de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Histoire Littéraire

Baudelaire plus que jamais « n’importe où hors du monde »

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Et dire qu’on en est là : évoquer le génie de Baudelaire en contrepoint de celui de Houellebecq, parler de l’un pour établir des analogies avec l’autre, convoquer à son corps défendant l’ombre tutélaire de l’incontestable poète qui continue à dominer les lettres françaises depuis un siècle et demi pour consolider la réputation de celui que les medias veulent à tout prix nous vendre comme le Grand-Poète-de-son-époque… Quelle misère intellectuelle et quel triste signe des temps ! Il suffirait pourtant d’expédier la chose, et l’Autre autoconsacré par son propre pavé de l’Herne, d’une citation de Baudelaire échappée du Peintre de la vie moderne : […]

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Avec lui, on est toujours à deux pas de l’hôpital

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Etrange comme certains éprouvent le besoin de médicaliser la passion. On observe le phénomène parfois en littérature, ou même en peinture (ah, le « je ne suis pas assez pervers pour aimer Puvis de Chavannes » du tonton flingueur Bernard Blier !) mais plus encore en musique. Comme si elle devait nécessairement conduire ses sectateurs et thuriféraires aux transports les plus paroxystiques et les plus hyperboliques, lesquelles, on le sait, mènent lentement mais sûrement à la maladie mentale. L’essai sous forme d’anthologie de Philippe Berthier annonce la couleur dès la couverture : Toxicologie wagnérienne. Etudes de cas (252 pages, 20 euros, Bartillat). Professeur émérite […]

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Ce que les écrivains doivent à la Bible

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S’il est un projet d’histoire littéraire qui doit d’emblée exclure toute prétention d’exhaustivité, c’est bien celui-ci : comment la Bible a inspiré, irrigué, fécondé l’imaginaire des écrivains de tous temps et sous toutes les latitudes. Rien de moins ! mais rien de plus… A partir de ce postulat modeste fondé sur la plus immodeste des entreprises, Sylvie Parizet a réussi le pari insensé de réunir durant près de dix ans sous sa maitrise d’œuvre les collaborations et contributions de quelque quatre-cents experts internationaux. Chacun dans leur domaine, ils ont cherché des citations, des interprétations, des références, des échos, des résonances, bref autant […]

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Un métier à la portée des tout-petits

Un métier à la portée des tout-petits

Jean-Pierre Pisetta

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En 1986, peu après la publication de ma première traduction – des contes et des récits de Léon Tolstoï traduits du russe en français –, un ami me proposa d’aller présenter le livre dans l’école primaire de son fils. L’ouvrage étant illustré, j’avais fait des agrandissements de certains dessins et avais débarqué dans la région belge de Charleroi armé de mon matériel didactique. La classe était principalement composée d’enfants d’immigrés turcs et, après les présentations d’usage effectuées par la maîtresse, l’un de ces écoliers m’avait demandé ce que c’était que la « traduction ». C’est effectivement un mot savant et je me […]

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A l’ombre des forêts

A l’ombre des forêts

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Il n’y a pas comme des étrangers pour nous rappeler au souci de la langue française qui devrait être le nôtre. Encore que l’anglais Michael Edwards et l’irlandais Samuel Beckett n’ont jamais eu besoin d’une carte d’identité nationale en bonne et due forme pour ressentir une profonde intimité avec leur pays d’adoption. Ils ne la ramènent pas ; n’empêche qu’à les lire, on se sent un peu morveux, contrit de n’avoir rien compris de ce qui se joue aujourd’hui d’essentiel dans cette affaire là. La langue, c’est ce qui nous sort de l’âme car c’est celle que nos parents nous ont […]

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Ce que « cervantiser » veut dire

Ce que « cervantiser » veut dire

Juan Goytisolo

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D’une manière générale, il existe deux sortes d’écrivains, ceux qui conçoivent leur tâche comme une carrière et ceux qui la vivent comme une addiction. L’écrivain qui appartient à la première catégorie prend soin de sa promotion, se dépense pour assurer sa visibilité médiatique et aspire au succès. Ce n’est pas le cas pour celui qui appartient à la seconde. Pour ce dernier, réaliser son propre épanouissement lui suffit amplement, mais si toutefois il arrive que son addiction lui procure quelques gains matériels, alors il passe de la catégorie des toxicomanes à celle des dealers ou des revendeurs. J’appellerai ceux de […]

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Sarraute, Guyotat et l’entretien que nous sommes

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Chez la plupart des écrivains, il y a l’œuvre proprement dite, et que nul ne s’avise de prendre ce « proprement » en mauvaise part, et les à-côtés, essentiellement le Journal et la correspondance, qui souvent la complètent et parfois la surpassent. Quand ils cessent d’écrire, ils n’en continuent pas moins à parler. Le livre-entretien est même devenu un genre en soi. Dans le pire des cas, une interview étirée destinée à pallier la paresse ou la sécheresse d’un auteur. A son meilleur, une confession qui ne dit pas son nom. Entre les deux, ce qu’on peut attendre de mieux de ce […]

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Shakespeare, lecteur de Foucault

Shakespeare, lecteur de Foucault

Lamberto Tassinari

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History is a nightmare from which we have yet to awake. James Joyce Ce sont les paroles les plus silencieuses qui apportent la tempête. Ce sont les pensées qui viennent comme portées sur des pattes de colombes qui dirigent le monde. Friedrich Nietzsche Parmi les milliers de livres que Shakespeare a lus, il y a Qu’est-ce qu’un auteur ?, la fameuse conférence que Michel Foucault a prononcée devant les membres de la Société française de philosophie le 22 février 1969 à Paris. Que l’homme de Stratford ait pu avoir accès à ce texte constitue un mystère que même un biographe du Barde aussi érudit […]

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Quoi de neuf? « La Montagne magique »

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Médiocre, la rentrée littéraire ne peut pas l’être en France. Risquons même : jamais ! Passons sur le rituel d’autoflagellation bien français qui consiste à mépriser systématiquement la production nationale au motif qu’elle manquerait d’air, de hauteur, d’ambition. Passons sur le fait que l’on trouve toujours des pépites à la surface du tamis, du côté des romans attendus d’auteurs consacrés comme parmi les manuscrits inattendus d’auteurs inconnus. La rentrée étrangère est par définition un gage de qualité. D’autant que la France est le pays au monde qui traduit le plus : environ 20% de ce qui paraît chez nous en […]

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De la littérature exigeante et de celle qui ne l’est pas

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Quelques temps après l’attribution du prix Goncourt 2016 à Mathias Enard, un écrivain de mes amis mais que je me garderais bien de nommer, déçu de n’avoir pas été lui-même couronné cette année-là, me prit à part au hasard d’une rencontre en province et me tint ce discours : « J’ai crû comprendre que Boussole avait été choisi en raison de son exigence littéraire. Le mot revient dans tous les articles et la plupart des commentaires. Mais ça ne veut strictement rien dire, une littérature exigeante ; ce n’est ni un critère, ni un paradigme, encore moins une catégorie ou même une qualité ; […]

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