de Pierre Assouline

en savoir plus

La République des livres
Que Samuel Paty fasse encore plus de vagues

Que Samuel Paty fasse encore plus de vagues

Une gifle mais bien appuyée. A moins qu’il ne s’agisse d’un coup de poing. C’est à peu près ce que l’on ressent après avoir vu L’Abandon, le film que Vincent Garenq a consacré à l’engrenage qui a mené au meurtre de Samuel Paty, avec Antoine Reinartz et Emmanuelle Bercot dans les principaux rôles. Ce film aussi troublant que dérangeant, inspiré par la lecture de Les derniers jours de Samuel Paty (240 pages, 20 euros, Plon) de Stéphane Simon, sort aujourd’hui sur les écrans et il sera projeté ce soir en sélection officielle hors-compétition au Festival de Cannes. Le titre dit tout car c’est bien là le sujet: l’abandon vécu par ce professeur d’histoire-géographie qui s’obstinait à faire respecter la liberté d’enseigner selon les valeurs propres à la France républicaine et donc laïque et respectueuse de la liberté d’expression, en principe. Un homme lâché par certains de ses collègues, sa hiérarchie, l’institution, le ministère de l’Education nationale, livré aux chiens par cette lâcheté ordinaire résumée en une formule anodine aux répercussions criminelles : « Surtout pas de vagues ». Ces cent minutes sur les derniers moments de la vie de cet enseignant, d’une sobriété, d’une dignité et d’une efficacité implacables, ont vocation à ébranler les consciences. A faire vraiment bouger les lignes. Et à faire encore plus de vagues sinon à quoi bon ?

Que faire de Samuel Paty (1973-2020) ? On pourrait par exemple lui fiche la paix, au cimetière de Moulins (Allier), sa ville natale, où il repose. Sauf qu’il est devenu un symbole national à son corps défendant. Il ne s’appartient plus et pas davantage à sa famille. La nation l’a désormais préempté. Il ne saurait être réduit à la seule figure de la victime, mais bien à celle de héros du quotidien. A la suite d’une campagne de diffamation, de mensonges et de calomnie, il avait été poignardé à dix-sept reprises, éviscéré puis décapité au cri de « Allah ou akbar ! » par un terroriste islamiste le 16 octobre 2020 en pleine rue près de son collège à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Assassiné à 47 ans pour ce qu’il représentait et pour ce qu’il faisait. Dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression, il avait montré à ses élèves de quatrième deux caricatures du prophète Mahomet publiées par Charlie Hebdo tout en accordant l’autorisation de détourner le regard ou de sortir de la classe à ceux que cela choquerait.

Doit-on pour autant le panthéoniser ? « Il faut réfléchir à la question » a prudemment répondu Edouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale. « C’est peut-être un petit peu trop tôt » a commenté Mickaëlle Paty, la sœur de l’enseignant avant d’expliquer qu’une consécration de cet ordre n’intervient d’ordinaire que dans une atmosphère de consensus. Or les procès des inspirateurs du terroriste ont bien montré que notre commune conception de la liberté d’expression faisait toujours débat. Alors, panthéoniser ou pas ? « Autant je suis pour mais ce n’est pas la priorité. Il faut d’abord corriger tout ce qui ne va pas dans l’Éducation nationale » a-t-elle souligné. Ce qui ne risque pas d’arriver de sitôt. Or le scandale de la mort de Samuel Paty dit bien que le temps presse, conviction renforcée par le meurtre de Dominique Bernard, 57 ans, trois ans après dans des circonstances analogues à Arras (Pas-de-Calais). Un terroriste islamiste s’en était pris à ce professeur de Lettres modernes faute d’avoir trouvé l’un de ses collègues enseignant l’histoire. Car la transmission de l’histoire, c’est aussi celle de l’esprit critique et de la contextualisation, ces ennemis irréductibles des pensées totalitaires. Ainsi qu’il l’expliquera lors de ses auditions, il était mû par sa haine des valeurs républicaines et démocratiques. A savoir, selon lui, la laïcité, la liberté d’expression, le droit à l’avortement et les droits des homosexuels…

 

Dans une tribune aux échos puissants publiée au début de l’année par Libération, un collectif, qui a choisi de se réunir au café du Croissant où Jean Jaurès fut assassiné, a appellé le président de la République à faire entrer Samuel Paty au Panthéon. Joëlle Alazard, présidente de l’association des professeurs d’histoire-géographie et membre du collectif a rappelé que le lieu accueillait déjà des hommes « morts pour leurs idées, pour la République ». Et de citer Alphonse Baudin, le député tué en 1851 sur les barricades du Faubourg-Saint-Antoine, le président Sadi Carnot assassiné en 1894, le résistants Manoukian, bientôt Marc Bloch.

L’interpellation publiquement adressée au chef de l’État est d’une telle clarté et d’une telle fermeté sans mélange qu’un refus, voire de l’indifférence exprimée par une absence de réponse,  serait indigne. C’est peu dire que l’inscription du nom de Samuel Paty sous la coupole, dans ce lieu vivant de la mémoire nationale sédimenté de tant de souvenirs forts, serait un acte tant symbolique que politique. Ni un temple profane, ni un cimetière couvert, ni un musée funèbre, le Panthéon, « conçu pour la mise en scène quasi religieuse du rassemblement national » (Mona Ozouf) importe peut-être moins que la panthéonisation. Une décision qui se traduit par un geste de portée nationale.

Le grand homme n’est pas un héros. Si la patrie lui est reconnaissante, c’est pour ses mérites et talents et parce qu’il porteur de grandes leçons. Nul mieux qu’un hussard noir de la République victime du terrorisme, qui aura payé de sa vie la transmission vécue comme une vocation, n’était placé pour être offert en exemple. Paty a tenu bon par-delà les menaces, il a résisté aux pressions, il a refusé de se soumettre. Ce qu’il a vécu, d’autres enseignants l’ont vécu et le vivent encore. C’est d’abord à eux que s’adresse le message de cette panthéonisation, manière de leur dire qu’avec cette reconnaissance nationale, ils ne seront plus seuls à l’avenir. Qu’ils seront enfin soutenus.

Plusieurs livres ont déjà été consacrés à l’affaire Paty ainsi qu’une pièce de théâtre. Dans le courant de l’année, France 2 diffusera une série qui lui sera consacrée sous le titre La Rumeur et le cinéma ne sera pas en reste avec un autre film interprété par Jean-Paul Rouve intitulé pour l’instant Le silence de Dieu. En juin prochain, la veillée républicaine préludant à la panthéonisation de Marc Bloch, se tiendra tout près à l’École normale supérieure dont il fut l’élève. Le cas échéant, pour celle de Samuel Paty, on espère qu’elle se tiendra dans l’établissement où il enseignait, le collège du Bois-d’Aulne rebaptisé « Collège Samuel Paty ». Car il a beau avoir été un homme comme un autre, ce n’est pas un homme comme un autre qui a été assassiné pour ce qu’il était. C’est bien d’un professeur qu’il s’agit et, à travers lui, d’une certaine idée de la France, menacée car profondément laïque et républicaine. Même si au Panthéon la minute de silence dure une éternité, oui, Monsieur le ministre, cela vaut d’y réfléchir, mais pas trop longtemps car il y a urgence.

(Photo D.R. et Thierry Clech)

Cette entrée a été publiée dans Actualité, Histoire.

42

commentaires

42 Réponses pour Que Samuel Paty fasse encore plus de vagues

rose dit: 13 mai 2026 à 6h28

J’en suis. De ces profs agressés par un élève. Février 2006, il y a vingt ans.

Ne pas oublier :
« L’assassinat d’Agnès Lassalle est le meurtre d’une professeure d’espagnol par un élève de 16 ans au lycée Saint-Thomas-d’Aquin dans la ville de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), en France, le 22 février 2023. Tom P. »
Lame de 18 cm. Il a pris vingt ans.

Ne pas oublier : la jeune élève qui a menti à son père, et est à l’origine de la machination, était absente au cours ce jour-là ; pas sortie dans le couloir volontairement, absente.

Ne pas oublier :
D’autres élèves ont désigné du doigt celui à abattre, sur le trottoir, devant le collège : Ecce homo.

Ne pas oublier :
Cela fait maintenant plus de quarante ans que les enseignants sommes massacrés par l’administration, par les parents, par les élèves, leurs enfants.

Nous sommes sous-payés et nous sommes massacrés.

Merci Pierre Assouline de votre billet roboratif.
Je comparerai la situation aux violences, sexuelles et autres, faites aux femmes et aux enfants : les profs.c’est pareil, beaucoup de blabla, et il ne se passe rien. RIEN :aucune évolution, aucune amélioration.

Y rajouter le harcèlement scolaire, la petite fille de neuf ans ! neuf ans ! qui s’est suicidée suite au harcèlement de petits camarades, reconnus tels par le rectorat.

Quand la situation est grave, on agit et on réagit.

rose dit: 13 mai 2026 à 6h31

Il a pris quinze ans. Moins que son âge au moment des faits.

Merci Pierre Assouline !

Jazzi dit: 13 mai 2026 à 7h05

Ne pas oublier la petite fille qui s’est suicidée à cause du harcellement de… la prof, rose !

Jazzi dit: 13 mai 2026 à 7h07

De Gaulle, Samuel Patty… un Festival de Cannes très politique cette année ?

rose dit: 13 mai 2026 à 7h14

Suicide d’Evaëlle : l’enseignante condamnée en appel à un an de …

13 avr. 2026 — … professeur de français à un an de prison avec sursis pour harcèlement moral sur mineur, infirmant la relaxe prononcée en première instance. Évaelle, 11 ans, qui s’est suicidée en 2019.

Merci Jazzi de rappeler que sur les centaines de suicides d’élèves, une fois, une professeur de français a participé au harcèlement commis par d’autres élèves : elle est interdite d’enseigner.

Christiane dit: 13 mai 2026 à 7h18

Quel effroi cela a été puis quelle colère mêlée de dégoût. Le poids du mensonge aussi d’une adolescente qui par son faux témoignage a mis en action une chaîne de haine et de bêtise jusqu’au crime bestial.
Quant à la mémoire… dans ces temps de conflits guerriers, de morts par milliers, il se voit comme une érosion des consciences, une sorte d’acceptation du pire comme étant la banalité du mal. Très beau et courageux billet, Passou. Merci.

Jazzi dit: 13 mai 2026 à 7h23

David Lisnard, maire de Cannes et probable candidat à la présidence de la République en 2027 :
 
« Bonjour à tous depuis la Mairie de Cannes, après la lecture du rapport de nuit de la police municipale, une tournée de vérification de l’entretien de nos rues et avant la réunion quotidienne de sécurité et logistique du Festival de Cannes. Ce soir sera y projeté « L’abandon », le film qui retrace les derniers jours de Samuel Paty, à qui nous rendons un hommage permanent à Cannes à travers la place qui porte son nom. Je n’ai pas pour habitude de commenter la programmation du festival de Cannes, je salue simplement ici ce choix en faveur de la liberté d’expression, ce pourquoi il a été créé.
Le reste de ma journée sera rythmé par le traitement de sujets de proximité (plusieurs points à arbitrer), une rencontre avec l’ambassadrice d’Italie, une réunion à mon initiative pour faire un point sur l’hantavirus et anticiper ce qui peut être anticipé au plan local au cas où (il n’y a d’après les autorités sanitaires aucun motif d’inquiétude, ce qui n’empêche pas un point), l’inauguration, de la traditionnelle exposition « Cannes fait le mur », organisée depuis 22 ans en partenariat avec Paris Match et qui apporte de belles parenthèses cinématographiques dans nos rues.
Très bon mercredi à vous ! »

Jazzi dit: 13 mai 2026 à 7h33

« Joëlle Alazard, présidente de l’association des professeurs d’histoire-géographie et membre du collectif a rappelé que le lieu accueillait déjà des hommes « morts pour leurs idées, pour la République ». Et de citer Alphonse Baudin, le député tué en 1851 sur les barricades du Faubourg-Saint-Antoine, le président Sadi Carnot assassiné en 1894, le résistants Manoukian, bientôt Marc Bloch. »

On a oublié… Jean Moulin !

rose dit: 13 mai 2026 à 7h34

jusqu’au crime bestial.

Ne pas oublier : des élèves ont assisté sur le trottoir au découpage de la tête de Samuel Paty par l’assassin, tchétchène.
Je me souviens, de la liesse populaire qui a accompagné ses obsèques en Tchétchénie.

Avant, dans mon collège dans lequel j’ai été agressée en février 2016, et après moi, un élève qui visionnait des décapitations en riant sur internet a été exclu du collège pour ceci ou cela. Lorsqu’il est revenu, parce que, pauvre élève, ce n’est pas de sa faute, et surtout, surtout, pas de vagues hein, il a tout mis en œuvre, aidé par sa mère, pour faire foutue dehors la prof.d’histoire-géo qui était à l’initiative du conseil de discipline.
Non seulement il a réussi, mais en plus, elle a quitté définitivement le collège.

rose dit: 13 mai 2026 à 7h36

Cette année 2027, nous allons avoir 82 candidats pour devenir Président de la République.
Interdit de rire,

Jean Langoncet dit: 13 mai 2026 à 7h42

Capté en passant ; de l’urgence ?

« L’administration Trump qualifie l’Europe d’« incubateur de menaces terroristes »
La nouvelle stratégie antiterroriste américaine publiée mercredi cible, parmi les menaces contre le pays, les « narcoterroristes », les « terroristes islamistes historiques » et les « extrémistes violents de gauche ». »

Le Monde

Jean Langoncet dit: 13 mai 2026 à 7h47

L’urgence en matière de liberté d’expression, c’est aussi de contrer le projet de loi Yadan qui est dans les tuyaux parlementaires

Jazzi dit: 13 mai 2026 à 8h08

« Interdit de rire »

Notamment avec Bardella et Mélenchon sur les starting blocks !

kilékon dit: 13 mai 2026 à 8h19

Nous sommes sous-payés et nous sommes massacrés.(rose)

Nous sommes tous pour la grangeonisation de rose! 🙂

J J-J dit: 13 mai 2026 à 8h30

Indignez-vous ! disait SH)… Qui ne le serait pas encore, six ans plus tard ?
Bien sûr et merci. Il est très noble ce nouveau billet… et notamment, dans cette heureuse formule : « il a beau avoir été un homme comme un autre, ce n’est pas un homme comme un autre qui a été assassiné pour ce qu’il était ».
Je pense qu’il faut attendre le retour au calme pour songer à faire de lui une icône panthéonisable. La République (ou ce qu’il en restera) ne l’oubliera pas. Avant cela, il faudra sonder comment le remords de la petite élève qui l’avait désigné, aura su prendre ses distances avec son père, et comment elle aura demandé pardon, dasn une démarche personnelle, à la famille de Samuel Paty.

rose dit: 13 mai 2026 à 8h47

Indignez-vous SH Stéphane Hessel.

Suivi par Pierre Assouline Tenez bon.

Ici, on ne manque ni du premier, ni du second.

rose dit: 13 mai 2026 à 8h59

Janssen J-J

J’ai questionné ma maman, que vous estimez, sur son autorisation qu’elle m’a donné.

Vous parlez des ventes de vos biens, un à Meudon, un de votre maison natale en Charente, et de l’immense boulot que vous produisez, votre épouse et vous, pour retaper une ferme et en faire un beau point d’ancrage pour votre retraite.
C’est surtout ce que vous relatez concernant le jardin qui me fait amplement rêver.
Ce sont vos biens, fruits du travail d’une vie, profitez-en.
Nous avons signé le 6 mai 2026 la promesse de vente de l’appartement de mes parents à Marseille.
252 000 euros.
80 m², plus une immense terrasse plein sud de 34 m².
2 garages en sous-sol.
Quartier le 13 ème, derrière l’hôtel du département, un immense paquebot bleu marine, très laid.

rose dit: 13 mai 2026 à 9h06

Ma mère est tombée, le jour même, dans sa chambre, a été emmené aux urgences avec les pompiers (ou en ambulance ) est rentrée le soir même à 21 heures dans son Ehpad.
J’ai demandé, il y a un mois de cela à sa tutrice ; ma maman n’a pas la maladie d’Alzheimer ! Amen! ) de prévenir ma maman que son appartement était vendu pour pouvoir payer son Ehpad ( 4500 euros par mois, chambre Privilège ). Le six mai 2026, en visio-conférence, elle m’a dit « j’irai la voir lorsque j’irai à Marseille. »
Je lui ai demandé, surtout, d’aller voir son jardin.
Elle vit à 28 kilomètres de Marseille, il lui faut 30 minutes pour y aller.

Elle m’a dit vous concernant « il a eu raison », ( de faire cet achat ), et aussi « du moment qu’il ne regrette pas, c’est l’essentiel. »

Bien cordialement, de la part de nous deux ❤️❤️.

puck dit: 13 mai 2026 à 9h18

« (…) à travers lui, d’une certaine idée de la France, menacée car profondément laïque et républicaine. »

décidément y’a plein de trucs qui menacent la France.

cela dit, sans vouloir hiérarchiser les menaces, je pense que la menace russe reste la menace number one.

quant à cette France profondément laïque et républicaine : est-on bien sûr que la France est toujours aussi républicaine ?

je veux dire la France d’aujourd’hui me semble plus oligarchique que républicaine.

du coup faudrait aussi mettre nos oligarques dans les menaces, juste après les russes, ou juste avant.

pour que la France redevienne un pays réellement républicain.

comme ça on saura de façon plus claire ce que l’on veut sauver de cette pauvre France.

un pays dans lequel il n’y a plus grand chose à sauver dans l’état actuel.

je veux dire si on regarde les chosesd de façon claire et objectives.

exemple au hasard : la France est un pays où les inégalités et les injustices croissent à vitesse grand V, ce qui nous éloigne de l’idée qu’on se fait d’une république.

puck dit: 13 mai 2026 à 9h21

en fait si on veut prendre le problème à la racine faudrait déjà régler le problème social.

sans tomber dans un rousseauisme benêt si personne ne règle le problème social on pourra juste rien sauver du tout.

je veux dire ça paraît d’une logique que même un gamin de 6 ans le comprendrait.

D. dit: 13 mai 2026 à 9h21

En effet Rose, en France les professeurs sont largement sous-payés, déconsidérés et souvent exposés à des dangers dont les risques psychosociaux.
Mais avec leurs 4 mois de congés cumulés et certains plannings à 20h voire 15h par semaine, ils ne travaillent pas assez, c’est une certitude, dans l’absolu et aussi comparativement à ce qui existe dans d’autres pays. Cette insuffisance est encore renforcée depuis l’informatisation, internet et même l’intelligence artificielle, trois grands facilitateurs de préparation, de diffusion des cours aux élèves. Voire de correction dans le cas des quizz notés devenant fréquents dans certaines matières notamment les mathématiques.
Je sais que vous serez peu ou pas d’accord mais je ne lâcherai rien là-dessus.

puck dit: 13 mai 2026 à 9h24

les beaux discours idéalistes c’est bien.

sauf qu’il faut qu’ils s’appuient un minimum sur la réalité.

quand ils s’appuient sur plus rien et qu’ils deviennent totalement hors sol ces discours idéalistes ils peuvent commencer à énerver une partie de la population.

et c’est pas en énervant les gens qu’on va régler les problèmes.

puck dit: 13 mai 2026 à 9h26

« En effet Rose, en France les professeurs sont largement sous-payés, déconsidérés et souvent exposés à des dangers dont les risques psychosociaux. »

et leurs élèves sont aussi des enfants de parents sous payés confrontés à une violence sociale quotidienne !

ça faut pas l’oublier mon ami !

puck dit: 13 mai 2026 à 9h27

20% des salariés ont un salaire proche du smic !!!

ça c’est une grosse menace pour notre République !

Soleil vert dit: 13 mai 2026 à 9h33

J’ai eu dans les années 60 un professeur de mathématiques, excellent au demeurant, qui flanquait des baffes à la moindre incartade. Changement d’époque ! Il préfigurait le profil à la Chuck Norris aujourd’hui souhaitable

renato dit: 13 mai 2026 à 9h36

Je n’ai pas vu le film et je ne sais pas comment ils ont mis en scène ce drame. Je crois cependant que, les responsabilités des criminels fanatiques religieux bien à part, il incombe à l’employeur de fournir aux travailleurs une protection. Il me semble que Samuel Paty avait demandé de l’aide à son employeur, lequel n’a pas rempli son devoir.

rose dit: 13 mai 2026 à 9h47

Puce,

Je suis totalement d’accord avec votre remarque, qui pourrait bénéficier d’une extension sur les difficultés d’adaptation de personnes déracinées, ce qui était le cas de ce jeune tchetchène.

et leurs élèves sont aussi des enfants de parents sous payés confrontés à une violence sociale quotidienne !

ça faut pas l’oublier mon ami !

Ne l’oublions pas.

rose dit: 13 mai 2026 à 9h58

Je sais que vous serez peu ou pas d’accord mais je ne lâcherai rien là-dessus.

D.
Pas un micro gramme d’accord avec vous.
Mais désormais, je m’en tamponne le coquillard.
Les trois amis que j’ai gardés, deux hommes et une femme, sont trois individus comme moi, investis à 150% et dévoués à leur métier et à leurs élèves.
Et je ne me lancerai pas dans la défense des vacances des profs.
Pour les branleurs, il doit y en avoir, je le suppose, c’est trop.
Mais pour les autres, c’est pas assez : lorsque on arrête de bosser, nous sommes exténuée.
Moi, quand je serai ministre de l’Éducation Nationale, ce sera le grand déménagement : cours chaque matin, cinq heures. Sport, arts plastiques, musique, jardinage tous les après-midis.
Travail cinq jours par semaine :
L-M- J-V-S durant sept semaines.
Deux semaines d’arrêt.
Le mercredi pour les activités péri-scolaires avec des animateurs(/trices plutôt) triés sur le volet.
Dimanche seulement avec les parents.
Vacances scolaires : quelques colos triées sur le volet, et qq.vacances avec les parents.
L’été, un mois, travaux agricoles, un mois de liberté.
Congés au 30 juin.
Reprise le 1er septembre.
Tous ceux qui sont endoctrinés dans des sectes, désendoctrinement obligatoire.
Interdiction d’une non-scolarité : l’école à la maison, non.
Recherche absolu du bien-être de l’enfant, voire de l’écolier : épanouissement obligatoire revendiqué.
Revalorisation +++ de tous les métiers manuels.
Revalorisation salariale de tous les métiers indispensables.

Voilà mon programme.
Vous pouvez voter pour moi.
Ou pas.
Je m’en fous royalement.

rose dit: 13 mai 2026 à 9h59

Je n’ai pas moi-même écrit Puce, créneau.
Je me suis adressée à Puck.

rose dit: 13 mai 2026 à 10h01

 il incombe à l’employeur de fournir aux travailleurs une protection. Il me semble que Samuel Paty avait 

Renato
Pas de visite médicale. Aucun suivi de la santé physique et/ou mentale.

Le mot d’ordre, Pierre Assouline l’a bien souligné est
« Pas de vagues. »

Je crois pouvoir dire que, derrière ce mot d’ordre, des primes sont en jeu.
Voire des mutations honorifiques.

puck dit: 13 mai 2026 à 10h02

presque 10 millions de personnes vivent dans la pauvreté en France !

ça non plus ce n’est pas trop le signe d’une république digne de ce nom.

c’est au contraire la menace n°1 pour la république.

donc avant de dire de sauver faut déjà savoir ce qu’on veut sauver..

en plus faut pas nous inventer des menaces pour détourner le regard de menaces structuralles qui entrainent toutes les autres !

Soleil vert dit: 13 mai 2026 à 10h15

[…] livré aux chiens[/i][…]

Formule choc utilisée par François Mitterrand aux obsèques de Pierre Beregovoy. La gauche tenait là un vrai martyr complètement oublié.

Soleil vert dit: 13 mai 2026 à 10h25

Ce billet me replonge dans la mémoire de ces enseignants qui m’ont façonné. C’est cela qui est terrible, enseigner c’est livrer un savoir, faire appel aux plus nobles qualités d’un enfant, la mémoire, la reflexion. Les mêmes qui rechignent à venir en classe affronteront le monde du travail, pas forcément un milieu d’épanouissement, mais surtout un univers où la compétition et l’arbitraire font rage.

J J-J dit: 13 mai 2026 à 10h55

SV – et j’eus la même tentation de mettre le même post que vous, SV. Moi, de Pierre B., je me souviens du jour et de l’endroit où j’ai appris son suicide, un premier mai, je n’oublie jamais cet homme et ce jour.
@ « Pas de vagues »… une formule encore plus intériorisée au sein de la maison Poulaga que chez les profs de l’EN… Et je sais de quoi je parle.
@ Rôz, courageuse de nous/me raconter vos projets aussi précisément, vu que cela m’intéresse et que je n’en ai pas rien à f… Après tout, les Américains n’ont pas honte de raconter ouvertement ce qu’ils « ont » et ce qu’ils « gagnent », et ce qu’ils paient comme impôts ou comment ils y échappent, à la différence de nos trolls qui en bavent de haine en s’abritant derrière ce qu’isl estiment sans doute être un tabou absolu, mais pas de révéler le montant de leurs achats de bouquins de merde – Vous m’avez fait peur deux secondes avec le petit accident de votre mère. J’espère qu’elle s’en remet bien. Oui, il faut absolument qu’elle voie le jardin? Bientôt, je vous raconte le parc et le potager au sud, et puis les projets de verdures à l’ouest. A+

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*