de Pierre Assouline

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La République des livres
Tout donc rien sur Shakespeare (et inversement)

Tout donc rien sur Shakespeare (et inversement)

Quelle merveille, ce livre. Il est vrai que c’est devenu si rare, dans la production du tout-venant tel qu’il se présente à nous d’une rentrée l’autre, d’être émerveillé par la lecture d’un essai qui n’en est pas vraiment un, consacré à une œuvre dont on croit avoir fait le tour de longue date tant elle a été ensevelie sous les commentaires, et à un auteur dont on croit tout savoir alors qu’en réalité on en sait à peu près rien de tangible. Le titre même du livre de Philippe Forest annonce les réjouissances : Shakespeare. Quelqu’un, tout le monde et puis personne (346 pages, 21,90 euros, Flammarion). On ne fait pas plus décalé- et pour cause. Dès les premiers pages, on devine que ce sera une lecture de rumination lente afin de s’offrir le luxe de savourer les suivantes une à une, sans se presser à commencer par la citation de Borges placée opportunément en épigraphe et dont résonne tout le livre :

« Shakespeare ressemblait à tous les hommes, sauf en ceci, qu’il ressemblait à tous les hommes. Au fond de lui-même, il n’était rien, mais il était tout ce que sont les autres, ou tout ce qu’ils peuvent être » (De quelqu’un à personne in « Autres inquisitions »)

L’auteur, sensibilité en liberté et intelligence à ciel ouvert, embarque le lecteur dans une conversation personnelle en marge et à propos de William Shakespeare. C’est donc son histoire qu’il raconte en conteur et fabuliste mais en y glissant ça et là un peu de la sienne. Son histoire, c’est-à-dire la vie du grand Will du moins que l’on croit en savoir. Sauf qu’il ne le fait pas en historien mais bien en écrivain, enquêtant non à partir de preuves mais des traces. Il y a trois siècles, on tenait pour acquis qu’il était né en 1564 à Stratford-upon-Avon dans le comté du Warwickshire, au centre de la vieille Angleterre, qu’il s’y maria et y enfanta, qu’il fit ses débuts dans la vie comme comédien à Londres, qu’il écrivit des poèmes et des pièces de théâtre en assez grand nombre avant de regagner la terre qu’il avait vu naitre, de rédiger son testament, d’y mourir et de s’y faire enterrer.

Voilà tout ce que l’on en savait autrefois et cela n’a guère changé depuis malgré les milliers de livres à lui consacrés. Ils n’ont pas pu se retenir d’ajouter leur petite pierre à la cathédrale de papier, Philippe Forest pour notre plus grand bonheur. Non pour une biographie, Peter Ackroyd y a fort bien pourvu en 2005, ni même pour un essai  analytique de l’œuvre (il y a foule et elle est internationale), ni même pour une antibiographie qui ferait la somme de tout ce que l’on ignore de lui, mais pour un livre d’écrivain sur un écrivain, qui ne déplore pas que l’on en sache si peu de tangible sur le bonhomme et se permet de rappeler que, en son temps, « on ne considérait pas qu’à un livre il fallut forcément un auteur ». Et si ses contemporains avaient tout simplement comblé ce vide en l’imaginant dans sa ressemblance avec un ou des personnages de ses pièces ? Le créateur décalqué de ses créatures, quelle formidable mise en abyme. Ainsi la manière dont Forest creuse les pages que Joyce consacre à Hamlet dans son Ulysses est si convaincante (la clé serait une vulgaire histoire de cocuage, à la grande consternation des university Wits) qu’elle donne aussitôt envie de s’y replonger pour y retrouver ce qui nous avait échappé. Et l’on ne perd pas son temps à regarder de plus près, outre les intuitions de Borges, celles de Hugo et de Claudel lecteurs de Shakespeare.

Quand d’autres se plaisent à demeurer roi de leurs chagrins, Forest l’est de ses anachronismes (cachez donc ces remarques misogynes que nous ne saurions voir, celles du grand Will), doutes, lacunes et allers-retours, jouissant de l’infinie liberté de celui qui décide de ne plus se justifier (comme cela avait pu être le cas lors de sa biographie classique d’Aragon). Mais ne peut-on tout se permettre avec ce génie qui, mystérieusement, ignorait tout des règles et des théories littéraires et dramaturgiques de son temps sans parler de son insignifiante connaissance du grec et du latin mais qui a magnifié la grandeur et illustration du rythme du pentamètre iambique ? Et après tout, que nous apporte les incertitudes de la chronologie et la fiabilité du First Folio lorsque seuls compte, l’émotion, la saveur, la grâce, la puissance comique et l’intelligence des Comédies, Tragédies et Histoires -sans oublier les Sonnets (je me permets de recommander la traduction d’André Markowicz et Françoise Morvan dans l’édition bilingue aux éditions Mesures), « le plus prestigieux coming out poétique de l’histoire littéraire », dont la capacité à nous troubler n’est en rien entamée avec le temps, l’auteur nous invitant non sans ironie à ne pas shakespeariser à la manière consternante des gender studies incapables d’imaginer que, dans le monde d’avant le monde d’avant, il arrivait que des hommes s’aiment sans que cela relève pour autant de l’homosexualité.

Dire que s’entreglosant des spécialistes ont même créé un nouveau genre celui des « pièces à problème » (Mesure pour mesure, Tout est bien qui finit bien), en fait des pièces qui leur posent à eux des problèmes ! Il n’y a pas que la chronologie : du genre aussi on se moque après tout car tout cela est arbitraire et rend impossible de déduire un ordre de sa vie qui découlerait de l’ordre de son œuvre et c’est tant mieux. Toute tentative d’y chercher une cohérence est vouée à l’échec. Philippe Forest a raison d’y voir « un désordre souverain ». Pour léger qu’il paraisse, son vagabondage dans le shakespeareland est d’une telle densité ! Il nous invite à recevoir les intrigues de ce théâtre-là comme des histoires de vendetta entrainant un grand chaos. Régicide ou pas, même s’il est au cœur de presque tout, l’intrigue lui parait invariable de pièce en pièce, inutile de chercher midi à quatorze heures :

« Un homme possède le pouvoir, il le perd, un autre le lui prend, il le conserve un temps, les confie à ses descendants et puis un autre survient qui réclame la couronne pour lui et pour les siens, prétendant rétablir la légitimité qui, autrefois, fut outrageusement bafouée. A son tour, il ne monte sur le trône que pour être aussitôt renversé. Et ainsi de suite »

A chacun son Shakespeare, faites comme il vous plaira. Celui de Philippe Forest, qui développe une intuition de Borges, est des plus séduisants car il s’énonce, s’avance et se déploie dans une langue d’une savoureuse liberté, une langue qui a le souci de la langue, fluide, précise, chaleureuse. La moindre des choses pour un écrivain qui, de toutes les qualités prêtées à son héros, ne place rien au-dessus de sa sweetness, la gentillesse de Shakespeare, sa grande parole de compassion, sa douceur malgré la cruauté et la violence de son univers.

(« Ophélie noyée »,  huile sur toile de John Everett Millais, 1851-1852, Tate Britain, Londres ; « The Play Scene in Hamlet », huile sur toile de Daniel Maclise, 1842, Tate Britain, Londres )

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire.

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commentaires

2 121 Réponses pour Tout donc rien sur Shakespeare (et inversement)

Christiane dit: 21 mai 2026 à 5h41

Rafraîchissant! Ce nouveau livre ne m’étonne pas de Philippe Forest, un écrivain un peu à part de l’entre-soi du milieu littéraire. Indépendant et talentueux.

Jazzi dit: 21 mai 2026 à 6h50

« la terre qu’il avait vu naitre »

Quoi, Shakespeare a assisté à la naissance du monde !
C’était en quelle année ?

Jazzi dit: 21 mai 2026 à 7h23

« L’ex-journaliste de Canal + Jean-Baptiste Rivoire condamné en appel à verser 142 500 euros à son ancien employeur
Le journaliste d’investigation avait critiqué la politique du groupe Canal + et de Vincent Bolloré dans une interview donnée à RSF en 2021. »
https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/tv/lex-journaliste-de-canal-jean-baptiste-rivoire-condamne-en-appel-a-verser-142-500-euros-a-son-ancien-employeur-20-05-2026-IIPKOHMAFFBJ5CZ2Y33OCQZJWQ.php

Jazzi dit: 21 mai 2026 à 7h34

Spécial fête des mères !

« « Ils pleuraient, effrayés » : deux enfants français, âgés de 3 et 5 ans, retrouvés seuls au bord d’une route au Portugal
Les deux petits garçons de 3 et 5 ans, de nationalité française, ont été retrouvés seuls, en pleurs, au bord d’une route au Portugal. Selon les premiers éléments de l’enquête, ils pourraient avoir été abandonnés par leur mère. »

« « Ce que j’ai vu, je ne peux pas le décrire » : à Toulon, un quartier sous le choc après le saut dans le vide d’une mère et trois enfants
La thèse du suicide est privilégiée. La femme qui élevait seule sa progéniture présentait un profil psychologique fragile et a chuté de 13 étages ce mercredi matin. »

D. dit: 21 mai 2026 à 7h44

Ce qu’a fait « l’artiste » « JR » avec le pont neuf est inacceptable. Pourquoi y a-t-il été autorisé ? Et j’ose espérer que le contribuable n’y a pas contribué en étant mis à contribution.
Sans parler du bilan carbone de ce bidule affreux et choquant.

Jazzi dit: 21 mai 2026 à 7h49

« le contribuable n’y a pas contribué en étant mis à contribution. »

Le contribuable parisien serait-il un con puissance3, D. ?

et alii dit: 21 mai 2026 à 7h51

gender
ce n’est certes pas dans « le monde d’avant »,mais »qu’il s’y maria et y enfanta,
dans ce contexte, on attendrait un sujet féminin(une’ femme) à qui acceote certes à enfanter qui accepte certes des sujets masculins
Rare. [Le suj. désigne un homme] Faire un enfant (à une femme). CNRTL

Christiane dit: 21 mai 2026 à 8h44

La conférence que Philippe Forest donne à Nantes (merci pour le lien) éclaire le sous-titre étrange qu’il a donné à son livre (« quelqu’un, tout le monde et puis perdonne »), éclaire aussi ce qu’il a voulu faire en précisant d’autres auteurs qui ont mené avec cet éditeur une exploration fantaisiste et très personnelle d’un écrivain, d’un artiste se permettant « de réinventer son œuvre et de rêver sa vie »(comme Bernadette Lafon avec Cézanne). « Chacun s’invente l’auteur qu’il veut ». Donc, cette réversibilité entre l’autre et soi dans l’écriture d’une biographie lui permet de lier chaque homme à tous les hommes, Shakespeare ? « un homme qui ressemblait à tout le monde donc à aucun homme »aucun homme particulier » puisque toutes les vies finissent par se confondre. Le monde et le théâtre finissent par s’échanger. Et tout ce travail est mené avec une étude fouillée des textes que Shakespeare nous a laissés. D’autres détours par Aragon (Théâtre Roman), James Joyce, Borges.
Une conférence éclairante.

J J-J dit: 21 mai 2026 à 9h07

— Ah ! enfin du nouveau sur J’expire … A chacun son chant du cygne, son cocuage, ses pentamètres iambique, apporte ses incertitudes. Oui, la terre qu’il avait vu naître à Stratford-upon-Avon.
Je ne crois pas devoir lire ce millième opus sur the great Will, dont on ne sait toujours rien. Merci de l’avoir signalé néanmoins dans la RDL,… Il va OQP l’erdélie durant quelques temps. Je dirais, pmp ceci :
— ô Phélie, cheu kanapé (Caroline !)…
… et je me peremettrai ce petit rappel au sujet des connecteurs logiques dus aux conjonctions de coordination, plus précises en français qu’en anglais. Par ex. alors que la résolution 242 des NU stipulait en 1967… « withdrawal from occupied territories » (traduisible par : retrait « de » OU « des » territoires occupés) (une partie ? ou tous les territoires ?), dans la version française, cette ambiguité n’existait pas, ceci expliquant qu’elle soit restée comme la langue de référence en diplomatie.
Pendant ce temps, cela dit, la Palestine attend. On n’aimerait pas être un juif israélien par les temps qui courent avec le gouvernement actuel. Shakespeare aurait été sensible au rêve de l’édification d’une paix de fraternité possible entre un frère israélien et un frère palestinien. En tant que goy moyen, j’y crois également de toutes mes forces sans vraiment y croire, car vu mon horizon, je n’ai jamais été un fou millénariste.
*** @ DHH – J’apprends que l’asyndète permet d’écrire des phrases sans mots de liaison, genre : « elle cria, vociféra, tempêta » ou « j’ai vaincu, j’ai vu, je suis venu »… Le pb, c’est que la simple juxtaposition des mots ne permet pas d’articuler des idées, des phrases ou des paragraphes entre eux. « Je pense, je suis », OK…, mais « je pense, donc je suis », ça craint beaucoup plus, car tu ne peux plus logiquement sortir de cette pensée prétendument cartésienne et l’inverser. Shakespeare n’aurait jamais osé : « I am, so I think ».
Bàv, senoritas. Il va faire très beau, et le moral va s’ébander.

J J-J dit: 21 mai 2026 à 9h13

7.55 Un PROBLEME (problématique) est donc devenu un SUJET.
Bon ! Viktor Klemperer : à l’aide, au secours !

Christiane dit: 21 mai 2026 à 9h42

Forest emprunté à Borges cette pensée : « il ressemblait à tous les hommes, sauf en ceci, qu’il ressemblait à tous les hommes. »
J’ai beau réfléchir, c’est un abîme pour moi…

renato dit: 21 mai 2026 à 10h10

C’est un paradoxe, Christiane : ce qui devrait être la chose la plus normale au monde (ressembler aux autres êtres humains) devient, chez Shakespeare, sa qualité exceptionnelle : il était si pleinement humain qu’il embrassait toute l’humanité. En bref, il est imprégné de toutes les identités possibles.

Chantal dit: 21 mai 2026 à 10h11

qu’est-ce qui est arrivé aux danseuses de Renato, touchées coulées ..?

B dit: 21 mai 2026 à 10h13

Christiane, les autres ne ressemblent pas à tous les hommes. Avec ma logique voici ce que je comprends, il faudrait remuer la dépouille de Borges, convoquer les oracles et peut-être saurions nous quelles sont les qualités communes à tous les hommes et pourquoi la grande majorité à l’exception de William ne possèdent pas ces traits communs à tous et pourtant une règle ferait que la communauté des biens et des maux est exceptionnellement remarquable chez certains êtres aussi rares qu’exceptionnels.

renato dit: 21 mai 2026 à 10h17

Non Chantal, elle est toujours à sa place, dans le fil de précédent.

B dit: 21 mai 2026 à 10h30

Les fleurs représentées sur la toile n’ont pas été choisies par le peintre pour leur seule beauté. Toutes sont porteuses d’une symbolique forte. Avec ses branches suspendues à la surface de l’eau, le saule pleureur symbolise l’amour abandonné. Les marguerites qui flottent près de la main droite de la jeune femme évoquent son innocence. Nouée autour de son cou, la guirlande de violettes, symboles de fidélité, renvoie quant à elle à un passage de l’acte IV, scène V : « Je vous aurais bien donné des violettes, mais elles se sont toutes fanées, quand mon père est mort… On dit qu’il a fait une bonne fin ». Quant au coquelicot rouge, il représente le sommeil et la mort…
Huile sur toile • 76,2 × 111,8 cm • Coll. Tate Britain, Londres

Elizabeth Siddal en

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Une artiste pour modèle : Elizabeth Siddal La beauté d’Ophélie, qui occupe toute la partie centrale de la composition, est hypnotique. On reconnait ici les traits d’Elizabeth Siddal, jeune femme au teint diaphane et à la chevelure rousse incandescente, ici emportée par le courant de la rivière. Connue pour son rôle de muse suprême des préraphaélites, la jeune femme a à plusieurs reprises posé pour John Everett Millais ou Dante Gabriel Rossetti, qu’elle finira par épouser. Son physique, à contre-courant des canons victoriens est érigé sous leur pinceau en idéal de beauté. Mais Elizabeth Siddal est aussi une artiste accomplie. Peintre, elle est la seule femme à exposer ses œuvres lors d’une exposition préraphaélite en 1857. Elle est également l’auteure de nombreux poèmes.

John Everett Millais, Ophélie (détail), 1851-1852

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La tragédie, par-delà la peinture Après avoir peint la végétation luxuriante d’après nature, Millais a réalisé dans un second temps, en atelier, la figure d’Ophélie. Durant l’hiver 1852, il a fait poser Elizabeth Siddal de nombreuses heures le corps immergé dans une baignoire seulement vêtue d’une robe de fils d’argent, achetée en seconde main par le peintre. La jeune femme tombe alors très malade et Millais est tenu responsable par ses proches. À tel point que c’est le peintre lui-même qui paiera le traitement de la jeune femme. De santé très fragile, cette dernière décèdera prématurément dix ans plus tard d’une overdose de laudanum, alors qu’elle était enceinte. Un drame qui fait écho au funeste destin d’Ophélie…
Huile sur toile • 76,2 × 111,8 cm • Coll. Tate Britain, Londres

Christiane dit: 21 mai 2026 à 10h35

Renato, vous êtes fort pour naviguer dans les paradoxes !
B. Vos explications sont comme les images difractées d’un kaleidoscope.
Entre vous deux, je suis comme Ophelie, je flotte!

B dit: 21 mai 2026 à 10h40

Christiane, je n’étais pas sérieuse, cette phrase me laisse, comme vous, interdite, je tentai de la décortiquer un peu comme une simple ménagère le ferait pour une pince de crabe mais sans prétendre en donner la signification .

Christiane dit: 21 mai 2026 à 11h15

B.
Oui, ils sont un peu compliqués ces grands écrivains !
Décortiquer une pince de crabe. Hum, régal en vue !

FL dit: 21 mai 2026 à 11h23

« Entre vous deux, je suis comme Ophelie, je flotte! »

Il y a quelques années à la Comédie-Française, Ophélie se suicidait dans les lavabos, enfin je veux dire dans les toilettes.

Le lavabo en question a été réutilisée pour « Roméo et Juliette ».

Notre époque ne fait pas dans le sublime.

B dit: 21 mai 2026 à 11h27

Je n’ai jamais mangé de homard, tout de suite ça vous classe un individu! Dans la déclaration de patrimoine il suffirait à nos ministres d’avouer leur affection pour le caviar et autres mets et l’on comprendrait que 300 mètres carrés sur les champs pour appartement de fonction ne leur paraît en rien se distancer du sort commun du peuple qui vote aux pôles nord et sud de la sphère politique.

B dit: 21 mai 2026 à 11h33

Le Royaume-Uni veut interdire d’ébouillanter homards, crevettes, crabes ou langoustes, qui ressentent la douleur autant que d’autres animaux
Cette mesure, prévue d’ici à 2030, s’appliquerait aussi aux crustacés et aux mollusques céphalopodes, dont les pieuvres, tous qualifiés d’êtres sensibles par la loi britannique.

FL dit: 21 mai 2026 à 11h38

Toute la politique africaine d’une certaine manière.

« Un homme possède le pouvoir, il le perd, un autre le lui prend, il le conserve un temps, les confie à ses descendants et puis un autre survient qui réclame la couronne pour lui et pour les siens, prétendant rétablir la légitimité qui, autrefois, fut outrageusement bafouée. A son tour, il ne monte sur le trône que pour être aussitôt renversé. Et ainsi de suite »

FL dit: 21 mai 2026 à 11h41

Ça me fait penser à une citation de l’écrivain américain James Ellroy:

« Quitte ton p*dé de mari ! Viens avec moi ! »

Christiane dit: 21 mai 2026 à 11h44

Une autre biographie imaginaire. Quand les tables tournent chez Hugo qui traduisait Shakespeare :
«C’était le dimanche 22 janvier 1854, il était neuf heures et demie du soir à Jersey. Et Hugo effleurait le sexe de Shakespeare.
Ils se touchaient l’âme en français. Et ils se tutoyaient. Je lève les yeux. C’est un geste audacieux.
Oh ! Tes yeux ! Tes yeux de roi en passion. Tu veux oui je veux. Nous voulons. La scène se passait entre nos âmes physiques.
Déjà nos lèvres. Ne doutons pas. Nos âmes rient. Une vie serait-elle possible ainsi, parfois, peut-être plus forte que tout. La table s’agite.
C’est mon frère sans doute qui nous voit. Shakespeare semble crispé.
— “ Parle ! ” dit Hugo.
— “ Mdeilmm. ” »

MDEILMM – Hélène Cixous / Gallimard

renato dit: 21 mai 2026 à 11h52

Christiane, borgesien endurci, je crois qu’on ne peut l’interpréter autrement.

Chantal L dit: 21 mai 2026 à 11h54

Tout à fait d’accord avec Renato, le plus beau tableau du 19ème !
Le voir en vrai à la Tate Gallery multiplie encore le plaisir.
C’est un tableau qui irradie de couleurs et de brillance.
J’en avais accroché une copie au-dessus de mon plan de travail, dans la cuisine…
il effrayait bon nombre de personnes, pourtant !!!

FL dit: 21 mai 2026 à 12h01

« J’en avais accroché une copie au-dessus de mon plan de travail, dans la cuisine… »

Au-dessus du lavabo ?

Christiane dit: 21 mai 2026 à 12h03

FL
Je préfère, comme Renato, la vision de Daniel Maclise !
Votre mémoire de la mise en scène de la mort d’Ophélie au Français m’évoque plutôt une toile de Francis Bacon. Lui qui aimait dire qu’exécuter un portrait, signifiait pour l’artiste la même chose que réanimer les souvenirs.
Peindre ou écrire l’effet qu’elle suscite sur notre imaginaire.
Pour F. Bacon, ses corps habitent l’antichambre des ténèbres, l’obscurité.

Christiane dit: 21 mai 2026 à 12h11

Renato, le « sauf » dans cette phrase avant la répétition crée en mon imaginaire un impossible.
« Il ressemblait à tous les hommes sauf en ceci qu’il ressemblait à tous les hommes. »

Christiane dit: 21 mai 2026 à 12h28

C’est exactement comme lorsque Borges écrit «le texte de Cervantes et le texte de Menard sont textuellement identiques». Si Ménard n’a pas copié le texte de Cervantes c’est Que les memes mots ont été écrits à deux époques différentes par deux hommes différents.

Christiane dit: 21 mai 2026 à 12h33

Pourquoi Borges a-t-il regroupé quatre nouvelles dont celle-ci sous le titre « La mémoire de Shakespeare » ?
Philippe Forest en parle dans sa conférence.

Christiane dit: 21 mai 2026 à 12h36

« Pierre Ménard, auteur du Quichotte » , une des nouvelles insérée dans le recueil « Fictions » .

Christiane dit: 21 mai 2026 à 12h52

Ce sont deux procédés en miroir et on le sait l’image du miroir n’est pas celui qui s’y reflète.
Si on reporte à la littérature et à ces phrases et à cette nouvelle de Borges, je crois qu’il faut penser à un miroir ou jamais l’image et le réel ne se confondent tout en étant l’un et l’autre dissociés.

rose dit: 21 mai 2026 à 13h08

Pierre,

Je m’autorise, de Nans les Pins, c mon dada, l’orthographe, pardonnez je vous prie
– Le pentamètre iambique ( on en mangerait ) : un seul.
– une autobiographie ( mais de l’antimoine, eh oui ! )
– magnifié la grandeur et illustration du rythme du pentamètres iambique ? Et après tout, que nous apportent les incertitudes (sujet inversé, au pluriel, les incertitudes => verbe qui précède au pluriel, c’est tout ,)
-lorsque seules comptent, l’émotion, la saveur, la grâce, la puissance comique et l’intelligence […] (même histoire : sujet inversé, ici redondance des sujets. Et j’ai vérifié deux fois, tous au féminin. => l’adverbe : féminin pluriel, et le verbe au pluriel).

=> je laisse à l’éboueur du Tigre et de l’Arno le soin de compléter ; et à l’expo.du palazzo reale de Turin le soin de recadrer d’où vient la connaissance de cette toile, dont, bien évidemment la taille n’est pas la moindre de ses qualités. Ni les fleurs, ni les cheveux dans le flux du courant, mais cette femme aimanté, enfin apaisée.

Rose, qui se revoit bien, sur l’estrade, avec ses dictées. Et ses méthodes révolutionnaires. Et qui se reverrait bien. Encore.

rose dit: 21 mai 2026 à 13h11

Mais cette femme aimante, enfin apaisée.
Et si c’est été aimantée, adjectif qualificatif apposé à son nom commun, un terme existe, alors il est fallu écrire aimantée au feminin.

Et qui dit sujet dit attribut du sujet.

Christiane dit: 21 mai 2026 à 13h15

Philippe Forest est d’abord un lecteur de Shakespeare, lisant il deviendrait comme chaque lecteur un nouvel auteur dépossédant Shakespeare – pour lui, ça a été également Aragon-, de la paternité de son œuvre. C’est un peu tordu mais de miroir en kaleidoscope c’est un peu ce que j’ai compris du billet de Passou, de la conférence de Philippe Forest, des extraits de Borges et de Cixous. Lecteurs devenant écrivains de l’œuvre qu’ils lisent par leur interprétation et leur situation dans le temps où ils la lisent parfois éloignée de celle où elle a été écrite.

Christiane dit: 21 mai 2026 à 13h18

Non, D, je développe une pensée par palier pour tenter de résoudre une enigme.

Christiane dit: 21 mai 2026 à 13h37

https://www.persee.fr/doc/chime_0986-6035_2003_num_52_1_1698

Jean Clet Martin est époustouflant Dans cette analyse de la fiction chez Borges avec cette trouvaille des superpositions des fictions à travers le temps, des écrivains connus et inconnus, des lecteurs réels ou imaginaires.
Je crois maintenant possible d’ouvrir l’essai de Philippe Forest, « Shakespeare. Quelqu’un, tout le monde et puis personne. »
Bon, je retourne chez Soleil vert. Place aux poules, endives et citations sataniques de D.

puck dit: 21 mai 2026 à 14h30

« Shakespeare ressemblait à tous les hommes, sauf en ceci, qu’il ressemblait à tous les hommes. »

c’est totalement faux, s’il y a un type qui ne ressemblait pas à ses semblables c’est bien lui, en fait pour une raison très simple que j’ai découverte en lisant Chestov.

il y a des auteurs qui écrivent contre eux-mêmes, contre leurs propres mensonges et hypocrisies.
après il y a les moralistes qui ont écrit pour montrer les mensonges et les hypocrisies du système social.
après il y a ceux qui ont écrit sur les mensonges et les hypocrisies niveau politique.

WS lui il écrit sur les mensonges et les hypocrisies de l’ensemble de sa culture et de sa civilisation.

il place les choses pas seulement sur le plan moral, ou politique ou social etc… mais carrément de la métaphysique occidentale.

le seul autre à ma connaissance qui a fait ça c’est Nietzsche !

et si on a pas compris on a rien compris !

en fait oui, je pense que tout le monde l’a compris, mais il ne viendrait à personne aujourd’hui d’utiliser WS contre nous, pour remettre en question notre nihilisme et notre folie !

dans la mesure où ce nihilisme et cette folie sont partie intégrante des valeurs de notre civilisation.

du coup il vaut s’en faire un pote, mais si ça n’a aucun sens.

puck dit: 21 mai 2026 à 14h35

Hamlet ce n’est pas tel ou tel individu : Hamlet c’est la folie de l’ensemble de l’occident !

quand on voit cette femme, perso je vois le visage de toutes les victimes collatérales liées à notre propre folie.

Ophélie c’est le visage de cette enfant de 8 ans qui a reçu une bombe sur son école en Iran.

parce que cette bombe a été lancée parce que nous sommes des Hamlet !

cette enfent est morte à cause de la défense de nos principes moraux !

et c’est là que ce trouve la folie : inverser l’ordre métaphysique des choses !

nous avons tué des enfants au nom de la défense de nos valeurs et de nos principes moraux fondées sur des mensonges, des hypocrisies qui culminent à la folie !

exactement comme Hamlet !!!!!!!!!!!!

puck dit: 21 mai 2026 à 14h42

du coup nous ne pouvons que le recycler ce pauvre WS et son Hamlet, tout comme tous nos nietzschéens ont recyclé ce pauvre Nietzsche.

parce que sinon, si nous le prenons pour ce qu’il est, nous prendrions de remttre le temps dans ses gonds.

et personne aujourd’hui corriger le tir et voir un retour à la raison.

du coup, plus le temps va avancé, plus nous allons nous enfermer dans nos propres mensonges et notre propre folie, et plus il y a aura des Ophélie.

comme ça se présente il faut prévoir des millions d’Ophélie à venir !

parce que c’est tout ce que peuvent faire des Hamlet : créer des Ophélie…

Rosanette dit: 21 mai 2026 à 15h11

Ophelie c’est aussi le merveilleux poème de Rimbaud
On me l’a fait découvrir alors que j’étais lycéenne dans le recueil scolaire Hatier de poésies choisies du 19 -ème siècle
Le texte était associé au tableau de Millais qui représentait la dérive de la « pâle » » Ophelie , flottant comme « un grand lys » sur le «grand fleuve noir »
Contraintes techniques de l’époque sans doute ,pour ce recueil datant du début du siècle dernier , le tableau était reproduit en noir et blanc . Maiis pour moi cela était si évidemment en cohérence avec le poème qu’il ne m’est même pas venu alors à l’idée que l’original pouvait être coloré ,n’imaginant même pas que l’absence de couleur etait imputable à l’aporie des technique de reproduction d’alors
De sorte que marquée dans ma sensibilité par cette gémellité en noir et blanc du tableau et du poème, j’ai éprouvé une sorte de malaise àla vue de l’image colorée de ce même tableau qui introduit le billet .
Ignorante de sa réference rimbaldienne j’ aurais apprécié en toute liberté , et aimé le tableau du billet ,
Mais lestée de cette réminiscence j’y ai vu comme une trahison de « mon »Ophelie ,comme si cette image avait perdu son sens en recupérant ses couleurs

Passou dit: 21 mai 2026 à 15h19

Merci Rose pour ce pluriel inapproprié mais il s’agit bien d' »antibiographie » (comme il y a des Antimémoires- Malraux) et non d' »autobiographie ».

Christiane dit: 21 mai 2026 à 15h28

Merci, Rosanette. Oui, Rimbaud…
J’ai reçu le livre de Guillaume Erner, « Schmattès (Fringues, en Yiddish). Je suis très contente. Merci de m’avoir fait réécouter la fin de l’émission de Passou qui m’avait échappée.
Encore une belle mémoire.

J J-J dit: 21 mai 2026 à 17h09

@ Shakespeare ressemblait à tous les hommes, sauf en ceci, qu’il ressemblait à tous les hommes. Au fond de lui-même, il n’était rien, mais il était tout ce que sont les autres, ou tout ce qu’ils peuvent être
————————-

Après tout, j’irais plu^tot dans le sens de RM… Mais voici ce que j’en pense, en tirant cela vers une affaire de « sexualité », sachant qu’il n’est sans doute pas innocent pour Passoul, d’avoir précisé cette apparente banalité, avec un pique hélas inutile : « …nous invitant non sans ironie à ne pas shakespeariser à la manière consternante des gender studies incapables d’imaginer que, dans le monde d’avant le monde d’avant, il arrivait que des hommes s’aiment sans que cela relève pour autant de l’homosexualité » (sic).
Moi, j’ai plutôt pensé à l’exergue du roman d’Irving de 2013 qui plaçait cette phrase tirée de Richard II : « Je joue donc à moi seul bien des personnages. Dont nul n’est satisfait »… Il en avait fait, Irving, comme chacun sait, un roman affrontant ouvertement et avec une belle générosité la bisexualité et le transgenrisme, etc. Un roman « qui vous rendait fier d’être humain », soulignait Edmund White…
Et, en effet, l’on ne pouvait s’empêcher de penser à Ch. habitant le personnage de Miss Forst, l’initiatrice de Bill à la lecture de Shakespeare.
Ainsi donc, tout concorde… comme toujours quelque part dans les incessantes interactions produites par l’émetteur du billet et le nouement des aiguillettes chez les récipiendaires cultivés en alertes. Peu avouent leurs ignorances, les uns spéculent, les autres se taisent, rentrent en eux-mêmes ou interpellent leurs (in) certitudes. La plupart bifurquent sur le « tableau d’Ophélie »… Pour ma part, j’ai découvert ce personnage reproduit en carton pâte dans un ruisseau proche du musée Rimbaud, en Belgique, il y a quelques décennies de cela. J’ignore s’il y séjourne encore… Non, ce n’est assurément pas le plus beau tableau du XIXe s., qu’il soit en noir ou en couleurs. Franchement !… Bàv.

Rosanette dit: 21 mai 2026 à 17h11

JJJ
L’asyndete est une figure de style qui vise à donner de la force àl’expression d’une relation entre deux termes ou deux phrases à travers l’ellipse de la conjonction (et,mais ,donc .etc….)indiquant la nature de cette relation (cause ,consequence,opposition…..) ;
c’est le travail de reformulation interne de la conjonction absente par le lecteur qui debouche sur l’e ffet rhetorique attendu

J J-J dit: 21 mai 2026 à 17h31

Une explication certes louable, mais pas très éclairante pour autant… A t encore besoin d’asyndète sur cette chaine qui se contente généralement d’endives et de poules pour rhétoriquer ? –
***Il a l’air bien ce pont parisien empaqueté par ce JR (photo en une du Gorafi). Par temps caniculaire cet été, il donnera du frais… aux contribuables parisiens qui n’auront pas pu balader ou trekker à Chamonixte. Quelle chance !

Soleil vert dit: 21 mai 2026 à 17h40

(ensevelie sous les commentaires)

(intelligence à ciel ouvert)

les qualités excavatrices de l’intelligence, en quelque sorte

MC dit: 21 mai 2026 à 17h43

JJJ si vous lisez la correspondance duc Michel Ange à un sculpteur dont le nom m’échappe, ce dont je prie Renato de m’excuser, vous trouverez de la part dudit sculpteur des lettres fort respectueuses à l’égard de Michel Ange, et de nature à consolider le pont de vue de Passou, puisqu’il est établi qu’on l’appelle ainsi. MC

Jean Langoncet dit: 21 mai 2026 à 17h45

Capté en passant ; vous avez dit « entrisme »

« Au Mucem de Marseille, un colloque dédié à la solidarité et à l’art de Gaza perturbé par une action du Crif » Libération, 21 mai 2026

« A Paris, le Crif dénonce une manipulation du Likoud-France. En consacrant sa seule soirée en France à son parti, Netanyahou rend sa visite très politique. » Libération, le 25 septembre 1996

renato dit: 21 mai 2026 à 18h18

Christiane, le Quichotte de Pierre Ménard est, selon Borges, un livre contingent et inutile, probablement impossible, qui renvoie aux valeurs de la littérature, à l’étrangeté et aux lois de la nécessité ; un livre qui parle de l’écriture artisanale d’un caractère flaubertien, soumise à la diversité des moments dans la formation d’un objet qui sera exposé dans sa matérialité nue — sa texture raréfiée — lorsqu’il sera retiré de son environnement vivant.

Ici
https://memoriavelata.blogspot.com/2024/11/due-chisciotte.html

rose dit: 21 mai 2026 à 18h43

Passou
15h19

J’en reste coite.
Je suis allée voir.
Effectivement antibiographie est employé, y compris en titre de livre.

Jazzi dit: 21 mai 2026 à 19h11

« Il a l’air bien ce pont parisien empaqueté par ce JR »

Beau comme une verrue, JJJ !

« Ophélie : l’un des plus beaux tableaux du XIXe siècle. »

Voilà un jugement bien péremptoire, renato.
Sur quels critères repose cette affirmation ?
Quel serait, selon vous, le tableau équivalent du XXe siècle, et de tous les siècles précédents de l’art pictural ?

« Shakespeare ressemblait à tous les hommes, sauf en ceci, qu’il ressemblait à tous les hommes. »

Ça ne veut rien dire !

Jazzi dit: 21 mai 2026 à 19h21

« J’en reste coite. »

« Vous ne m’avez pas crue, vous m’aurez cuite », comme disait l’autre, rose !

Christiane dit: 21 mai 2026 à 19h23

Eh bien, vous n’êtes pas muets. Que c’est vivant, goûteux! Ça s’empoigne sur fond de grammaire, d’art, de littérature, d’Eros… C’est très agréable de vous lire, tonique.
Mais je fais une pause dans la langue savoureuse de Guillaume Erner. Je feuilletais, juste pour voir, ce livre désiré, « Schmattès » et j’ai plongé sans réserve comme un gourmande qui met la cuiller dans un plat irrésistible. Une claque de bonheur. Ça fait mal. Ça fait sourire. C’est tendre et tout foutraque. Une langue vive argotique puis savante puis lyrique puis classique.
La rue est là, pétillante, bruyante puis silencieuse, toute emplie d’une vie secrète sauf pour les habitués du quartier du Sentier.
J’ai mis le dé-lire Shakespeare de Philippe Forest en attente pour être sans mémoire quand je l’ouvrirai. J’ai mis aussi en pause l’incroyable Silverberg dont Soleil vert et Sandrine ont évoqué la richesse.
Juste un homme au cœur d’enfant, Guillaume Erner, qui nous entraîne dans ses histoires et non l’Histoire, encore que… tous les dibbouks sont là, jouant à cache cache avec l’histoire, de valant les escaliers qui montent et qui descendent.
Une soirée comme je les aime sous le toit de mes livres à m’enivrer de cette odeur d’encre et de papier, à tourner les pages, à rêver les mots. C’est bon et réconfortant. J’ai aimé habiter la Rdl ce jour mais le soir m’appartient.

et alii dit: 21 mai 2026 à 19h36

la Dame brune de Shakespeare ?
En 1597, Amelia Lanyer consulta à plusieurs reprises l’astrologue et médecin Simon Forman dans son cabinet de Philpot Lane, à Westminster.
tablet
Qu’elle ait été ou non la Dame Noire de Shakespeare, Lanyer fut assurément la première poétesse professionnelle de langue anglaise. Elle est l’auteure d’une réécriture épique, féministe et mystique de la Genèse, intitulée Salve Deus Rex Judaeorum , publiée en 1611 et qui n’a que récemment fait l’objet d’une attention critique, notamment avec une édition de 1993 dirigée par Susanne Woods.

et alii dit: 21 mai 2026 à 19h43

L’Angleterre élisabéthaine et jacobéenne valorisait la beauté féminine, avec ses cheveux blond vénitien et ses joues roses stéréotypées. On retrouve cet idéal chez Laure du Canzoniere de Pétrarque, chez Stella du poème éponyme de Philip Sydney (vers 1580), ou encore chez la régente au teint pâle et aux cheveux roux qui a régné sur ce Siècle d’Or. Pourtant, Shakespeare a subverti cet idéal, décrivant sa bien-aimée comme « sombre », « mate », « ténébreuse », et, de façon plus provocante, « noire ». Il a pris la convention générique du blason (dans lequel les perfections anatomiques d’une femme étaient énumérées) et l’a renversée, célébrant ce qui aurait marginalisé la Dame Brune à cette époque.

renato dit: 21 mai 2026 à 19h56

@Passou.
Je me suis attardé sur le tableau sans lire la note de bas de page. Il s’agit bien d’Ophélie noyée, mais c’est l’œuvre de John Everett Millais, et non de Daniel Maclise, qui est l’auteur de The Play Scene in Hamlet. En bref, les références sont inversées.

rose dit: 21 mai 2026 à 20h02

Ben oui.

Hey, Jazzi, le féminin de coi ne vous sied pas ?
Comment, caisse ?

Rosanette dit: 21 mai 2026 à 20h09

@JJJ
en fait l’asyndete n’a de vraie valeur rhetorique que dans la prose grecque;
En effet en grec ancien la syntaxe impose de ne jamais commencer une phrase sans un mot de liaison logique avec la phrase précedente ;cela peut être « mais »(alla),en effet(gar) nèanmoins, donc
L’absence d’un tel mot de liaison en début de phrase est soit une faute (qui coûterait cher dans un théme grec) soit une formulation inattendue dont le caractére exceptionnel fait sens

renato dit: 21 mai 2026 à 20h30

Jazzi, je n’avais pas vu votre question, donc :
L’Ophélie noyée est un chef-d’œuvre du préraphaélisme qui a transformé à jamais l’image d’Ophélie dans la culture visuelle occidentale : elle n’est plus seulement une victime, mais une icône de la fragile innocence féminine, brisée par le destin et la folie masculine.

Factuellement. Fidélité littéraire et réalisme botanique obsessionnel (voir l’églantier blanc au centre du tableau), donnent naissance à une esthétique quasi hypnotique. Couleurs éclatantes, lumière cristalline, pas d’idéalisation romantique. La nature vivante, luxuriante, suffocante, symbolise le cycle de la vie, de la mort et du déclin. Intéressant comme, en rendant palpable le moment tragique de suspension entre la vie et la mort, Millais ha obtenu le contraste entre la sérénité du visage d’Ophélie et l’inéluctabilité de la tragédie qui l’entoure.

Cela dit, en art l’interprétation e le jugement sont toujours subjectifs, inutile d’aller chercher plus loin, dans les manies des intellectuels de bistrot des années 50.

Claudio Bahia dit: 21 mai 2026 à 21h01

« Et après tout, que nous apporte les incertitudes de la chronologie … » vous êtes sûr, Passou ?
et ici
 » Un homme possède le pouvoir, il le perd, un autre le lui prend, il le conserve un temps, les confie à ses descendants… » ?
comme dit Clopine, je dis ça je dis rien….

rose dit: 21 mai 2026 à 21h06

Ce n’est pas avec Pierre Assouline que j’aurais fait fortune.
Je suis allée cours Pierre Puget. J’ai pris un dossier à l’INPI. J’avais le nom de l’entreprise à base de l’anagramme de mes deux grands-mères immigrées. Le type en est resté coi. Il a vu la fortune à mes pieds, et lui, pauvre employé à l’INPI, à vie.

Et j’ai continué ma route,
les poings dans mes poches crevées.
Mon paletot aussi devenait idéal. J’allais sous le ciel, Muse, et j’étais ton féal.
Oh la la
Que d’amours splendides j’ai rêvées.

Mon unique culotté avait un large trou

Et le dossier est toujours dans mon tiroir.

Alfred dit: 21 mai 2026 à 21h22

Un homme rentre chez lui, il trouve sa femme morte. Poignardée et lacérée.
Il appelle la police.
Une enquête s’impose.
On le suspecte.
Il nie.
On l’arrête.
Jugé et condamné, on l’emprisonne.
Le mariage tue l’amour et fait toujours deux victimes.
Aimer ou être aimé sans mourir… Est-ce possible ?

rose dit: 21 mai 2026 à 21h45

Et alii

Ce n’est pas grave ,; aucune importance. J’ai inventé et mis en place u e méthode révolutionnaire -comme moi, pour la correction orthographique, et je suis allée à l’INPI, cours Pierre Puget à Marseille déposer un brevet.
Notre -mon, dernier ministre de l’Éducation Nationale a décidé de reprendre l’orthographe en mains. Et moi, gentiment, je signale à la foule que je n’aurais pas fait fortune avec Un tel.
Basta.

et alii dit: 21 mai 2026 à 21h45

il aurait été plus exact de dire je ne comprends pas ce que (ou qui)cherche Rose:bonsoir

rose dit: 21 mai 2026 à 21h48

Y en a un qui le sait : c’est le mari.
Ou il le dit.
Ou bien il ne le dit pas.
Pour la femme, c’est de toutes manières trop tard.

rose dit: 21 mai 2026 à 21h55

Je ne suis pas revenue pour ça, mais pour dire que
Asyndète ou pas
Lorsque un ici s’essaie à un
« Horreur, horreur, horreur »
C’est sûr que cela « fait » Shakespeare.
Et sinon, Simon, la répétition, successions d’éléments – phonétiquement assortis, et mis à part la liste, fait toujours un effet bœuf.
Que ce soit dans
C’est un roc, c’est un pic, c’est une péninsule.
Ou bien dans
Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie !
Ou encore dans
Femmes, ennemies, surgissez Érynies…

Ce pourrait être l’effet lyrique, qui maintient le tragique à distance.
Ou autre chose encore.

rose dit: 21 mai 2026 à 22h02

Et alii

Ah.
De manière générale, je puis dire que je cherche toujours à comprendre, et que, de manière générale, dans ce domaine précis, je suis assez/ plutôt performante.
Par exemple, dans le domaine de l’orthographe -et je ne compte pas paraître présomptueuse, je sais parfaitement que, l’abandonner, cela a été une immense connerie de la part de l’Éducation Nationale. Et renier la grammaire, tout autant.
Et, je l’avoue, ce ministre me plaît bien.

et alii dit: 21 mai 2026 à 22h25

Rose
et je ne compte pas paraître présomptueuse,
ça, c’est bizarre!que comptez vous paraitre?ou que comptez vous ne pas paraitre

J J-J dit: 21 mai 2026 à 23h25

@ consolider le pont de vue de Passou, puisqu’il est établi qu’on l’appelle ainsi. (sic)
Oui depuis 20 ans au moins moins, MC, l’affaire est convenue et il est bien plus trad que tu ne penses… Sur le pont de JR (sic), il faut savoir valser l’asyndète ! C’est bon et réconfortant. J’ai aimé habiter la Rdl ce jour, mais le soir m’appartient (sic) et je vais nous coucher. BNLP.

MC dit: 22 mai 2026 à 0h15

Par respect, je conserve nom et prénom, JJJ. Reste que sur Michel Ange, on ne nous entend pas….

et alii dit: 22 mai 2026 à 2h29

avec retatd sur « citation » et « ressusciter, je mê permets de renvoyer sur AKADEM entretien BOYARIN , traité meguila16a

et alii dit: 22 mai 2026 à 4h13

Rose, dois-je présenter des excuses parce que je ne fantasme pas du tout sur Ophélie,ni sur LEAR, ni sur les baignades préférées des marseillais?
Portez vous tous bien, lisez WS!

Passou dit: 22 mai 2026 à 4h26

Merci Renato, effectivement, c’était inversé ce qui correspond involontairement à l’inversion du titre…

Christiane dit: 22 mai 2026 à 6h28

Cette longue exploration de Véronique Bergen des livres d’Hélène Cixous est une merveille. Merci et alii. Voilà qui habitera le matin durablement.

Et pourtant le livre de Guillaume Erner refermé dans la nuit m’a bouleversée. Passé le bain de langue virevoltant des premières pages, le récit devient grave, mesuré. C’est toute la mémoire d’un quartier qui s’offre. Une histoire que je ne connaissais pas. Le monde des fringues, La City.
Page 127.
« La liberté des uns avait engendré leur malheur ; la décolonisation les avait chassés de leur terre natale. Ces Juifs marocains, tunisiens, algériens, sommés de choisir entre la valise et le cercueil, partis dans l’hostilité générale. Ces milliers de personnes n’ont compté pour personne : ni vainqueurs ni perdants, seulement coupables d’avoir tout perdu.
Au Sentier, ils ne se sont pas contentés de refaire leur vie : ils ont pris leur revanche. On ne comprend rien à la question juive sans la question pied-noire, ce retour du passé colonial que la France préférait oublier – Pas d’Algérie, pas de guerre, pas d’exil. Pourquoi ne seraient-ils pas ambivalent envers ce pays qui les avait faits français avant de les abandonner, décret Crémieux en bandoulière?
En fait, l’histoire a été d’une brutalité inouïe envers tous les Juifs. Et comme me l’a dit un jour Marguerite Yourcenar, « rien ne rapproche plus les êtres que d’avoir peur ensemble ». Pour les Ashkénazes, le XXe siècle fut celui de la survie ; pour les Séfarades, celui de l’exode, avec un statut de victimes rarement reconnu. »
Voilà, il faut traverser cette page pour entrer. Ensuite dans la vie généreuse, rieuse, active du Sentier. « On ne s’habillait plus pour ne pas avoir froid, mais pour s’inventer une histoire, un récit. »
Un livre magnifique où le passé est écrit pour le futur, pour comprendre d’où on vient, quelle histoire à précédé les habitants d’aujourd’hui, celle de « gens ordinaires placés dans des circonstances extraordinaires ».
Un très beau livre, vraiment.

Chaloux dit: 22 mai 2026 à 6h44

Je me demande tout de même quel intérêt peut avoir cette broderie sur Shakespeare? Rien ne m’agace comme ces biopics romancés. C’est ce qui EST qui m’intéresse, le reste, les rêveries inutiles, rien à foutre. Signe d’impuissance littéraire. Pourquoi pas plutôt rien? … Comme le demandait Antoine Bibesco…

Pour le reste, je ne veux fâcher personne (Hurkhurkhurk!) mais en parcourant cet amusant fil de commentaires, on se dit que Shakespeare, en dépit de son génie, est, comme tout autre homme, bien impuissant à aiguiser l’esprit des imbéciles. Suivez mon regard…

renato dit: 22 mai 2026 à 6h47

Carlo Petrini, dit Carlin, fondateur de l’association Slow Food è mort.

Jazzi dit: 22 mai 2026 à 6h55

Le préraphaélisme dans la peinture anglaise c’est un peu comme le symbolisme dans la poèsie française, renato : trop de symboles tuent le symbole, comme dans l’art pour l’art et n’aboutit qu’aux joliesses d’un certain maniérisme, non ?
C’est un peu mon impression devant cette Ophélie-là…

Chantal dit: 22 mai 2026 à 7h13

Voilà ce que c’est que de gober ce que raconte Hamlet … potage mental et suicide floral.

Chaloux dit: 22 mai 2026 à 7h26

Si je lisais et relisais Shakespeare aujourd’hui, je le ferais dans l’édition du Club français du livre qui me faisait tellement envie à la bibliothèque du lycée. On la trouve maintenant à des prix très abordables. Mon côté chambre verte.

renato dit: 22 mai 2026 à 7h27

On n’est pas obligé d’apprécier telle ou telle œuvre d’art, Jazzi, cependant chaque œuvre est représentative d’une époque, et l’Ophélie de Millais représente au mieux la sienne.

La question que vous avez ouvert du symbolisme français est assez amusante, car si je ne m’abuse, les Français étaient partisans d’une lecture de la réalité fondée sur la correspondance entre les symboles et les sensations qui, combinés, forment un réseau de significations reliant le monde extérieur à la réalité intérieure. Si je ne me trompe pas, la première œuvre symboliste c’est L’aprés-midi d’un faune. Je pense qu’il est inutile de rappeler les noms et les œuvres d’autres poètes symbolistes.

Cela dit, si je vous comprends bien, le trop de symboles équivaudrait à une surabondance de contenu, et alors une grande partie de l’art, de l’Antiquité à nos jours, ne devrait pas être à votre goût.

Christiane dit: 22 mai 2026 à 7h47

https://www.artistikrezo.com/art/decryptage-le-theme-de-la-mort-dophelie-dans-la-peinture.html

Pour quelles raisons Pierre Assouline a-t-il choisi cette toile de John Everett Millais pour évoquer ce livre de Philippe Forest que je n’ai pas encore lu, donc je ne sais s’il s’agit d’un roman, d’un essai « qui n’est pas vraiment un essai », d’une rêverie, d’une « rumination », je sais seulement que c’est une merveille comme ce tableau dont B. dit hier à 10h30 par des citations combien ce personnage inventé par Shakespeare envahit l’imagination des poètes et des artistes.
Je crois que la façon dont l’imaginaire est utilisé par les écrivains est lié à leur mémoire. Philippe Forest est un être de mémoire poreuse. Les mots montent à la surface de ses pages comme des nénuphars. La rivière qui porte Ophelie est un jardin… Ce livre est peut-être un jardin de mémoire… hanté par l’idée de la mort.

et alii dit: 22 mai 2026 à 7h58

Bachelard, Shakespeare et le mythe d’Ophélie
Victorine de Oliveira, publié le 30 mai 2023 2 min
PHILOMAG
BONNE JOURNEE

Clopine dit: 22 mai 2026 à 8h04

J’abonde la remarque de Jazzi, « la terre qui l’avait vu naître » doit remplacer « la terre qu’il avait vu naître »…

Je ne crois pas que je lirai ce livre. Shakespeare, je l’ai d’abord croisé la nuit, quand j’avais 10 ou 11 ans : j’attendais que tout le monde soit couché : je revenais dans la salle à manger, me plaçait tout près du téléviseur qui trônait devant la table, mettait le son au plus bas, et je pouvais regarder les émissions de cinéma de fin de soirée, autour de minuit. Et ainsi j’ai vu les pièces de Shakespeare tournées et jouées par Orson Welles, qui ont été imprimées à jamais dans mes pupilles. Spécialement le « Falstaff », où Welles est tout bonnement prodigieux.

Quand j’ai essayé, des années après, de lire des traductions de Shakespeare, j’ai vu que « Falstaff » n’était pas une pièce, mais un simple personnage apparaissant ici ou là. Hélas, le mal était fait, je n’ai jamais pu lire la version shakespearienne, qui en fait un bouffon, car pour moi Falstaff est un personnage tragique, trahi par son roi comme Bérénice est trahie par Titus. Bref, Welles a gagné, ah là là.

Donc, je ne vais pas m’aventurer à arpenter le parcours de lecteur shakespearien d’un autre, j’ai déjà vécu un échec, et je me souviendrai , jusqu’à la fin de ma vie, des films noir et blanc vus en cachette, planquée sous la table, tendue vers la compréhension stupéfaite et ravie des images de Welles. Shakespeare est donc pour moi dissocié du théâtre, à jamais…

Il y eut aussi, toujours à la télé, la mégère apprivoisée avec Rosy Varte, et aussi quelques téléfilms anglais de l’honorable BBC, respectueux à l’extrême… A l’autre bout, Woody Allen, au cinéma, piaffant sans vergogne dans la nuit d’été… J’attends une série Netflix ou autre entièrement shakespearienne, ce serait chouette, je pourrais m’approprier Macbeth…

Bon allez, fini le bavardage. Je dois arroser mes jardinières.

et alii dit: 22 mai 2026 à 8h12

Le suicide d’Ophélie dans Hamlet, la pièce de Shakespeare
IN
Psychanalyse du suicide quotidien

« Le suicide mérite objection », Jacques Lacan

Clopine dit: 22 mai 2026 à 8h13

Et merci de remettre les »s » où ils doivent être, ah là là.

et alii dit: 22 mai 2026 à 8h15

Ophélie et le nom du père, le suicide d’Ophélie (9)
Il s’agit encore de passer beaucoup de temps à baliser les étapes qui introduisent le suicide d’Ophélie dans Hamlet, la pièce de Shakespeare. Et pour cela, progressons pas à pas. Avant d’aborder le suicide d’Ophélie en lui-même par la forme et le contenu de la folie qui le précède, je pense qu’il n’est pas inutile d’évoquer rapidement son frère Laërte.Eugène_Delacroix,_Hamlet_and_His_Mother
Comme tel, il partage ses intérêts

et alii dit: 22 mai 2026 à 8h18

La folie de Laerte, aussi bien que celle d’Ophélie, est une folie lacanienne, déclenchée par l’impair d’une bâtardise. Il y a erreur sur l’identité de son père.

et alii dit: 22 mai 2026 à 8h20

Ophélie évoque aussi celui qui serait son vrai père : « C’est l’intendant perfide qui a volé la fille de son Maître (3) ». L’intendant Polonius a volé Ophélie, la fille du roi, le maître de Polonius. Elle délire sur sa paternité.
Laerte et Ophélie pensent donc tous les deux, être de sang royal. Enfants cachés par l’intendant Polonius, issus de l’infidélité de leur mère. Ils déraisonnent d’avoir perdu le sens de ce qui les désignait comme les enfants de Polonius. Cette faille ouverte, ils délirent.

et alii dit: 22 mai 2026 à 8h23

Etudier un roman 1 est une excellente façon d’étudier le suicide quand on voit comment Lacan a su tirer avantage de Hamlet dans « Le désir et son interprétation 2 ». Déjà, dans ce séminaire, Lacan élabore le suicide comme un « suprême effort de don » du phallus à l’idole, le grand Autre qui a ce dont le sujet manque. Pour Hamlet en l’occurrence, c’est un suprême effort de don à sa mère.

et alii dit: 22 mai 2026 à 8h25

Catégorie : Hamlet
Publié le26 juin 2020
Ce qui manque au champ de l’Autre……
Etudier un roman 1 est une excellente façon d’étudier le suicide quand on voit comment Lacan a su tirer avantage de Hamlet dans « Le désir et son interprétation 2 ». Déjà, dans ce séminaire, Lacan élabore le suicide comme un « suprême effort de don » du phallus à l’idole, le grand Autre qui a ce dont le sujet manque. Pour Hamlet en l’occurrence, c’est un suprême effort de don à sa mère.

Nikita Khrouchtchev, « le congrès secret » du 25 02 1956
Car, la scène finale dans laquelle Hamlet meurt à l’issue d’un duel contre Claudius, est une sorte de gigantesque passage à l’acte suicidaire. Après avoir très longtemps hésité. Et, comme le souligne Lacan, alors que Hamlet a déjà eu l’occasion rêvée de tuer Claudius, il est longtemps resté inhibé quand à l’acte.

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Publié le19 septembre 2013
Le « mot » de la fin !
Au fil de nos commentaires, nous avons pu préciser plusieurs choses à propos de l’Ophélie de la tragédie de Shakespeare. Les diverses qualités qui nous la présentent. Les fonctions qu’elle peut assumer dans ses relations avec les autres personnages de la pièce. Les effets que cela a dans le déroulement de cette pièce et en particulier pour Hamlet. Je considère que les qualités de la présentation, les fonctions assumées dans les relations et les effets de ces fonctions, sont trois modalités du sujet Ophélie dans cette pièces, trois modes de son être.

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Publié le30 août 2013
Les doigts de l’homme mort, Ophélie se suicide (11)
L’Ophélie de Shakespeare va se noyer sous les « feuilles blanches » d’un saule « dans le miroir de l’eau ». Non sans avoir distribué des fleurs auparavant, en guise d’adieu à son entourage. Ophélie, par le seul geste de choisir et de distribuer ces fleurs, les assemble en « ingénieuses guirlandes (1) » (« fantastic garlandes »). Il s’agit d’une tresse de mots. Puisque ces fleurs sont des signifiants énigmatiques.0206

Jazzi dit: 22 mai 2026 à 8h29

Compte tenu de mon inculture, mon goût n’a guère d’importance, renato.
Disons que je m’interroge.
Je n’aime pas trop, ou plutôt je ne suis pas très sensible, quand la forme en art tourne au formalisme.
Au-delà de la virtuosité technique de l’artiste, de l’application des recettes propres aux normes d’une époque, j’ai besoin de retrouver l’homme dans toute sa singularité, son style, ses imperfections.
C’est ainsi, me semble t-il, que Shakespeare est intemporel et universel, moins la représentation préraphaélite de son Ophelie.

et alii dit: 22 mai 2026 à 8h30

La signification sexuelle des « doigts d’homme mort » serait suggérée par le nom de cette fleur qui aussi appelée testiculus morionis, dans la deuxième édition de la traduction de Victor Hugo. Morio comme « fou » en latin ? Des testicules en folie ? Mais, en botanique, il y a aussi l’Alcionium digitatum et Decaisnea fargesi..
Les « doigts d’homme mort » ne sont pas seulement une allusion grossière et obscène aux testicules. Ils sont bien plus que cela. Ils viennent signaler que la castration est passée par là. Ce sont des doigts qui se baladent détachés de leur corps d’origine. Dans ce cas : doigt = phallus. Ce que Lacan semble penser à ce sujet.

D. dit: 22 mai 2026 à 8h47

Généralement, en général donc, et de façon non particulière, la forme a une forte tendance à verser dans le formalisme. Allez savoir pourquoi…

Jazzi dit: 22 mai 2026 à 9h01

Il est pas mal le lapsus sur Shakespeare, Clopine : « la terre qu’il avait vu naître ».
Pour Passou, Shakespeare c’est Dieu !
Un lapsus lacanien va nous expliquer et alii.
Moi aussi, je suis entré en Shakespeare via le cinéma d’Orson Welles.
Tant et si bien que je ne peux m’imaginer Dieu qu’en ogre obèse, tel que portraituré par Françoise Sagan.

_________________

FRANCOISE SAGAN

Sacré monstre !

De sa longue fréquentation des milieux du cinéma, Françoise Sagan ne conserva qu’un seul souvenir mémorable : sa double rencontre, à une décennie d’écart, avec Orson Welles. Elle, dont le premier roman, Bonjour tristesse, fut adapté au cinéma par Otto Preminger quelques années seulement après sa sortie en librairie et qui fut, plus tard, présidente du jury du Festival de Cannes, ne devait jamais oublier ce « génie », alors déjà sur le déclin, et qui lui apparut « immense », « colossal » et riant « d’une manière tonitruante ». Probablement le seul homme avec lequel, toutes affaires cessantes, elle serait partie au bout du monde ! Retour sur leur dernière rencontre…

« Ce jour-là, après m’avoir donc trimbalée comme un sac de vêtements à travers toutes les avenues de Paris et les Champs-Elysées, il finit par m’asseoir sur une chaise pour déjeuner avec deux amis à lui. Il mangea comme un loup, rit comme un ogre, et nous finîmes tous l’après-midi dans son appartement du George V où il avait atterri après maints ravages dans les autres palaces de Paris. Il marcha de long en large, parla de Shakespeare, du menu de l’hôtel, de la bêtise des journaux, de la mélancolie de quelqu’un, et je serais incapable de répéter une de ses phrases. Je le regardais, fascinée. Personne au monde, je crois, ne peut donner autant l’impression du génie tant il y a en lui quelque chose de démesuré, de vivant, de fatal, de définitif, de désabusé et de passionnel. J’eus simplement un instant de terreur quand il nous proposa brusquement de partir l’heure suivante à Valparaiso, justement. Je me dirigeai donc vers la porte pour aller chercher mon passeport (abandonnant là un deuxième foyer conjugal, un enfant, un chien, un chat, non pas dans des intentions coupables mais simplement parce Welles était irrésistible et que le moindre de ses souhaits devait être très évidemment exaucé). Dieu merci, ou tuedieu, le téléphone sonna, lui rappela qu’il devait partir pour Londres, et Valparaiso tomba à l’eau ou y resta.

La semaine suivante, encore sous le choc, je me fis projeter, grâce à L’Express pour lequel je faisais à l’époque des critiques de cinéma, je me fis projeter tous ses films. En quelques jours, je vis les quatre films de lui que je ne connaissais pas, revis les autres, et j’avoue que je ne compris pas. Je ne compris pas que les Américains ne se roulent pas à ses pieds avec des contrats ou que les producteurs français, qu’on disait si assoiffés de risques à l’époque, ne courent pas le chercher dans la campagne anglaise. Quitte à lui adjoindre deux gardes du corps s’il manifestait (ce qui lui arrivait, disait-on) l’envie de quitter le plateau pour filer au Mexique ou ailleurs en cours de tournage.

J’en vis des choses, cette semaine-là : l’énorme cadavre du capitaine corrompu par la police, du flic sadique, flotte entre l’eau et les détritus, sous un pont, Marlène Dietrich le regarde. L’honnête attorney lui demande : « Vous le regrettez ? » Elle répond : « He was a kind of a man » (C’était quelqu’un). La générale Rodriguez regarde la photo de l’homme qu’elle a aimé et qui l’a volée et qui va la tuer bientôt : « Qu’en pensez-vous ? – He was a kind of a man. » Joseph Cotten, infirme, parle de l’homme qui l’a trahi et chassé, son meilleur ami : « He was a kind of a man. » J’en passe. Mais à revoir à la file tous ces films de Welles, il me semblait retrouver partout la même obsession : celle du tempérament. Welles aime un type d’homme, le sien sans doute : violent, tendre, intelligent, amoral, riche. Obsédé et épuisé par lui-même, force de la nature, subjuguant, terrorisant, jamais compris et ne s’en plaignant jamais. Ne s’en souciant d’ailleurs probablement pas. Le jeune et féroce Kane, l’orgueilleux Arkadin, le sombre Othello, tous monstrueux, tous solitaires : la rançon de l’intelligence à son zénith. Il n’y a qu’un film où il ait joué le rôle de la victime : c’est La Dame de Shanghaï. Le rôle du monstre, il l’avait laissé à Rita Hayworth : il faut dire qu’il l’aimait.

Seulement cette superbe solitude devenait lourde. Welles, pour vivre, dut tourner des rôles idiots ; on lui avait enlevé ses armes : sa caméra ; un monde de petits hommes à lunettes et stylomines, de comptables et de producteurs était arrivé à renverser Gulliver qui avait autre chose à penser qu’à ces lilliputiens. Il succomba presque sous le tas. Alors il tourna La Soif du mal ; une séquence particulièrement belle, entre trente autres, m’a frappée, celle où il retrouve celle qui a été un beau monstre comme lui, Marlène. Elle lui dit qu’il est devenu gros et laid, qu’il ne ressemble plus à rien, elle lui dit que son avenir est derrière lui et il se passe alors, pour la première fois dans ses films, quelque chose comme de la pitié. […]

Par la suite, il y eut quand même Le Procès et assez d’articles sur la technique de Welles, sa démesure, sa violence, etc. N’importe qui peut, en allant voir n’importe lequel de ses films, retrouver la poésie, l’imagination, l’élégance, tout ce qui fait le vrai cinéma.

(« Avec mon meilleur souvenir », Editions Gallimard, 1984)

Chantal dit: 22 mai 2026 à 9h09

Sous pareil billet, recevoir le soutien de ED !?! c’est un peu comme de demander à une extraterrestre de relever ta boîte aux lettres chaque jour …

renato dit: 22 mai 2026 à 9h56

Déjà, Jazzi, Millais ne s’était pas tourné vers le formalisme, car il était assurément un virtuose, mais il était aussi attentif à l’humain, il n’avait donc pas une conception purement formelle de la réalité ; mais il recherchait la forme la mieux adaptée au contenu qu’il traitait, en tenant compte du fait que : « si nous sommes conscients de notre dignité, nous savons que le don consiste à avoir un contenu ; la moralité consiste à donner expression à ce contenu ; le talent consiste aussi à trouver une forme intéressante pour cette expression », rien de plus. Je me souviens de cette pensée de Benn car c’est la première chose qu’on m’a dite en première année de composition.

Cela dit, le formalisme, c’est-à-dire l’attachement à la forme extérieure par le respect rigoureux des règles, des règlements, ou en général des formalités et des conventions, est une chose. Il y a ensuite un formalisme qui consiste à considérer, à travers des schémas préétablis, les aspects formels comme prépondérants par rapport aux aspects matériels. Puis il y a le formalisme russe (1914-1915), et ainsi de suite.

Le mot « formalisme » ne me semble donc pas bien choisi, tout comme le terme « maniérisme » d’ailleurs. Mais nous abordons ici un sujet qui mérite trop d’espace, et donc du temps, qu’il ne serait pas approprié d’imposer à autrui. Compte tenu de cela, je peux recommander un regard soutenu sur le tableau de Millais, et éventuellement la lecture de Histoire sociale de l’Art et de la Littérature par Arnold Hauser.

Christiane dit: 22 mai 2026 à 10h11

J’avais réservé un passage, retrouvé page 77, du livre, « Schmattès », de Guillaume Erner pour les lecteurs qui ne liront peut-être pas ce livre merveilleux.
« (…) mais la maille, elle, ouvre un autre horizon : plus sensuelle, plus trouble, elle joue du voilement et du dévoilement, du col qui s’écarte, du pull qui glisse, d’une échancrure qui n’appartient qu’à celui qui l’a regarde.
Je garde surtout le souvenir de mains d’hommes sur le tissu. Des mains fermes, parfois calleuses, posées sur des métiers qui exigeaient de la force et de la précision. Le moteur de la machine à coudre est minuscule, mais il tourne vite : il faut savoir l’entretenir, huiler la mécanique, garder les lourds ciseaux parfaitement nets pour laisser l’étoffe immaculée. Et puis la coupe, moment solennel : Les matelas de tissu empilés, des dizaines d’épaisseurs que l’on tranche d’un seul geste, parfois au ciseau, parfois au couteau électrique (…). Là, pas droit à l’erreur. Une fausse coupe, et c’est la perte sèche.
Les femmes, je les voyais surtout penser le vêtement. Elles pinçaient une épaulette, rectifiaient une manche, inventaient des gestes précis qui donnaient au vêtement son allure définitive. Elles ne maniaient pas de gros outils, mais les épingles, les épaulettes, les galons. Les hommes fournissaient la force, les femmes rajoutaient la pensée.Le vêtement naissait de cette tension. »
Une page d’une justesse incomparable.

D. dit: 22 mai 2026 à 10h18

Ce festival de Cannes commence à me courir sur le haricot. Tous ces gens se donnent beaucoup d’importance alors qu’il n’en ont presque aucune.
C’est pitoyable.

Alfred dit: 22 mai 2026 à 10h27

Il paraît que des mafias européennes comme la mafia albanaise blanchissent leur argent sale en « produisant » des films en France.
Tous ces petits films de merde qui sortent dans les salles mais ne connaissent ni succès public ni critique.
Blanchir ou noircir, à Cannes, l’argent n’a pas de couleur !

renato dit: 22 mai 2026 à 10h33

« Le meilleur pour les turbulences de l’esprit, c’est apprendre. C’est la seule chose qui n’échoue jamais. Vous pouvez vieillir et trembler, vous pouvez veiller la nuit en écoutant le désordre de vos veines, vous pouvez manquer votre seul amour et vous pouvez perdre votre argent à cause d’un monstre ; vous pouvez voir le monde qui vous entoure dévasté par des fous dangereux, ou savoir que votre honneur est piétiné dans les égouts des esprits les plus vils, il n’y a qu’une seule chose à faire dans de telles conditions : apprendre. »
Marguerite Yourcenar, Sources II

Jazzi dit: 22 mai 2026 à 10h35

J’ai l’honneur de t’annoncer que j’ai remis mes bermudas, D.

« si nous sommes conscients de notre dignité, nous savons que le don consiste à avoir un contenu ; la moralité consiste à donner expression à ce contenu ; le talent consiste aussi à trouver une forme intéressante pour cette expression »

Rien à redire, c’est parfaitement exprimé.
Oui, j’employais le mot « formalisme » dans son sens péjoratif : la forme pour la forme jusqu’à virer au maniérisme.
Cela sous votre contrôle et haute autorité, renato !

D. dit: 22 mai 2026 à 10h36

Et en plus tous ces gens sont laids. Uniquement des silhouettes et des visages stéreotypés, hyper sophistiqués. Mais une majorité d’âmes vouées au Démon. Quel univers épouvantable que ce Cinéma, au sens propre comme au sens figuré. Comment la mouche Jazzi peut-elle être en attiré par ce miel toxique ?

Jazzi dit: 22 mai 2026 à 10h38

« Tous ces petits films de merde qui sortent dans les salles mais ne connaissent ni succès public ni critique. »

Il ne peut donc pas y avoir ainsi de blanchissement d’argent sale, Alfred ?

Jazzi dit: 22 mai 2026 à 10h41

« des visages stéreotypés, hyper sophistiqués »

N’est-ce pas antinomique, D. ?

D. dit: 22 mai 2026 à 10h43

Les hommes fournissaient la force, les femmes rajoutaient la pensée.

Voici des propos typiquement sexistes qui normalement tombent sous le coup de la Loi.
Svp effacez le commentaire de Christiane.

D. dit: 22 mai 2026 à 10h46

Yourcenar ce trompe. Apprendre, oui.
Mais désirer Dieu, c’est infiniment plus haut et salvateur.

renato dit: 22 mai 2026 à 11h02

D. confond toujours le public et le privé. Conseiller l’étude pour apaiser les troubles spirituels relève de la sphère publique. La relation avec une divinité est privée ; seuls les impolis la rendent publique et la font passer avant tout autre besoin… en fin de compte, les impolis ou ceux qui ignorent Vatican II.

D. dit: 22 mai 2026 à 11h49

Le désir de Dieu n’a pas à être caché ni à être mis en valeur. Encore une lubie de renato.

Alfred dit: 22 mai 2026 à 11h52

Le Vatican est une porcherie et le Pape en est son porc en chef !
Saint-Porc… Grognez pour nous !

Jazzi dit: 22 mai 2026 à 11h58

Nous sommes en pays laïc régi par la loi de 1905 de séparation de l’église et de l’état, D.
Un principe à rappeler à tous les citoyens, anciens et nouveaux, contre tous les extrémismes, ainsi que le fit Samuel Paty.

D. dit: 22 mai 2026 à 12h08

De toutes façons dès qu’il est coincé, il sort un truc con au hasard, le renato. Pour essayer de faire bonne figure. La plupart des lecteurs se font prendre parce qu’il aiment ce qui est con. Mais avec moi ça ne prend pas, ce genre de mayonnaise italo-alsacienne.

renato dit: 22 mai 2026 à 12h23

Pauvre D., avec cette approche idolâtre du catholicisme ! compatissons.

Jazzi dit: 22 mai 2026 à 12h28

« ce genre de mayonnaise italo-alsacienne »

La mayonnaise, ou mahonnaise, avec un H, comme Mahon, le port mythique de l’île de Minorque, aux Baléares.
C’est là qu’elle a été inventée, D. !

renato dit: 22 mai 2026 à 13h04

Il est vrai que, contrairement aux flatulences de D., la mayonnaise a ses avantages, par exemple, avec la truite saumonée cuite dans un court-bouillon au vinaigre et servie avec des pommes de terre bouillies en tranches et un brin de persil.

renato dit: 22 mai 2026 à 14h00

Une bête ?! Orson Welles était un homme raffiné, très courtois et attentif au réel. Oriana Fallaci est arrivée à Hollywood en 1956 et y a puisé l’inspiration pour son premier livre, Les Sept Péchés d’Hollywood, dans lequel elle dévoile les hypocrisies qui se cachent derrière le monde clinquant du cinéma. C’est Orson Welles qui l’a introduite dans le monde du cinéma, et il écrivit ensuite la préface de son livre. Il y a aussi le scénario d’un film qu’il n’a jamais pu réaliser, dans lequel il s’est inspiré d’Oriana Fallaci pour créer le personnage d’un journaliste qui arrive en hélicoptère pour interviewer un homme politique.

D. dit: 22 mai 2026 à 15h13

S’il fallait décerner un titre à renato, celui de Grand chambellan des patates bouillies et patate lui-même lui irait à ravir.

J J-J dit: 22 mai 2026 à 15h46

@ 15. 13 (humeur) – Même avec humour (????), pourquoi tjs insulter les gens très cultivés dans leur zone de confort, et aduler les cuistres dans leur zone de chaleur ?… Ne suivez pas ses erronces dans la bibliothèque rose.

@ MC / J’admire votre « respect » pour P.A., il ne vous messied pas de le nommer avec la familiarité habituelle, y compris dans son propre pseudo. Je n’ai hélas pas compris @ O.15 (Reste que sur Michel Ange, on ne nous entend pas)…. Qu’était-ce à dire, au juste ?

@ Des nouvelles d’Olivier Litvine ?

J J-J dit: 22 mai 2026 à 15h50

On ne parle pas assez des rapports de Gustave Moreau avec le mouvement pictural des préraphaélites, ni guère non plus des fresques allégoriques de Pubis de Chabane. Ni du regretté Maurice Denis, du reste. On enregistre pas mal de défaillances, à ce sujet, lmd.

renato dit: 22 mai 2026 à 15h51

… et il a un anneau au nez
… et il porte des bermudas
… et il est chauve
… et il a une barbe
… et ansi de suite
Le chapelet de quelqu’un qui n’est pas capable de se mêler que de ses affaires…

J J-J dit: 22 mai 2026 à 15h55

Simon Abkarian incarnerait un merveilleux De Gaulle, héros de la Résistance au fascisme en 40.
J’ignore ce qu’Oriana Fallaci pensait du grand Charles et de son rapport à Israël et aux Arabes, dans les années soixante. Fut-elle anticolonialiste et jusqu’où,… avant de se sentir envahie par les hordes maghrébines, en vieillissant et virant misanthrope ?

renato dit: 22 mai 2026 à 16h02

N’oublions pas , JJ-J, que De Gaulle a dit : « C’est une bonne chose qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs et des Français bruns. Cela montre que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’elles restent une petite minorité. Sinon, la France ne sera plus la France. » `

Cela dit, combien de personnes devront encore être tuées de façon barbare avant que vous ne compreniez que la Sorcière avait raison ?

renato dit: 22 mai 2026 à 16h07

Et toujours le grand homme : « Ceux qui prônent l’intégration ont la cervelle d’un colibri. Croyez-vous vraiment que la population française puisse absorber 10 millions de musulmans, qui auront 20 ans demain et 40 après-demain ? Si l’on intégrait tous les Arabes et les Berbères d’Algérie, si tous les Arabes et les Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’installer dans les métropoles, étant donné que le niveau de vie y est bien meilleur ? Ma ville ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées. »

rose dit: 22 mai 2026 à 16h28

Écouté deux bandes de connards il y a peu de temps vanter Bolloré.
Juste avant, ou était- ce après ?, ai questionné la petite secrétaire sur un de ces types là, si c’était son grand-père. Pas du tout, m’a -t’elle répondu. Elle l’embrasse, le prend dans ses bras, le câline.
Les autres ?
Jamais.
Elle a un chouchou.

puck dit: 22 mai 2026 à 16h32

De Gaulle a dit ça ?

normal, c’était un homme d’un autre temps…

un temps où il existait des frontières, une nation, un peuple, une identité nationale, une souveraineté nationale, une indépendance nationale.

De Gaulle était hyper à cheval sur l’indépendance nationale et la souveraineté nationale.

surtout sur sur la souveraineté nationale.

en un mot De Gaulle était une espèce de Poutine… : un type qui ne veut pas se soumettre et voir son pauys se diluer dans la mondialisation.

sauf que pour nous les choses ont changé.

du coup il ne faut pas inverser les choses.

parler de l’immigration comme si nous étions toujours à l’époque de De Gaulle n’a absolument aucun sens pour nous.

Jazzi dit: 22 mai 2026 à 16h37

« De Gaulle était une espèce de Poutine »

Faux.
Il a plus décolonisé que colonisé.

renato dit: 22 mai 2026 à 16h43

Bon, le parasite est arrivé, et toujours sans suivre le fil, car il semble qu’il soit intelligent, certes, mais asymptomatique.

puck dit: 22 mai 2026 à 16h44

le truc hyper sioux c’est que pour défendre l’immigration on a pris un narratif centré sur les droits de l’homme, on a aussi fait venir des démographes qui ont dit un tas de conneries.

par contre les élites globalistes de Davos et de la classe Epstein n’ont jamais été mises au premier plan parce qu’ils savent se faire oublier

en plus les oligarques qui appartiennent à cette élite dominante Epstein / Davos contrôlent le narratif du coup ils peuvent raconter toutes les conneries qu’ils veulent.

du coup les gens finissent par croire que l’immigration c’était pour les sauver de la chute de la démographie ou pour défendre nos valeurs universalistes ou plein de conneries du même genre.

du genre il faut de l’immigration pour sauver vos retraites !!!

et là ils font venir des experts comme ceux de LCI et BFMTV qui viennent raconter leurs conneries.

l’oligarchie c’est une vraie plaie.

puck dit: 22 mai 2026 à 17h08

« time is out of joint »

ça devrait le slogan de tous nos médias.

parce que les mecs ils sont carrément tous déboîtés.

ce qu’ils ont raconté sur l’Iran c’est sordide !

comme l’autre avec ses 45.000 manifestants tués par le régime pour justifer de balancer des bombes sur des enfants c’est sordide !

l’idéalisme de Hamlet est sordide.

mais notre idéalisme à nous il est un million de fois plus sordide !

à la question : jusqu’où tu es prêt à aller pour défendre tes soit disant valeurs morales ?

personne n’est en mesure aujourd’hui de répondre à cette question.

Hamlet il était prêt à tout et nous on est chaud bouillant pour aller un million de fois plus loin que lui !

exemple au hasard : l’Ukraine !

puck dit: 22 mai 2026 à 17h10

quand on lit le précédent articlapassou sur le prof on sent que la cocotte elle est en train de bouillir !

su personne ne pense à enlever le bouchon pour laisser partir la vapeur le cocotte elle va nous péter à la figure c’est sîur !

Jean Langoncet dit: 22 mai 2026 à 17h11

Capté en passant ; il faut bien préparer les futures audiences devant la CPI

Bientôt un label « RDL » ?

« Pêche à la traîne : Technique Complète Eau Douce et Mer
La pêche à la traîne est une technique qui consiste à traîner un leurre ou un appât derrière un bateau en mouvement pour déclencher les attaques de poissons prédateurs. Cette technique est simple dans son principe, mais demande en pratique de bien maîtriser la vitesse, la profondeur et le choix du leurre pour être efficace. »

MC dit: 22 mai 2026 à 17h14

JJJ : Coquille : lire. : « sur Michel Ange on ne VOUS entend pas ». ( du moins me semble-t-il) . Un ouragan Puckien étant annoncé , je m’absente momentanément.

puck dit: 22 mai 2026 à 17h19

« « De Gaulle était une espèce de Poutine »

Faux.
Il a plus décolonisé que colonisé. »

ça c’est le genre de connerie que sortent les gens qui lisent et écoutent les médias des oligarques.

il a colonisé quoi Poutine exactement ?

t’as lu dans le Parisen que Poutine veut recréer l’union soviétique.

ils te disent aussi que Poutine veut envahir l’Europe ?

le Parisien te donne cobien de manifestants tués en Iran ? 40.000 ? 80.000 ?

le Parisien ils te disent que l’Iran est un état terroriste et qu’Israël est une démocratie libérale ?

dis-nous ce que te raconte ce journal ?

vu qu’on parle d’Hamlet des narratifs idélaistes déjantés toutes ces conneries auxquelles tu croisd parce que tu les lis dans ton journal ça entre pile poil dans le sujet.

bolibongo dit: 22 mai 2026 à 17h20

*Grand chambellan des patates bouillies

Est-ce une Cornegidouille?
Vive le Père Ubu!

puck dit: 22 mai 2026 à 17h24

en fait c’est de ça qu’il faut parler quand on parle d’Hamlet :

il faut parler de tout ce que vous lisez dans vos journaux et tout ce que vous entendez à la radio !

et après de dire dans quel but ils vous racontent toutes ces conneries.

parce que Hamlet nous parle exactement de ça !

Hamlet est une allégorie du désir de croire à la désinformation quand cette désinformation vient nourrir avec ses mensonges notre idéalisme en nous offrant l’opportunité de défendre nos valeurs et nos principes moraux.

et c’est pour cette raison que WS est un auteur aussi à part et aussi important pour nous aujourd’hui !

parce qu’il nous parle de nous !

puck dit: 22 mai 2026 à 17h28

l’article précédent de passou c’était exactement ça :

prendre un fait divers et le transformer en combat du bien contre le mal pour se donner l’impression de défendre ses valeurs et ses principes moraux.

sans prendre en compte les conséquences probables d’une telle dinguerie !

et si passou avait compris Hamlet il le comprendrait !

sauf qu’entre lire un lire et comprendre de quoi il parle il y a des années lumières d’écart !

parce qu’on ne peut pas avoir compris Hamlet et écrire ce genre d’article sur ce prof.

toujours la même incompréhension la même paresse intellectuelle, toujours la même chose !

c’est notre malédiction.

Jean Langoncet dit: 22 mai 2026 à 17h43

@Jean Langoncet dit: 21 mai 2026 à 17h45
Capté en passant ; vous avez dit « entrisme »

« Au Mucem de Marseille, un colloque dédié à la solidarité et à l’art de Gaza perturbé par une action du Crif » Libération, 21 mai 2026

« A Paris, le Crif dénonce une manipulation du Likoud-France. En consacrant sa seule soirée en France à son parti, Netanyahou rend sa visite très politique. » Libération, le 25 septembre 1996

Quelqu’un ici pourrait donner un exemple de prise de distance critique du Crif vis à vis de la politique du gouvernement israélien depuis 1996 ?

et alii dit: 22 mai 2026 à 17h48

Voici l’un des chefs-d’œuvre les plus connus du répertoire, pourtant son mystère résiste : Hamlet ! Le metteur en scène Olivier Py s’est frotté à cette « machine à penser » qui, sans être un ouvrage de philosophie, a « servi de référent incontournable à toutes les effractions intellectuelles ». Il en a tiré un ouvrage à mi-chemin de l’essai et de la pièce de théâtre. Inspiré par un corpus monumental, il met en scène les répliques des personnages de la pièce et des commentateurs philosophes, comme Lacan, Sartre, Deleuze, Kierkegaard ou Jankélévitch… C’est que « Hamlet est une pièce non pas sur la vengeance mais sur l’éthique », assure l’auteur. « Shakespeare a mis l’homme devant sa difficile liberté, et il nous montre que cette difficulté est plus sublime qu’un océan en furie ou qu’un volcan en feu. »PHILOMAG

et alii dit: 22 mai 2026 à 17h50

Olivier Py fait paraître le livre Hamlet à l’impératif chez Actes Sud, 2021 parallèlement à la représentation de la pièce.

kilékon dit: 22 mai 2026 à 17h56

Hamlet à l’impératif

Cela donne quoi au juste?
Hamlettez le donc?

et alii dit: 22 mai 2026 à 18h00

Emmanuel Levinas dira : «Toute la philosophie n’est qu’une méditation de Shakespeare.»

et alii dit: 22 mai 2026 à 18h07

Et Stanley Cavell, qui a signé Le Déni de savoir dans six pièces de Shakespeare (Seuil, 1993), de poursuivre dans l’entretien qu’il accordait à Philosophie magazine :

« Le problème de la connaissance ne se pose pas de moi vers autre chose, comme dans ma connaissance des bateaux, des morceaux de cire ou des tomates. Le problème ne consiste pas à savoir ce qui se passe chez l’autre, mais à savoir ce que l’autre sait de ce qui se passe en moi. Je connais les autres par analogie avec moi-même. Ce que je sais de l’autre, je le sais en me fondant sur son comportement et non sur sa sensibilité. Je ne possède pas sa sensibilité, mais je peux inférer, à partir de son comportement, qu’il ressent les mêmes choses que moi. Comment puis-je me faire connaître ? Voilà la question fondamentale. »
https://www.philomag.com/articles/philosopher-avec-shakespeare

et alii dit: 22 mai 2026 à 18h21

Michael Edwards, grand spécialiste de Shakespeare, propose ici une lecture personnelle de Macbeth. Pour l’académicien, dont l’épée porte gravée les mots de Spinoza « Agir bien et être joyeux »,
de Shakespeare, hantée par le mal, riche de références chrétiennes, révèle dans la figure tragique de Macbeth une forme de grâce.
PHILOMAG

et alii dit: 22 mai 2026 à 18h40

Tant et si bien que la rumeur parisienne assurait qu’il voulait monter le « Songe d’une nuit d’épée » avec sa Royal Edwards Company. Nous ne sommes pas près d’oublier sa leçon inaugurale de la Chaire européenne en 2001, entièrement consacrée aux différentes traductions d’un vers d’Hamlet, devinez lequel. Sous la Coupole, placé entré entre une hispaniste et un sinisant, il a réussi à ne pas le citer dans son discours, au moment de prendre place dans le fauteuil de Cocteau, Rostand et d’autres (« après deux exclus et un guillotiné, un immigré » lança-t-il, après avoir avoir évoqué sa qualité de « pire qu’un étranger »), et
https://larepubliquedeslivres.com/welcome-michael-edwards/

Christiane dit: 22 mai 2026 à 18h51

J’ai enfin le livre de Philippe Forest : « Shakespeare Quelqu’un, tout le monde et puis personne » (Flammarion).
C’est un bel objet. La couverture est intéressante, une petite bande de 1cm qui est une partie de L’Ophelia de Millais. Voilà la réponse de Pierre Assouline, il nous offre la toile en entier.
Ce fragment annonce quelque chose du livre…
A demain.

renato dit: 22 mai 2026 à 18h54

Je pense que MC se réfère à la lettre de Cellini à Michel-Ange, et qu’il fasse spécifiquement référence à ce passage :
« Puisque je ne crois pas qu’il y ait jamais eu au monde un homme plus dévoué à vos grandes vertus que je ne l’ai été, ayant commencé à les reconnaître lorsque je travaillais à l’art magnifique de l’orfèvrerie, et étant épris de ces vertus uniques qui vous sont propres, il ne me semblait pas avoir satisfait mon désir sincère sans l’avoir d’abord conduit à la sculpture merveilleuse ; c’est pourquoi, vous aimant et vous observant toujours, je me suis fait un certain honneur, qui dépend entièrement de vous. »

La conclusion de la lettre n’est pas sans intérêt : « Que Dieu vous garde longtemps. De Florence, le 3 septembre 1561. Toujours très attentif à vos ordres, Benvenuto Cellini. À l’excellent Messer Michelangelo Buonarroti, mon très respecté aîné. À Rome. »

D. dit: 22 mai 2026 à 19h27

L’endive bouillie me semble très supérieure à la pomme de terre bouillie.

FL dit: 22 mai 2026 à 19h29

« Ça me fait penser à une citation de l’écrivain américain James Ellroy »

D’après Gemini, l’IA de Google, cette citation est dans « La Malédiction Hilliker » mais pas exactement comme je la donne. Et là commence les perplexités. Soit Gemini raconte n’importe quoi. Soit le traducteur a bien traduit comme le dit Gemini. Soit le traducteur a sous-traduit.

Il ne reste qu’à consulter l’original et la traduction pour me faire une idée.

J’ai aussi demandé à ChatGPT. Mais il a botté en touche. Les lawyers de cette entreprise ont dû faire une note sur le copyright et les royalties.

rose dit: 22 mai 2026 à 19h32

Renato

Plutôt oui, mais il semble manquer un bout à droite des pieds.
Mais, il y a bien les deux arrondis du haut.

rose dit: 22 mai 2026 à 19h34

Un bout assez conséquent, renato ; il manque deux bouquets qui flottent et un bout de verdure sur la berge, côté droit.

FL dit: 22 mai 2026 à 19h34

Sinon j’ai involontairement, et abusivement, synthétisé l’ouvrage de Badinter « Un Antisémitisme ordinaire » et une série d’articles du début de 2024 dans « Le Monde » portant sur le rôle du Conseil d’Etat dans l’élaboration de la législation antisémite des années 40.

Il y a 3 articles. Ils sont remarquables. Je vous les conseille. Le troisième porte entièrement sur Marc Bloch.

https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/02/06/les-pratiques-zelees-du-conseil-d-etat-vis-a-vis-des-juifs-sous-le-regime-de-vichy_6214973_3224.html

FL dit: 22 mai 2026 à 19h36

* commence

* Soit le traducteur a sous-traduit/Soit le traducteur a traduit autre chose.

puck dit: 22 mai 2026 à 19h36

Le seul hic avec ce tableau c’est juste qu’il baigne dans romantisme jusqu’au cou.
Ce qui en soit revient à trahir Ws vu que Ws est non seulement tout le contraire du romantisme mais c’est en plus auteur qui s’oppose à l’idée même ce qui soutiendra le romantisme à savoir cet idealisme benet qui trouve son apogée la plus débile dans un romantisme déjà débile.

puck dit: 22 mai 2026 à 19h38

Avec ce tableau limite il manque juste du Wagner genre ouverture de Lohengrin.

puck dit: 22 mai 2026 à 19h45

Il suffisait de réfléchir 2 secondes pour comprendre qu’Ophélie est juste une victime collatérale de l’idéalisme.

Et comme les romantiques sont tous de grands idealistes on arrive à la conclusion que si femme git là dans ce tableau, le responsable c’est le type qui l’a peint !

Cqfd

FL dit: 22 mai 2026 à 19h51

On y apprend par exemple que Marc Bloch ne voulait pas qu’un des jeunes de son réseau monte chez lui. Pour annoncer son arrivée, le jeune homme sifflotait le début de « La Chevauchée des Walkyries » en dessous des fenêtres de Bloch. 🙂

https://www.youtube.com/watch?v=flgQ9xxY7Eg

renato dit: 22 mai 2026 à 19h52

La photo de la Tate, rose, est moins brillante que celle qui illustre ce billet. Après comparaison des deux à la même taille, rien ne manque.

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