de Pierre Assouline

en savoir plus

La République des livres
Traducteurs, vos papiers !

Traducteurs, vos papiers !

Traducteur est un métier à part entière et non une fleur au chapeau, n’en déplaise à Proust, Gide, Giono, qui en ont tâté une ou deux fois. Cela étonne à une époque où tout Français exerce deux métiers (le sien et épidémiologiste). L’empathie est la qualité première pour exercer celui-ci. Il s’agit bien de se mettre « à la place de » l’auteur, s’identifier à lui, pour se faire en quelque sorte le co-auteur de son livre, seul moyen de « sentir » le texte avant d’écouter la voix qui s’en dégage ; car, on finirait par l’oublier, lorsque nous lisons en français un livre traduit d’une langue étrangère, tous les mots sont du traducteur et non de l’auteur. Ils ont été recherchés, soupesés, mûris, choisis par lui. Seule la distance critique est nécessaire à ceux qui s’estiment capables de tout traduire ; ceux qui s’y refusent arguent de la nécessité d’entretenir un lien intime, personnel, charnel avec l’univers sinon la personnalité de l’écrivain concerné pour y parvenir. Innombrables sont les exemples, le plus récent et des plus lumineux étant l’entretien accordé à la Nouvelle revue française de mars par Marie Olivier, traductrice de la poète Louise Glück, prix Nobel de littérature 2020. Mais l’air du temps est beaucoup plus inquiétant que son discours apaisé s’adressant à l’intelligence, à la culture et à la sensibilité des lecteurs (lire ici la réaction de Claro).

L’air du temps, c’est l’affaire Amanda Gorman, du nom de cette poète afro-américaine de 22 ans qui a eu l’honneur de lire son poème, The Hill We Climb [« la colline que nous gravissons »] le jour de l’investiture du président élu Joe Biden, évènement qui a suffi à la lancer mondialement alors que son œuvre est encore à venir. Vendue un peu partout dans le monde, elle devait être publiée chez Meulenhoff à Amsterdam mais Marieke Lucas Rijneveld, la traductrice choisie par l’éditeur étant blanche de peau (et dire qu’on en est là…), a finalement jeté l’éponge (lire sa réaction ici) à la suite d’un article abondamment repris dénonçant ce « scandale ». Peu après, on apprenait à Barcelone que le traducteur du poème en catalan était récusé par les Américains au motif qu’il est un mâle blanc mais son éditeur, contrairement à son confrère néerlandais, ne s’est pas aplati, il a résisté. En France, Fayard a commandé la traduction à Lous and the Yakuza, jeune belgo-congolaise connue comme auteure-compositrice-interprète-rappeuse-mannequin. Un choix tendance qui est un déni du métier de traducteur.

L’air du temps ? Avant de choisir l’éditeur français à qui il céderait les droits du prochain livre de l’écrivain afro-américain Ta-Nehisi Coates, son agent a demandé à ses interlocuteurs dans plusieurs maisons parisiennes quelle était la proportion d’employés noirs dans leur entreprise, le pourcentage étant manifestement un critère dans sa décision.

L’air du temps, c’est Hervé Le Tellier confiant avoir reçu un étonnant appel téléphonique d’un sensitivity reader que l’éditeur new yorkais de L’Anomalie avait missionné pour le passer au crible : ce lecteur très avisé a donc interrogé le lauréat du Goncourt 2020 sur ce qui y était susceptible de heurter les susceptibilités des Noirs, des gays, des femmes -et celle des familles sur la question de l’inceste. Il craignait le reproche d’appropriation culturelle. « J’ai tenu bon et ça s’est finalement bien passé. Le grand nombre de personnages m’a sauvé, soupire le lauréat du Goncourt 2020, non sans s’étonner : « Bizarrement, le chapitre sur les religions n’a posé aucun problème… ».

L’air du temps, c’est un critique littéraire russe orthodoxe reprochant à André Markowicz le caractère « douteux » de ses traductions de Dostoïevski au motif qu’il n’est pas lui-même orthodoxe, insinuant du même coup qu’un juif français, quand bien même aurait-il passé son enfance à Léningrad chez sa grand-mère russe, ne pouvait rendre compte de « l’âme russe ».

Personne n’a le droit de me dire ce que j’ai le droit de traduire ou pas. Chacun, en revanche, a le droit de juger si je suis capable de le faire » répond Markowicz.

Pour traduire l’œuvre d’un poète, il est préférable d’être soi-même un poète -encore que cela se discute, c’est même un serpent de mer des débats au sein de la profession. On n’en est plus là. Bientôt, seul un traducteur juif victime de la Shoah fut-ce par ses ascendants aura le droit de s’approprier Si c’est un homme de Primo Levi ; nulle autre qu’une traductrice noire ne sera fondée à restituer en français l’œuvre de Toni Morrisson ; nul autre qu’un gay pourra traduire l’œuvre d’Edmund White, et catholique pour rendre les romans de Graham Greene dans notre langue… Il faudrait être d’une insigne faiblesse de caractère et d’un coupable esprit de soumission pour accepter de subir plus avant cette terreur intellectuelle fondée sur un chantage moral.

En essentialisant une poète comme noire, et en récusant par principe toute traductrice qui ne le serait pas, ces antiracistes de pacotille manifestent le racisme le plus crasse. « Poète vos papiers ! » chantait Léo Ferré mais l’écho renvoie : « Traducteurs, vos papiers ! ». Fayard publiera fin mai-début juin la version française d’une édition érudite de Mein Kampf très attendue. Son traducteur s’appelle Olivier Mannoni. Il a été choisi pour son expérience, sa compétence, sa rigueur, son talent de traducteur. Etonnant, non ?

(« Amanda Gorman et Marieke Lucas Rijneveld » photos D.R.)

Cette entrée a été publiée dans vie littéraire.

1196

commentaires

1 196 Réponses pour Traducteurs, vos papiers !

puck dit: à

« Jazzi arrête de jouer les martyres stp ! ça devient gonflant à la longue ! »

Quand, où, comment ça, puck ?
 »

Jazzi n’y prend pas mal je sais bien ! c’est juste pour ajouter un peu de dramaturgie. ce blog manque cruellement de dramaturgie.

pour le lien entre le Christ et le communisme c’est évident que Jésus était marxiste, et Paul encore plus. la théologie politique de Paul est une théologie communiste c’est évident.

lmd dit: à

J’ai peut-être été inattentif (tant d’interpellations et d’accusations de pédophilie) mais a-t-on explicité la relation Abel Tiffauges (du Roi des Aulnes) ) avec le Tiffauges de Gilles et Jeanne ? Sûrement. Tournier a échappé de justesse au bucher.

puck dit: à

et c’est bien pour cette raison que des types comme Benjamin, Badiou ou Agamben s’intéressent à Paul. et c’est triste que les autres laissent le monopole de Paul aux communistes.

Jazzi dit: à

Merci aussi, Vanina, pour la mise au point.
Comme Christiane, je ne me souvenais pas que Paul Edel avait parlé de «Casa d’altri » et je m’en étonnais même…

lmd dit: à

Puck, vous qui vous désolez de la disparition –ici– de Pablo 75, avez-vous vu que chez Scemama (en suivant le lien donné par Jazzi), il est fidèle à ses manies (la boite de merde d’artiste, etc.) ?

puck dit: à

maintenant ce qu’il faudrait au blogapassou c’est un truc genre un meurtre ou un suicide pour que ça prenne une dimension tragique plus intense, un viol se serait déplacé, je verrai bien un meurtre à l’arme blanche, pas par racisme, juste que la portée visuelle serait plus grande, genre 7 coups de couteau comme les 7 livres de la Recherche de Proust pour donner un côté symbolique fort.

puck dit: à

« en suivant le lien donné par Jazzi »

ah bon ? non, et c’est quoi ce lien ? que si c’est un blog je vais m’y inscrire.

puck dit: à

non le mieux serait que l’épouse de JiBé tombe sur les échanges entre son mari et Christiane qu’elle pète un plomb par jalousie et hop ! elle assassine Christiane. ça question scénaristique ce serait le top du top.

puck dit: à

je vois d’ici le titre de l’article du blogapassou : « meurtre sur le blogapassou » ou bien « non, je n’ai jamais voulu ça ! » ou « si c’est comme ça moi j’arrête… »
comme dramaturgie c’est bien.

renato dit: à

C’est quoi au juste cette histoire d’œil italien ?

puck dit: à

Pablo75 dit: « Si vous en êtes encore là, c’est grave et cela montre que vous n’avez rien compris à ce qu’est l’Art. »
 »

il a pas changé d’un poil mon pedro adoré !

Janssen J-J dit: à

(touite de PL s/ p.scemama vs olivennes et commentarium)->
Pablo75 dit: à Deux choses: – Tout votre article est invalidé par une phrase, ou plutôt par un seul mot: « il s’y montre joyeusement et ouvertement RÉACTIONNAIRE, associant le déclin de l’art français à la création, en 1959, du Ministère de la Culture ». Si vous en êtes encore là, c’est grave et cela montre que vous n’avez rien compris à ce qu’est l’Art.
2.- La merde de Manzoni est de l’art pour vous ? = Patrick Scemama dit: à – Je ne vois pas en quoi le mot « réactionnaire » invalide mon article, mais sans doute n’ai-je rien compris à l’art et je serais ravi que vous me l’appreniez. La « merde d’artiste » de Manzoni est une provocation, un geste artistique qui est destiné à faire réagir, mais dont on ne peut nier l’importance historique.///
… Si cet échange peut consoler Puckt de la disparition de son aimable cop’ n°75 disparu de l’rd!! Triste comme un lundi.

puck dit: à

j’aime bien ce ton, c’est pour ça je fais comme lui : « si vous en êtes encore là c’est que vous n’avez rien compris à ce qu’est le christianisme ! »

« ou vous n’avez rien compris à Flaubert ! »

c’est pour ça qu’on s’entendait bien tous les deux, en fait il ne peut y avoir la place pour 2 personnes qui ont tout compris à tout.

Janssen J-J dit: à

Zut, vous m’avez devancé, puck… C’est embêtant… Scouzi – Bàv,

Brinqueballe dit: à

Jazzi dit: à

Aie aie aie, puck, je crois que Pablo75 va assassiner Patrik Scemama !

A part ce signalement par Passou de ce blog, personne ne commente!
Mais il y a une autre critique de taille à faire. D’où parle notre Scemama alors qu’il critique sévèrement l’entregent de l’auteur de ce livre. On peut s’interroger sur l’entre soi de notre patenté critique. Mais qui donc le fait parler?

Paul Edel dit: à

À propos de littérature italienne, rappelons un livre capital. On le doit au poète Attilio Bertolucci,qui préfaça « Casa d’altrui » pour faire connaitre cet auteur si discret…Attilio est le père du cinéaste Bernardo,est né à Parme en 1911 et mort à Rome en juin 2000.Il écrivit et déroula dans les années 60 un texte immense vraiment d’une valeur exceptionnelle: « la chambre »,(« La Camera da letto » en italien).Il fut traduit –avec le concours de l’auteur- par Muriel Gallot pour les éditions Verdier(« collection « terra d’altri » ) d’une précision hallucinée et proustienne sur le passé familial . Attilio dans cette chronique familiale prend pour cadre le haut Apennin, austère, rocheux, et les plaines fertiles du Pô avec ses peupliers argentés
Outre la mémoire familiale, – on découvre la mémoire collective, historique. Notamment les luttes entre syndicats patronaux et les paysans durant les années pré fascistes. Cependant l’histoire des lieux prend une place prépondérante et donne lieu à une somptueuse poétique des demeures, fermes, étables, métairies, aux diverses saisons..Attilio y raconte son enfance dans la plaine du Pô, ses années de collège, sa maladie, ses rencontres à Parme (et notamment avec celle qu’il épousa) , la grande ville voisine. On assiste à l’affrontement des Bertolucci sévères, et des Rosetti épicuriens Pages superbes aussi sur les amitiés d’adolescence et l’éveil sexuel. Quand on lit ce poème magnifique (publié en deux volumes en 1984 et 1989 chez Garzanti ) on saisit, bien sûr, une chronique pastorale somptueusement déroulée d’un monde en voie de totale disparition(ce que Pavese et Pasolini exprimèrent aussi à leur manière, Pavese si mélancolique de sa jeunesse avec les paysans, dans les « Langhe »,ces collines autour de Turin, et Pasolini écrivant en frioulan des poèmes sur les paysages du Frioul . C’est en lisant Attilio Bertoluci qu’on on comprend les sources et les hantises du fils Bernardo, le cinéaste.
Le film « 1900 » est parfois injustement oublié. Et on note qu à l’écriture versifiée du père,Attilio, sensuelle, nuancée ,raffinée, pleine d’odeurs et de bruits anciens, répondent les images du fils. ô surprise ,le film est construit dans le même décor mais avec de curieux blocs lyriques-épiques pour idéaliser le combat prolétarien. Enfin, le fils aborde frontalement et la période fasciste. . Car le film subit l’imprégnation de l’Italie des « années de plomb » des années 70 et ses clivages… Le film rappelons-le est de 1976..-
Ces divergences n’empêchent pas la nostalgie. On la trouve, omniprésente, chez les deux. C’est un retour et un refuge quasi sacralisé vers la métairie maternelle : amour des lieux, sensations d’enfance, routes basses de la plaine, sexualité omniprésente, feux de fin d’automne ,cycle des saisons, on revisite les coutumes, célébration des rites, naissances, mariages, morts , description des communautés paysannes. Le chant de la terre italienne est bien là… célébration des rives du Pô et les bals et des générations paysannes disparues. Le fils cinéaste a poursuivi le travail du père écrivain.

renato dit: à

« Une tentative, avortée, hélas, et meurtrière, avec le communisme, puck ! »

Ne pas oublier la persécution des païens dans l’Empire romain tardif et autres bagatelles

Janssen J-J dit: à

@ lmd. Zut, vous m’aviez devancé itou. Scouza !… Bàv,
(NB. pour une fois que j’avais pas remonté les filets…!)

Excellente votre remarque par ailleurs sur le lien Abel Tiffauges/Gilles de Rais… Je me souviens qu’il s’en était expliqué, à la sortie du Roi des Aulnes, bien avant Gilles et Jeanne… Et qu’une rumeur lui colla longtemps à la peau sur des soupçons de pédophilisme… A Choisel, de son vivant, les bistrotiers du coin, à proxim du presbytère, en causaient encore, ç’avait fait jaser dans le pays, cette affaire !… ainsi que l’atterrissage de Mitt’rand en hélico… Il était un bon connaisseur de la littérature allemande, MT, Tournier, me demande bien comment Paul Edel vivait cette concurrence à l’époque des eigthies (?).

et alii dit: à

cet enfant moribond, l’un et l’autre, l’un est l’autre
sauf erreur, c’est le titre et l’argument?
d’un livre de E Badinter
L’un est l’autre : Des relations entre hommes et femmeshttps://www.babelio.com/livres/Badinter-Lun-est-lautre–Des-relations-entre-hommes-et-f/20958

Bloom dit: à

Bloom n’ avez-vous pas l’impression que les biographies sérieuses ne sont pas faites pour les petits apprentis SS, lesquels, le plus souvent, se contentent d’une vulgate? En ce sens je ne crois pas qu’une biographie critique de Morand les intéresse beaucoup….Bien à vous. MC

C’est bien ce que je disais, MC, mais les cadres, eux, sont des lecteurs avisés entourés de conseillers, et ils n’oublient jamais de jeter les meilleurs morceaux à la piétaille. Voir Un Français, le seul film, à ma connaissance, qui s’intéresse à ces milieux interlopes où l’on ne dévoile à Montretout que ce qui sert à propager la haine de l’Autre…
Morand le pressé, son style inimitable et blablabla et blablabla, c’est principalement de la bouillie pour ‘has been’ en pré-partance pour le grand Néant, parfois, mais pas toujours, nostalgiques; en revanche, la haine des juifs telle qu’il exprime sans ambages, est un exemple précieux pour le tout venant en quête de sens unique.
Toujours se méfier des petites mains qui travaillent au service des grand pontes qui aiment les gros bras…Non, je ne donnerai pas de noms…
Bien à vous.

Bloom dit: à

Le Roi des Aulnes et la « douche caca ». Sapré Tournier & ses obsessions….
Grand livre sur l’acte phorique, aussi méta- qu’ ana- (pas anus, Baroz, duìbùqǐ)

renato dit: à

Ne pas oublier l’autre fils d’Attilio, Giuseppe — quelques bons films et documentaires —.

et alii dit: à

un papier contesté:
Objet de nombreuses polémiques à travers le monde, le passeport vaccinal fait aussi débat aux Etats-Unis où la Floride a pris la décision d’interdire ce document hypothétique.

D. dit: à

Ce soir je finis du poulet froid avec une mayonnaise.

et alii dit: à

crique d’art ;qu’est-ce que l’art?

. Qu’est-ce qui fait un critique d’art ? Le critique d’art qui se considère comme critique d’art. Ou plutôt celle ou celui qui produit des critiques d’art. Le critique d’art aura souvent un autre travail, comme tout « créateur » (ce que souligne Nathalie Heinich avec le concept de « régime vocationnel »), il sera reconnu par un diplôme étatique ou par une activité dans des instances reconnues (une revue ou une galerie). D’autres modalités sont possibles qu’il n’est pas nécessaire de lister (par exemple, l’inscription dans l’Association Internationale des Critiques d’Art, AICA, fondée symptomatiquement en 1950).
https://lundi.am/Pour-en-finir-avec-l-art

et alii dit: à

UNE Anarchiste :
fabriquant des faux papiers jusque dans les bureaux des autorités de Vichy,Née en 1898, morte en 1983, May Piqueray a traversé le XXe siècle animée par la révolte
son autobiographie ;
présentation lundi matin
https://lundi.am/May-Picquerray-la-refractaire

et alii dit: à

par wiki, on apprend que
Lamberet:
elle reste en étroites relations avec les militants espagnols et participe avec sa sœur Madeleine Lamberet et May Picqueray à un atelier de fabrication de faux papiers monté pour la résistance par un réfugié anarchiste espagnol

Janssen J-J dit: à

Ai toujours préféré Emma Goldman à May Piqueray, perso…, m’enfin, chacun sa séquence historique et icône préférée de l’anarchisme, hein !
https://fr.wikipedia.org/wiki/Emma_Goldman
Sinon, une qu’était pas des plus pures dans son idéologie et surtout pas piquée des hannetons, ce fut bien l’Evguenia Iaroslaskaïa-Mardkon, qqu’un a dit « une pussy riot » avant l’heure, et des pas piquées des hannetons. Croyez-moi, son autobiog rocambolesque mérite le détour. « Révoltée »… (pas le droit de mettre un autre lien, mais allonzi voir quand même)…

Soleil vert dit: à

Après Conrad, Hemingway
Faudrait vraiment que je plonge dans les nouvelles de London que je cite
J’ai McCarthy sous le feu aussi (Méridien de sang, la route)

et alii dit: à

La Conversion de saint Paul est une œuvre de Caravage dont l’artiste réalise deux versions successives sur commande du trésorier pontifical Tiberio Cerasi. La première version appartient désormais à la collection privée Odescalchi-Balbi à Rome, tandis que la seconde version est installée depuis l’origine dans la chapelle Cerasi de l’église Santa Maria del Popolo de Rome. Afin de les distinguer, il est souvent fait mention du tableau « Balbi » pour désigner la première œuvre tandis que la seconde est désignée simplement sous le nom de Conversion de saint Paul, ou parfois du tableau « Cerasi ».

L’attribution des deux peintures à Caravage ne fait pas de doute, de même que l’identification du commanditaire et de la commande en l’an 1600 ; en revanche, la date précise de leur réalisation reste sujette à débat et oscille entre 1600 et 1604. Le premier Saint Paul est réalisé à l’huile sur support de bois, mais le second est peint sur toile (le support privilégié du peintre lombard) ; il est possible que la première œuvre ait été refusée par le commanditaire puis remplacée par une seconde version sur toile du même Caravage, l’œuvre initiale étant alors rachetée par le cardinal Giacomo Sannesio ; cette interprétation est toutefois également interrogée par des historiens de l’art.

Janssen J-J dit: à

@ DV / J’ai McCarthy sous le feu aussi (Méridien de sang, la route)

quelle chance vous avez !… Découvrir La Route ! Cramponnez-vous bin à la poignée du chariot, et surtout faiblissez pas, hein !

Jazzi dit: à

« Ne pas oublier la persécution des païens dans l’Empire romain tardif et autres bagatelles »

Là, c’était la réponse du berger à la bergère. Mais ensuite, il y eut bien des crimes, commis au nom du christianisme…

Patrice Charoulet dit: à

EDITORIALISTE POLITIQUE ?

Ce lundi, de retour d’une agréable promenade en bord de mer, je tombe sur un dialogue entre Alexis Brézet et Gérard Miller (LCI). Ils sont tous deux bien connus. Mais on donne des informations sur chacun. On lit qu’Alexis Brézet est « directeur des rédactions du Figaro ». Est-ce faux ou vrai ? C’est vrai. On lit que Gérard Miller serait « éditorialiste politique  et psychanalyste». Est-ce faux ou vrai ? « Psychanalyste » , c’est vrai. Mais « éditorialiste politique » ? Où peut-on lire les éditoriaux politiques de ce psychanalyste ? Qui aurait la gentillesse de bien vouloir m’informer à cet égard ?

renato dit: à

et al., à propos de ce Caravaggio qui pourrait m’intéresser, si vous remontez le fil de sous ce billet ou le précédent vous trouvez l’info, avec photo, mise en ligne par mes soins.

Bloom dit: à

Découvrir La Route !

Pas pour divulgâcher, mais la fin est un peu trop Hollywood à mon goût. John Coetzee, dans The Life and Times of Michael K., son premier Booker, va beaucoup plus loin, au littéral et au figuré.
Il n’a pas peur de fixer la gorgone de l’abime.

Jazzi dit: à

Attilio Bertolucci

La rosa bianca

Coglierò per te
l’ultima rosa del giardino,
la rosa bianca che fiorisce
nelle prime nebbie.
Le avide api l’hanno visitata
sino a ieri,
ma è ancora così dolce
che fa tremare.
E’ un ritratto di te a trent’anni,
un po’ smemorata, come tu sarai allora.

La rose blanche

Je cueillerai pour toi
La dernière rose du jardin,
La rose blanche qui fleurit
Dans les premières brumes.
Les abeilles avides l’ont visitée
jusqu’à hier,
Mais elle est toujours aussi douce
à faire trembler.
C’est un portrait de toi à trente ans,
un peu oublieuse, comme tu le seras alors.

puck dit: à

et alii merci pour ce beau tableau, il m’évoque, je ne saurais trop dire pourquoi (sans doute cette posture les deux bras levé vers le ciel et la présence de ce cheval) le livre, sans doute le livre le plus important sur Paul vu du c^té juif, dans lequel on trouve une attaque en règle (pour de mauvaises raisons à mon sens), c’est la livre de Martin Buber « deux types de foi : foi juive et foi chrétienne ».
Comme le titre l’indique Buber distingue dans ce livre deux type de foi, d’un côté la foi juive (emuna), une foi juive « primitive », naturelle, qui permet à l’homme de se retrouver grâce à son rapport à la foi – et l’autre type de foi où il s’agit d’une conversion.
Buber nous explique que l’homme qui se retrouve grâce à son rapport à la foi est avant tout un homme qui est membre d’une communauté dont l’alliance l’englobe et le détermine. Alors que celui l’homme qui se convertit à la foi est avant tout un individu, et la communauté nait après coup comme un regroupement d’individus « convertis ».
Je n’ai jamais été trop d’accord avec cette vision des « commencements », mais dans ce tableau sur la conversion de Paul, je vois ce cheval (ce n’est pas un cheval de labour, mais un pur sang) comme un véhicule, le moyen de véhiculer ce nouveau converti pour l’emmener rejoindre d’autres convertis afin de fonder cette communauté née de cette conversion. Bon je ne sais pas si Paul voyageait à pied ou à cheval, j’imagine que le Caravage devait aussi l’ignorer, mais ce n’est pas impportant.

Ce tableau est beau, comme tous les Caravage, mais pour moi celui qui représente le mieux Paul est celui qu’on trouve à Vezelay, je ne sais si ça intéresse des gens ici, sinon je peux revenir sur tableau et expliquer pourquoi c’est le tableau qui représente le mieux le travail accompli par Paul, mais bon j’imagine que tout le monde s’en fout, je suis désolé je préfèrerais parler de Camus, mais je trouve que Camus est un tellement mauvais écrivain.

Janssen J-J dit: à

pas OK du tout, bloom… Moi je vais pas au cinéma, surtout pour voir une adaptation d’un bouquin. Quand je tombe sur un bouquin qui m’éblouit pour la first, je raconte mon éblouissement primitif et je reste dessus… Et j’envie ceusses qui vont le découvrir… Et tant pis s’ils sont décevus… Voilà pourquoi je relis rarement ou essaie de ne pas me laisser avoir par des considérations hollywoodo machin chose. Quant à la vie de Michael K de JM Coetzee, vous avec de bien drôles de comparaisons. J’aurions jamais eu l’idée de…, d’autant que c’est pas ce qu’on trouve de meilleur chez lui, de mon point de vue, hein.

J’en profite pour raconter deux trucs à propos du Brésil… Je n’ai eu de cesse d’être parasité par le faux débat qui s’est répandu icite après la suggestion de Claudio sur Diadorim, comme un immense roman de son pays… (un truc qui s’est focalisé sur la nature exacte de la relation sexuelle du narratueur Reinaldo avec son compagnon jurançao Diadorim)… Or la force du roman dans lequel cette dimension est tout à fait anecdotique, finit par orienter notre lecture en nous forçant à aller trouver des réponses sur ce non objet. Or, il n’y en a précisément pas, et c’est en lisant à fond avec la même intensité toutes les composantes polyphoniques de ce texte magnifique et unique qu’on finit par comprendre que l’aveu sans aveu autour duquel les personnages principaux tournent sans cesse, ne sont même pas ceux que même le grand Vargas LLosa suggère dans sa préface… Donc, venez pas nous emm… à nus divulgâcher… oui, c’est vraiment chiant. Vous ne le faites pas, bl., OK, mais j’en connais des qui, à vous lire, n’iront point… sur le route… ni aller se perdre dans le sertao tellurique… Bon je sais pas si je suis assez clair…
mais je vais devoir dire qq chose de plus consistant à CB, bientôt. Je lui dois bien ça… Une semaine de lecture au long cours en cadeau tombé du ciel… ça compte quad même, hein! Bàv, à plusse…

Jazzi dit: à

« mais bon j’imagine que tout le monde s’en fout »

Arrête de jouer les incompris mal aimés, puck !
ça finit par gonfler à la longue…

DHH dit: à

@Bloom
merci *
ainsi vous confirmez que Zangwill avec oeuvre significative veritablement corrélée à son identité de juif est une exception dans le paysage litteraire anglais
vous savez sans doute que la speciaiste et traductrice française de Zangwill ,Marie-Brunette Spire était la fille d’un ami proche de l’écrivain le français André Spire

Marie Sasseur dit: à

@Paul Edel

Le trop médiatique fiston politisé d’Attilio, ( Renato a raison de signaler qu’il y en a un autre…) n’a absolument pas suivi les pas du père. Enfin, il faut signaler le poète, pour lui-même.

J’ai une dette envers vous Paul. Pour m’avoir fait lire la camera da letto.

Signaler au passage que la préface de la traductrice in french est d’une nullité, bien raccord avec cette maison d’edition connue pour ses derives sickanalytiques, et passons sur ses commentaires grotesques.

Et j’ai pu récupérer l’un de mes commentaires, ( alors que vos fidèles faisaient comme d’hab, du bluff)

étonnant, non ?

« Helas, trois fois helas, les lecteurs français d’Attilio Bertolucci doivent prendre congé de leur hôte, car apres « une visite inattendue » , illustration parfaite de la lutte des classes entre l’aristocrate agricole et l’ingenieur, voilà que l’epopee familiale prend momentanément fin pour eux, vers 1930
Soit au chant XXIX (sur un total de 46)
Soit au passage de l’adolescence à la jeunesse.
Ce qui invalide en partie beaucoup de plans tires sur la comète dans la préface. D’un premier livre qui transcrit merveilleusement les angoisses des premiers âges d’un poète ,ses découvertes de l’espace, délimité comme par un pont entre la ville et la campagne, espace dont il expérimente les limites. Chaque progrès prenant la tournure d’une aventure, d’une transgression , le vice, celui de la poésie , consistant en cette recherche du  » plein air », qui atteint son apogée  » a l’age de treize ans » ( chant XIX). Une aventure aux frontières de la ville et de sa propriété, en compagnie d’une rencontre de hasard, qui fait de sa deambulation, non dénuée de considerations puberes, une prise de conscience qu’il quitte l’enfance , un passage decrit comme un rite sacerdotal nécessaire et maintenant capable de questionnements sur les étranges comportements du monde adulte . A ce sujet, sa complicité qu’il juge d’un mauvais oeil pour couvrir des envies d’huitres- hivernales- de sa mere, le conduisant dans des bas-fonds , comme un accro allant voir le dealer.

Pour le livre II, il faudra faire un effort »

Marie Sasseur dit: à

Le livre II est paru chez Verdier, Paul ?

DHH dit: à

@J3
merci pour ce lien vers un personnage que vous me faites découvrir

Bloom dit: à

Michael K de JM Coetzee, vous avec de bien drôles de comparaisons. J’aurions jamais eu l’idée de…, d’autant que c’est pas ce qu’on trouve de meilleur chez lui, de mon point de vue, hein.

Pas de fils & donc de transmission chez Coetzee. Effacement pur et simple.
Extinction sans rébellion.
Cormac n’a pas eu les koikois de cette radicalité-là.
Il savait qu’il y avait un Viggo Mortensen au bout de la route.
Hubert Selby Jr. n’a pas écrit Last Exit to Brooklyn avec l’usine à rêves en ligne de mire. Une noirceur sans appel, quasiment insupportable. Un maitre.
Jean-Noel Orengo atteint quelque chose de semblable dans La Fleur du Capital.
Pas facile, la vraie radicalité, surtout aux USA.

puck dit: à

Jazzi dit: à

« mais bon j’imagine que tout le monde s’en fout »

Arrête de jouer les incompris mal aimés, puck !
ça finit par gonfler à la longue…
 »

Jazzi si tu savais ce qu’on m’a fait subir sur ce blog, toutes ces insultes, ces humiliations et tout le reste, je ne souhaiterais pas ma place même à mon pire ennemi, et tout ça à cause de quoi ? de malentendus sur ma prétendue jeunesse communiste ! Jazzi heureusement tu es là pour me soutenir, et je t’en remercie du fond du coeur, tu sais quoi ? il faut se serrer les coudes ! pas se taper le coude comme c’est le mode pour se dire bonjour aujourd’hui, si ça se trouve cette coutume va rester après la crise, si bien sûr il y a un « après ».

Janssen J-J dit: à

@ Bloum… et bon, tant qu’à aligner des réf…, cf… Maurice Pons dans Les Saisons… Dans la peinture de la déréliction humaine, on n’a jamais fait plus pire…
Sinon, chez Coetzee, ses deux derniers romans sur « Jésus », c’est son nouveau gosse engendré, à propos duquel il se demande comment devoir l’élever à la place des parents (adoptifs ?) qui savent pas comment s’y prendre au 21e, car il vient de nulle part mais faut faire avec, hein, et c’est plus compliqué qu’une parabole de l’Evangile « laissez venir à moi les petits enfants »… etc.
Non, non, vous vous trompez encore, Bl. !..
(NB / J’ignorais que McCarthy aurait quasi écrit le rôle du père, pour Isaac Morgenstein… si vous le dites, je vous crois, mais si c’était vrai, ça me décevrait bcp… et plus qu’un brin…
Bàv,

Jazzi dit: à

Attilio Bertolucci

Voyage d’hiver

Extrait :

À Pasolini (en réponse)

Survivance, notre terre ? Mais ils durent longtemps
ces crépuscules, comme l’été où jamais, jamais

n’arrive l’heure de la lampe allumée, de ces
phalènes déraisonnables qui s’y heurtent,

attirées et repoussées par la clarté qui est vie
(et pourtant vie aussi était le jour qui meurt).

Qu’il nous soit seulement donné, dans le temps incertain
du trépas, de nous rappeler, nous rappeler pour nous

et pour tous, la patience des années
que blessèrent les éclairs d’amour – puis s’éteignirent.

Marie Sasseur dit: à

J’y pense, Paul, cette histoire de pont ,comme un lien spatial et temporel , lorsque le fascisme a redessiné l’urbanisme de l’Italie, me fait souvenir d’une autre dette dont vous êtes le créancier, et on va arrêter là, comme solde de tout compte. Mais il fallait que vous le sachiez.
Le pont de l’aurostrada.

http://www.arvaliastoria.it/public/007328.jpg

Marie Sasseur dit: à

Aïe, le pont de l’autostrada.

Jibé dit: à

« non le mieux serait que l’épouse de JiBé tombe sur les échanges entre son mari et Christiane qu’elle pète un plomb par jalousie et hop ! elle assassine Christiane »
dit puck

alors là mon vieux, j’y avais pas pensé… mon épouse? Quelle épouse?…donnerwetter!!!

Christiane, je vous souhaite le meilleur, sûrement pas de m’épouser,…

Jibé dit: à

En tout cas, n’en déplaise à Puck, merci à Christiane,
encore,
pour son approche de la Casa d’altri. Superbe.

Jibé dit: à

« Excellente votre remarque par ailleurs sur le lien Abel Tiffauges/Gilles de Rais… Je me souviens qu’il s’en était expliqué, à la sortie du Roi des Aulnes, bien avant Gilles et Jeanne… »
oui JJJ, je ne savais pas qu’il s’en était expliqué, mais le rapport saute aux yeux, si je puis dire

Marie Sasseur dit: à

La jibe lit toujours par procuration. On se souviendra de sa lecture toujours remise du petit Danone.
Il se leve toujours pour danette, ce naze.

Jibé dit: à

..et très bien JJJ, votre lien sur les Saisons, des fois qu’on aurait eu de l’optimisme à revendre!
Sans dec., c’est magnifique, « on n’a pas fait plus pire » dans son genre

renato dit: à

Il faudra que je lise dans son intégralité ce post où christiane parle de Casa d’altri, car moi, d’habitude : 𝘛𝘭; 𝘋𝘳.

Jibé dit: à

non mais quelle brel!

Marie Sasseur dit: à

Enfin que la jibe soit à genoux devant ce pedophile ( aujourd’hui on dit pedocriminel mais il faut vérifier l’âge des de ses victimes  » consententes ») de tournier, dit tout.

Marie Sasseur dit: à

Et la jibe est toujours consentant.

puck dit: à

Jibé dit: alors là mon vieux, j’y avais pas pensé… mon épouse? Quelle épouse?…donnerwetter!!!
 »

vous pourriez faire un effort svp ? comment peut-on imaginer un scénario entre les personnages de ce blog si à chaque fois qu’on dit un truc on est démenti ?

qu’est-ce que j’y peux si vous n’êtes pas marié ? c’est pas grave je vais trouvé quelqu’un d’autre !

donc imaginions que l’épouse de MC tombe sur ses échanges messages langoureux avec MS et prise d’une crise de jalousie vlan ! elle assassine Sasseur !

et là je demanderais à ces 2 personnages de faire aucune remarque désobligeante sinon on n’en sortira jamais et il n’y aura jamais de meurtre sur le blogapassou !

et comme ça vous finirez par tous mourir d’ennui et vous l’aurez bien mérité !

puck dit: à

trouvER & autres

christiane dit: à

Pas de problème, Jibé, Puck a beaucoup d’imagination.

Oui, j’ai été séduite par la qualité du récit de Silvio D’Arzo. Maintenant je me mets en retrait en reprrnant la lecture lente de ce qui n’est pas une fiction mais les écrits de Siegfrid Bonhoeffer du fond de sa cellule, quelques mois avant sa déportation et sa mort.
D’Arzo est de même trempe.
Les deux écritures vont à l’amble.
Vanina, x, Renato, Puck ont donné à ce livre, par leurs commentaires beaucoup de profondeur.
Bonne soirée et merci pour le dialogue.

puck dit: à

Jazzi, puisque tu es le seul à t’intéresser à ce que je raconte, je vais te faire découvrir un truc que tu ne connais probablement pas et montre le lien en Paul et Moïse.

c’est une petite sculpture qui se trouve à Vezelay (un chapiteau), quand je l’ai vu je me suis dit ouai mon vieux c’est exactement ça, et le type qui l’a réalisée il n’a rien laissé au hasard dans les jeux d’ombre et de lumière (comme on peut le lire dans le commentaire ci joint ci dessous :

http://www.eglisesromanes.net/Bourgogne/Vezelay/chapiteaux.html

puck dit: à

et ce truc c’est une représentation de Paul bien plus parlante que le tableau du Caravage.

puck dit: à

parce qu’il suffit juste de regarder ça pour comprendre ce que représente Paul.

et voilà !

sur ce bonne soirée !

puck dit: à

et là on se dit que les mecs à l’épouqe ils avaient tout bien mieux compris que nous aujourd’hui !

sur ce j’y vais, bonne soirée !

puck dit: à

cela dit je ne vais pas faire comme mon ami pedro et dire vous n’avez rien compris au christianisme !

bonne soirée !

puck dit: à

je ne vais pas faire comme pedro, mais je pourrais le faire, parce que le niveau a sacrément régressé.

sur ce, désolé de vous quitter, bonne soirée à tous !

puck dit: à

parce que Paul est au christianisme ce que Moïse est à l’AT !

et si on a pas compris ça on a rien compris !

sur ce bonne soirée !

renato dit: à

Enfin, Dexter s’est persuadé que nous somme des ignares, il nous a bassiné avec Paul afin de nous ouvrir des perspectives, je suppose — ça doit être un toc marxiste ou peut-être un truc pour contenir ses angoisses.

Bloom dit: à

Non, non, vous vous trompez encore, Bl. !

3J,

Eclaircissements:

1/ pour le fils, je parlais de Michael K., uniquement

2/ Pour Cormac et Vigoo, c’est une métaphore. What I mean is that he was writing with the big movie in mind (plutôt bien réussi, d’ailleurs).

3/ Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit: j’aime ce bouquin, sauf la fin (nobody’s perfect).

4/ Minute name-dropping: je tiens à ce que vous sachiez que John Coetzee est un peu plus qu’un écrivain qui va m’a permis de réaliser un carton en version d’agreg (sur un extrait de In the Heart of the Contry).

Comme vous le savez, après la publication de ‘Disgrace’, il a dû fuir l’Afrique du Sud suite à des menaces de mort pour se aller se réfugier en Australie, avec sa compagne australienne, Dorothy Driver. Un des opposants à l’apartheid, chasé de son pays par les prédécesseurs des racistes noirs d’aujourd’hui)
Comme vous le savez sans doute, j’ai travaillé en Australie, où je me trouvais l’année où il a reçu le prix Nobel (2003) et à Sydney où s’est tenu le plus grand colloque Beckett de l’histoire organisé par l’Université de Western Sydney et le sympathique Anthony Uhlmannauquel il a participé. (Nos éminents beckettiens français, invités pour l’occasion, ne l’avaient jamais lu et ignorait qu’il avait consacré une des ses thèses au grand Samuel…)
J’espère qu’il pourra revenir cet été faire du vélo dans le sud-ouest (où vit sa fille) au plus vite…
Le temps presse, il a 80 ans passés mais est toujours aussi vigoureux que sa prose…Classe.

Bloom dit: à

Plein de fotes d’orth & de coquilles que je n’ai pas envie de corriger…so be it!

puck dit: à

« Plein de fotes d’orth & de coquilles que je n’ai pas envie de corriger »

ça sert à rien de relire après, ce qu’il faut c’est relire ce qu’on écrit avant !

c’est juste une question de politesse et de respect de l’autre, mais j’imagine que là encore c’est trop demander.

puck dit: à

il nous a bassinéS : à moins que sa Seigneurie parle d’elle à la première personne du pluriel ?

Jazzi dit: à

Je suis allé à Vezelay, puck, mais je n’avais pas vu ce beau chapiteau sculpté.
As-tu remarqué les trois cercles alignés : autour de la cuisse de Moïse, la roue du moulin et le drapé sur le bras de Paul (o O O) ?
Que faut-il en penser…

renato dit: à

Tout le monde commet des erreurs d’orthographe Dexter, et c’est voler raz les pâquerettes y revenir. Vous avez découvert Paul ? c’était grand temps, il ne faudrait tout de même croire que vous faites dans la nouveauté.

Claudio Bahia dit: à

anssen J-J dit: à
@ DV / J’ai McCarthy sous le feu aussi (Méridien de sang, la route)

quelle chance vous avez !… Découvrir La Route ! Cramponnez-vous bin à la poignée du chariot, et surtout faiblissez pas, hein !

Je l’ai lu il y a quelques années, en langue d’origine; un prix Pulitzer mille fois mérité !!
superbe, inoubliable

Claudio Bahia dit: à

Bloom dit: à
Découvrir La Route !

Pas pour divulgâcher, mais la fin est un peu trop Hollywood à mon goût.

C’est vrai aussi; en étant un peu sévère, on peut le dire comme ça. Blomm est un analyste de livres extrêmement perspicace.
j’aime lire ses messages, c’est un peu au dessus du lot (c’est juste l’opinion d’un lambda)

Marie Sasseur dit: à

@Découvrir La Route !

Pas pour divulgâcher, mais la fin est un peu trop Hollywood à mon goût.

Moi je ne me souviens de ce roman que dans les grandes lignes. Le père meurt à la fin, mais la mère, c’était au début.., et c’est pas pour dire mais les aventures du yoyo en Australie ou en spectateur de courses yupiques, je n’en fous, mais à point , inimaginable.

Ce roman post apocalypse « la route », avait eu une réception contestable sur la rdl, ça je m’en souviens, l’enervement déjà.

D. dit: à

Chapiteau, Jazzi.

Jean Langoncet dit: à

@ Jean Langoncet dit: à
@le crabe aux pinces d’or

« O pédérastes incompréhensibles, ce n’est pas moi qui lancerai des injures à votre grande dégradation; ce n’est pas moi qui viendrai jeter le mépris sur votre anus infundibuliforme. (…) »

Prolongations superflues

Marie Sasseur dit: à

Fin hollywoodienne, ça veut dire que le bien finalement advient. Et les lecteurs de Houellebecq, pourront comprendre  » possiblement ».

Un père et son fils, gros delire sur la rdl, ça me revient.

Mais pour qui se complait dans la hargne bien confortable, je comprends que cette fin, pleine d’espoir, fasse mal.

Marie Sasseur dit: à

Le message précédent concernait la route de McCarthy

Marie Sasseur dit: à

Langoncet a viré sa cutie depuis qu’il lit ( Lautréamont ) mais le billet ce n’est pas  » pédérastes, vos papiers »

Janssen J-J dit: à

@ Bl… merci pour votre mise au point… bin plus clarifiante.. Oui, je connais à peu près « l’actu » de JM Cotzee, car je lis tout ce qui a été publié depuis ses débuts. Mais hélas, ne suis pas assez familier de la vôtre, d’actu, désolé… Pourriez-vous nous soumettre le titre de vos Mémoires irlandophones ?… qui m’ont un brin échappé, à ma plus grand’honte…
Suis heureux que « le coeur de ce pays » vous ait porté chance, naguère, et je comprends votre estime pour JMC… Car je le tiens pour l’un de ses romans visionnaires les plus puissants… Michael K…, non et encore moins les deux tomes de sa biographie, qui sont franchement pénibles et volontairement rebutants dans cette manière de nous dire que sa vie d’enfant et d’adolescent n’avaient pas eu grand intérêt, tout en n’en pensant pas moins..
S’agissant de la Route, moi itou, la fin m’avait évidemment agacé comme beaucoup (je me souviens de mon cercle littéraire), mais bof, ce n’est pas ce qu’il faut en retenir, et ma Connasse a raison…, la fin avait été expliquée dès le début… Aucun souvenir en revanche de ce qui en fut dit sur ce blog d’ailleurs… Ne m’encombre pas du souvenir de ces « débats » quand ils n’en valent pas la peine, surtout s’ils furent drivés par icelle, on sait tous ce que valent ses éclats laudateurs ou assassins ! Du vent en pets de nonnnes…
Je trouve qu’il y a de plus en plus de choses inégales chez Coetzee ces dix dernières années (comme chez Kertesz à la fin de sa vie)…, je pense à l’évocation de l’achat de sa maison dans le sud-Ouest… in « Trois histoires » et pire encore, dans « L’abattoir de verre »… des fonds de tiroir, en somme, il devrait sans doute arrêter, mettre le holà. Quand les vieux écrivains se gâtent, je ne sais pour quel sentimentalisme je leur reste pourtant fidèle et curieux, même si je suis de plus en plus déçu et que je n’ose me l’avouer…, alors je cultive la nostalgie de leurs écrits passés, et voudrais n’avoir pas à m’enrager de ce qu’est devenue leur production de vieillards… C’est sans doute moi le vieux kon… je dois bin en convenir… Ne m’accablez pas pour autant, les erdélolâtres… Je finis par mieux comprendre un Mendoza qui veut pas leur ressembler et qui dit Basta !… Mais qui nous garantit qu’il a pas mitonné quelques fonds de tiroir à sortir à titre posthume pour assurer l’alimentaire de la descendance ?…. Sont rusés, ces gars’là, faut jamais trop les croire… Hein !

Bon allez, Bl., j’M bin discuter le bout de gras, il y a des plages de concordance avec vous… Et avec quelques autres, encore heureux ! Mais faut que j’iallions… (au devoir extra-conjugal, comme tous les soirs de la semaine). Est déjà 22.15, suis en retard…

BN,

puck dit: à

holà… ce bouquin de Mc Carthy fait écho à son livre « no country form old men » (autre vision apocalyptique), bien sûr les références bibliques y sont nombreuses, notamment à la Génèse et autres passages de l’Ancien Testament (quand Jonas vient annoncer la destruction de Ninive) etc…, Apocalysme et messianisme, la question de la transmission, les figures symbolique comme à la fin quand l’enfant est chargé de la mission de transporter le feu, il faut voir dans ce feu quelque chose d’une flamme et d’une espérance, ou le passage où l’on voit affolement quand il perd ses papiers d’identité…
Mais surtout, le point central, comme dans « no country… » est de savoir ce qu’il reste du monde quand il n’en reste plus rien, autrement dit ce qui fait monde apparait au moment même ou il disparait, cela rappelle la scène finale du film de Lars von Trier ‘Melancolia » quand les trois construisent un semblant d’abri avec des branches.
Et là bien sûr on pourrait parler decette mission que Paul s’est assignée…
mais qu’importe !

Jazzi dit: à

rose dit : « Vous avez quelque chose à exprimer et j’espère que vous y arriverez. »

Pour comprendre ce texte quelque peu obsessionnel et dont les réactions qu’il provoque ici ne cesse de m’interpeller à chaque fois, rose, il me faut tout d’abord passer à l’aveu.
Un aveu public, que je n’ai jamais formulé par écrit jusqu’à aujourd’hui, et qui m’obsède plus ou moins consciemment depuis l’enfance.
Un secret qui m’a lié pour toujours à ma mère, et dont nous n’avons jamais parlé ensemble par la suite.

L’AVEU

Au matin du 5 décembre 1962, alors que notre père était déjà parti à son travail, mon frère ainé Ange (13 ans), ma petite soeur Nelly (5ans) et moi (10 ans) avons pris, comme à l’habitude, le petit déjeuner préparé par notre mère, et avons regagné respectivement notre école : trois établissements situés dans des lieux différents de la ville.
Des trois enfants, j’étais le seul à rentrer déjeuner à la maison, les deux autres restant à la cantine, ce que personnellement je refusais (ma mère, généralement impitoyable sur le respect des règles édictées autoritairement par elle, m’avait accordé cette dérogation).
Ce jour-là, à mon retour pour le repas de midi -ce qui m’obligeait à deux fois vingt minutes de marche-, ma mère m’apprit que mon père, ne se sentant pas très bien, était revenu plus tôt dans la matinée et s’était aussitôt allité.
Pensant à un refroidissement, elle lui avait préparé une tisane bien chaude et donné trois cachets d’aspirine.
Ils n’avaient pas jugé bon, d’aller chercher notre bon vieux médecin de famille, dont le cabinet se trouvait pourtant à deux pas de chez nous.
Avant de passer à table, ma mère me pria d’aller voir si mon père dormait toujours. Elle s’inquiétait de savoir si elle pouvait lui préparer une assiette dans la cuisine ou la lui porter au lit.
En pénétrant dans la chambre parentale, aux volets clos, où ne se faisait entendre aucun bruit, je fus saisi d’un sentiment de gène et d’étrangeté. Je n’osais approcher mon oreille trop près de la bouche de mon père, afin d’écouter son souffle, comme me l’avait recommandé ma mère. Son visage m’apparut serein et il me sembla qu’il dormait à poings fermés.
Je ressortis rapidement et dis à ma mère que tout allait apparement bien et que je n’avais pas jugé bon d’interrompre son sommeil.
J’avalai sans plus attendre ma collation et repartis en courant à l’école.
A la récréation de l’après-midi, une soeur aînée de mon père vint me chercher et me ramener à la maison.
Là, ma mère, en pleurs, m’annonça sa mort : elle me dit que c’était de sa faute, qu’elle n’aurait pas dû lui donner autant de cachets. Peu de temps après mon départ, elle avait tenté de le réveiller, en vain. Elle s’était alors précipité chez le docteur Aillaud, notre proche voisin. Celui-ci diagnostiqua une embolie au coeur et déclara à ma mère que s’il avait été prévenu à temps, il aurait pu le sauver !

___________________

1/ L’Oedipe, ici, ne fut pas seulement symbolique.
2/ Dans mon cas, l’Oedipe serait plutôt inversé : inconsciemment j’aurais souhaité la mort de ma mère et « épouser » mon père.
3/ Après la mort de ce dernier, mon frère aîné fut dépossédé de son droit d’aînesse, et je fus intronisé par ma mère à la tête du royaume familial.
4/ Notre mère nous parut bien vite plus heureuse veuve que mariée.
5/ En parlant de notre père, elle disait : « Lui, repos, moi, soucis » !
6/ Je n’ai aucun sentiment de culpabilité, seulement celui d’avoir été l’objet d’un fatum sur lequel je n’avais guère de prise.
(12 avril 2021 – 22 h 20)

Marie Sasseur dit: à

« holà… ce bouquin de Mc Carthy fait écho à son livre « no country form old men » (autre vision apocalyptique) »

N’importe quoi. Le keuf a une vision « apocalyptique » pleine d’hémoglobine…

Janssen J-J dit: à

@ jzmn… Je vous aime bien, mais là vous dépassez les borgnes…. Ce fragment, on l’a déjà lu plusieurs fois, moi du moiss, à la différence de l’autre… et quant à l’auto analyse sauvage additionnelle que vous en tirez, je la trouve rigolote pour ne pas dire indécente (bof), elle est surtout bien banale et hautement fantaisiste… VOus vous la donnez comme un semblant de rationalisation et de justification aux critiques indignées qui vous ont été adressées depuis deux ou trois jours… Mais enfin… sans besoin de la caution de papa freud ou de maman freudette, je vous le demande humblement : quel garçon n’a pas un jour rêvé d’enculer son Père pour faire disparaitre sa mère… ou quelle fille de baiser sa mère pour lui apprendre à bien niquer son père ? Franchement …
« Allons, allons, personne ne demande à quiconque de se confesser d’un « aveu
public, que je n’ai jamais formulé par écrit jusqu’à aujourd’hui, et qui m’obsède plus ou moins consciemment depuis l’enfance » (sic).
Allons, allons, jzmn… Les théories de Foucault sur les aveux de la chair sont elles-mêmes datées et dépassées depuis fort des plombes… Donc, par pitié… Ne dites pas des choses pareilles en les authentifiant par une date… Nous ne voulons pas être complices de cette douleur éventuelle. Et nous n’aurons pourtant pas l’affront de vous répondre : « à chacun sa merde ». Apparemment, elle a été très utile à votre créativité… Donc, tout va bien, l’issue Jeanne d’Arc est heureuse, finalement…
Bon, je vais encore prendre du retard avec cette gêne… Pardon de m’être immiscé dans une confession privée destinée à rôz… (Ai pas pu m’empêcher d’y réagir un brin)…
Restons dzen, toussent. Aplusse…

rose dit: à

Jazei

Je le lis comme une auto-punition le texte qui vous obsède après avoir lu L’aveu.
Ne sais si le fatum existe.
Ne peux répondre à cette question.
Dormais.
Me suis réveillée pour vous lire.
Est-ce pour cette raison que vous étiez absent aux obsèques de votre maman ?
Paix à eux deux, votre père et votre mère.
Le temps est venu.
À vous, Jazzi, désormais.
La vie, en paix.

rose dit: à

Jazzi

renato dit: à

Reçu aujourd’hui un chèque envoyé par la compagnie des transports publiques en compensation du période de confinement mars-mai 2020 et de gratuité, été de la même année. Valeur du chèque 3€ et 70 Cents, il se peux que je le garde comme souvenir d’une année étrange.

Jazzi dit: à

« Est-ce pour cette raison que vous étiez absent aux obsèques de votre maman ? »

Non, pas vraiment. D’autres raisons sont en cause.
Je n’ai pas non plus assisté aux obsèques de mon père, rose.
Ce n’est pas une conversation intime avec rose, JJJ.
Vous avez le droit de donner votre avis qui, de toute façon en dit plus sur vous que sur moi…

rose dit: à

Jazzi
Moi, ma soeur qui a manipulé mon père les cknq derniers mois de sa vie, en retirant avec son accord -il était gâteux depuis plusieurs mois déjà- 900 euros par semaine de son compte courant, puis en vidant successivement tous ses comptes, puis en encaissant à moitié avec mon frère son assurance-vie, nous sommes deux à n’en pas savoir le montant, ma mère et moi, lui a fait écrire un courrier m’interdisant d’aller à ses obsèques. En septembre ou octobre 2018.
J’y suis allée.
J’ai eu un malaise vagal provoqué par un acte très précis.
Quinze jours plus tard, en ai eu un second, provoqué par un second acte très précis.
Ensuite, mon psychiatre m’a expliqué que mon corps débranchait pour me permettre de survivre.

Pourquoi, en ce qui concerne votre père, n’aviez vous pas assisté à ses obsèques ?

rose dit: à

Je me souviens bien de la lecture de La Route.
Ce passage merveilleux lù les deux tombent sur une cache enterrée, une cave ? pleine de bouffe.
L’intervention du rêve dans le cauchemar.

rose dit: à

Le père et le fils.
Le peintre et le cinéaste. Renoir.
Vu 1900 avec ma mère,.Saint Henri, l’Estaque.
Quelle fresque historique de toute beauté.
La vie de ces campagnes italiennes rythmée par semailles et moissons. Mariages et enterrements.

rose dit: à

Mon père a eu des obsèques militaires.
C’était honteux.
Un jour, avant qu’ils ne meurent, j’irai inventorier du côté de ses collègues d’anciens combattants.
Mon père n’est pas un héros.
C’est un pleutre.
Et la manière dont il n’a rien géré de sa fin de vie, mais s’est fait engrainer par sa fille aînée, avec l’accord cupide de son fils, contre son épouse fidèle et aimante, sa fille du milieu et deux de ses petites filles dont sa préférée, dit tout de lui.

Je ne souhaite cela à personne ; non pas d’être spolié mais de spolier. Cela charge la barque immodérémment.
Mon père qui était un homme intelligent, extrêmement, n’a pas du être sans avoir.
Il avait terriblement peur de l’eau et s’est fait enterrer avec une énorme bâche armée sous son cercueil sur lequel il y avait un christ en croix.
Pauvre christ.
Toute la misère qu’il porte.

rose dit: à

Merci lapsus clavii 🤬.
N’a pas du être sans savoir.

Je pense, j’imagine, qu’il est au courant de son ignominie.
L’aînée, elle, avec sa collectionite de livres sur les ânes, est sans vergogne.
Un an et qq.mois après chez notre cousin, elle a osé dire « j’ai fait mon devoir filial ».
Elle s’est surtout bien rempli son portefeuille et totalement débarrassée de moi.
Cela la regarde.

rose dit: à

Cela le regarde celui/celle qui est opposé à la rencontre des corps.
Il ne se dit pas l’essentiel, mais cela permet la démystification, essentielle.

rose dit: à

Jean Langoncet dit: à
une certaine ligne d’accord
https://www.youtube.com/watch?v=iY6DC5DwPr8

Connais ce ponton.
Au pied de la propriété du magnat de la presse, celui de Rosebud.
À droite quand on est face au Pacifique, une petite loutre, sur le dos, fait la planche en croisant ses pattounes de devant et en rigolant.
Oui.
Une star.

Jazzi dit: à

« Pourquoi, en ce qui concerne votre père, n’aviez vous pas assisté à ses obsèques ? »

Par décision du conseil de famille, rose.

Jazzi dit: à

Après quoi, je ne suis plus jamais allé à la messe, rose. Réservant mes dimanches pour aller au… cinéma !

Marie Sasseur dit: à

L’intoxication de deux vieux dégueulasses et pervers continue. Comme un rouleau compresseur.

Mon dieu, mon dieu, je m’absente.

renato dit: à

Lu le post de christiane.

Le lieu géographique de Casa d’altri n’est pas la Lombardie mais l’Émilie : il s’agit certes d’un village de montagne, cependant ce ne sont pas le Alpes mais les Apennins.

La question de Dieu. Chaque fois qu’on ne peut pas donner une réponse satisfaisante — hors des poncifs — à un problème existentiel on met Dieu sur la table : Dieu comme solution de facilité. Dans Casa d’altri il y a une question de foi, c’est vrai, mais en relation à l’impossibilité de vivre compte tenu des limites de la foi : se tuer et ne pas transgresser.

christiane dit: à

Renato, mon premier post, car il y en a plusieurs… commence par la citation entre guillemets du commentaire de Puck.
Vos remarques géographiques et théologiques s’adressent donc à lui.
Je suis heureuse d’avoir eu d’autres avis sur le vôtre.

Bloom dit: à

Je trouve qu’il y a de plus en plus de choses inégales chez Coetzee ces dix dernières années (comme chez Kertesz à la fin de sa vie)…, je pense à l’évocation de l’achat de sa maison dans le sud-Ouest…

J’abonde, 3J. Depuis qu’il est en Australie, il n’a pas eu le même bonheur d’écriture. Il passe une partie de l’année ailleurs, aux US où il enseigne un semestre, en France où il fait du vélo l’été, uniquement dans le « grand sud-ouest ».
La façon dont il y est arrivé fut tout de même un peu contrainte et forcée. Comme pour mon ami Andrew, la grande ile désertique lui fut un refuge, mais alors que le petit juif de Budapest avait 11 ans et toute la vie devant lui, Coetzee y a atterri alors qu’il avait déjà deux Bookers dans sa besace et la réputation d’être le plus grand écrivain vivant de langue anglaise (précision: sa langue maternelle est l’afrikaans).
Cela dit, je tiens les 3 tomes de son autobiographie romancée pour les meilleurs textes qu’il a écrit, avec ses premiers romans et Disgrace. Force est de constater que sa production fictionnelle n’a pas été à la hauteur. Comment pourrait-il en être autrement? Après avoir métaphorisé les abominations diverses et variées de l’apartheid, en en illustrant ses débuts (Dusk), sa violence institutionnelle (Waiting for the Barbarians, Michael K.), et ses conséquences dans la nouvelle Afrique du Sud (Disgrace), il peine à faire de même avec une réalité australienne qui n’apporte à ce créateur engagé et gourmand de confrontations à sublimer que bien peu de gibier.
La question aborigène a été le sujet dont se sont emparés bien des romanciers (David Malouf, Patrick White) et il ne manque pas de crétins pour faire un procès à toute personne non ‘Aussie’ qui oserait s’y intéresser (voir Anouar Benmalek). Restent les réfugiés; les camps d’internement de migrants, et la politique de déportation des immigrants illégaux sur les petites îles-pays avoisinantes (Nauru).D’où ‘Jésus’ (doux Jésus…)…
Si l’Australie est un pays somptueux, à l’histoire violente, au climat violent, aux contrastes violents, elle ne semble pas offrir l’espace « idéationnel » suffisant pour que l’imagination créative de Coetzee trouve à s’ exprimer.
Pour lui la question n’est pas le « What Am I Doing Here? » de Chatwin (il le sait fort bien), mais « What do I do now I am here? »

Avec un universitaire américain et une universitaire anglaise, nous avons travaillé à trouver des financements pour produire ‘Roads of France’, un documentaire sur le sud-ouest vu par un Coetzee cycliste, amoureux de ce beau païs…Il aurait dû être prêt pour l’ouverture de l’exposition célébrant ses 80 ans au Amazwi South African Museum of Literature de Grahamstown, mais le manque d’intérêt des télés françaises et des collectivités locales n’a permis que la réalisation d’un petit 8mns intégré à la partie « Scenes from the South » de l’événement.

Ci-dessous un article assez court, agrémenté de nombreuses photos:
https://www.litnet.co.za/an-exhibition-celebrating-jm-coetzees-birthday-a-photo-gallery/

Une fois la vie repartie de plus belle, j’espère que nous pourrons nous remettre en quête de financement, trouver un distributeur et finir ce travail et célébrer un écrivain du bout du monde amoureux de notre pays.

Je demanderai également à John Coetzee s’il accepterait que je mette en ligne ma traduction de l’article qu’il avait écrit spécialement pour le magazine de l’Alliance française de Sydney, intitulé « Beckett in Cape Town ».

En attendant, je me retire en fin de semaine de la RDL (rdlus interruptus) pour répondre à l’appel du Londres de 1834 et des jaunes de chrome de Turner…London Calling!
(Je continuerai bien entendu à lire les billets de Passou)

That’s all, folks!

Jazzi dit: à

A défaut de son ego hypertrophié, aurait-il perdu le sens de l’humour ?
_______________

J.M. COETZEE

L’Afrique utopique

John Maxwell Coetzee, prix Nobel de littérature en 2003 est né au Cap en 1940. Ses romans, contrairement à ceux de Nadine Gordimer ou d’André Brink, ne traitent jamais frontalement des thèmes politiques propres au régime sud-africain, mais plutôt de leurs répercussions sur les individus jusqu’au plus profond de leur intimité. Il « n’applique jamais la même recette à deux ouvrages, ce qui contribue à la grande variété de son œuvre. », ainsi que l’ont noté avec justesse les membres du jury de l’Académie suédoise. Non sans humour et distanciation cependant, malgré une vision passablement pessimiste du monde. Dans L’été de la vie, troisième volet de ses récits autobiographiques, c’est un certain M. Vincent, jeune universitaire anglais qui, après la mort de l’auteur, se charge de rédiger sa biographie : « Je me concentre sur les années qui vont du retour de Coetzee en Afrique du Sud en 1971/1972 à son premier succès auprès du public en 1977 », dit-il à l’une de ses interlocutrices. Une période capitale, celle où il se cherchait en tant qu’écrivain. Mais pas seulement. C’est ainsi qu’au travers des témoignages recueillis auprès de quatre femmes et d’un confrère universitaire qui l’ont côtoyé à l’époque, Coetzee trace de lui un portrait peu reluisant d’amant médiocre, de personnage sans consistance et même de professeur rien moins que brillant ! Ecoutons ici ce que sa collègue Sophie Denoël, qui anima avec lui un cours de littérature africaine à l’université du Cap et qui, accessoirement, fut également sa maîtresse, rapporte de ses idées politiques en pleine période de l’apartheid.

« Il acceptait l’idée que la lutte de libération était juste. La lutte était juste, mais la nouvelle Afrique du Sud qu’elle cherchait à mettre en place n’était pas assez utopique à son goût. […]

Il voyait l’Afrique à travers une brume romantique. Pour lui, les Africains étaient des gens incarnés, d’une manière qui s’était perdue depuis longtemps en Europe. Qu’est-ce que je veux dire ? Je vais essayer de m’expliquer. En Afrique, aimait-il à le rappeler, le corps ne se distingue pas de l’âme. Le corps, c’est l’âme. Il avait toute une philosophie du corps, de la musique et de la danse, que je ne sais vous rapporter, mais qui me semble, même alors – comment dirais-je ? –, ne mener nulle part. Nulle part, politiquement parlant. […]

Sa philosophie donnait aux Africains le rôle de gardiens d’un mode d’être de l’humanité plus vrai, plus profond, plus primitif. Nous avons eu de longues et chaudes discussions là-dessus, lui et moi. Sa position revenait, lui disais-je, à un primitivisme romantique passé de mode. Dans le contexte des années soixante-dix, de la lutte de libération et contre le régime d’apartheid, cela n’avançait à rien de voir les Africains sous cet angle. Et, de toute façon, c’était un rôle que les Africains ne souhaitaient plus tenir. […]

C’était un point de vue qu’il ne faisait pas valoir ouvertement. Il restait toujours prudent à cet égard, très correct. Mais si on l’écoutait attentivement, on devait percevoir sa position.
Il y a un autre aspect, un autre parti pris dans sa façon de penser que je dois évoquer. Comme beaucoup de Blancs, il considérait que les provinces du Cap, Le Cap-Occidental et peut-être aussi Le Cap-Nord, se distinguaient du reste de l’Afrique du Sud. La Province du Cap était un pays à part entière, qui avait sa géographie, son histoire, ses langues, sa culture. Dans ce Cap mythique, les métis, les Coloureds, avaient leurs racines et, à un moindre degré, les Afrikaners aussi, mais les Africains étaient des étrangers, arrivés tardivement, comme les Anglais.
Pourquoi est-ce que je vous parle de cela ? Parce que cela donne une idée de sa façon de justifier l’attitude plutôt abstraite, plutôt anthropologique, qu’il avait envers l’Afrique du Sud noire. Il ne ressentait rien pour les Noirs sud-africains. C’est la conclusion à laquelle j’en étais arrivée personnellement. C’étaient ses concitoyens, mais pas ses compatriotes. L’histoire – ou le destin, ce qui était pour lui la même chose – leur avait donné le rôle d’héritiers de cette terre, mais, au fond, ils continuaient à être eux par opposition à nous. […]

Nous étaient principalement les métis. C’est un terme que j’emploie à contrecœur, par souci de concision. Lui – Coetzee – l’évitait autant que possible. J’ai évoqué ses conceptions utopiques. Eviter ce terme relevait de ces convictions. Il espérait voir le jour où chacun en Afrique du Sud ne serait rien du tout, ni africain, ni européen, ni blanc, ni noir, ni rien d’autre, le jour où les familles auraient un passé si mêlé, entremêlé, que les gens ne se distingueraient pas, d’un point de vue ethnique, les uns des autres, c’est-à-dire – et je recours une fois de plus à ce mot porteur de souillure – qu’ils seraient métissés, des métis, des Coloureds. Il appelait ça l’avenir brésilien. Les Brésiliens et le Brésil avaient son approbation. Il n’était, bien sûr, jamais allé au Brésil. »
(« L’été de la vie », traduit de l’anglais (Afrique du Sud), par Catherine Lauga Du Plessis, Editions du Seuil, 2010)

Jazzi dit: à

« La question aborigène a été le sujet dont se sont emparés bien des romanciers (…) Pour lui la question n’est pas le « What Am I Doing Here? » de Chatwin »
_____________

BRUCE CHATWIN

Pourquoi marche-t-on ?

Dans Le chant des pistes, l’écrivain anglais Bruce Chatwin (1940-1989), fort d’une expérience d’une vingtaine d’années d’errance à travers le monde, s’est sérieusement posé la question du pourquoi marche-t-on ? La réponse se trouve peut-être dans les carnets de notes qu’il avait prises jadis pour un projet de livre, jamais écrit, sur le nomadisme. Avec ce superbe récit testamentaire, publié peu de temps avant d’être emporté par le Sida, l’auteur de En Patagonie nous fait partager la croyance des aborigènes d’Australie, pour qui le monde a été créé par nos plus lointains ancêtres, en marchant, et en nommant, ou plutôt en chantant, un pas après l’autre : « tout ce qu’ils avaient croisé en chemin : oiseaux, animaux, plantes, rochers, trous d’eau ». D’où la nécessité de préserver ces légendaires Songlines, les pistes chantées, qui donnent son titre au livre et constituent notre géographie originelle et sacrée !

« J’eus le pressentiment que la phase « voyageuse » de ma vie pouvait tirer à sa fin. J’eus l’intuition qu’avant d’être envahi par le mal rampant de la sédentarité, il me fallait rouvrir ces carnets. Je devais coucher sur le papier un condensé des idées, citations et rencontres qui m’avaient amusé ou obsédé ; et qui, je l’espérais, jetteraient une lumière sur ce qui est, pour moi, la question des questions : pourquoi l’homme ne peut-il tenir en place ?
Pascal, dans l’une de ses pensées les plus sombres, nous a donné son opinion sur l’origine unique de toutes nos souffrances : notre incapacité à rester calmement dans une pièce.
Pourquoi, demandait-il, un homme possédant tout ce qu’il faut pour vivre se sent-il poussé à se divertir dans de longs voyages en mer ? Pour habiter dans une autre ville ? Pour partir à la recherche d’un grain de poivre ? Ou pour aller en guerre fracasser quelques crânes ?
Plus tard, après plus amples réflexions, ayant découvert la cause de nos malheurs, il voulut en comprendre le pourquoi et il trouva une très bonne raison, à savoir la tristesse naturelle de notre pauvre condition de mortel, tristesse si grande que, lorsque nous lui prêtions toute notre attention, rien ne pouvait nous consoler.
Une chose, et une seule, pouvait alléger notre désespoir, le divertissement : cependant c’était là le pire de nos malheurs, car dans le divertissement nous étions empêchés de penser à nous-mêmes et étions progressivement acculés à la ruine.
Pourrait-il se faire, me demandai-je, que notre besoin de distraction, notre manie de la nouveauté ne soient, essentiellement, qu’un appel instinctif à la migration semblable à celui des oiseaux en automne ?
Tous les grands maîtres ont enseigné que l’homme était, à l’origine, un « vagabond dans le désert brûlant et désolé de ce monde » – ce sont là les mots du Grand Inquisiteur de Dostoïevski – et que, pour retrouver son humanité, il devait se débarrasser de ses attaches et se mettre en route.
Mes deux derniers carnets étaient pleins de notes prises en Afrique du Sud où j’avais observé, de visu, des preuves indiscutables sur l’origine de notre espèce. Ce que j’avais appris là-bas – avec ce que je savais maintenant des itinéraires chantés des aborigènes – semblait confirmer l’hypothèse que j’avais caressée depuis longtemps : la sélection naturelle nous a conçus tout entiers – de la structures des cellules de notre cerveau à celle de notre gros orteil – pour une existence coupée de voyages saisonniers à pied dans des terrains épineux écrasés de soleil ou dans le désert.
S’il en est ainsi, si le désert a bien été notre demeure primitive, si nos instincts se sont forgés dans le désert pour nous permettre de survivre aux rigueurs de ce milieu – il devient alors plus facile de comprendre pourquoi les verts pâturages finissent par nous lasser, pourquoi la jouissance des biens nous épuise et pourquoi les appartements confortables de l’homme imaginaire de Pascal lui semblaient une prison. »
(« Le chant des pistes », traduit de l’anglais par Jacques Chabert, Grasset & Fasquelle, 1988)

Parmi les nombreux extraits des anciens carnets de « moleskine » de Bruce Chatwin, intégrés dans son dernier récit, citons : « Notre nature est dans le mouvement ; le repos entier est la mort. Pascal, Pensées. », « La grande maladie de l’horreur du domicile. Baudelaire, Journaux intimes. » Ou encore, à l’intention des voyageurs en chambre : « Ceux qui ont analysé le plus finement cette envie incessante de se déplacer furent souvent des hommes qui, pour une raison ou pour une autre, étaient contraints à l’immobilité : Pascal par des maux d’estomac et des migraines, Baudelaire par la drogue, saint Jean de la Croix par les barreaux de sa cellule. Certains critiques français affirmaient que Proust, lui qui vivait en ermite dans sa chambre tapissée de liège, fut le plus grand de tous les voyageurs littéraires. »

christiane dit: à

Merci, Mimi pinson, pour cet éclat de soleil bleu.

Jibé dit: à

On navigue entre dieu et diable en eaux troubles…

Ici, soleil et froid, une splendeur de matin d’avril. Mais de facto, contrairement à ce que je croyais, la vigne a brûlé sous le gel, pas le premier jour mais les suivants; c’est la répétition du phénomène qui a rétamé les bourgeons. A voir, c’est grand pitié. (les cerisiers, idem)
Mon voisin me dit « ça, plus le covid et moins les clients restaurateurs, je suis à genoux ». Il parle tout bas. Il n’est pas assuré contre un risque même pas décennal et les « aides de l’Etat », il sait que ça ne compensera rien de ses pertes à long terme. La vigne, c’est un travail de chien, un travail courbé et qui coupe les doigts, pour un vin que des messieurs-dames pincés vont évaluer, mmmoui, pas mal, un parfum de framboise, ou de banane, va savoir.

La Route est un livre terrible et une découverte majeure, SV, je vous l’accorde!

Coetzee? je n’ai rien lu de lui récemment, j’ai surtout aimé l’autobio. On y trouve révélé un monde de paria, tant lui que d’autres.

et alii dit: à

C’est ainsi qu’au travers des témoignages recueillis auprès de quatre femmes et d’un confrère universitaire qui l’ont côtoyé à l’époque, Coetzee trace de lui un portrait peu reluisant
ce n’est pas la « manière internet » évidemment;
mais j’ai entendu des femmes se raconter leurs amants universitaires ,médecins, politiciens, ils n’étaient pas des « hypersublimes »;
et je ne crois pas qu’elles craignaient qu’on les leur prenne
bonne journée

rose dit: à

Si j’étais François Gouuette, je surveillerais les arrières.
L’arme blanche, dans ce pays, est la règle.

rose dit: à

Gouyette

Pas dormi.

rose dit: à

dieu, je m’absente.

Vacance pour tout le monde.
Si ça pouvait durer un peu 🙃

rose dit: à

Jazzi

Conseil de famille composé de qui, jazzi ?

rose dit: à

qui n’apporte à ce créateur engagé et gourmand de confrontations à sublimer que bien peu de gibier.

C vrai que grands sauriens, requins et kangourous sont petit gibier.

Hypothèse : peut-être que ce très grand espace ilien lui suffi pour se calmer. L’écriture n’a t’elle pas pour vocation de calmer l’agitation hors sol pour rentrer en soi, home sweet home ?

Jazzi dit: à

AMIN MAALOUF

L’eau chaude de la mémoire

A la manière des Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar, l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf, élu à l’Académie française au siège de Claude Lévi-Strauss en 2011, nous a donné une succulente biographie romancée de « Léon l’Africain », un aventurier et diplomate qui fut placé à la croisée des cultures et des religions de la première moitié du XVIe siècle dans un monde alors en pleine mutation. Né vers 1488, à Grenade en Andalousie musulmane, Hassan al-Wazzan fut contraint, après la prise de la ville en 1492 par les Rois catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand II d’Aragon, de partir avec sa famille se réfugier à Fès au Maroc. Tout à ses études théologiques et à peine âgé de dix-sept ans, son oncle maternel lui proposa de l’accompagner jusqu’à Gao, au Mali, où il était chargé de porter un message de la part du roi de Fès au souverain de l’Empire Songhaï, l’Askia Mohammed Touré, qui régnait alors en maître sur les vastes contrées de cette région africaine. C’est à l’occasion de ce voyage qu’il découvrit Tombouctou. À 20 ans, il s’engagea définitivement sur les routes et la voie de la diplomatie, pour une vie entière de grand voyageur et de négociateur : ses missions politiques et commerciales le menèrent à travers tout le Maroc ainsi que dans l’ensemble des pays du Maghreb, de l’Arabie, de l’Afrique saharienne, à Constantinople et en Égypte. En 1518, de retour du pèlerinage à La Mecque, il fut capturé à Djerba par un chevalier de l’Ordre de Saint-Jean, Pedro di Bobadilla. Ce dernier l’offrit en cadeau au pape Léon X, qui l’adopta, le fit catéchiser et baptiser sous son propre patronyme. C’est ainsi qu’il devint Jean-Léon de Médicis, dit « Léon l’Africain ». Pendant son séjour en Italie, il s’initia à l’italien et au latin et enseigna l’arabe à Bologne. Chantre de la cohabitation pacifique des diverses cultures et religions, il écrivit, à la demande du pape, sa célèbre Cosmographia de Affrica, publiée à Venise sous le titre Description de l’Afrique, qui resta longtemps un ouvrage de référence sur les us et coutumes africaines à l’usage des diplomates et explorateurs. On ne connaît ni la date ni le lieu exact de sa mort. Dans l’extrait ci-dessous, le futur Léon l’Africain, qui n’était encore qu’un jeune garçon d’une douzaine d’années, nous fait découvrir, grâce notamment à Haroun, un ami plus déluré que lui et fils d’un portefaix de Fès, un des hauts-lieux traditionnels de la ville : le hammam.

« « Quand je pense que tous ces gens se lavent avec du fumier ! »
Je mis quelques instants à réaliser ce que Haroun venait de dire. Puis nous partîmes l’un et l’autre d’un rire bruyant. Mon ami n’avait pas tort, car c’est bel et bien avec du fumier qu’était chauffée l’eau des hammams de Fès.
Ce jour-là, nous étions payés pour le savoir, le patron du bain nous ayant envoyés, munis de deux mules et de quelques dirhams, faire le tour des écuries du quartier et y acheter le fumier accumulé. Nous l’avions transporté en dehors de la ville, à un endroit qu’il nous avait indiqué. Un homme nous y attendait pour recevoir le chargement ; c’est lui qui s’occupait d’étendre la précieuse récolte pour la sécher, ce qui prend un mois en été, trois en hiver. Au retour, nous remportions un tas de fumier dur comme du bois et prêt à brûler. C’est avec cela que la chaudière du hammam était alimentée. C’est dire si, une fois déchargée la dernière cargaison, nous avions sur nous, Haroun et moi, la couleur et l’odeur de ce que nous avions transporté.
Nous nous étions donc hâtés de quitter nos habits pour nous précipiter dans la salle d’eau chaude. Notre aventure nous amusait. Dès que nous rencontrions un ami dans l’étuve, nous prenions plaisir à lui demander si son eau ne lui semblait pas différente ce jour-là.
Pour tous les gens de la ville, le hammam est le plus agréable des lieux de rendez-vous. Ils quittent leurs vêtements dans les cabines, près de la porte d’entrée, puis se rassemblent tout nus, sans aucune honte. Jeunes écoliers, ils parlent de leurs maîtres, se racontent leurs facéties en passant sous silence les fessées consécutives. Adolescents, ils parlent de femmes, s’accusant mutuellement de languir pour l’une ou l’autre, vantant chacun ses exploits amoureux. Adultes, ils deviennent plus réservés sur cet article, mais échangent conseils et recettes destinés à améliorer les effets de leur corps, un sujet inépuisable et une mine d’or pour les charlatans. Le reste du temps, ils parlent dinars, discutent religion et politique, la voix haute ou basse selon les opinions qu’ils professent.
Souvent, les hommes du quartier se rencontrent au hammam pour déjeuner. Certains arrivent avec leur repas, d’autres demandent à un garçon d’étuve d’aller leur acheter quelque chose au marché voisin. Mais ils ne prennent pas immédiatement leur collation. Ils passent d’abord à la salle tiède, où les garçons les lavent et les frictionnent avec de l’huile et des onguents. Ils se reposent un peu, couchés sur un tapis de feutre, la tête sur un traversin de bois également couvert de feutre, avant d’entrer dans la salle chaude où ils transpirent. Puis ils reviennent à nouveau dans la salle tiède, se lavent encore et se reposent. C’est alors seulement qu’ils se dirigent vers la salle fraîche, s’assoient autour de la fontaine, pour manger, bavarder et rire, ou même chanter.
La plupart d’entre eux restent nus jusqu’à la fin du repas, à l’exception des personnages importants qui évitent de se montrer ainsi, gardent une serviette autour des hanches et ne l’enlèvent que dans les salles particulières qui leur sont réservées, des salles toujours impeccablement tenues. C’est là qu’ils reçoivent leurs amis, c’est là qu’ils se font masser ; c’est également là que vient le barbier pour leur proposer ses services.
Et puis il y a les femmes. Un certain nombre de hammams leur sont entièrement réservés, mais la plupart servent aux deux sexes. Dans les mêmes locaux, mais pas aux mêmes heures. Là où je travaillais, les hommes venaient de trois heures du matin à deux heures de l’après-midi. Le reste de la journée, les garçons d’étuve étaient remplacés par des négresses, qui plaçaient une corde au travers de la porte pour indiquer aux hommes qu’ils ne pouvaient plus entrer, et si l’un d’entre eux avait besoin de dire un mot à son épouse, il appelait une des employées pour qu’elle fasse la commission. »
(« Léon l’Africain », Jean-Claude Lattès, 1986)

Appelé « bain maure » (en référence à l’Espagne musulmane d’Andalousie) et « bain turc » par les Occidentaux, le hammam (« eau chaude » en arabe) est un bain de vapeur humide puisant ses origines dans les thermes romains. Sous sa forme actuelle, le hammam s’est développé dans l’empire ottoman à la faveur de l’expansion de l’Islam. Longtemps, les deux jeunes héros du roman d’Amin Maalouf se demandèrent, comme tant de garçons de leur âge, ce qui pouvait bien se passer à l’intérieur du hammam à l’heure des femmes, jusqu’à ce que le hardi Haroun, grimé en jeune fille, pénètre furtivement à son tour dans ce harem idéalisé et interdit…

B dit: à

Et puisqu’il y a manque d’eau de pluie pour de plus en plus de terriens, conclure: après nous le césium. Heureusement, la littérature agit comme un prozac ou une pilule de l’oubli de soi et des autres. A vos bouquins!

Jazzi dit: à

« Conseil de famille composé de qui, jazzi ? »

Le clan des Barozzi, qui ne portait pas ma mère dans son coeur, rose…

rose dit: à

Ici, un rosier en pot a gelé aussi.
Je vais le tailler court et prier. C le plus beau : rouge sombre flamboyant. Le blanc a survécu. Les lys blancs de la vierge aussi.

Somptuosité de Bruce Chatwin et de la glycine de Mimi Pinson.

Dieu comme un appel au secours.
Comme le garagiste, le plombier, le charpentier ? Des hommes de main ?
Dieu, un artisan.

rose dit: à

Jazzi
Les trois enfants ont été virés des obsèques ou bien seulement vous ?

puck dit: à

je dirais même plus Coetzee n’est l’auteur que d’un seul livre : « Disgrâce ». Ses autres livres sont encore moins bons que ceux de P. Roth, ils ne valent pas un clou comme on disait au bon temps de la crucifixion.

puck dit: à

la différence entre Maalouf et Coetzee c’est que Coetzee a au moins écrit un grand roman.

puck dit: à

« Heureusement, la littérature agit comme un prozac ou une pilule de l’oubli de soi et des autres. A vos bouquins! »

conseiller à un dépressif névrotique avec des tendances au suicide de remplacer son prozac par des livres c’est comme conseiller à un cancéreux de se soigner en buvant des tisanes au thym.

closer dit: à

Maison des Autres.

Un vieux prêtre (la soixantaine, vieux pour l’époque, juste après la guerre) regarde tomber la pluie et la neige depuis trente ans dans un minuscule village de montagne. Un climat rude, des gens frustes, personne à qui parler sérieusement (il avait été bon dans ses études), la routine des baptêmes, des mariages et surtout des enterrements. Comme seule personne instruite, il fait un peu tout, y compris le médecin et le maréchal ferrant quand besoin est. Seules distractions, les représentations théâtrales annuelles, des sortes de mystères je pense, sur la base du Tasse ou de l’Arioste; mais après la guerre il n’y a plus les costumes, moins d’acteurs et d’actrices…

Un jour, il s’aperçoit qu’une vieille femme, une laveuse, s’est installée à la lisière du village. Il ne l’a jamais vue. Elle l’obsède au point qu’il désire la rencontrer le plus vite possible. Un mélange de devoir et de curiosité sans doute, sa motivation n’est jamais précisé. Finalement, comme il l’espérait, elle vient le voir pour lui poser une question. Peu importe le détail. Ce qu’elle veut savoir, c’est s’il existe parmi les interdits de la religion des minuscules exceptions, des interstices par lesquelles on pourrait se glisser…Oui, dans ce cas précis, ça existe.

Mais le curé comprend très bien que ce n’était pas sa vraie question. Elle lui dira clairement plus tard. Savoir ce que veut cette femme, l’obsède de plus en plus. Il prend même des risques pour sa réputation en partant pour des heures de marche vers la cabane de la vieille dans l’espoir de lui parler. Les gens ne sont pas idiots, certains comprennent.

Enfin, la grande explication arrive. Elle s’exprime après des détours. Il ne s’y attendait pas. Il répond, contrairement à ce qui a été dit ici. Il répond en rappelant les principes de l’Eglise, que pouvait-il faire d’autre ?. Mais dans ce cas précis, contrairement au premier, il n’y a pas d’exception, pas le moindre interstice par où se glisser…Elle lui dit qu’elle savait ce qu’il lui répondrait, elle avait reçu une certaine instruction religieuse. Elle a tenté tout de même, sans doute pour se libérer.

La vieille laveuse meurt. Dans un geste de charité dont apparemment personne ne s’est aperçu ici, il ne cherche pas à savoir comment elle est morte. La vieille Melide, chargée de toiletter les morts et de coudre les linceuls, fait son travail. Il accepte de payer les pleureuses.

C’est fini. Encore deux pages. Melide est morte, elle aussi. Il sent qu’il n’a plus qu’une chose à faire, rentrer chez lui et attendre son tour.

Très beau récit (moins de 60 pages en réalité). Les louanges hyperboliques de certains me paraissent un peu exagérés, mais c’est vrai qu’on ne le lâche pas et qu’il marque le lecteur.

Jazzi dit: à

Les trois, rose.
Ma mère crucifiée, seule, face à son crime.
La messe des funérailles de mon père eut lieu dans l’église dont il avait sculpté la balustre de l’autel en marbre blanc, entouré d’une foule innombrable…

puck dit: à

Le peintre et le cinéaste. Renoir.
Vu 1900 avec ma mère,.Saint Henri, l’Estaque.
Quelle fresque historique de toute beauté.
 »

c’est là où j’ai grandi !!! l’Estaque, Saint André, Saint Henri, Saint Antoine, Verduron, la Viste, la Gavotte, Saint Louis, le Vallon des Tuves, les Borels : c’était le nom de toutes équipes de foot du coin. à l’époque c’était des pinèdes, de la garrigue, des champs avec des moutons… et aussi des blockhaus construits pas les allemands pour surveiller la mer, on y jouait au cowboys et aux indiens, faut dire que mes potes n’avaient pas de grandes connaissances historiques, à part chez la vieille épicière chez qui on allait voler des bonbons, elle était muette parce les résistants lui avaient coupé la langue à la fin de la guerre.

B dit: à

Puck, pas si sûr, cela pourrait être selon les choix une manoeuvre euthanasiante.

B dit: à

Est ce que La route égale Les raisins de la colère? Peut-être lecteur est-il moins tendre, voire dénué de sentimentalité? Et dans ce cas le mot terrible conviendra.

B dit: à

Rayer lecteur. SVP. Décidément ce portable m’ennuie de toutes les façons.
Pour les vignes, c’est une catastrophe, entendu hier matin qu’en Bourgogne malgré les brûlots tout ou presque avait grillé par le gel sur nombre de côteaux. Les vignerons pour la plupart ne sont pas assurés.

puck dit: à

Les louanges hyperboliques de certains me paraissent un peu exagéréEs !
« 

puck dit: à

me sens pas concerné : mes louanges n’étaient pas hyperboliques, mais paraboliques.

puck dit: à

sérieux ? vous avez tous lu « la Maison des Autres » après que j’en ai parlé ? cela dit même Paul Edel ne connaissait pas avant que je lui en parle.

je vais chercher pour vous en trouver un autre.

Janssen J-J dit: à

@ conseiller à un cancéreux de se soigner en buvant des tisanes au thym.
Et bin, très souvent, ça marche mieux, c’est même hyperparabordélique !
‘Disgrâce’ fait l’unanimité occidentale, on s’interroge sur les raisins pour lesquels les routards sont en colère…, B.

///@ Bl…. j’avais adressé un long papier de remerciement et prodigué mes encouragements à son projet (en suggérant à Passoul de le relayer, ce qui l’aiderait peut-être)… mais trop long, et entre temps la bécane s’est mise sur le mode avions à mon insu, le post s’est envolé dans les limbes du néant. Maintenant,… dépit et flemme. Bon, mais c le gel qui nous préoccupe ast’heure. Contrairement à JB, je crois que mes pauvres fruitiers ont finalement été épargnés… SI c le cas, enverrai des confitures en septembre aux nécessiteux de la rdl, si le bon dieu s’est montré sensible à la détresse de nos feux charentais…
Bàv les amiches, quant aux con.nes, allez-vous faire foutre… ikées !

DHH dit: à

@jazzi
un lieu fonctionnant comme celui décrit par Amin Maalouf je j’en ai frequenté un régulièrement dans ma jeunesse et mon adolescence accompagnant des femmes de ma famille le jour du « bain maure »
elles y donnaient rendez vous a de copines et tout le monde se retrouvait la bavardant avant, pendant et après le passage dans la salle chaude
Mais ce qui est extraordinaire c’est que ce lieu qui était la perpétuation inchangée de ce truc antique decrit dans nos versions latines , avec les mêmes salles chaudes fraîches et de repos qui se disaient tepidarium caldarium etc.. ne suscitait aucun rapprochement dans notre esprit avec ce que nous traduisions du latin sur le même sujet
De même lorsqu’a l’ecole ^primaire on nous parlait de Roland ce courageux chevalier qui s’attaque aux méchants sarrasins , nous ne nous avisions pas que ces sarrazins étaient sous un autre nom les arabes qui nous entouraient

christiane dit: à

Jibé,
Ce témoignage est terrible. Vous écrivez : « La vigne, c’est un travail de chien, un travail courbé et qui coupe les doigts ».
Oui, Jibé, mon grand-père paternel a connu ces terribles gels qui anéantissent une récolte. Sa vigne abritait quelques oliviers en bas des collines.
Je ne l’ai pas connu. Mort du tétanos après s’être blessé avec une hache. J’ai beaucoup entendu parler de cet homme vaillant.
Je comprends le découragement de votre voisin.

D. dit: à

Ce midi c’est Francfort-moutarde 🍟.

Tout simplement.

christiane dit: à

Eh oui, Renato, les guillemets renvoient à un commentaire de Puck.

D. dit: à

Tiens, au fait, que devient ce cher vieux renato ?

Janssen J-J dit: à

@ DHH, en quoi vous m’êtes si sympathique, car craignez point de révéler semblables reconnexions mentales qui auraient pune jamais trouvé leur chemin entre expériences émotionnelles vécues de l’enfance et découvertes cognitives de l’âge adulte. Je pourrais en raconter plein du même acabit. Etnous le pourrions peut-être tous.tes. Infinis respects pour votre sagesse, oui, sapienceuseet et sempiternelle, comme le cri de la mouette. Bàv,

renato dit: à

Bon, donc la mise au point géographique est pour Puck.

Jazzi dit: à

J’admire les contorsions de Christiane et de closer pour ne pas révéler ce que demande la vieille au curé, et que nous avons tous compris sans avoir lu la « Maison des autres » !
Pourtant, l’euthanasie est un sujet en pleine actualité…

et alii dit: à

aborigène, c’est l’art:
La peinture sur corps aborigène n’a pas pour but premier d’être artistique ou esthétique. Il est pratiqué pour raison sociale. La peinture corporelle est un symbole du statut de la personne, de sa religion et de sa position au sein de la famille.

Les symboles peints racontent l’histoire particulière de la personne à même son corps.

Il n’est pas accepté de peindre soi-même son corps. C’est un membre de la tribu ou de la famille qui est responsable de réaliser la peinture.
http://lebodypainting.fr/art-aborigene/

B dit: à

Sarrasin, c’est poétique. Ce nom m’évoque celui d’une céréale, d’où l’image. Vaste champ mouvant sous les vents d’ouest. J’apprends en cherchant qu’il désigne aussi les fragments qui accompagnent l’iceberg quand il se détache de la banquise.

B dit: à

D, ne mangez pas trop de frites si vous ne voulez pas prendre trop de poids. Je m’absente jusqu’à ce soir car j’ai Rien à faire et ça prend du temps. Bises.

christiane dit: à

Jazzi, nulle contorsion. Ce n’est tout simplement pas l’important et surtout ne maligne pas sur le commentaire de Closer.
L’important je le situe dans l’écriture de Silvio D’Arzo magnifiquement traduite par Simeone, dans la finesse des réactions des deux personnages, dans l’écrasement de toute espérance dans ce pays rude, dans ces rites funéraires dans la vie des habitants de village, dans ces maisons aux poutres noircies par tout ce qui flambe et éclairé, dans ces bêtes que l’on entend, dans les couleurs…
Réduire cette nouvelle à une problématique sur l’euthanasie c’est passer à côté dun très grand écrivain. Mais j’ai dit ce que j’avais à dire et Jibé l’a compris, j’ai lu les commentaires si riches de x et Vanina. Le reste m’importe peu.

et alii dit: à

les crepes au sarrasin!
Le tourtou est une crêpe de sarrasin et de froment.

Marie Sasseur dit: à

Deachach et ses zarabes encore un grand moment de kulture.

Sinon, le vieux pervers narcissique, et déviant sexuel, se raconte comme il l’entend; une autre fois, sa mère, décrite comme folle, déficiente mentale, était muette, cet « aveu » est apparemment tombé dans l’oreille des sourds.

rose dit: à

Jazzi

Le pensez-vous réellement ou est-ce la part de l’imaginaire familial que les cachets aient eu une incidence quelconque sur la mort du père ?

DHH dit: à

@B
D’où le calembour dans l’incipit des « fleurs bleues « avec ce Sarrasin qui fauchait du blé « et d’ailleurs pas loin il y avait » deux Huns « e-mais je n’en suis plus très sure-un Franc qui comptait ses écus

closer dit: à

D’abord, il ne s’agit pas d’euthanasie, ensuite, je suis d’accord avec Christiane sur la beauté de la forme.

De mon côté j’ai insisté sur l’histoire qui avait été largement défigurée, sans révéler les questions par égard pour d’éventuels futurs lecteurs. Hier il y avait un exemplaire disponible sur Amazon. J’ai pris le dernier dans une librairie parisienne…

closer dit: à

L’aspirine n’y était pour rien, au contraire, sauf s’il a fait une hémorragie, ce qui n’a pas l’air d’être le cas.

Marie Sasseur dit: à

#Cette vue du ciel de Barcelone me rend dingue

Magique.

( et au milieu, l’architecte Gaudi a jamais sous sa Sagrada, qu’on devine, vu d’avion…)

lmd dit: à

Mimi Pinson, vous montrez un dessin de Henry Darger ; j’ai vu ses grands dessins il y a quelques années à Lausanne. Pourquoi donnez-vous cette date 1889 ? Quelqu’un sait-il si on peu lire des morceaux de son texte démesuré (des milliers et milliers de pages) quelque part ?

Jazzi dit: à

Non, les cachets sont une projection de la culpabilité de ma mère, qui faisait sans cesse des scènes à mon père. Le petit roseau agité et souple a eu la peau du solide chêne…

Jazzi dit: à

Vous m’avez mal lu au fil des ans, MS. Folle et sourde et muette, oui. Nullement déficiente mentale. Très intelligente, au contraire !

Janssen J-J dit: à

@ Duconasse, contentez-vous de rester dans votre zone de confort de la mise en cause des keufs du MI et de votre registre d’amoureuse décue de Passoul. Et tout ira bene… Que ma mère fofolle soit à l’ehpad, yes, et que j’aye des pbs de mémoire, yes, en quoi ça concerne mon auto-analyse ? Connaitrez jamais la solidarité littéraire, hélas pour vous…
Croyais que vous aviez autre chose à faire…
A la différence de B. dont j’apprécie le formidable humour, « ça prend du temps »… Mais pas le vôtre, apparemment. Allez donc boufler .. votre frankfort-moutarde, il est midi ma soeur Chouette-Zère et + tarte que tu ne l’penses…

Jazzi dit: à

« L’aspirine n’y était pour rien, au contraire, sauf s’il a fait une hémorragie, ce qui n’a pas l’air d’être le cas. »

Exact, closer. Un caillot de sang au coeur…

Marie Sasseur dit: à

Belle journée à vous Passou.

Moi je vaus aller pique-niquer au soleil du Midi.

( pssst, pour la journée tee-shirt mouillés, comme promis, on attendra avec des copines, qu’il fasse moins froid. Lol.)

MC dit: à

Malgré quelques ´
« Paul » d’un respect inaccoutumé et très Salon de the façon  » « Paul voulez-vous? »  » Paul j’ aimerais que vous me disiez » ,et sur le mode faussement décourage,  » Paul, je me debrouillerai toute seule », ledit Paul régulièrement de zingue par la meme, n’ a pas répondu aux sollicitations Sasseuriennes et n’ est pas apparu sur son cheval blanc pour tirer d’embarras notre Marie en détresse. Inde irae! Parions qu’on va réentendre parler du type aux oiseaux mazoutés de St Malo. la RDL peut etre, je l’ ai dit il y a longtemps, une très savoureuse comédie à prétentions littéraires….Ici elle se double d’une pseudo schizophrènie au comique certain.

mc dit: à

dezingue ( pas d’accent sur ce clavier!)

christiane dit: à

Jazzi dit: « J’admire les contorsions de … »

A propos de « contorsions » arrête de mal légitimer ce texte nauséeux que tu as remis en ligne par provocation imbécile. Relis ce que JJJ te renvoie dans une bouffée d’exaspération. Pense un peu à Passou quand tu utilises son blog pour l’épat… en mettant en ligne tes soubresauts.

christiane dit: à

Closer.
Merci. Je ne crois pas dans mes commentaires avoir défiguré l’histoire. Je l’ai seulement abordée différemment. Ne pas dévoiler le secret de Zelinda, je m’y suis efforcée aussi pour les mêmes raisons. J’aime que vous rappeliez le non dévoilement de la fin. Encore une fois, la mort emporte tout…

Janssen J-J dit: à

Finalement, jzmn, on se demande qui elle traite de pervers narcissique… C’est drôle qu’on réponde présent en simultané… Au moins, ça prouve votre solidarité face à la veulerie !, hein :-), Bàv, mon brave !

Pat V dit: à

@Mimi Pinson et lmd,

Magnifique l’œuvre de Darger dont on a fêté l’anniversaire de sa disparition un 12 avril…

« Une journée spéciale à propos de l’œuvre de l’historien d’art Michel Thévoz le 15 avril prochain en Suisse, le Musée de berne archivant ses manuscrits, en visioconférence.
Le nom de Michel Thévoz est désormais associé, à la suite de Jean Dubuffet, à la mise en valeur, théo-
rique comme muséale, de l’Art brut. Rappelons que l’on doit à son initiative la création de la

Collection de l’Art Brut, à Lausanne, dont il a assumé la direction entre 1976 et 2001. Mais Michel Thévoz
est aussi l’auteur de près d’une trentaine d’essais qui, s’appuyant sur le regard de l’historien de l’art,
n’hésitent pas à conjuguer les perspectives psychanalytique, anthropologique, linguistique et littéraire. Les

essais de Thévoz portent, ce faisant, un regard hors cadre – et souvent provocateur – sur ce que nos so-
ciétés refoulent dans leurs marges : la folie et ses « expressions », le suicide, les arts mineurs et même

l’académisme.
Les archives de Michel Thévoz ayant rejoint depuis peu les collections des Archives littéraires suisses
(Bibliothèque nationale suisse, Berne), cette journée d’étude y voit l’occasion de redécouvrir, à travers les
contributions de plusieurs spécialistes, l’apport de cette pensée « inconvenue » : sur l’Art brut, bien sûr,
mais aussi sur l’écriture, sur la psychanalyse, sur l’« art suisse ». Une table ronde réunira en outre Michel
Thévoz et Christophe Gallaz, à l’occasion de la parution de leur ouvrage à quatre mains, Z/Z.
Cette journée est organisée par les Archives littéraires suisses, avec le soutien de l’Institut de langue et
de littérature françaises de l’Université de Berne. »

Janssen J-J dit: à

@ jzmn et Ch… Je regrette votre fleuret moucheté avec Ch. Il y a quelque chose d’inassoupi entre vous, et pourtant l’estime est réciproque. Ch., ne le tutoyez pas !…, même si vous voulez lui signifier votre mépris, car cela ne vous ressemble pas. Je trouve, un brin… Il y a des concordats qui valent le coup, et d’autres non…

renato dit: à

Il n’est pas question d’euthanasie mais de suicide :

Nella lettera c’era scritto se in qualche caso speciale, tutto diverso dagli altri, senza voler fare dispetto a nessuno e quando è proprio come stare a dozzina, dimodoché non si può neanche chiamar casa tua qualcuno potesse avere il permesso d’andarsene. Nella lettera c’era scritto così. Tale e quale.
Mi voltai senza aver ben capito. E scoraggiato. E anche un po deluso. Anche anche uccidersi, sì spiegò lei con una tranquillità da bambina. E si mise a guardarsi gli zoccoli. E a lisciarsi il grembiule. E taceva. Tutto questo mi prese così all improvviso che sul momento non mi venne parola. Non riuscivo a trovarne, vi dico. Ma poi no: non fu neanche così: alla bocca mi salirono parole e parole e raccomandazioni e consigli e per carità e cosa dite e ma andiamo e prediche e pagine intere e tutto quel che volete. Tutte cose d altri tempi, ecc.

Ma pas extra traduction.
Dans la lettre, il était écrit que dans un cas particulier, tout à fait différent des autres, sans vouloir vexer personne et quand c’est comme si on vivait dans la maison d’un autre, de sorte qu’on ne peut même pas l’appeler sa propre maison, on pourrait permettre à quelqu’un de partir. C’est ce que disait la lettre. Juste comme ça.
Je me suis retourné sans trop comprendre. Et découragé. Et un peu déçu. Même se tuer, oui, a-t-elle expliqué, avec le calme d’un enfant. Elle a regardé ses sabots… Et lissait son tablier. Et elle a gardé le silence. Tout m’est tombé dessus si soudainement que je n’ai pas pu dire un mot. Je n’en ai pas trouvé, je vous le dis. Mais alors non : ce n’était même pas comme ça : des mots et des mots et des recommandations et des conseils et pour la charité et que dites-vous et mais allez et des sermons et des pages entières et tout ce que vous voulez. Toutes les choses d’autres temps, etc.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*