’inconscient, somatisant une peur, une angoisse. Dans ce cas une scène antérieure devrait se révéler.
J’ai lu la première visite. Elle commence bien, par un silence, un respect du temps qu’il faut à l’enfant pour regarder, se poser des questions, en poser.
L’entrée du musée sous la pyramide de verre est joliment vécue par la gamine.
Donc, il s’appelle Henri mais elle l’appelle Dadé, elle, c’est Mona. Elle a 10 ans.
Ce premier choix, une fresque, fragile, effritée. Elle a été réalisée pour une villa, à Florence. (Donc la Renaissance, le Quattrocento) par Sandro Botticelli.
C’est bon, JJJ, c’est bien vu. Le grand-père observe sa petite-fille. C’est astucieux l’effronterie de Mona :- Dadé, il est bien abîmé ton tableau!
Alors il explique, rate son coup. Trop difficiles ses explications pour une enfant de 10 ans ! Très drôle réaction de Mona. « Mais Mona, pour provoquer le vieil homme, se boucha les oreilles et ferma les yeux, comme si elle ne voulait rien entendre ni voir. »
Lui, sourit et pointe une zone effacée de la fresque. Une devinette. Ça c’est bien. Que portent les trois Grâces. ? Trois étapes importantes : savoir donner, savoir rendre et la plus importante : savoir recevoir.
Ce qui est induit par le geste de la jeune fille. Pas mal du tout ! même si je ne comprends pas où il veut en venir.
C’est une écriture simple, un peu monotone, visant un public large.
Premier essai réussi. Je continue. Maintenant selon mon choix des œuvres.

FL dit: 27 avril 2026 à 9h24

Lors de la mort de Kanapa en 1978 Libération a titré « Mort d’un crétin ». Pour une fois qu’ils ne se faisaient pas les larbins des criminels de masse asiatiques ! Mais Libération a été crée en 1973 avec sur les fonts baptismaux Jean-Paul Sartre. Celui-ci en 1978 est très malade mais il a pu leur téléphoner pour leur rappeler qui était le coco qu’il avait affublé du nom de « crétin » dans ‘Opération « Kanapa »‘ en mars 1954 dans « Les Temps modernes » (cf Situation V).

La haine dure longtemps.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Kanapa#cite_note-4

Jazzi dit: 27 avril 2026 à 9h30

Mallarmé disait que Rimbaud avait des mains rougies de blanchisseuses, JJJ !
Etait-il de droite ?

FL dit: 27 avril 2026 à 9h33

« C’est un jugement moral? Parce que le pb des jugements moraux est qu’ils résistent mal au temps. »

Mais voilà qui est finement observé MC. César qui quand même est l’un des pires criminels de tous les temps est aujourd’hui présenté comme un personnage historique presque sans aspérités. Alors que c’est une espèce d’Arturo. Moins c*n qu’Adolphe certes et sans passion excessive pour la haine ciblée mais tout aussi productif question cimetières.

Il reste quand même que Picasso, quel infect personnage !

https://fr.gw2ru.com/en_bref/202471-portrait-staline-picasso

renato dit: 27 avril 2026 à 11h12

« Trop difficiles ses explications pour une enfant de 10 ans ! Très drôle réaction de Mona. « Mais Mona, pour provoquer le vieil homme, se boucha les oreilles et ferma les yeux, comme si elle ne voulait rien entendre ni voir. » »

La pire chose à faire est d’expliquer l’art, surtout aux enfants. Trop d’informations engendrent le didactisme et étouffent l’art. Selon de Kooning : « Le contenu est un aperçu, une rencontre fugace. C’est minuscule… c’est une chose minuscule. »*. Et Susan Sontag : « Ce qui importe aujourd’hui, c’est de retrouver nos sens. Nous devons apprendre à voir plus, à entendre plus, à ressentir plus. » Et encore : « Notre tâche n’est pas de trouver le maximum de contenu dans une œuvre d’art, et encore moins d’en extraire davantage. Notre tâche est de dépouiller la chose de son contenu pour en percevoir l’essence. »** Et Marshall McLuhan : « Je ne suggère pas que le contenu ne joue aucun rôle, simplement qu’il joue un rôle nettement subordonné. »***

* Willem de Kooning: The North Atlantic Light, 1960-1983, Museum of Modern Art, Stockholm, 1983. Entretien avec Harold Rosenberg e David Sylvester.
** Susan Sontag, Contre l’interprétation, 1964.
*** Marshall McLuhan, Playboy, Mars 1969.

Puis chacun le voit comme il l’entend.

Phil dit: 27 avril 2026 à 11h17

Le jeune Kanapa a fait du ski avec Beauvoir qui l’a trouvé peu causant, pas franc et plutôt laid. Bosc était d’une autre pointure qui lui conviendra mieux.

Jazzi dit: 27 avril 2026 à 11h43

Mais c’est avec Claude Lanzmann qu’elle trouvera chaussure à son pied, Phil !

rose dit: 27 avril 2026 à 11h57

Je le trouve extrêmement beau, ce portrait de Staline par Picasso.

In extremis, en janvier, suis allée voir de près et de loin Guernica de Picasso, au musée de la reine Sofia à Madrid.

Je sais, moi, me retenir. Et me contenir.

Jamais, personne, n’abattra Picasso.
Jamais.
Personne.

renato dit: 27 avril 2026 à 12h29

Picasso a eu ses moments privés discutables, mais ce sont un peu ses oignons. Cela dit, il maîtrisait son art et l’exerçait avec adresse ; il est d’ailleurs le seul artiste de cette époque à pouvoir rivaliser avec Boccioni et Duchamp. Ensuite, comme toujours, c’est une question de goût : moi, par exemple, je n’aime pas les blondes, mais cela ne veut pas dire qu’elles sont désagréables à regarder.

closer dit: 27 avril 2026 à 12h37

« Le groupe, derrière Gibert Joseph, va déposer son dossier devant le tribunal des activités économiques de Paris mardi 28 avril. Il explique ses déboires par «l’explosion des coûts fixes» mais aussi par le «déclin du marché des livres neufs ».
Une enseigne bien connue des bibliophiles tangue. Le groupe de librairies Gibert va demander son placement en redressement judiciaire, mardi 28 avril, au tribunal des activités économiques de Paris. Une procédure qui intervient dans un contexte de difficultés financières persistantes, alors que l’enseigne historique du Quartier latin cherche à adapter son modèle »…Figaro

Quelle catastrophe si cette librairie disparaissait!

closer dit: 27 avril 2026 à 12h40

Je me fous que Picasso soit un génie. Je déteste 90 % de sa peinture, punto.

closer dit: 27 avril 2026 à 12h55

La peinture de Boccioni est mille fois supérieure à celle de Picasso.
Il suffit de regarder: il est exceptionnel tant dans le figuratif que dans l’abstrait. Picasso est très doué dans le figuratif mais finalement, il n’y a pas de quoi faire un plat des périodes bleue et rose. Quant à la suite, laideur absolue presque toujours (sauf le cubisme et le néo classique qui sont très regardables).

closer dit: 27 avril 2026 à 12h57

Oui Renato, on n’arrête pas de m’obliger à regarder Picasso.
En revanche Boccioni, où le voir? Le grand public l’ignore et par conséquent les musées aussi; c’est un cercle vicieux.

renato dit: 27 avril 2026 à 13h37

Closer, vous trouvez des ouvre de Boccioni au MOMA, New York ; au Museo del Novecento, Milan ; Galleria d’arte moderna, Milano ; Galleria nazionale d’arte moderna e contemporanea, Roma ; Guggenheim, NY et Venise ; TATE, Londres ; Centre Pompidou, Paris. (Non exhaustif). Vous pouvez également voir un Boccioni sur la pièce italienne de 20 centimes d’euro.

Millefeuille dit: 27 avril 2026 à 13h42

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« Ces sonorités noires sont le mystère, les racines s’enfoncent dans le limon que nous connaissons tous, que nous ignorons tous, mais d’où nous vient ce qui a de la substance en art. Des sonorités noires, a dit l’homme populaire d’Espagne et il a rejoint en cela Goethe, qui donne la définition de duende à propos de Paganini, en disant: « Pouvoir mystérieux que tout le monde ressent et qu’aucun philosophe n’explique. » Ainsi donc, le duende est dans ce que l’on fait, c’est une lutte et non une pensée. J’ai entendu. un vieux maitre guitariste dire : « Le duende n’est pas dans la gorge ; le duende remonte par-dedans, depuis la plante des pieds. » Ce qui veut dire que ça n’est pas une question de faculté mais de véritable style vivant ; c’est à dire, de sang; de très vieille culture et, tout à la fois, de création en acte.
Ce  » pouvoir mystérieux que tout le monde ressent et qu’aucun philosophe n’explique » est, en somme, l’esprit de la Terre, ce même duende qui consumait le coeur de Nietzsche, qui le recherchait dans ses formes extérieures sur le pont du Rialto ou dans la musique de Bizet, sans le trouver et sans savoir que le duende qu’il poursuivait était passé des mystères grecs aux danseuses de Cadix ou au cri dionysiaque de la séguedille égorgée de Silverio.
Ainsi donc, je veux que personne ne confonde le duende avec le démon théologique du doute, sur lequel Luther jeta, dans un mouvement bachique, une bouteille d’encre à Nuremberg, ni avec le diable catholique, destructeur et peu intelligent, qui se déguise en chienne pour entrer dans les couvents, ni avec le singe parlant que le Malgesi de Cervantès garde avec lui dans la Comédie de la jalousie et des forêts des Ardennes.
Non. Le duende dont je parle, sombre et frémissant, est le descendant du très joyeux démon de Socrate, tout de marbre et de sel, qui, indigné, le griffa le jour où il prit la cigüe et de cet autre diablotin mélancolique de Descartes, petit comme une manade verte, qui, las de tant de cercles et de lignes, sortait par les canaux pour entendre chanter les grands marins brumeux.
Pour tout homme, tout artiste, qu’il s’appelle Nietzsche ou Cézanne, chauqe échelle qui monte à la tour de sa perfection a pour prix la lutte qu’il entretient avec son duende, pas avec son ange, comme on a pu le dire, ni avec sa muse. Il est nécessaire de faire cette distinction, elle est fondamentale pour les arcines de l’oeuvre.
L’ange guide et soigne comme saint Raphaël, il défend et protège, comme saint Michel, il annonce et prévient comme saint Gabriel. L’ange éblouit, mais il vole au-dessus de la tête de l’homme, il est par-dessus, il déverse sa grâce, et l’homme, sans aucun effort, réalise son oeuvre, exerce sa sympathie ou exécute sa dans. L’ange du chemin de Damas et celui qui se faufile par l’étroite lucarne d’Assise ou celui qui emboîte le pas à Heinrich Suso, ordonnent et il est impossible de s’opposer à leur lumière parce qu’ils agitent leurs ailes d’acier dans l’entourage du prédestiné.
La muse dicte et, à certaines occasions, elle souffle. Elle a relativement peu de pouvoir, parce-qu’elle est déjà lointaine( moi-même, je l’ai vue deux fois) et elle est tellement fatiguée qu’on a dû lui mettre un demi-coeur de marbre. Le spoètes à muse entendent des voix et ils ne savent pas d’où elles viennent, mais ce sont les cris de la muse qui les encourage et quelquefois les croque tout crus, comme ce fut le cas d’Apollinaire, grand poète détruit par l’horrible muse avec laquelle l’angélique et divin Rousseau le peignit.La muse éveille l’intelligence, elle apporte des paysages à colonnes et la saveur illusoire des lauriers, or l’intelligence est bien souvent l’ennemie de la poésie, parce qu’elle limite trop, parce qu’elle élève le poète sur un trône aux arrêtes aiguës et lui fait oublier que tout à coup, il peut être mangé par les fourmis, ou qu’il peut lui tomber sur la tête une grande langouste d’arsenic contre laquelle les muses qui vivent dans les monocles ou dans la rose de laque tiède du petit salon ne peuvent rien.
L’ange et le muse viennent du dehors ; l’ange donne des lumières et la muse des formes. ( Hésiode a beaucoup appris d’elle.) Pain d’or ou pli de tunique, le poète reçoit des normes dans son bosquet de lauriers. En revanche, le duende, il faut le réveiller dans les dernières demeures du sang. Et chasser l’ange, et renvoyer la muse d’un coup de pied, et ne plus craindre le sourire de violettes qu’exhale la poésie du XVIIIe siècle, ni le grand télescope dont les lentilles abritent le sommeil de la muse, malade des limites.
C’est avec le duende qu’on se bat vraiment.
On sait quels sont les chemins pour aller en quête de Dieu. Depuis la manière barbare de l’ermite jusqu’à la façon subtile du mystique.
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Pour chercher le duende il n’existe ni carte ni ascèse. On sait seulement qu’il brûle le sang comme une pommade d’éclats de verre, qu’il épuise, qu’il rejette toute la géométrie apprise, qu’il brise les styles, qu’il s’appuie sur la douleur humaine qui n’a pas de consolation, qu’il entraine Goya, maître de l’utilisation des gris, des argents et des roses de la meilleure peinture anglaise à peindre avec ses genoux et avec ses poings dans l’horrible noir de bitume; qu’il dénude l’abbé Cinto Vedaguer dans le froid des Pyrénées, qu’il conduit Jorge Manrique à attendre la mort dans la solitude d’Ocana, qu’il habille d’un costume vert de saltimbanque le corps délicat de Rimbaud, ou donne des yeux de poisson mort au comte de Lautréamont dans le petit matin du boulevard.
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Tous les arts peuvent accueillir le duende, mais là où il trouve le plus d’espace, bien naturellement, c’est dans la musique, dans la danse, et dans la poésie déclamée, puisque ces trois arts ont besoin d’un corps vivant pour les interpréter, car ce sont des formes qui naissent et qui meurent de façon perpétuelle et dressent leurs contours sur un présent exact.
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Chaque art possède, bien naturellement, un duende de forme et de genre différents, mais tous unissent leurs racines en un point, d’où jaillissent les sons noirs de Manuel Torres, matière ultime et fonds commun incontrôlable et vibrant, de bois, de son, de toile, et de mots.
Sons noirs derrière lesquels les volcans, les fourmis, les zéphyrs et la grande nuit, qui se serre la taille dans la Voie lactée, ont déjà une tendre intimité.
Mesdames et Messieurs, j’ai dressé trois arches, et d’une main maladroite, j’y ai placé la muse, l’ange et le duende.
La muse se tient tranquille; elle peut avoir une tunique à petits plis ou les yeux de vaches qui vous regardent à Pompeï, ou le grand nez à quatre côtés que lui a peints son cher ami Picasso. L’ange peut agiter des cheveux d’Antonello de Messine, une tunique de Lippi et un violon de Massolino ou de Rousseau.
Et le duende …Où est le duende ? à travers l’arche vide, passe un vent de l’esprit qui souffle avec insistance sur la tête des morts, à la recherche de nouveaux paysages et d’accents ignorés; un vent qui sent la salive d’enfants, l’herbe écrasée et le voile de méduse, qui annonce le baptême permanent des choses fraîchement crées. »
Federico Gracia Lorca
Jeu et théorie du duende ed Allia
conférence prononcée en 1933 et 1934 à Buenos Aires et Montevidéo

ce texte bien plus long mais j’essaye d’épargner mes doigts… apporte un prolongement et une sorte d’éclairage avec ce qu’a de particulier l’Espagne avec ses danses ses chants et la corrida…
« En Espagne ( comme chez les peuples d’Orient où la danse est une expression religieuse) le duende dispose d’un champs illimité sur le corps des danseuses de Cadix, saluées par Martial, sur la poitrine de ceux qui chantent, salués par Juvénal, et dans toute la liturgie de la corrida, authentique drame religieux, où, de même qu’à la messe , on adore et on sacrifie un dieu. »

renato dit: 27 avril 2026 à 13h47

Personne n’est obligé de suivre les recommandations ni même de regarder tout ce que la société du spectacle a à offrir, Closer.

Cela dit, l’art est un jeu dont chacun définit les règles, et il a des moments où la règle veut que la réalisation de la chose importe peu ; « faites-le mal » est une indication que beaucoup suivent et ont suivie afin de mettre en valeur le processus créatif et compositionnel.
Et là encore, personne n’est obligé de regarder.

renato dit: 27 avril 2026 à 13h56

Incidemment, le trophée remis aux champions du monde de sport électronique (e-sport) est une réplique à l’échelle de L’Homme en mouvement .

closer dit: 27 avril 2026 à 13h57

N’en jetez plus Renato! En attendant que je piste les Boccioni dans tous ces musées, une grande expo à Paris serait bienvenue…Vous ne pouvez pas user de votre influence?

renato dit: 27 avril 2026 à 14h19

Boccioni à peu travaillé, mort à 34 ans, et ses œuvres sont très dispersées, donc il faut beaucoup voyager pour avoir une vue panoramique minimale de l’œuvre.

Une exposition suffisamment démonstrative coûterait cher en assurance et en transport. Un mécène serait nécessaire, mais Boccioni est trop élitiste (produit de niche) pour intéresser quiconque souhaite investir son argent en vue d’un retour sur investissement.

Christiane dit: 27 avril 2026 à 14h38

Renato – 11h12
Je crois que cet homme avait envie de transmettre quelque chose à cette enfant. Il se vide de son savoir. Ça lui fait du bien. La petite résiste du mieux qu’elle peut. Elle ne veut pas voir ce qu’il lui dit qui est à voir ni entendre cette histoire de dons: tu prends, tu rends, tu reçois. Le premier tableau de cette fugue secrète puisque les parents ne sont pas au courant, n’est donc pas un tableau mais quelque chose de tout abîmé. Elle est certainement trop petite pour regarder ces quatre visages si beaux qui ont été reproduits tant de fois, ces robes gracieuses. Que d’émotions don’t celle de pénètre dans ce musée par une pyramide en verre puis d’être une toute petite chose dans ce grand hall impressionnant. Pourquoi ne pas pour une première rencontre la laisser marcher à son rythme dans l’aile Denon, la regarder ralentir, s’approcher, s’éloigner poser une question ou rester silencieuse. Ce choix difficile fait par cet adulte, la morale qu’il assène à l’enfant tellement étrange : n’oublie pas de recevoir… Tout cela me donne l’impression d’un couple pour l’instant mal assorti face au lieu, à la façon de cheminer dans ce si grand musée. Ce qui est certain c’est qu’il y a confiance et tendresse entre eux deux mais pourquoi l’obliger à cacher ces visites pendant une année ? L’empêcher de raconter ses découvertes si elle en a envie ? Le grand-père parle à cette enfant comme le ferait un guide face à un groupe. Et pourtant comme c’est beau cette idée de découvrir un musée, juste un grand-père et sa petite fille.
Trouver un équilibre entre ne rien dire et dire trop.
Vous êtes un être cultivé et sensible. Dans votre dialogue avec Closer vous venez de me faire découvrir un artiste extraordinaire, Boccioni.

Christiane dit: 27 avril 2026 à 15h07

(suite du précédent) Dans cette même première histoire, des moments délicats.
« Mona ne savait plus quoi dire. Elle ne voulait surtout pas décevoir son grand-père.(…) qu’elle vénérait.

(Lui) (…) Ce pressentiment terrible que ce que l’on rend, on ne le retrouvera jamais plus. Et ce regret, vif quoique très lointain, d’une enfance évanouie pour toujours lui tordit le cœur.

elle se mit à chantonner. Henry ne linterrompait jamais dans ces moments-là, qu’il trouvait incroyablement touchants. »

Il y a comme une histoire sous l’histoire, une appartenant au grand-père, l’autre à l’enfant.

Millefeuilles dit: 27 avril 2026 à 15h17

Bonjour

Picasso n’est pas mon peintre ou artiste préféré mais il faut reconnaitre qu’il est difficile d’admettre ce que vous assenez à propos de Boccioni qui lui serait supérieur … O_O je préfère Juan Gris et Georges Braque à Picasso à qui il faut cependant reconnaitre une prolixité et une inventivité débordantes et ça finit par fatiguer car il a trop produit et avec un cynisme bien retors ( je pense que de son vivant personne n’a gagné plus d’argent que lui même avec ses oeuvres) et il a avait cet oeil toujours en alerte quand on voit ses Verres d’absinthe et le minimalisme et ces tuiles découpées et juste griffées de quelques traits évoquant un visage .. c’était exposé dans le Marais il y une dizaine d’années sur un support tournant et la simplicité forçait l’admiration .. donc pour moi il y a du bon mais il a produit comme un titan et ogre
Quand à Boccioni il me fait penser à du Toffoli en tapisserie 🙁
je comprends qu’on puisse avoir des préférences mais il y a des évidences

Millefeuilles dit: 27 avril 2026 à 15h45

J’aime des peintres que peu de gens connaissent et on trouve très peu de toiles sur le marché français par exemple et leur cote diminue parce que le « milieu » galeries, magazines, critiques d’art, grandes maisons de ventes ne s’occupent que de certaines locomotives ..comment expliquer la cote de Jeff Koons alors que Paul Jenkins et Noriyoshi Ishigooka par exemple sont quasi inconnus.. ?

millefeuilles dit: 27 avril 2026 à 15h52

D. vous devriez écrire un livre de recettes d’endives car vous en parlez tellement que vous devez avoir de l’inédit moi je n’en connais que 4 ou 5 et c’est si peu goûteux qu’il faut ajouter des ingrédients au goût prononcé et trop riche( gruyère râpé , béchamel .. roquefort noix) pour que ce soit attrayant .. vous faites un régime permanent ?

Christiane dit: 27 avril 2026 à 16h41

Turner, Soleil vert, il allège à l’extrême ses couches de peinture pour retrouver le blanc de la toile qui doit lui rappeler ses travaux antérieurs à l’aquarelle. Ces jaunes, ses bruns dorés, ces bleus transparents, ces rosés… tout est lumière. Fluidité, légèreté, métamorphoses comme une vapeur colorée couvrant des clair-obscurs dans une totale liberté. Des paysages d’âme, des impressions. La couleur suspendue entre l’air et l’eau. C’est un enchanteur…

closer dit: 27 avril 2026 à 16h42

Ne vous inquiétez pas 1000f, il faut toujours que j’exagère dans mon expression!

renato dit: 27 avril 2026 à 16h55

Richard Serra à propos du Guggenheim Bilbao : « Il a un mouvement formidable, comme une nouvelle version de Boccioni. » En effet, Gehry a dit s’être inspiré de l’œuvre de Boccioni : «… si vous regardez L’Homme en mouvement vous ne trouvez pas de droites ! ». Il me semble que le germe de l’idée du Guggenheim Bilbao est une œuvre de Boccioni de la collection Peggy Guggenheim :

https://www.guggenheim-venice.it/it/arte/opere/dynamism-of-a-speeding-horse-houses/

Intéressante l’influence (osmose) que l’eau exerce sur l’édifice et l’édifice sur l’eau observé pas Gregotti : « Ghery semble avoir regardé avec beaucoup d’attention l’environnement et avoir choisi la métaphore du grand navire, et celle de la mémoire de la tradition sidérurgique de la ville, pour construire l’exceptionnelle image argentée de son musée ».

D. dit: 27 avril 2026 à 18h08

Je suis d’accord, Jazzi. Picasso est génial mais souvent trop grossier, impulsif et inconséquent dans l’exécution de ses oeuvres.

D. dit: 27 avril 2026 à 18h12

moi, par exemple, je n’aime pas les blondes

Moi si. J’aime bien les brunes aussi.

D. dit: 27 avril 2026 à 18h19

Le jus d’orange pressé est l’équivalent d’un bonbon. Pendant 50 ans on nous a fait croire qu’il était bon pour la santé. C’est exactement le contraire. Très riche en sucre, et le pire : le fructose. Pauvre en fibres. Contient en réalité peu de vitamine C.
100 grammes de la plupart des crudités en contiennent davantage (carotte, chou, endive, céleri, courgette crue etc.)

D. dit: 27 avril 2026 à 18h25

Guernica nous est présenté comme un chef d’oeuvre parce que le thème est grave, que l’oeuvre est gigantesque (7 mètres de long, plus de 3 de haut) et parce que c’est Picasso.
Quand on y regarde de plus près, il y a des choses ridicules et outrancières dedans.

Chaloux dit: 27 avril 2026 à 18h33

Le rapport Alloncle est passé. Les socialistes, les macronistes sont b…

Tout est en ordre.

rose dit: 27 avril 2026 à 18h37

Je n’ai pas tant regardé Guernica, que le travail préparatoire sur le mur d’en face, les évolutions successives, impressionnant.
Et titanesque.

Donna Ricaud-Veyre dit: 27 avril 2026 à 19h10

Je ne suis pas sûr que vous ayiez remarqué, Monsieur Dé., mais quelqu’un s’est permis de critiquer l’endive.

Donna Ricaud-Veyre dit: 27 avril 2026 à 19h17

Toi, je te conseille d’aller vite ranger ton bordel de chambre passque je suis malheureuse, justement. Alors fais gaffe

closer dit: 27 avril 2026 à 19h33

« Mal peindre quand on sait bien peindre »…

Soit, JB, mais il ne faut pas en abuser.

Millefeuilles dit: 27 avril 2026 à 19h52

Ce que je sauve de Picasso ce sont ses collages et ses dessins érotiques où il y a une noirceur et son obsession de la corrida et de la mythologie ..la peinture c’est vraiment du calcul et il a fait partie de ces  » artistes bourgeois » qui voulaient vivre bien et ne pas sombrer dans le destin tragique et misérable en cela il avait bien compris l’équation collectionneurs , beau monde , galeristes …ce sont ses compagnes et femmes qui ont connu le coté noir de l’histoire .. BB ne lui a fait aucun effet donc dans la femme il ne voyait pas la beauté et il n ‘a pas torrée au delà de ses possibilités de charmeur et de domination
j’admets qu’on puisse avoir un autre avis

Millefeuilles dit: 27 avril 2026 à 20h15

Et il me revient une réponse faite par Francis Bacon à une journaliste d’un magazine d’art qui devait être Beaux arts des années 80 à la question à quoi sert l’art ? il avait répondu  » l’art sert à acheter plus d’argent » …les poètes qui ont déjà beaucoup de mal à se faire éditer ne sont jamais confrontés à ce genre de considération d’où la radicalité de certains d’entre eux et leurs noirceur et leur liberté

B dit: 27 avril 2026 à 21h43

Ce tableau me fait penser à Matisse ( et ses nombreuses fenêtres), en effet, c’est beaucoup plus méditerranéen.

Millefeuilles dit: 27 avril 2026 à 23h05

La rencontre n’a abouti sur rien c’était juste formel il aurait pu faire un portrait être touché par la jeunesse la grâce la féminité et la puissance naissante de la forme de liberté que représentait BB il aurait pu avoir l’intuition de la féminité bouillonnante et du caractère d’une des rares femmes qui a su renoncer au miroir aux alouettes et au commerce fait de sa personne ainsi que la pression financière de l’image que le cinéma exerçait sur les autres femmes mais les femmes puissantes ne l’intéressaient pas et la seule qui ait eu assez de force face à lui a été Françoise Gilot Jaqueline Roque ayant fini comme on sait …

Christiane dit: 27 avril 2026 à 23h14

JJJ,
le 43e tableau est celui de Pablo Picasso au Centre Pompidou : « L’aubade ». Un des dialogues les plus réussi de ce livre « Les yeux de Mona » .
Lisant ces pages savantes je suis prise d’un doute : Mona existe-t-elle autrement dans l’imaginaire de Henry (Thomas Schlesser) comme un double de lui-même.? C’est à lui-même, me semble-t-il que s’adressent ces mots. Est-ce voix venue d’un passé qui ne veut pas mourir.? Quelque chose qu’il doit briser pour être libre.
Tout dans ce chapitre tourne autour d’une chaîne qu’il faut briser. Chaîne symbolique que Mona porte autour du cou, qu’elle ne peut enlever sous peine de ressentir à nouveau ce trouble de la vue. Chaîne qui est un cadeau de sa grand-mère défunte comme la capeline en paille tressée que lui offre Henry et que sa femme portait autrefois.
Est-ce Henry qui souffre dans ce deuil, de cette absence au point de ne plus désirer voir le monde ? Si cette balade dans trois musées était l’itinéraire secret d’un vieil homme solitaire et triste à en mourir ?
Donc, ensemble à moins que ce soit un soliloque de ventriloque, ils vont scruter cette Aubade. Un très grand tableau de la période cubiste de Picasso peint en 1941.
Deux femmes, « l’une à l’horizontale allongée nue sur un lit, bien centrale dans la composition, et l’autre assise sur une chaise sur la droite, au premier plan, tenant par le manche une mandoline sans en jouer. (… ) tout en nuances de gris, de noirs, de marron. La chair du modèle allongé tournait au beige maladif et la joueuse de mandoline avait la peau bleue (…) les corps humains étaient d’une profonde étrangeté.(…) comme s’il s’agissait du bris d’un miroir brisé.
En 1940, attaqua Henry, la France perdit la guerre contre les nazis et Paris se retrouva occupée. »
Puis ils regardèrent le tableau en se souvenant de Cézanne par ses fragmentation et de Georges Braque, si proche de Picasso à l’époque.
« Comme si le monde était en morceaux »…
Bien sûr il évoqua « Le concert champêtre » de Titien sauf que la scène de cette Aubade était « plus triste, plus sombre, que les teintes étaient plus sourdes. »
Ils cherchèrent ensemble, les indices d’un climat tragique dans cette toile où il y avait « un vide sur la gauche. Mona murmura « là, il est tout seul, c’est l’artiste qui arrête de peindre… qui se tait. ». C’est cela que raconte le petit cadre.les lignes sur le matelas un peu cassées, des barreaux de prison ou des cordes pour attacher quelqu’un (…) Aubade : la peinture qui renvoie à la dureté du monde.
-il faut tout briser, les chaînes, les barreaux… »
Un bien joli livre, JJJ, qui n’est pas ce qu’il paraît…

Vedo dit: 28 avril 2026 à 0h34

Pour Jacqueline Roque, Wikipedia en anglais, 5 page. En français? A peine deux. Pour PB, mon opinion a l’importance du vide, mais il faudrait quand même souligner pour certains le génie en relation avec les racines de la civilisation, en Crète et en Afrique, entre beaucoup d’autres choses. Parmi les lectures, voir Richardson, bien sûr.

JC..... dit: 28 avril 2026 à 5h56

GIBERT

L’avebir de la littérature ?

Fin du livre. Oublier la lecture. Regarder les images animées par Intelligence Artificielle.

Entre vioques du passé, solitaires.

Christiane dit: 28 avril 2026 à 6h03

Merci, Rose. Voilà une note bien venue. Ce chapitre du livre (l’Aubade ») dont je n’ai extrait que quelques lignes avait une double vocation : continuer le dialogue avec JJJ qui a évoqué cet étrange livre et glisser un avis sur Picasso pour continuer le débat. Une œuvre existe d’abord par le regard qu’on porte sur elle, ce qu’elle éveille en nous, à quelle occasion on la découvre. Là, on est en plein cœur du travail Picasso-Braque, du Cubisme. Cette façon de démonter la perspective, de la déplier par une mise à plat de tous les éléments d’un corps, d’un objet, d’un paysage. Faire voir sur la surface plane de la toile le devant, l’arrière, le dessus, le dessous et pourquoi pas l’intérieur. Mais aussi, en ce temps de guerre des images de destruction (Guernica) où tout est brisé. Tout cela se mêle pêle-mêle dans l’œil de ce grand-père et peut-être de cette petite fille aussi étrange que celle qui traverse « La Ronde de nuit » de Rembrandt (Amsterdam) . Une présence qui dialogue avec ce vieil homme épris d’art. Comment apaiser sa solitude ? comment remettre à flot cette enfant qu’il aime et qui se détruit inconsciemment ?
Je vous ai écrit plus haut un petit quelque chose sur le sentiment maternel. Moi aussi, cette correspondance m’a d’abord heurtée, violemment. Puis j’ai pensé au rôle dévolu aux femmes, si souvent : la maternité, la tenue de la maison, le repos du guerrier…

Chaloux dit: 28 avril 2026 à 6h17

À ceux qui s’intéressent à François d’Assise, je conseille vivement le François et ses frères de Sylvain Piron, édition La tempête. Un maître-livre.

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