Pessoa, intranquille comme personne
Une règle d’or : ne jamais se laisser influencer par l’épaisseur d’une biographie, qu’elle vous décourage ou qu’elle vous impressionne par son poids. Une telle mise en garde est indispensable en s’emparant (des deux mains sinon c’est une foulure du poignet assurée) de Pessoa. L’œuvre-vie (Pessoa. A Biography, traduit de l’anglais par Nicolas Richard, 1280 pages, 39,90 euros, éditions du Seuil) de l’américain Richard Zenith qui semble avoir voué sa vie à cette œuvre. Monumental, sans aucun doute. Un évènement, soit. Et alors ? Cela ne suffit pas. A l’examen, c’est époustouflant de finesse critique dans l’analyse des textes, de prudence éclairée dans la critique des sources, de parfaite connaissance des contextes politique, social, littéraire, artistique. Et c’est l’exploit du traducteur d’avoir rendu fluide et enthousiasmante la lecture de ce pavé. Il est vrai que le biographe a été animé du souci de tout rendre visualisable par le lecteur ; une prouesse s’agissant d’un poète et écrivain chez qui tout passait par le ressenti, qui n’aura cessé depuis son plus jeune âge d’inventer, d’expérimenter, d’imaginer, de rêver surtout en faisant tout passer par les mots.
Œuvre-vie, comme l’indique le sous-titre en couverture, c’est le cas de leur dire non seulement parce qu’elles font vraiment qu’une mais encore parce que l’auteur les traite ainsi, ne songeant jamais tout au long de ce bon millier de pages à les dissocier. Fernando Pessoa (1888-1935) a tout écrit, touché à tous les genres littéraires, des plus attendus (poésie, traductions…) aux plus surprenants (autoanalyses, thèmes astraux…). Un archipel que cette œuvre. Il est dominé par Le Livre de l’intranquillité (traduit du portugais par Françoise Laye, 624 pages, 30 euros, Christian Bourgois éditeur, 1988) autobiographie sans évènement, quelques cinq cents passages rédigés sur des registres, des tons, des styles, des sujets variés, qui a assuré sa gloire posthume (la première édition en portugais ne remonte qu’à 1982), échappe aux catégories littéraires classiques. Son biographe s’est résolu à le présenter comme « son Journal intime semi-fictif ».
Le néologisme de l’« intranquillité » a été inventé (bien qu’une occurrence de ce terme inconnu ait été retrouvée dans un vieux poème d’Henri Michaux), en tout cas popularisé par la traductrice Françoise Laye en 1988 pour rendre en français desassossego (le mot était venu sous la plume du poète le 20 janvier 1913) exprimant à la fois le désarroi, l’angoisse et l’inquiétude. Quelque soixante-dix hétéronymes recensés dont quatre (Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos, Bernardo Soares) sont les principaux, les piliers du système de ce livre, de véritables alter ego, tous trois nés en 1914 à la veille de la guerre. A ceux qui découvriraient cette œuvre, il convient de préciser qu’il s’agit bien d’hétéronymes (situés hors de sa personne) totalement créés par lui et non de pseudonymes (l’auteur en propre personne).
Leur invention de même que leur réunion sous sa plume avaient pour but de lui conférer un moi unifié et cohérent dont l’absence le faisait souffrir. Ces personnages composaient son orchestre intime pas toujours très harmonieux car chacun à sa manière avait des prétentions de soliste. Contrairement à Joao Gaspar Simoes, premier biographe de Pessoa en 1950, Zenith ne croit pas que les hétéronymes relevaient d’une fabrication artificielle et insincère, un exotisme créé pour appâter le chaland, une manigance mystificatrice mais qui ont toutes périclité au bout de quelques mois. Il leur rend justice notamment à la fin du livre en les incluant dans la chronologie de leur créateur à leur date de naissance mais en se gardant bien de signaler celle de leur mort puisqu’ils vivront tant qu’il y aura des livres et des yeux pour les lire.
« J’ai mal à la tête et à l’univers entier »
De son vivant un certain nombre de poèmes de sa main parurent dans des revues et des journaux, mais l’essentiel de ses textes ne fut révélé qu’à titre posthume. Il ne ressentait aucune urgence à publier. Seule lui importait l’écriture en elle-même, acte unique qui assurait sa survie à ses yeux dès lors qu’il s’organisait autour de sa « poétique du moi fragmenté », un moi éparpillé et flou mais un moi constamment irrigué par sa relation à autrui en vertu de l’entretien que nous sommes.
Tout ce qu’il écrivait portait la marque de l’hésitation et de l’inachèvement, les deux fléaux majeurs contre lesquels il luttait avec son irrésolution. Autant dire que la notion même d’« édition définitive » de son œuvre est vouée à l’échec le concernant tant « le principe d’incertitude » gouvernait tout ce qu’il a écrit. De toute façon, « il n’existe pas de livre-matrice auquel se référer ». Tout au plus peut-on esquisser des analogies avec un autre grand livre. Richard Zenith s’y emploie en le rapprochant de L’Homme sans qualités de Robert Musil au motif que les deux sont mus par des idées tout en étant dépourvus d’intrigue (mais est-ce si original) et que leurs narrateurs observent le monde sans pouvoir agir sur lui tant la volonté leur fait défaut (et Bartleby ? et Oblomov ?). Sur le plan philosophique, il le rapproche plutôt de Kierkegaard. Mais c’est à Shakespeare qu’il a recours pour lui trouver un glorieux prédécesseur dans sa manière de transformer sa vie en allégorie. Autant de parallèles éclairant mais de biais car cette œuvre à l’écoute de la chute du temps est sans pareille.
Rassurez-vous : malgré le nombre d’années consacrées à cette enquête et la quantité d’écrits que cela a suscité sous sa signature, Richard Zenith juge lui-même que le mystère Pessoa demeure inentamé. Cela a suffi à ses admirateurs pour lui accorder le statut intouchable de poète maudit. Quelque chose d’essentiel résiste encore, mais quoi ? Sa pudeur, sa réserve, sa timidité, son sens maniaque du rangement et de l’organisation, son misérable tas de secrets sur sa vie privée, sa relation avec Ophelia Queiroz la seule amoureuse qu’on lui connut (célibataire convaincu, il est mort puceau à 47 ans de son propre aveu). En présence d’une femme qui l’attirait, son premier réflexe était de s’enfuir. Chez lui, tout passait par les mots, rien que les mots. Il ne lui suffisait pas rêver sa vie, de l’imaginer ; encore lui fallait-il la visualiser jusqu’à la cartographier.
« Pessoa, par-dessus tout, ressentait »
Quoi ? Tout. A commencer par ce sentiment étouffant, asphyxiant même, selon lequel la vie ne suffit pas. Or l’humanité ordinaire le dégoûtait, c’était épidermique, seulement voilà : il n’y en avait pas d’autres. Rien ne vaut de passer son temps aux terrasses de cafés à Lisbonne à refaire le monde en compagnie de quelques amis choisis, poètes, philosophes, écrivains. Il avait bien participé à la création de quelques petites sociétés à l’objet divers et varié ainsi que de modestes revues où il publiait ses poèmes mais leurs existences furent éphémères. Mais de quoi vivait-il alors ? question majeure s’agissant de tout artiste qu’Henri Cartier-Bresson m’enjoignait de me poser systématiquement en toutes circonstances. (« D’où vient l’argent ? »). Richard Zenith nous l’apprend : en 1907, il a bénéficié d’un héritage « considérable » à la mort de sa grand-mère et quand celui-ci menaçait de se réduire en peau de chagrin, ses riches tantes le renflouaient.
Le monde de Pessoa est si insaisissable stricto sensu qu’il devrait décourager les metteurs en scène de s’y frotter. A l’écran, cela n’a rien donné de convaincant fut-ce à travers le filtre Tabucchi. Au théâtre, où Pessoa s’était essayé, le pire et le meilleur. Le pire, c’est en ce moment. Pessoa Since I’ve been me, le spectacle de Bob Wilson repris au Théâtre de la Ville à Paris jusqu’au 21 juin, échoue à refléter ce grand manège de la sensation pure que son œuvre exprime. C’est juste une succession de tableaux certes saisissants de beauté formelle. Tout pour l’esthétique contrairement au Regard du sourd ou à Einstein on the Beach. On est émerveillé mais l’émotion s’arrête là. Les fragments de textes lus en plusieurs langues ne suscitent pas la moindre émotion ni le moindre intérêt. Ca veut mimer mais ça ne fait que grimacer ; au lieu de danser, ça gesticule. Où sont le théâtre et l’opéra ? Dommage que l’esprit et l’âme de l’écrivain soient absents de ce simulacre de pièce qui hésite entre le cabaret et le music-hall malgré l’énergie déployée par Maria de Medeiros dans le rôle-titre. On n’entend pas sa musique intérieure dont la lecture en solitaire d’une seule page du Livre de l’intranquillitéou de certains de ses poèmes nous suffirait à en percevoir les échos. Ce n’est pas dans ce spectacle que l’on découvrira tout simplement un autre monde, une prose poétique qui a trouvé une manière unique de dire l’écoulement du temps, le secret que nous sommes pour nous-mêmes, la quête d’identité comme une obsession, l’art de la fuite. Ses derniers mots :
« Je ne sais pas de quoi demain sera fait »
Reste le meilleur. C’était pour la création d’Ode maritime adapté par Claude Régy de l’œuvre de Pessoa en 2009 au Théâtre de Vidy sur les rives du Léman à Lausanne avant d’être donné à Avignon puis de partir en tournée. Quel paradoxe de quitter un tel lieu le coeur léger après avoir assisté à un spectacle d’une grande violence ! Non que l’on se réjouisse d’en avoir terminé, au contraire. Alors ? Le bonheur de se sentir reconnaissant. Il n’y a pas d’autre explication que cette gratitude en remerciement de ces deux heures d’intelligence et de sensibilité. Leur alchimie dépendait du comédien, Jean-Quentin Châtelain. Le résultat fut un vrai choc. Pessoa avait publié Ode maritime (traduit du portugais par Dominique Touati, Éditions de la Différence, 1990) en 1915 dans la revue Orpheu sous la signature d’Alvaro de Campos, l’un de ses chers hétéronymes. Claude Régy s’en était emparé et avait revu et adapté les exigences de la traduction littéraire à celles de la scène avec l’aide d’un expert de la langue d’origine, lui qui ne connaissait que le français ; cette fois donc avec Parcidio Gonçalves. Outre la violente beauté du texte, et sa radicalité absolue qui correspond si bien à sa conception du théâtre, il voulait faire passer ce qui l’avait particulièrement touché : la nostalgie de l’enfance qui s’en dégage dans la dernière partie, lorsque Pessoa introduit Jim Barns, personnage que l’on croirait surgi de L’Ile au trésor, et sa chanson de pirates si typique de la manière de Stevenson, avec ses histoires de coffres à merveilles analogues à la malle en bois dans laquelle Pessoa avait lui-même entassé quelques 25 000 feuillets que l’on retrouvera après sa mort. Relique laïque du culte de Pessoa, elle fut rachetée (vide, bien sûr) par un collectionneur portugais qui conserve farouchement l’hétéro… pardon, l’anonymat.
« Et m’enveloppe comme le souvenir d’une autre personne
Qui mystérieusement serait moi »
Inoubliable Jean-Quentin Châtelain, seul sur scène, debout face à nous, au bord d’un quai qui n’est plus que mélancolie de pierre, narrateur et unique personnage de ce spectacle. Le proférateur devrait-on dire car lorsqu’il ne mâchait pas son texte avec une diction qui lui est propre, le saccadant, le ruminant, le découpant, le crachant, il criait.
« Aho-ô-ô-ô-ô-ô-ô-yyyyyyy Goëlette aho-ô-ô-ô-ô…. »
Cette litanie qui joue sur tous les registres d’une voix, du murmure effondré à l’appel au grand large, s’inscrit dans une longue coulée de poème en vers rythmée par des jeux de lumière et un tapis sonore. Jamais une silhouette immobile ne nous aura fait autant voyager dans le grand dehors. Toutes les mers, tous les océans, tous les ports, tous les matelots, mousses, navigateurs, hommes d’équipage et gabiers s’exprimaient par la voix d’un seul. Une orgie océanique parmi des vapeurs aux allures de prolétaires des mers.
« Et vous ô choses navales, vieux jouets de mes songes !
Composez hors de moi ma vie intérieure ! ».
(…) Tout navire au loin est un bateau à voile proche,
Tout navire distant vu maintenant est un navire dans le passé vu de près.
Tous les marins invisibles à bord des navires à l’horizon
Sont les marins visibles du temps des vieux navires,
De l’époque lente et voilière des navigations périlleuses,
De l’époque de vois et de toile des voyages qui duraient des mois ».
Des femmes y sont violées, des blessés balancés aux requins, des enfants enterrés vivants dans des îles désertes dans l’évocation du mystère joyeux et triste des arrivées et des départs. A la fin seulement, après cet appel à notre imagination, interpellation personnelle qui nous cloue durant une centaine de minutes, on se rend compte que ce n’étaient pas des paroles mais une musique que lançait cette voix sans bouche surgie du néant.
« Faites des gréements de mes veines ! »
Il faut être habité, hanté, halluciné pour incarner un tel texte comme Jean-Quentin Châtelain y parvient. Il implore qu’on le piétine, qu’on l’attache au mât, qu’on le flagelle, qu’on le torture, qu’on lui casse les os, qu’on lui arrache les yeux. Il implore à mort. Ainsi se laisse-t-on envoûter par l’émotion qui sourd du moindre de ses sons. On sent une telle fragilité en lui qu’on voudrait l’aider avant que ses hurlements au loin nous en retiennent. On assiste alors à ce phénomène rare sur une scène : un homme déchiré par ce qu’il s’extorque, le corps et l’âme ne faisant plus qu’un dans un moment d’une intensité qui ne se laisse pas oublier. « Les vents de Patagonie ont tatoué mon imagination » scande-t-il.
Fernando Pessoa craignait la folie car il savait que cette crainte relevait déjà de la folie. Son porte-parole nous insuffle cette angoisse, délire des choses maritimes, jusqu’au vertige. On en ressort intranquille mais heureux, comme si le clapotis du Tage venait de submerger nos sens. L’art, probablement. C’était il y a une quinzaine d’années. Le temps a passé mais Pessoa transcendé par le génie de Régy et celui de Chatelain me hante encore alors que ce que j’ai vu et entendu sur la scène il y a quelques soirs à Paris est déjà oublié. Restera aussi l’étourdissante biographie de Richard Zenith, longtemps sans aucun doute. Il n’est pas né celui qui la rendra obsolète.
(« Fernando Pessoa fotografado na Baixa de Lisboa nos anos 20 do século XX – esta é uma das imagens mais marcantes do seu quotidiano. Pessoa a caminhar no Chiado. »Au musée Fernando Pessoa et dans son quartier à Lisbonne ; Une scène du Pessoa de Bob Wilson » photos Passou)
1 631 Réponses pour Pessoa, intranquille comme personne
Merci dear Renato pour ce considérable Hautlé, spécialiste du chocolat noir. La Suisse s’y connait, Gerbeaud de Budapest en vient.
EN effet,puisqu’on s’agite beaucoup avev le nom de Lacan, je rappelle que
Donald Woods Winnicott, né le 7 avril 1896 à Plymouth et mort le 25 janvier 1971[Notes 1] à Londres, est un pédiatre et psychanalyste britannique.
Il se forme comme médecin à Cambridge, puis à Londres après la guerre et se spécialise en pédiatrie au début des années 1920. Il s’intéresse aux aspects psychologiques et psychanalytiques de cette spécialité dès le début de son parcours universitaire. En 1935, il se voit reconnu comme psychanalyste pour enfants et est accepté comme membre de la Société britannique de psychanalyse. Dans les années 1950, il prend ses distances avec les théories kleiniennes, après avoir été considéré comme l’un des défenseurs de Melanie Klein dans la décennie précédente. Il devient un membre actif du Groupe des Indépendants.
Est-ce qu’il n’y aurait pas dans cette intranquillité qui non seulement ne me gêne pas mais me semble apporter quelque chose d’utile, une nuance inédite, à notre langue, est-ce qu’il n’y aurait pas, disais-je, une discrète allusion au Baudelaire de : « Sois sage ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille ». On pourrait d’ailleurs s’amuser à dresser une liste d’écrivains « intranquilles », dans laquelle Baudelaire lui-même, et Villon trouveraient légitimement leur place. Et Thomas Bernhard, Schopenhauer, et tant d’autres.
Le très opulent futur locataire d’une somptueuse R4 électrique veut continuer à insulter le monde mais sans qu’on lui réponde (Hurk?).
L’AFD montant sans cesse en Allemagne, Meloni jugée trop molle et dépassée sur son extrême droite, les travaillistes anglais en fâcheuse position, le RN en tête dans les sondages, Sanchez de plus en plus contesté avec aux fesses des affaires de corruption, Macron et ses sbires menacés de mille procès qui commenceront à leur tomber dessus dès le mois de mai prochain, – voila ce dont été capable von der Leyen, Merkel, Macron et consorts. Pas formidable…
Première salve, c’est la dame responsable des relations avec la presse depuis 48 ans, et poussée vers la porte par Touquette en 2017, qui avec son époux, va rédiger le dictionnaire amoureux de L’Élysée à paraître l’an prochain…
Hurkhurkhurk !
Dear Phil, personnellement, pour Cavafy j’ai la traduction de Yourcenar, le petit livre de Seghers, la nouvelle traduction Gallimard, celle de l’imprimerie nationale et peut-être un pu deux autres volumes. Une que je n’ai pas, celle d’un excellent traducteur qui vend lui-même son travail sur Internet, dont le nom m’échappe mais dont le catalogue est extrêmement riche. Je vous dirai son nom lorsque je l’aurai retrouvé. Dans l’esprit, l’élan de Yourcenar me semble tout de même garder son importance en dépit de sa liberté d’adaptation et de tout le mal qu’on en dit. Le mieux est sans doute de les avoir toutes pour se faire une idée de ce qui est vraiment. Ou d’apprendre le grec moderne mais on me dit que c’est une langue très difficile.
Le site s’appelle des anges et le traducteur Michel Volkovitch.
Merci dear Chaloux pour ces précisions. A Athènes, assisté il y a quelque temps à une lecture « chantée » de poèmes de Cavafy. L’acteur assurait que la langue avait de nombreuses tournures démodées qui rendaient un sens difficilement intelligible aux Grecs d’aujourd’hui. Rappelons que Cavafy a peu vécu en Grèce.
Cavafy est à Alexandrie ce que Pessoa est à Lisbonne.
tandis que je relisais , pour l’envoyer éventuellement en lien, un récit tres connu sur un enfant spartiaten que l’on me raconta
dans ma jeunesse,
j ai pensé que je pouvais dire « sur moi’ que je n’ai jamais eu de « visions » et communications mystiques «
Jazzi, je me demande depuis que je t’ai lu, comment tu as pu te persuader que Borgès était un faux aveugle…
Pour mon « Goût de la Méditerranée », j’ai choisi la traduction de Michel Volkovitch, qui m’avait parue la meilleure, pour cet extrait, Chaloux.
___________________
CONSTANTIN CAVÀFIS
L’invitation au voyage méditerranéen
Paradoxalement, Constantin Cavàfis (1863-1933), le poète grec d’Alexandrie, sa ville natale, qu’il n’a pratiquement jamais quittée sa vie durant, nous invite à voyager ! Le plus lentement possible et sans précipiter le retour, à l’exemple d’Ulysse. Et en Méditerranée exclusivement, dont la plupart des poèmes de Cavàfis retracent les grands moments de l’histoire, témoignant ainsi qu’il voyageait néanmoins, en imagination, à travers l’espace et le temps méditerranéen, lieu idéal du voyage…initiatique.
Ithaque
Quand tu prendras la route vers Ithaque,
souhaite que le chemin soit long,
plein d’aventures, plein de choses apprises.
Les Lestrygons et les Cyclopes,
Poséidon et sa colère, ne les crains pas,
jamais sur ton chemin tu ne trouveras rien de semblable
si ta pensée garde sa hauteur, si une émotion rare
étreint ton âme et ton corps.
Les Lestrygons et les Cyclopes,
Et Poséidon furieux, tu ne les croiseras guère
si tu ne les transportes pas en esprit,
si ton esprit ne les dresse pas devant toi.
Souhaite que le chemin soit long.
Que soient nombreux les matins d’été
où – quel plaisir, quelle joie ! –
tu entreras dans des ports jamais vus ;
dans des comptoirs phéniciens fais halte,
et procure-toi de la bonne marchandise
nacre, corail, ambre ou ébène,
et des parfums voluptueux de toutes sortes,
le plus possible de parfums voluptueux ;
visite encore bien des villes égyptiennes,
apprends, apprends toujours auprès des savants.
Garde à l’esprit toujours Ithaque.
L’arrivée là-bas est ton but.
Mais ne hâte en rien ton voyage.
Qu’il dure des années, cela vaut mieux ;
que tu sois vieux en abordant sur l’île,
riche de ce que tu as gagné en chemin,
sans attendre de richesse d’Ithaque.
Ithaque t’a offert ce beau voyage.
Tu n’aurais pas sans elle pris la route.
Elle n’a plus rien à t’offrir.
Et si elle t’apparaît pauvre, Ithaque ne t’aura pas trompé.
Devenu sage, avec tant d’expérience,
tu dois déjà savoir ce que les Ithaques veulent dire.
(« Tous les poèmes », traduit du grec par Michel Volkovitch, Le miel des anges, 2017.)
En écho à Ithaque, citons les derniers vers de La ville, qui sonnent comme une ultime complainte : « Tu hanteras sans cesse/tes rues et tes quartiers jusque dans ta vieillesse./Dans ces mêmes maisons tu blanchiras. Toujours/tu finiras dans cette ville. Aucun recours./Pas de bateau pour toi, pas de route cachée./Pas d’ailleurs. Cette vie qu’ici tu as gâchée,/dans ce coin minuscule, est perdue en tous lieux. »
Un fantasme, Chaloux.
Rien de sérieux.
Borges est un de mes auteurs préférés, ainsi que Pessoa et Cavafy !
Bis.Le site s’appelle « matricule des anges ».
Le point commun entre Pessoa et Cavafy ?
La vie de café.
La différence ?
L’un baisait et l’autre pas.
___________________
CONSTANTIN CAVAFY
L’érotique des cafés d’Alexandrie
Toute sa vie, le poète grec d’Alexandrie, Constantin Cavafy (1863-1933), hanta les cafés populaires de la ville, de préférence à ceux des beaux quartiers. Il en appréciait particulièrement l’ambiance interlope et exclusivement masculine, propice à son inspiration poétique, qui se nourrissait essentiellement de choses vues et, plus certainement, vécues, au temps où le vieil homme qui se souvient était encore dans son jeune âge. Ces poèmes, où la joie des corps accordés s’accompagne généralement d’un profond sentiment de nostalgie, nous en offre un subtil témoignage.
UN VIEILLARD
Un vieillard est assis dans l’arrière-salle du café bruyant, penché sur une table, avec un journal devant lui pour toute compagnie.
Du fond de sa triste vieillesse méprisée, il songe qu’il a bien peu joui des années où il avait de la force, de l’éloquence et de la beauté.
Il sait qu’il a beaucoup vieilli, il le sent, il le voit. Mais il lui semble qu’hier encore il était jeune. Combien court lui paraît cet intervalle !
Il se dit qu’il fut trop crédule (quelle folie !) ; il a trop écouté la menteuse sagesse qui lui murmurait : « Demain… Tu as bien le temps ! »
Il se souvient d’élans refrénés, d’innombrables joies sacrifiées. Maintenant, chaque occasion perdue nargue sa sotte prudence.
Mais trop de pensées et de souvenirs étourdissent le vieillard. Il s’endort appuyé à la table du café.
SUR LE SEUIL DU CAFE
Un mot dit près de moi a dirigé mon attention vers le seuil du café. Et j’ai vu ce bel être qu’Eros semblait avoir mis toute son expérience à façonner, formant avec délices ses membres harmonieux, dressant sa haute taille sculpturale, modelant avec émotion son visage, et laissant, du seul attouchement de ses mains, une séduction sur le front, sur les yeux, sur les lèvres…
DEUX JEUNES HOMMES, ENTRE
VINGT-TROIS ET VINGT-QUATRE ANS
Depuis dix heures et demie, il est au café ; il s’attend à le voir entrer d’une minute à l’autre. Mais minuit arrive : il attend toujours. Une heure et demie déjà : le café s’est vidé presque complètement. Il est las de lire machinalement les journaux. Il ne lui reste qu’un seul de ses malheureux trois shillings. Il a dépensé les autres en café et en cognac ; il a fumé toutes ses cigarettes au cours de cette interminable attente. Ce long retard l’épuise, car, sitôt seul, il se prend à réfléchir amèrement à sa vie dévoyée.
Mais, dès qu’il voit entrer son camarade, fatigue, ennui, idées noires se dissipent instantanément.
L’autre lui apporte une nouvelle inespérée : il a gagné soixante livres dans une maison de jeu.
Leurs charmants visages, leurs belles jeunesses, l’ardent amour qu’ils éprouvent l’un pour l’autre se ravivent, se vivifient, se raniment grâce aux soixante livres de la maison de jeu.
Et, pleins de force et de joie, excités,beaux à voir, ils se rendent, non dans le sein de leurs honorables familles (qui d’ailleurs n’en veulent même plus), mais dans une maison mal famée très spéciale et d’eux très bien connue. Ils demandent une chambre et des boissons chères ; ils boivent de nouveau. Et quand les boissons coûteuses sont épuisées, et qu’il est près de quatre heures du matin, ils s’abandonnent au plaisir, heureux.
JEUNE ECRIVAIN ÂGE DE VINGT-QUATRE ANS
Et maintenant, mon esprit, œuvre si tu peux…
Une jouissance incomplète l’épuise, sape ses forces. Il baise chaque jour le visage aimé, ses mains effleurent sans cesse le corps exquis. Il n’a jamais éprouvé passion si brûlante. Mais la parfaite réalisation de l’amour manque, et l’accomplissement qui doit être désiré de part et d’autre avec une égale ardeur.
(Ils ne sont pas semblablement adonnés à ces anormales voluptés. Lui seul est complètement asservi.)
Et cet état l’épuise, lui enlève toute force. De plus, il est sans travail, circonstance aggravante. Il emprunte à grand-peine de petites sommes (parfois il les mendie presque) et il vivote. Il baise les lèvres aimées ; il jouit de ce corps délicieux qui, il le sent bien, se contente de ne pas refuser. Puis il boit ; il fume ; il erre tout le jour de café en café, traînant avec dégoût le sentiment de sa vaine beauté… Et maintenant, mon esprit, œuvre si tu peux.
(« Poèmes », traduction par Marguerite Yourcenar et Constantin Dimaras, Editions Gallimard, 1958 et 1978)
Je pense que sans Rose la peste et Gigi le choléra, la Rdl serait parfaitement saine et prophylactique.
« Le miel des anges,
maison d’édition fondée en octobre 2013 sous la forme d’une association loi de 1901, travaille à faire connaître les auteurs grecs modernes au public francophone. Il publie en priorité ce qui effraie la plupart des autres éditeurs : de la poésie bien sûr, des nouvelles et du théâtre. »
https://www.lemieldesanges.fr/blank-pbk6z
Les meilleurs chocolat sont français, Chaloux. Ni suisses, ni belges.
Pour Soleil vert, ce poème de Constantin Cavafy traduit par Marguerite Yourcenar et Constantin Dimaras pour « Poesie / Gallimard. »
Ithaque (p. 102)
« Quand tu partiras pour Ithaque, souhaite que le chemin soit long, riche en péripéties et en expériences. Ne crains ni les Lestrygons, ni les Cyclopes, ni la colère de Neptune. Tu ne verras rien de pareil sur ta route si tes pensées restent hautes, si ton corps et ton âme ne se laissent effleurer que par les émotions sans bassesse. Tu ne rencontreras ni les Lestrygons, ni les Cyclopes, ni le farouche Neptune, si tu ne les porte pas en toi-même, si ton cœur ne les dresse pas devant toi.
Souhaite que le chemin soit long, que nombreux soient les matins d’été, où (avec quelles délices!) tu pénétreras dans des ports vus pour la première fois. Fais escale à des comptoirs phéniciens, et acquiers de belles marchandises : nacre et corail, ambre et ébène, et mille sortes d’entêtants parfums. Acquiers le plus possible de ces entêtants parfums. Visite de nombreuses cités égyptiennes, et instruis-toi avidement auprès de leurs sages.
Garde sans cesse Ithaque présente à ton esprit. Ton but final est d’y parvenir, mais n’écourte pas ton voyage : mieux vaut qu’il dure de longues années, et que tu abordes enfin dans ton île aux jours de ta vieillesse, riche de tout ce que tu as gagné en chemin, sans attendre qu’Ithaque t’enrichisse.
Ithaque t’a donné le beau voyage : sans elle, tu ne te serais pas mis en route. Elle n’a plus rien d’autre à te donner.
Même si tu la trouves pauvre, Ithaque ne t’a jamais trompé. Sage comme tu l’es devenu à la suite de tant d’expériences, tu as enfin compris ce que signifient les Ithaques. »
Michel Volkovitch a un site de toute beauté où la poésie grecque est à l’honneur qu’il traduit avec passion.
Je sens que la fin de règne du minable Macron sera interminable, il va nous faire chier jusqu’au bout du bout du bout du bout du…
Contre l’indécence macroniste, armons-nous de patience.
intranquillitas
Philosophie politique de la Renaissance par Laurent Gerbier
La doctrine marsilienne de la cité
Tranquillité et intranquillité
Le chapitre II du Defensor s’ouvre sur un point fondamental : il faut distinguer dans le royaume ou dans la cité (regnum vel civitas) deux dispositions fondamentales à partir desquelles l’étude va se construire. Ces deux dispositions contraires sont la tranquillité et l’intranquillité. L’étude marsilienne va commencer par la tranquillité,
(…) en effet, tant qu’elle n’est pas mise au clair, on ignore nécessairement ce qu’est le trouble (intranquillitas). (Defensor Pacis, I, 2, § 1, p. 57).
Ici :
http://cerphi.ens-lyon.fr/archives/cerphi%202002-2007/hum/ville1.htm
Il faut détester la musique pour inventer la fête de la musique.
La Haine de la musique est un essai de Pascal Quignard publié en 1996 aux éditions Calmann-Lévy.
Il fait suite, de manière définitive, à La Leçon de musique écrit dix ans auparavant : « Je m’étonne que les hommes s’étonnent que ceux d’entre eux qui aiment la musique la plus raffinée et la plus complexe, qui sont capables de pleurer en l’écoutant, soient capables dans le même temps de la férocité. L’art n’est pas le contraire de la barbarie… La sidération de l’audition donne la mort… Le fascisme est lié au haut-parleur… » Le texte de Quignard repose sur une lecture (« Entendre et obéir ») de l’analyse platonicienne de la musique associée à la discipline, la guerre, la hiérarchie sociale.
Benjamin Dupé (1976-) réalise, en 2014, Il se trouve que les oreilles n’ont pas de paupières, un spectacle à partir de La haine de la musique, créé au Festival d’Avignon 2014.
Jazzi, désolée pour le doublon. Pendant que je tapais ce si beau poème pour Soleil vert, tu le posais sur cette page avec d’autres poèmes de lui.
La presentation critique de Constantin Cavafy au début de l’ouvrage est de toute beauté. Elle y écrit à propos de ce poème, « Ithaque »:
« Ithaque », poème de l’exotisme et du voyage, mais surtout plaidoyer en faveur de l’expérience, mise en garde contre ce que j’appellerais les illusions de la désillusion. C’est un spectacle très digne d’intérêt de regarder mûrir cette sagesse, de voir les sentiments d’inquiétude, de solitude, de séparation, fort sensibles encore dans les premiers poèmes, céder la place à une tranquillité assez profondes pour sembler facile. (…) est-ce cette lucide sérénité qui donne à Cavafy son aspect très grec de poète-vieillard, aux antipodes de l’idéal romantique du poète-adolescent, du poète-enfant et cela justement bien que la vieillesse tienne dans son univers la place presque partout réservée à la mort, soit pour ce voluptueux, le seul désastre irréparable (…) »
Et là, je pense à Pessoa…
C’est bien de pouvoir comparer les deux traductions de « Ithaque », Christiane.
Les chemins de la mobilité
C’est vrai, Jazzi.
Mais je suis tellement attachée à ce beau recueil où Cavafy s’est installé dans la pensée de Marguerite Yourcenar.
J’ai d’autant moins de gêne que j’ai fréquenté longtemps le très surprenant site de Michel Volkovitch. Surprenant car il n’y a pas que de la poésie grecque. Sa plume virevolte dans « ses pages d’écriture ». Et plein de surprises dans des textes annexes. Un vrai labyrinthe !
Je l’ai écouté aux Blancs Manteaux dans une intervention sur son travail de traducteur. Il assurait avec precision et savoir et avec… un flegme charmant, très anglais.
les Mongols fiers n’ont pas voulu de moi ; auraient dû me délester de leur nacelle pour pouvoir décoller. (@ jzmn 🙂 / (le Rosier du Pilâtre),
… Sans elle ni moi, un blog sain dans un profil actique. For sure. No comment.-
Capté en passant ; aussi rafraîchissant qu’une copita de vinho verde de bonne maison
Après avoir attentivement évalué la situation, j’en arrive à la conclusion que le gouvernement sera obligé de décréter l’état d’urgence pour faire face à la canicule. Avec des réquisitions massives. Mais attendons de voir. Pas de précipitation.
Des réquisitions massives de quoi, D. ?
De blocs de glaces !
Oui, Jazzi. Tu ne crois pas si bien dire. De locaux et véhicules réfrigérés, de soignants, d’eau, de nourriture, de cars climatisés, de livreurs, de techniciens réparateurs de réseaux… tu vas voir. Si mes modèles sont exacts. Et ils le sont à 99,99 %. Tout le monde le sait ici.
Vacarme, bruits, chahut, tintamarre, brouhaha et pollution sonore.
La défaite de la musique !
Canicule 2026, espérons que la gigi n’ y échappera pas.
Rions encore un peu
« « J’ai failli m’évanouir »: se sentant mal, Rod Stewart utilise une bouteille d’oxygène en plein concert
Le chanteur britannique de 81 ans a dû brièvement interrompre le concert qu’il donnait ce vendredi 19 juin aux États-Unis. Après avoir utilisé une bouteille d’oxygène, Rod Stewart a fini le spectacle assis. »
18°8 à 6h, dehors.
« Il est important de résister à la marchandisation des besoins humains fondamentaux. L’alimentation, l’eau et les soins de santé ne peuvent être subordonnés aux considérations du marché ou aux intérêts géopolitiques. »
Leon XIV
A terre, sous un grand nombre de chapiteaux ridiculement bariolés, pitres diplômés et couillons beau-parleurs essaient de susciter la sympathie des voyeurs pris dans la nasse du cirque.
En mer, les marins cultivent l’intranquilité, toujours solitaires en équipage solidaire car ils n’ont pas le choix : la mer a toujours été reine, et le sera toujours. Faute de mieux, la nature rit de nos arrogances éternellement renouvellées.
Bonne canicule, amis sûrs et chaleureux…!
Quand je disais à Rose que les navigateurs étaient des égoïstes…
ETRE MALHEUREUX EN DORMANT,
*Le geste de Don Camillo, qui relève sa soutane pour courir à son aise.
*Dans La fugitive, lorsque le Narrateur écrit à Albertine de ne pas revenir, en espérant que justement ça la fera revenir.
*Quand Albertine vient de mourir d’un accident de cheval, et qu’arrivent au Narrateur deux lettres d’elle, dont une où elle le félicite de vouloir vivre avec sa meilleure amie, et l’autre où elle lui annonce son retour.
*La vie, où tout est décalé, en quinconce.
*Au cinéma Les acteurs tatoués, dont le personnage se trouve tatoué de force.
*Brigitte Bardot, qui n’a jamais voulu qu’on publie ses Mémoires aux États-Unis. « Ces cons d’Américains n’avaient qu’à pas exécuter les Rosenberg. »
*Excès de nicotine ? Diarrhée. Manque de nicotine ? Diarrhée.
*Le chef d’orchestre Leonard Bernstein, dont Nadia Boulanger vantait le « primesaut ».
*Au cinéma Les scènes de cul où les filles baisent comme des bêtes sans retirer leur soutien-gorge.
*Le port de tête d’un cheval de race.
*Au cinéma – Les femmes qui valsent en tournant la tête vers la caméra pour être toujours filmées de face.
*Le français d’Afrique noire : accentué sur la première syllabe des mots, et non sur la dernière, comme en métropole.
*– Et le tabac ? Vous fumez toujours ?– J’essaie…
*N’avoir rien à faire : commode quand on ne sait rien faire.
*Sur le quai de la station de métro Gare de l’Est, direction Montrouge : 6 caméras de surveillance, plus quatre d’un type plus ancien.
*Se connecter à Doctolib pour prendre rendez-vous avec le docteur Percepied.
*Les boîte à pizza en carton, qui n’entre dans aucune poubelle, et dont on ne sait pas quoi faire.
*Le site gouvernemental : « Un jeune une solution » (1jeune1solution.gouv.fr). Pour le gouvernement, un jeune, c’est un problème.
*Les obsolètes : le saint-christophe magnétique, collé au tableau de bord de la Simca.
*T’as un ticket avec l’ouvreuse.
*La pluie qui est tombée sur le plus haut sommet du Groenland.
*André Tubeuf, qui ne voulait pas écrire parce qu’il avait « trop de facilités ».
*Apercevoir son visage dans un miroir. Casse-toi pauv con !
*– Et côté sexe, ça va ?– Je fais semblant de la baiser, elle fait semblant de jouir.
*Le nombre de choses qui peuvent déconner dans un corps humain !
*La journée qui vient, comme une toile d’araignée sur la figure.
*« Biodiversité ». Il y a des mots dont la laideur vous dégoûterait de vivre.
*Des amis bien intentionnés intriguent pour que l’avenue des Champs-Elysées soient rebaptisée à mon nom. C’est trop d’honneur. Me suffirait ceci, quelque part dans le Xe arrondissement.
*Le plaisir retrouvé d’avoir faim.
___________
des feuilles mortes, qui persistent à vouloir vivre
(Jade Crillon Soupir).
Des festivité de jazz en juillet prochain, vers là-bas, dis. Ai prévu, ai prévenu,
https://www.jazzaporquerolles.com/le-festival/programmation-du-festival
GAI SAVOIR
La mort est une maladie héréditaire. Faites-vous vacciner !
Janssen J-J
je l’ai retrouvé à rebaptiser l’avenue des Chamos Elysées à mon nom.
Pas de nostalgie, l’est là, présent,
Avenue Groscon? Quelle chouette idée !
Hurkhurkhurk !
RECLURK
Les Chameaux d’Elysée, peut-être ? 🙂
Mort de Guesch Patti, 80 ans.
https://www.youtube.com/watch?v=KpxQJuMIE_4
En Arles
Paul-Jean Toulet
« Dans Arle, où sont les Aliscams,
Quand l’ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,
Prends garde à la douceur des choses.
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton coeur trop lourd ;
Et que se taisent les colombes :
Parle tout bas, si c’est d’amour,
Au bord des tombes. »
Paul-Jean Toulet, Romances sans musique, 1915
« Dépêchez-vous de manger sur l’herbe avant que l’herbe ne mange sur vous ».
Jacques Prévert.
De quoi ça parle ?
Etienne, Etienne
Étienne, Étienne, Étienne
Oh, tiens le bien
Baisers salés, salis
Tombé le long du lit
De l’inédit
Il aime à la folie
Au ralenti
Je soulève les interdits, ah
Étienne, Étienne, Étienne
Hmmm, tiens le bien
Affolé, affolant
Il glisse comme un gant
Pas de limite
Au goût de l’after beat
Reste allongé
Je vais te rallumer
Aïe, Étienne
Ouh-ouh-ouh-ouh-ouh-ouh
Na-na, na, na-na-na
Na-na, na, na-na-na
Ouh-ouh-ouh-ouh-ouh-ouh
Étienne, Étienne, Étienne
Oh, tiens le bien
Alléché, mal léché
Ou accolé, tout collé
Reste alangui
Je me sens étourdie
Toute alourdie
Mais un très grand appétit
Étienne, Étienne, Étienne
Oh, tiens le bien
Délassés, délaissés
Enlacés, élancés
Si je te mords
Et encore, et encore
Pendant le dos
Je souffle le mot
Oh, Étienne
Oh
Na-na-na-na-na-na-na
Na-na, na, na-na-na
Étienne, Étienne, Étienne
Oh, tiens le bien
Na-na, na, na-na-na
Étienne, Étienne, Étienne
Oh, tiens le bien
Baisers salés, salis
Tombé le long du lit
De l’inédit
Il aime à la folie
Au ralenti
Je soulève les interdits
Étienne, Étienne, Étienne
Oh, tiens le bien
Affolé, affolant
Il glisse comme un gant
Pas de limite
Au goût de l’after beat
Reste allongé
Je vais te rallumer
Étienne, Étienne, Étienne
Oh, tiens le bien
Na-na-na-na-na-na
Na-na-na-na-na-na
Na-na-na-na-na-na
Étienne
Na-na-na-na-na-na
Na-na-na-na-na-na
Vous croyez que et alii va nous trouver le bon lien ?
Touquette ne sait plus quoi faire pour se montrer mais ne serait-il pas temps d’en finir avec ces momeries du Panthéon? Honorer Marc Bloch c’est commencer par le lire.
Chaloux, momentanément j’ai complètement arrêté l’endive. Je me concentre sur la patate ordinaire qui donne à fond en ce moment.
Pessoa avait le profil type de ces types qui ont adhéré aux mouvements ultra nationalistes et fascistes au 20è siècle.
c’était un type faible, peureux et sujet à des angoisses et une anxiété mouvante.
la modernité a créé bon nombre d’individus de ce genre, isolés, perdus dans le monde, une existence vide sens etc… ce qui générait une angoisse et une anxiété.
on parle d’anxiété mouvante parce qu’elle est capable se rallier à n’importe quel le croyance, n’importe quel discours, n’importe quelle adhésion, n’importe quelle croisade etc…
le but de toutes ces choses abjectes étant de remplir ce vide intérieur qui généère cette angoisse dans le but de la faire disparaitre et faire disparaitre les souffrances qui vont avec.
on assiste actuellement en Europe de l’ouest à ce syndrome de l’anxiété mouvante.
c’est même la meilleure explication à cette irrationalité des discours politiques et médiatiques.
on l’a constaté dès le début du conflit en Ukraine.
perso je me suis demandé pourquoi et comment tant d’individus étaient capables de croire des discours bellicistes et de suivre des tarés d’hyper nationalistes nostaliques du nazisme avec autant de facilité.
c’est la question essenteille de notre époque : comment et pourquoi tant d’individus croient des discours irrationnels ?
la meirlleur réponse c’est l’anxiété mouvante.
c’est une angoisse qui pour disparaitre rend les gens capables de croire dans les trucs mêmes les plus débiles.
le but étant de faire disparaitre ce vide intérieur qui est à l’origine de cette anxiété.
du coup les gens n’ont plus envie de regarder si le discours est rationnel ou pas, si ce discours nous entraine vers la guerre ou pas etc…
la seule chose qui compte c’est remplir le vidse intérieur.
d’où le lien entre ce phénomène et le nihilisme.
« remplir ce vide intérieur qui génère cette angoisse »
On sent que tu parles en connaissance de cause, puck !
Alan Greenspan est mort. Il avait un génie churchillien des bons mots. Un des meilleurs à mon goût:
« Si quelqu’un a compris quoi que ce soit à ce que je viens de dire, c’est que je me suis mal exprimé. »
je veux dire au départ tout le monde est capable de comprendre la situation en Ukraine.
il suffit que l’esprit le fasse par analigie, par exemple avec l’Espagne : le pays Basque ou la Catalogne sont peuplés d’une ethnie différente de celle de Madrid : si Madrid décide de gouverner le pays Basque ou la Catalogne et aussi d’exploiter les richesses de ces 2 régions c’est sûr qu’il y aurait un conflit.
voilà ça c’est une analogie simple que même un gamin de 4 ans est capable de comprendre.
et à partir de là il va y avoir un tas d’éléments qui vont venir inteférer pour entraver la compréhension de ce raisonnement simple.
et l’anxiété mouvante fait partie de ces raisons de ne pas comprendre des choses simples à comprendre.
sauf qu’entre le savoir et le vivre et y assister de l’intérieur c’est pas pareil.
le fait de le vivre de l’intérieur c’est comme faire un voyange dans le temps et se rtetrouver dans les années 30 ou à la veille de la guerre 14-18 où des phénomnènes identiques étaient à l’oeuvre.
et là ça fait bizarre.
cloclo alors tu crois que prendre comme titre « le livre de l’inquiétude » ce serait une bonne idée ?
tu serais même prêt à envoyer la nouvelle à l’éditeur ?
parce que depuis 2018 les éditions Bourgeois ont donné à ce bouquin tu sais quel titre ?
je te le donne Émile !
« Livre(s) de……. »
de quoi ?
depuis 2018 ?
de l’Inquiétude !!!!!!!!!!!
t’as gagné cloclo !!!
Tu n’as pas rêvé d’une Mobymatic orange JB?
Quelqu’un l’a déjà dit sur ce blog puck!
(Je parle d’une édition intitulée « Le livre de l’inquiétude »)
T’es vraiment nul!
là encore le fait d’encenser tous ces auteurs crypto fascistes et de critiquer tous les auteurs communistes de la même époque (comme Aragon & co) ça dit quelque chose de notre époque !
en fait il faut prendre tous ces éléments (Ukraine, russophobie, Pessoa etc…) et les rassembler pour montrer que tout ça cela crée une cohérence
Je me souviens du regretté Jacques Drillon qui dialoguait avec Chaloux, sur ce blog, à propos de musique classique.
C’était instructif, enrichissant et beau.
Il traita un jour la gigi de « pauvre Janssen » sans lui accorder aucun intérêt.
Toujours vivant en étant présent à notre esprit, Monsieur Drillon, contrairement à cette charogne immonde qui bouge dans le vide encore et encore…
Une agonisante suffocant au bord de la mort.
« Je parle d’une édition intitulée « Le livre de l’inquiétude » »
en fait c’est pas une édition intitulée… : si tu veux acheter ce bouquin aujourd’hui Einstine c’est le seul livre que tu trouveras !
tu ne trouveras rien d’autre avec un autre titre !
c’est le titre officiel d’aujourd’hui.
ce qui ne veut pas dire que dans 50 ans quuelqu’un arrivera en disant « non, inquiétude c’est pas top ! il vaut mieux utiliser le mot anxiété ou le mot incertitude ou le mot désarroi ou le mot appréhension ou le mot incertitude ou le mot appréhension opu le mot etc etc?………
en fait lke titre de ce livre c’est pas un titre c’est juste un jeu pour les amateurs de mots croisés du genre « inquiétude en 5 lettres… »
cela dit cloclo ça m’étonne pas qu’on prenne les lecteurs pour des cons.
faites gaffe : la chaleur accroît la violence.
on le voit bien dans vos commentaire : la violence des échanges est directement proportionnelle à la température extérieure.
pour des amoureux des livres ça la fout mal : vous devriez au dessus de la météo !
et ne pas considérer l’Autre seulement en terme d’admiration et de mépris.
je veux dire la personne si elle ne vous inspire pas de l’admiration alors vous la méprisez.
l’humain civilisé de par sa civilité est audessus de cette appréhension binaire de l’Autre.
Il y a tout de même un hic : si Pessoa avait voulu « inquietação » ou « inquietude » — ou bien « ansiedade » ou « angústia » — ces termes étaient à sa disposition. S’il ne les a pas choisis, il avait ses raisons, littéraires, et non de l’ordre de la simple dénotation.
La « trahison » consisterait plutôt à lire et traduire un texte littéraire comme s’il s’agissait d’une lecture informative parmi d’autres, ou du bavardage ambiant, dans lesquels il n’y a pas grand dommage à substituer un mot à un autre, une tournure à une autre. Alors qu’il s’en différencie justement par l’impossibilité de le paraphraser sans le gâcher ou l’affaiblir.
NIVEAU 2 DU PLAN ORSAN ACTIVE.
@ Claudio B. – Que pensez-vous de ce titre en français (le livre de l’intranquillité), vous le nouveau lusitanien issu de l’erdélie du Brésil, si souvent avisé et déconcertant ? (à la suite de 11.28) – Merci de NPR si pas vraiment d’idée ou senti peu concerné.
2 – Aujourd’hui, les 10 ans pile du vote du « Brexit » à Lundunium ou Augusta. Déjà ! Je me souviens de ma stupéfaction à cette nouvelle sur la route du départ de Clermont-Ferrand où nous venions de guincher la veille sur la place Jaude, à la « fête de la musique ». Un premier coup de poignard dans mon Europe. Les 3 autres, dans la bagnole, s’en foutaient comme de leur 1ère Albion. Ils n’avaient jamais eu la moindre idée sur la très nécessaire et construction d’une « Europe unie » élargie plutôt qu’étrécie.
3 En lisant les paroles d’Etienne, la musique et le rythme me sont revenus intacts à la mémoire. Cette chanteuse au nom bizarre, je l’avais oubliée. Avait-elle chanté autre chose dans sa vie, jzmn ? Sait-on où elle va (se) reposer ?
Bàv,
Le C.D.S est-il en forme malgré la chaleur?
Par bien des aspects, je me suis reconnu dans Frédéric, ce frère insupportable à l’humour caustique parce que désespéré, ce frangin sorti de nulle part et ressuscité dans la tendresse du Narrateur, dérouté, surpris, heureux, et l plus beau défenseur de ses extravagances.
Lequel lui avait laissé ce message plein de mystère et d’amour, avant un départ précipité vers du volcan sicilien :
—-
« J’ai essayé de vivre comme vous, mais je suis Celui qui Suis pas comme les autres.. Eh.. qui est Pas Comme Les Autres !! Tu es mon pauvre frère aux pigeons et tu as bâtis ton église, euh.. ta villa.. exactement comme ton Père, Notre Père que tu détestais qui êtes aux cieux avec votre belle blouse blanche de dépanneur radio »…
——
Paul Edel, c’est une petite merveille. Vous savez vraiment raconter des histoires profondes avec une pudeur digne des plus grands Kerouac à l’égard de leur Gérard. Et alors, merci bien.
Valérie Pécresse est en train de distribuer des bouteilles d’eau à la gare avec une ravissante robe bleue et un charmant sourire. Je dis Bravo ! C’est pas Langoncet qui ferait ça, je vous le dis, moi.
Mozart et le cor
https://www.youtube.com/watch?v=TP-ctQG21Jo&list=RDTP-ctQG21Jo&start_radio=1
JJJ découvre enfin le texte de Paul et s’imagine dans le rôle du frangin hors normes!
A mourir de rire! Lui le bourgeois typique de la gauche oeuf de lump, pépère tranquillement installé dans sa baraque des Charentes, entre jardinage, ciné, pinaud et aquarelle!
Sinon je vous annonce que nous entrons à partir de cette après-midi en Terra incognita. C’est à dire que les infrastructures bâtimentaires et techniques françaises n’ont jamais connu une chaleur aussi forte et durable avec de plus une perspective d’augmentation au moins jusqu’à samedi. On ne sait pas ce qui peut se produire mais on le devine, on le modélise.
En gros, à tout instant des équipement peuvent casser, brûler, exploser, au mieux se mettre en sécurité faute d’alimentation en électricité ou en eau. Les mégacentrales de froid, possédant des réserves inertielles de sécurité, ont pour la plupart épuisé celles-ci. Des réacteurs de centrales nucléaires peuvent se mettre à l’arrêt. Des câbles souterrains urbains d’importance majeure pourraiebt brûler, tout comme des transformateurs. Des dizaines de milliers de serveurs informatiques pourraient stopper net et ralentir considérablement les transactions et sevices de toutes sortes. De gros axes de transport ferroviaire pourraient devenir impraticables, parfous durablement. Les livraisons pourraient être retardées.
Capté en passant
« Aujourd’hui, Marc Bloch entre au Panthéon.
Cette image montre son ex-libris, la vignette collée dans ses livres pour en marquer la propriété. On y lit la devise « Veritas vinum vitae » (« La vérité est le vin de la vie »).
En 1942, sa bibliothèque personnelle est pillée par les autorités allemandes. Après la guerre, sa famille entreprend de retrouver les ouvrages dispersés. Cet ex-libris devient alors une preuve précieuse pour identifier les livres ayant appartenu à l’historien et obtenir leur restitution.
Conservé aujourd’hui dans les Archives diplomatiques, il témoigne du travail inlassable mené par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères dans le cadre des recherches sur les spoliations et les restitutions d’archives et de biens culturels intervenues après la Seconde Guerre mondiale.
Parmi les ouvrages retrouvés figure Réflexions d’un historien sur les fausses nouvelles de la guerre (1921), écrit par Marc Bloch lui-même et dans lequel il analyse les mécanismes de diffusion des rumeurs et de la désinformation en temps de crise. Plus d’un siècle après sa publication, cette réflexion résonne encore avec les défis contemporains du champ informationnel.
À l’heure où la France rend hommage à Marc Bloch, historien, résistant et cofondateur de l’École des Annales, cette petite vignette rappelle que les livres portent une mémoire. Et que leur restitution participe aussi à la transmission de notre histoire. »
renato dit: 22 juin 2026 à 14h38
Pour de bons chocolats, vraiment bons, Phil, ici :
https://hautle-ge.ch/a-propos/
oui, c’est bien, et la place du Bourg-de-four, c’est joli et c’est chouette si on aime le calme et le gentil brouaha des touristes et des jeunes dames de bonne famille (rue des Granges coté Ouest je veux dire).Cela dit, il ne s’y passe rien d’intéressant: par exemple à la fête de la musique, pas de voitures incendiées, la fontaine est restée intacte (ils n’avaient pas coupé l’eau, qui est potable, comme vous le savez), la statuette de Clémentine est restée intacte aussi, bref, c’est d’un triste…
je viens de passer 15 jours en Suisse. En plus de la fête de la musique (je me suis limité au parc Bertrand et au parc des Bastions), j’ai eu droit au G/7, j’ignorais cette conférence à cette date. Le canton était bouclé pas possible d’aller en France voisine:
Renato, si vous connaissez, j’ai fais une via Alpina, entre Meiringen et Grindelwald, mais en deux jours, arrêt à l’hotel Rosenlaoui, un rêve en plaine foret et montagne….
La devise de ma mère
Phil dit: 22 juin 2026 à 18h06
Merci dear Renato pour ce considérable Hautlé, spécialiste du chocolat noir. La Suisse s’y connait, Gerbeaud de Budapest en vient.
voilà encore un lieu étonnant. Je suis entré dans ce café pour la première fois en été de 1976. Sur les bâtiments qui entouraient la Vörösmarty tér on voyait encore bien les impacts de balles de la révolution de 1956. Cela fait 10 ans que je ne suis plus retourné en Hongrie…nostalgie
« Tu n’as pas rêvé d’une Mobymatic orange JB ? »
Non, closer.
J’aimais beaucoup la mienne, en bleu, que je pouvais pousser à 70 KM/H !
Ensuite vint le temps des premières voitures…
La Suisse s’y connaît.
–
Non.
Vers 18 heures en cette fin d’après-midi, une super vente de tableaux chez Tajan à Paris.
https://www.interencheres.com/art-decoration/art-moderne-et-contemporain-682982
Sam Francis, Macréau et Chaissac…
J’adore Julius Bissier et Erro’.
Conflagration des antagonismes picturaux!
Peut-être que Passou va y craquer beaucoup de ses économies…
Notes du jour du 23 juin 2026 pour Cécile.
– « Pauvres, mais propres ». Une morale qui produisit peut-être un parangon d’honnêteté pour la vie.
– La découverte de Frederic chez Paul E.,… un double, mais oui, aussi bizarre que cela puisse t’apparaître.
– Camus à Boualem (rapportée) : « il n’est pas honteux d’être heureux » (Tipaza…, à côté de Kolea)
– Longtemps, tu le sais, j’ai fréquenté le 5, rue Saint-Ours à Genève. Il y avait une Faculté de Droit, fort intéressante mais pas très innovante en matière de criminologie. Un marqueur cependant : le Pr Martin Killias, qui eut sa célébrité locale.
– Trois étapes d’une résurrection laïque chez BS : -> 1/ philosopher, c’est apprendre à mourir 2/ -> vivre, c’est apprendre à mourir 3/ -> vivre, c’est apprendre à être libre.
– Les gros bourgeois charentais, sortis de leur extrême pauvreté native sur le tard, essaient de n’être pas nihilistes. Ils croient encore à quelque chose. Le nihilisme n’est pas leur mantra. Il ne devrait pas l’être, du moins.
– Hélas pour la cérémonie de Marc Bloch, les câbles reliant la wifi ont sauté. Il faut alors imaginer le meilleur pour lui, rester enfermé dans l’obscurité des murs frais.
– Ne pas crainte par éco anxiété es bouleversements climatiques. Juste essayer de ne pas faire trop d’enfants. Hormis les surchauffes en prison, on risque une très grande agitation pénitentiaire, analogue à celle de 1972. Le froid reviendra (Simone Buffard).
– Le catastrophisme n’est pas un nihilisme, nous allons trouver des solutions politiques ensemble, et pacifiquement, chacun de son côté, en changeant nos modes opératoires. S’interdire de chauffer la RDL par exemple pour n’y lancer que des invectives à tort et à travers. Ne l’utiliser que durant la nuit, par exemple, à la due fraîche, K.
(… en passant, Cécile : n’hésite pas à boire souvent de petites gorgées d’eau citronnée avec de la glace pilée).
Bien à toi,
206 milliards d’euros.
C’est le prix minimal estimé des conséquences dévastatrices sur l’économie française des canicules jusqu’à 2030. C’est à dire demain
Quelques nouvelles de Martin K, pour etalii (une itw récente)
https://wp.unil.ch/allezsavoir/le-monde-academique-est-infiniment-plus-stimulant-que-celui-de-la-justice/
Je me souviens qu’il ne tenait pas Jean Ziegler en très haute estime, mais qu’il ne l’aurait jamais dit en public. Le peuple universitaire suisse est un peu particulier, comme diraient certains Portugais.
Quelques écrivains plus tranchés se détachent de ce monde-là, je citerais en vrac, Walser, Ramuz, Zorn, chacun à sa façon. Et quelques autres, encore moins avouables, genre Bouvier, Maillard & Schwartzenbach.
Jean Langoncet, merci pour l’ex libris S & Marc Bloch. Je ne savais pas comment inscrire cette journée sur mon mur, maintenant c’est fait.
Claudio Bahia,
Aujourd’hui, les touristes affluent partout ; sans eux, il y en aurait davantage de chômage, e Bourg-de-four ne saurait faire exception. Les jeunes dames de bonne famille, ont désormais mon âge et tout au plus on prend un café à la Clémence. Il ne s’y passe rien d’intéressant, certes, mais c’est son atout : j’aime beaucoup les villes où ils rangent les trottoirs à 19 heures — si je veux du mouvement je choisi d’autres villes —, par ailleurs, à Genève je passe ma journée à la bibliothèque et le soir je suis fatigué.
Heureusement la Clémentine de Heinz Schwarz a été respectée.
Je ne connais pas l’Alpina Meiringen et Grindelwald. Le seul parcours à travers les Alpes que j’ai parcouru est celui qui relie Saint-Moritz à Zermatt, en suivant la ligne du Glacier Express afin de ne pas avoir de bagages à me trimballer, donc avec deux arrêts pour la nuit : Saint-Moritz, Andermatt, Brig, Zermatt,
JJ-J, vous oubliez Max Frisch, Urs Widmer, Annemarie Schwarzenbach, etc, mais surtout Dürrenmatt :
Ecrivains Suisses.
Sans oublier Ramuz, Blaise Cendrars, Robert Walser, Jacques Chessex, Jean Buhler, Amiel, Joël Dicker et on pourrait même rajouter Borges et Nabokov !
Si l’on considère également les résidents étrangers, on trouve Musil.
@ Renato… je n’oublie pas…, je n’entendais que placer au hasard de mes souvenirs que celzéceux qui m’avaient marqué… Mais Anne-Marie, (dont j’ai toujours aimé la vie naufragée de tranfuge mal dans sa peau), la copine androgyne de Klaus et Erika Mann, elle a pas mal compté pour moi. Max Frisch, et Urs Widner, je ne ne les connais pas (encore). Durrenmatt, un peu mieux (Justice et La Panne), mais il ne m’avait pas convaincu. Et je m’en fus allé sur d’autre terres, vers l’Autriche, découvrir le continent des Bernhardt et Jelinek… Sombres.
Bàv,
Genève, Cimetière des Rois, tombe de Musil
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/1c/Robert_Musil_-_Cimetière_des_Rois.jpg
Des identitaires et des zombies
Demain est un autre jour ; il porte la certitude de retrouver dans ce cul de basse fosse les caricatures lettreuses qui sont sa marque, telles quelles, si le dieu web (et quelques dieux adjoints) veut encore d’elles 🙂
De Dürrenmatt, JJ-J, essayez La Mission ou De l’observation de l’observateur des observateurs.
Un psychiatre charge un journaliste de reconstituer le meurtre de sa femme, dont il a lui-même orchestré le crime, le coupable n’étant qu’un pur hasard. Au cours de son enquête, le journaliste pénètre dans un univers technologique, se retrouve mêlé à un complot, coup d’État, et s’aventure dans des labyrinthes creusés dans le désert par des apprentis sorciers. Elle y croise un Minotaure, un vétéran du Vietnam, et un Polyphème, un caméraman dont l’œil est une lentille en perpétuelle rotation. Le récit révèle un monde à la merci des yeux électroniques, où le seul à pouvoir tout observer est un dieu indifférent et invisible : Un œil omniprésent et invisible observe tout et tout le monde.
@JL je viens de repenser à cette banane exposée sur un tableau jusqu’à sa pourriture…, à ce que cette ouvre issue de l’art néo et post conceptuel est devenue, qui l’a achetée au musé détenteur, à quel prix
(nb j’ai tjs des agaceries de ce style qui viennent surnager, à cause de télescopages erdéliens totalement imprévu, je ne sais pas si ça t’arrive aussi, Cécile, ces reflux de conscience qu’il faut capturer ou attraper de suite, comme les rêves ?). Bàt,
unE journaliste — lA journaliste
Houlà, mais vous allez faire gamberger Christiane, ma parole'(19.44). J’y passe le relai, ainsi qu’à SV. J’aimerais bien avoir leur opinion, d’abord.
Merci quand même… Je note : La Mission… Permettez mi de vous signaler à mon tour, le dernier roman de Catherine Pancol, c’est une romancière française, il est formidable, Bàb,
Qui vient de repenser ressuie ; keep on truckin’ boy
Il existe plusieurs exemples de cette « banane » (édition limitée). Le deuxième exemplaire a été vendu à l’entrepreneur Justin Sun pour 6,2 millions de dollars en novembre 2024. Peu de temps après, Sun a mangé la banane sur scène, la comparant à un actif cryptographique et déclarant : « La vraie valeur réside dans le concept lui-même. »
La banana di Andy Warhol è più divertente!
@Jean Langoncet, merci pour l’ex libris S & Marc Bloch
C’est le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères qu’il faut remercier, renato ; même si cela provoque une crise d’uritcaire chez certaines andouilles « identitaires » mâtinées de crème de golem
Des choux et des reines, je suppose, il est dans mes piles. Mais, merci.
Renato,
concernant la place du Bourg de four, je faisais de l’humour grinçant, car j’ai vu ce qui se passait à Paris, « pour fêter la musique ».
J’aime cette place que ce soit en plein été ou en hiver par exemple durant les samedi et dimanche de l’Escalade. Avez-vous eu l’occasion de déguster du sanglier rôti sur la place de la Treille à l’occasion de cette célébration de l’Escalade ?
Je viens de voir que le Portugal a largement battu le Uzbequistão. Je suis content pour les portugais, c’est agréable d’habiter dans un pays content de soi.
Moi je ne suis pas très content de vous, monsieur Bahià
De Dürrenmatt, je ne connais que les mythes de deux nouvelles : La mort de la Pythie et le Minotaure. Ces deux nouvelles m’ont comblée quans je les ai découvertes. Elles sont traduites de l’allemand par Jean-Paul Clerc pour les éditions L’Age d’homme.
Ainsi je découvrais cette « créature mise au monde par la fille du dieu du soleil, saillie par un taureau blanc consacré à Poséidon. »
Après avoir grandi dans une étable on l’enferma dans un labyrinthe, prison dont elle ne pourrait s’échapper, construit par Dédale pour l’isoler tant elle était effrayante.
Le labyrinthe imaginé par Dürrenmatt est fait d’un enchevêtrement de parois de verre, des miroirs, qui reflétaient à l’infini sa propre image multipliée… C’est ainsi que peu à peu, elle connut par ces reflets, son corps et le corps des autres qu’elle croyait réels. Heureuse de cette compagnie, agitant ses bras et ses mains, elle s’émerveilla et dansa dans ce monde d’images.
Un jour, une jeune fille se trouva face à elle, qui la regardait fixement, terrifiée par cette tête monstrueuse d’auroch, ces cornes, ce mufle et ces naseaux, ce corps d’homme.
Le Minotaure.
Lui aussi la regardait fixement, découvrant sa peau blanche, ses yeux, sa bouche, ses cheveux noirs, ses seins, son ventre, « tout ce corps fluide et mouvant. »
Il s’approcha, elle se mit à fuir. Il la pourchassa en poussant de terribles mugissements. Enfin, il put l’atteindre. Elle recula.
Pour lui plaire il se mit à danser. « Il dansa sa difformité, elle dansa sa beauté, il dansa sa joie de l’avoir trouvée, elle dansa sa peur d’avoir été trouvée, il dansa son désir, elle dansa sa dérobade,(…)il ne sut pas qu’il prit la jeune fille, il ne pouvait pas savoir non plus qu’il la tua. »
Ainsi commence cette première histoire d’une centaine de pages. Minotaure ». Puis, il y a l’autre, « La mort de la Pythie », tout aussi mystérieuse.
Édouard Philippe est super-populaire mais personne ne veut venir à son meeting du 5 (?) juillet. On reporte ou on annule? Sacrés sondages…
Hurkhurkhurk !
J’entends Macron à la panthéonisation de Marc Bloch. Il sonne aussi faux qu’une vieille cloche. Diagnostic : mauvais prof de théâtre.
23°8 à 6 h dans la maison.
24°8 à 6 h45 dans la maison.
Volets et fenêtres fermés, les deux en bois.
Dans la mythologie grecque, ❤️❤️ on livre en pâture jeunes gens et jeunes filles au Minotaure pour l’amadouer. Et les dévorer l’amadoue.
Thésée un jour utilise Ariane qui lui file son fiî, pour, au retour, ne pas perdre son chemin dans le dédale. En passant, après avoir tué le Minotaure, il l’oubliera sur la plage, ou liera aussi d’affaler la grand-voile noire pour hisser la blanche, et son père, de désespoir, oui, anéanti, oui, se jettera du haut d’une falaise, dans la mer qui, désormais, portera son nom Égée.
Le Minotaure a été peint et repeint par Picasso, c’est la puissance tellurique du taureau. Il est dans Guernica.
Eh oui.
Dans un ouvrage de glose sans aucun intérêt (on n’y apprendra rien), une madame Laure de Chantal n’a rien trouvé de mieux que de tutoyer Yourcenar, tout comme Macron tutoyait le pape. Génération d’abrutis.
oubliera aussi d’affaler.
De là à se dire que Thésée est une tête de linotte, il n’y a qu’un pas, que je ne franchirai pas.
elle lui file son fil, Ariane, cette idiote.
L’avait qu’à le garder tout pour elle. Son fil. En pelote.
Claudio Bahia
Du sanglier à la broche ? Bien sûr, mais c’était avant quand je supporte encore la foule. Maintenant, j’essaie d’aller à Genève en dehors des festivals et réunions internationales, surtout celles-ci, où les politiciens et leurs suites sont d’une impolitesse incroyable. Plus jeune, on y trouvait les mêmes activités, mais elles étaient moins envahissantes. Décidément, les bonnes manières se sont perdues.
Évidemment, à Genève, à la fin de la Fête de la Musique, on ne trouve pas des centaines de bonbonnes de protoxyde d’azote dans les rues comme à Paris. Je me demande pourquoi les gens prennent des drogues pour s’amuser. Peut-être suis-je tout simplement vieux.
Oui, Rose, cette réécriture du mythe est intéressante et le final surprenant. Ainsi, la réécriture de L’Odyssée chez Soleil vert joue sur ce décalage, ce glissement qui donne l’impression de lire deux livres, le mythe initial et une histoire qui lui ressemble et s’en écarte subtilement.
Même recherche pour les contes populaires. J’avais réjoui mes jeunes élèves en leur présentant « Les contes à l’envers » de P. Dumas après des lectures antérieures des œuvres initiales.
« Si l’ignorance n’était qu’un vide, il serait facile de le remplir de choses, de culture, de civilisation. Mais l’ignorance, mon cher, est un plein. C’est un mur, et les murs ne peuvent qu’être abattus ou escaladés. »
Antonio Tabucchi, Pereira affirme
Ils aimaient beaucoup « Le petit chaperon bleu marine »
« Je me demande pourquoi les gens prennent des drogues pour s’amuser. » (renato)
Pour ne pas avoir, seul, à penser, réfléchir, imaginer, créer, etc…etc…, bref vivre sa personnalité sans artifices stupéfiants !
Renato, juste pour adoucir vos jugements sur l’ignorance. J’ai partipé à des cours du soir, gratuits, pour des adultes qui voulaient apprendre, n’ayant pu pour des raisons diverses poursuivre des études vite interrompues . Et c’était un grand bonheur de partager cet appétit d’apprendre. Chanceux sommes-nous de pouvoir aisément parler ici de littérature, de musique, d’art…
« Arle » , dans le poème de JP. Toulet prend une orthographe provençale. Ce qui offre un intérêt au niveau de la prosodie et qui est bienvenu dans ce poème écrit en Provence.
Merveilleuse cérémonie pour l’entrée de Marc Bloch au Panthéon, hier soir à Paris.
45 mn de scénographie à l’extérieur, commentée par Lou de Lâage ❤️ et Jacques Gamblin ❤️, superbe récit mémoriel.
Puis, entrée au Panthéon fort émouvante et discours de M.Macron bien construit, sobre et percutant.
nous sommes les vaincus provisoires d’une injuste défaite.
l’armée des ombres.
l’esprit de défaite.
les intellectuels intranquilles.
quelques remarques :
dans les compagnons de la Libération, nommés par Emmanuel Macron, sont Joseph Kessel et Romain Gary.
L’armée des ombres, Joseph Kessel encore.
Pleuré 1 heure, la première.
Ce sont des cénotaphes : les corps sont restés chez eux, tranquilles.
Ai beaucoup pensé à Rosanette, qui, hormis le décret Crémieux qui lui reste coincé en travers de la gorge, a exactement le même esprit que Marc Bloch, l’amour de la France et de la République ; une attitude magnifique.
Un seul regret : ne pas avoir fait de cette belle cérémonie un réquisitoire contre la guerre.
Ce n’est pas mon jugements, Christiane, c’est celle de Tabucchi, qui, je crois, a toute sa place dans un espace dédié à Pessoa.
Irritabilité, troubles dépressifs et psychotiques en hausse, décompensation. La canicule met à l’épreuve la santé mentale.
Merci de votre réponse, Renato. Une phrase sortie de son contexte peut être interprétée de différentes façons. Quel rapport entre l’ignorance et Pessoa ?
L’ignorance… et le savoir peuvent conduire également au pire. Quand je pense à la fission nucléaire… La culture ne protège pas si l’éthique de celui qui la possède la détourne du bien (les nazis et l’art). Il y aurait tant à réfléchir. Par ailleurs Tabucchi est un bel écrivain.
jacques gamblin
https://youtu.be/c_bs_wk5bmQ?is=waHJQtDPYJqRlppY
https://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Tabucchi
Et Il a traduit Pessoa !
Bloch
dear Rosi, l’étrange défaite est un livre qui semble austère, difficile à lire (que n’ai lu que bribes), d’un temps qui n’est plus le nôtre. Les érudits commentateurs s’avancent beaucoup en thaumaturgie pour faire de Bloch un Asimov de la politique. La mise au tombeau napoléonien ne favorise pas le débat, les érudits ne causent qu’aux érudits. Bonne ventilation, dear Rosi, glaçons mixés dans l’espresso.
https://www.lemonde.fr/livres/article/2012/03/25/l-ecrivain-italien-antonio-tabucchi-est-mort_1675322_3260.html?srsltid=AfmBOorPQwWS3bFyedb1jKtInpc3WAmbHgcryn1F75NKk1xmizDi7qIU
Un très bel article du monde en 2012…
avec sa femme raphaëlle delaunay, danseuse et toîes
https://youtu.be/585fF_-bQaM?feature=shared
danseuse et toiles.
Dans un espace dédié à Pessoa, Tabucchi a sa place.
Avec Maria José de Lancastre il a traduit le livre dont il est question ici, (Feltrinelli, Milano, 1986), mais ils ont laissé l’intranquillité dans le néant : “Il libro dell’inquietudine di Bernardo Soares”.
tombeau napoléonien ne favorise pas le débat […]. Bonne ventilation
apnée, chez moi, dear fil,où ?
et pas d’expresso, ni de glaçons dans le congelo.
tiens bon.
« Tabucchi, qui, je crois, a toute sa place dans un espace dédié à Pessoa. »
_________________
ANTONIO TABUCCHI
Lointain et si proche Portugal
Toscan d’origine, Antonio Tabucchi (1943-2012), grand spécialiste de Fernando Pessoa, qu’il a découvert à Paris en lisant la traduction française du Bureau de tabac, s’est depuis lors progressivement « converti » au Portugal et au portugais : il s’y établit définitivement par la suite et rédigea ses manuscrits directement dans cette langue. Son roman Pereira prétend est particulièrement représentatif de cet étrange phénomène de transition identitaire et territoriale. Antonio Tabucchi prétend même qu’il lui a été dicté par son personnage principal : « Pereira. En portugais, Pereira signifie poirier, et comme tous les noms d’arbres fruitiers, c’est un nom d’origine juive (…) J’ai voulu ainsi rendre hommage à un peuple qui a laissé une trace importante dans la civilisation portugaise et qui a subi les grandes injustices de l’Histoire. » Inspiré d’un personnage réel, le roman se déroule durant le mois d’août 1938, à l’époque de la dictature de Salazar. Responsable du supplément culturel d’un grand quotidien lisboète, son héros, chrétien de conviction et passionné de littérature, se tenait jusqu’alors éloigné de la politique. Prudence, lâcheté, sagesse ? Mais peu à peu, les circonstances le feront passer de l’indifférence la plus totale à une certaine forme d’héroïsme. Veuf, devenu gras et malade du cœur, Pereira, en proie au doute, décida de demander conseil à son vieil ami Silva, connu au temps où ils étaient tout deux de jeunes et fringants étudiants à Coimbra.
« Pereira se dirigea vers sa table et prit place en face de son ami. Silva lui demanda s’il voulait un verre de vin blanc, il lui fit signe que non de la tête. Il appela le garçon et commanda une citronnade. Le vin ne me fait pas de bien, expliqua-t-il, le cardiologue me l’a dit. Silva commanda une truite aux amandes et Pereira un filet Strogonoff, avec un œuf poché dessus. Ils commencèrent de manger en silence, puis, à un certain moment, Pereira demanda à Silva ce qu’il pensait de tout cela. Tout cela quoi ? demanda Silva. Tout cela, dit Pereira, tout ce qui est en train d’avoir lieu en Europe. Oh, ne t’en fais pas, répliqua Silva, ici nous ne sommes pas en Europe, nous sommes au Portugal. Pereira prétend avoir insisté : oui, ajouta-t-il, mais tu lis les journaux et tu écoute la radio, tu sais ce qui se passe en Allemagne et en Italie, ce sont des fanatiques, ils veulent mettre le monde à feu et à sang. Ne t’en fais pas, répondit Silva, ils sont loin de nous. D’accord, reprit Pereira, mais l’Espagne ce n’est pas loin, c’est à deux pas, et tu sais ce qui se passe en Espagne, c’est un carnage, pourtant il y avait un gouvernement constitutionnel, tout cela par la faute d’un général bigot. L’Espagne aussi est éloignée, dit Silva, nous, nous sommes au Portugal. Certes, dit Pereira, mais ici non plus les choses ne vont pas bien, la police fait ce qu’elle veut, elle tue les gens, il y a des perquisitions, des censures, il s’agit d’un État autoritaire, les gens comptent pour du beurre. Silva le regarda et posa sa fourchette. Écoute-moi bien, Pereira, dit Silva, tu crois encore à l’opinion publique ? eh bien l’opinion public est un truc qu’ont inventé les Anglo-Saxons, les Anglais et les Américains, ce sont eux qui sont en train de nous couvrir de merde, pardonne-moi l’expression, nous n’avons pas leurs traditions, nous ne savons pas ce que sont les trade unions, nous, nous sommes des gens du Sud, Pereira, et nous obéissons à celui qui crie le plus fort, à celui qui commande. Nous ne sommes pas des gens du Sud, objecta Pereira, nous avons du sang celte. Mais nous vivons dans le Sud, dit Silva, le climat ne favorise pas nos idées politiques, laissez faire, laissez passer, c’est ainsi que nous sommes faits, et puis, écoute-moi bien, je vais te dire une chose, moi j’enseigne la littérature et je m’y connais en littérature, je suis en train de faire l’édition critique de nos trouvères, celle des cantigas de amigos*, je ne sais pas si tu t’en souviens, on a étudié cela à l’université, eh bien les jeunes gens partaient à la guerre et les femmes restaient chez elles à pleurer, et les trouvères recueillaient leurs lamentations, c’était le roi qui commandait, tu comprends ? c’était le chef qui commandait, et nous avons toujours eu besoin d’un chef, aujourd’hui encore nous avons besoin d’un chef. Mais moi je suis journaliste, répliqua Pereira. Et alors ? dit Silva. Alors je dois être libre, dit Pereira, et informer les gens de manière correcte. Je ne vois pas le rapport, dit Silva, tu n’écris pas des articles politiques, tu t’occupes de la page culturelle. Pereira à son tour posa sa fourchette et mit les coudes sur la table. C’est toi qui dois bien m’écouter, répliqua-t-il, imagine que demain Marinetti vienne à mourir, tu vois qui est Marinetti ? Vaguement, dit Silva. Eh bien, dit Pereira, Marinetti est un salaud, il a commencé par chanter la guerre, il a fait l’apologie des carnages, c’est un terroriste, il a salué la marche sur Rome, oui, Marinetti est un salaud et il faut que, moi, je puisse le dire. Va en Angleterre, dit Silva, là tu pourras dire tout ce que bon te semble, tu auras un tas de lecteurs. Pereira termina la dernière bouchée de son filet. Je vais au lit, dit-il, l’Angleterre est trop loin. »
(« Pereira prétend », traduit de l’italien par Bernard Comment, Christian Bourgois Éditeur, 1995.)
*Littéralement « chansons d’ami », les cantigas de amigo, dans la tradition trouvère du Portugal au XVIe siècle, se distinguaient des cantigas de amor (amour courtois) et du mal-dizer (chansons grivoises). (N.d.T.)
Alyscamps un beau mot associé à Arles dans un beau vers, un mot si beau que je l’aimais pour lui-même ;il désignait apparemment un boulevard dans cette ville , mais je n’avais jamais eu la curiosité de me demander ce qu’il voulait dire
Ce n’est que récemment que j’ai compris que c’était une contraction de l’équivalent provençal de Champs Élysées
Je suis sure qu’il y a dans les contributeurs de ce blog au moins une , ou peut être plusieurs personnes, aussi ignorantes que je l’ai longtemps été ,et à qui j’ai appris quelque chose avec ma découverte tardive
Merci, Rosanette, pour le rappel de ces Champs-Elysees / Alycamps qui justifie le choix de ce si beau poème de Jean Paul Toulet, alors que certains contributeurs s’amusaient à détourner par des variations un peu scabreuses les… Champs Elysées.
C’est toujours un plaisir subtil de vous voir réagir à ce qui paraît ici quand l’érudition devient cadeau.
Il faut vous vaporiser, Chrustiane.
Renato 8h18
Libres à eux…
Je continue à préférer « l’intranquillité ».
Un cas d’Ebola en France.
On ne risque pas d’être tranquilles, avec ça.
Richard Zenith a écrit une introduction dans « Le Livre de l’intranquillité ». Déjà…
« Le Livre de l’intranquillité », en toute rigueur, n’a jamais existé et ne pourra d’ailleurs jamais exister. Ce que nous tenons ici, ce n’est pas un livre, mais sa subversion, voire sa négation, un livre en puissance, ou mieux, un livre en ruine, le livre-rêve, le livre-désespoir, l’anti-livre, par delà toute littérature. Ce que nous avons dans ces pages c’est le génie de Pessoa à son apogée. (…) Le monde entier réduit à des fragments qui ne constituent pas vraiment un tout, mais seulement un texte sur du texte, sans aucun sens et peut-être sans lien, ce rêve, ou ce cauchemar (…) a constitué son expérience la plus intime, sa réalité la plus vulnérable, et ce livre chaotique de « l’intranquillité » en a été le témoignage d’une totale et constante lucidité. »
Et Françoise Laye d’écrire dans son avertissement au lecteur :
« Le terme d' »l’intranquillité », devenu aujourd’hui d’usage courant, était un néologisme en 1988, et à fait couler beaucoup d’encre. Nous l’avions adopté cependant pour traduire le monde si complexe et si personnel de Pessoa – poétique, mouvant, musical, parcouru sans cesse de courants contradictoires, et traversé d’une interrogation fondamentale. (…) «
D, 9h16
D’eau bénite, je suppose !
L’eau du robinet me suffit !
« Et comment pouvons-nous nous comprendre si dans les mots que je dis, je mets le sens et la valeur des choses qui sont en moi ; tandis que ceux qui les écoutent, inévitablement, les assument avec le sens et la valeur qu’ils ont pour eux-mêmes du monde qui est en eux ? »
Pirandello
c une allée de tombes, en Arles, les Alyscamps, rosanette
Oui, Renato, pas besoin de Tour de Babel !
Seule l’affection et la confiance guident. On se dit, je ne comprends pas ce qu’il veut dire mais c’est quelqu’un de chouette, alors patientons… Le nuage passera.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alyscamps
Avec la photo!
@ »et il faut que, moi, je puisse le dire. »
jazzman tu lis et tu comprends les extraits que tu recopies ?
je veux dire tu sais de quoi ça parle ?
ce livre parle de la malédiction qui s’est abattue sur le système médiatique européen avec la fin du « et moi il faut que je puisse le dire ».
aujourd’hui les journalistes en Europe ne peuvent plus dire.
en fait ils répètent tous exactement les mêmes phrases.
à se demander qui leur dictent ces phrases qu’ils répètent comme des robots.
et surtout ils se taisent, ce que refuse absolument ce journaliste de Tabucchi qui lui ne veut pas se taire.
ils se taisent sur Gaza.
ils se taisent sur les viols collectifs et la prostitution de mineures contrôlées par les gangs : ce qui a valu son poste à Starmer, et aussi ce qui va lui valoir d’aller directement en prison !
mais ce n’est pas un journaliste ni un journal qui a révélé ce scandale, le plus gros qu’ait connu ce pays.
tu sais c’est quoi le coeur de ce scandale jazzman ?
c’est justement l’omerta.
d’ailleurs j’imagine que dans Parisien ils n’ont pas dit pourquoi Starmer a été viré, peut-être qu’ils diront quelque chose quand Starmer se retrouvera derrière les barreaux ? qui sait ?
pourquoi cette omerta en France ? parce que la France connait exactement le même problème de prostitution de mnieures par des gangs, des viols collectifs etc…
les journalistes n’en parlent pas pour ne pas attiser la haine : c’est la version officielle quand on leur pose la question…
sur quoi les journalistes se taisent ?
l’affaire Epstine ! pas de commission d’enquête pour la France : on ne veut pas savoir.
jazzman tu sais que « Cannes » est un mot qui revient 200 fois dans les mails d’Epstein ?
et Cannes c’est pourtant bien en France.
on pourrait citer des dizaines d’exemples où les journalistes ne doivent pas dire, mais quand ils disent c’est même pas intéressant parce que c’est pour tous répéter exactement les mêmes phrases avec exactement les mêmes mots.
séiruex ce serait intéressant de savoir un jour qui leur donne ces phrases qu’ils doivent tous recompier comme tu le fais avec les livres.
par contre le journaliste de Tabucchi il dit : « et il faut que, moi, je puisse le dire. »
il ne dit pas il faut que moi que je puisse répéter ce que disent les autres qui font le ùmême métier que moi, non, quand il dit « il faut que je le dise » c’est dire une chose que les autres ne disent pas, une chose qu’il serait le seul à dire, ou plutôt à prendre le risque de dire.
autant dire que des journalistes comme ça il n’existe plus sous nos latitudes !
Palme d’or à la voix de la sagesse et de l’humour
https://www.youtube.com/watch?v=B3nROpxUTYw
chére DHH (9.02), vous me l’apprenez, pour Alyscamps. Quand je pense m’être promené sur cette belle allée de pins et de lauriers en Arles en 1990, et être passé à côté de cette explication. Ou peut-être l’avais-j oubliée. Une chose est sûre et très morale… de cette promenade terriblement douloureuse bien qu’inondée de soleil et de poussière blanche, j’en avais éprouvé plus d’émotions, cette seule fois, que lors de mes multiples A/R sur les champs Elysées parisiens, un « pensum » touristique et professionnel qui, à la vérité, me laissa toujours (les seins) de glace.
Bàv, avec du givre dans les branches.
Au risque d’agacer, je voulais juste rajouter un lien de sympathie à l’égard de l’oeuvre Marc Bloch, paru ce matin.
https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/06/23/il-aimait-la-verite/
Je n’ai pas pu voir la cérémonie d’hier en direct, hélas. Et maintenant, c’est trop tard. Vous semblez dire, rose, que notre Président y excella. Son lyrisme est toujours surprenant, aux Invalides, c’est clair. Et même si on n’aime pas ce personnage, ses envolées ont souvent du chien. (J’ignore qui les lui écrit et si tel est bien le cas, mais je ne le crois pas). Elles emportent souvent la conviction sur le moment. On se dit : voilà un président lettré comme le fut jadis FM; il a vraisemblablement tout lu Marc Bloch, du temps où, à l’ENA, il découvrait les grands intellectuels juifs oubliés qui surent « résister » et sauver l’honneur de ce pauvre pays.
(nb/ Je m’honore pmp d’avoir bien connu son fils Etienne B., un homme discret qui joua pourtant un rôle de conscience capital au sein de notre magistrature agitée, durant les années septante).
@ Boualem, aussi, fait un éloge invraisemblable de la langue française. Son témoignage, quoi que les esprits chagrins aient pu en dire, est magnifique. Bouleversant, très même. Il a bien fait de l’écrire dans l’urgence… Car voilà ce qui en fait l’émouvante beauté. N’avoir pas su prendre la moindre distance avec la geôle et sa sortie rocambolesque, comme on voulut bien le lui conseiller. Plus il aurait attendu, bien plus pâlichon aurait été le produit final. la Légende n’a jamais prétendu être une « œuvre littéraire », nom de dieu, pas plus que « le couteau » de Rushdie.
C’est quoi encore, ces histoires ? Ces deux bouquins laisseront une trace influente, à l’évidence, tel celui de Mme Pélicot, dans un autre domaine, pas si éloigné, du reste…
Bàv,
même si les journalistes se taisent personne ne pourra dire nous ne savions pas :
Après 7 ans de travaux, la tour monastère de l’île St Honorat a été officiellement inaugurée ce lundi 22 juin 2026 et elle sera à nouveau ouverte au public.
https://www.facebook.com/groups/3852601528403644/permalink/4323843174612808
» On se dit, je ne comprends pas ce qu’il veut dire mais c’est quelqu’un de chouette, »
Ce qui se pense s’énonce clairement…
Les Alyscamps, c’est plus le Père-Lachaise que les Champs-Elysées !
Mais comment dit-on Père-Lachaise en provençal ?
La citation de Nicolas Boileau « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément.» (« Chant I », L’Art poétique, …
Pèro la cadièro
Comment sait-on quand puck a les couilles pleines ?
Christiane dit: 23 juin 2026 à 8h52
En Arles
Paul-Jean Toulet
Superbe poème, quelle légèreté !
jazzi
explosée de rire
le golfeur de mar a lago […] le seul éléphant au monde à se balader avec son propre magasin de porcelaines .
P.S : je l’ai dit ici même, très rapidement, avant Marco Rubio
janssen J-J
je n’ai jamais dit que le président y excella.
https://share.google/2ymjD51TcOqRHzEzy
l’ensemble de la cérémonie est magnifique, et la scénographie qui précède le discours est de haute tenue. Le préz.il est comme d’habitude, exalté : il adore ce qu’il fait.
Bolibongo,
Bonjour. Pas forcément… Chacun a ses références sous les mots, culturelles, affectives, politiques, familiales. Aller vers l’autre par la parole, surtout sur les blogs, est souvent source de malentendus. Le même interlocuteur, face à soi, dans la vraie vie aurait d’autres signes de communication : le visage, le ton, les gestes. Et surtout le dialogue immédiat demandant des éclaircissements. Mais il arrive, même dans la vraie vie, qu’un dialogue ne mène à rien, ou à la colère, ou à une porte qui claque. C’est dur d’être seul, c’est périlleux d’être deux, c’est de la folie d’être sur un blog. Mais parfois un ange passe. Il y en a un sur cette page et ce n’est pas l’angélus Novus de Klee qu’aimait tant Walter Benjamin, encore que, cette femme a beaucoup vu, vécu, partager et pas seulement les livres et la grammaire.
Si Antonio Tabucchi écrivain italo portugais choisit « l’Inquiétude », il a peut-être une bonne raison, non?
jazzman tu veux dire comment tu peux savoir comment j’en ai plein les couilles ?
disons que dire que Musil et Pessoa c’est pareil, ou dire que Tabucchi a sa place auprès de Pessoa c’est des trucs qui font que j’en ai plein les couille d’entendre des conneries pareilles.
Pessoa était juste un putain de colonialiste, un militariste qui voulait un état fort !
et lui Pessoa était un type soumis, il se soumettait à l’ordre en place tout comme les portugais ont soumis les peuples qu’ils colonisaient !
alors que Tabucchi lui, a toujours refusé de se soumettre.
c’est important de faire cette distinction aujourd »hui.
cette histoire de soumission c’est même la distinction
la plus importante qui soit actuellement.
que ce soit pour l’Iran, pour l’affaire Epstein, pour la Russie, pour la famille royale anglaise, pour nos médias etc…… cela se résume seulement à une histoire de soumission !
les puissants soumettent les faibles !
les maîtres soumettent les esclaves !
Rose, je n’ai pas entendu Rosanette se plaindre du décret Crémieux, qui a permis à ses ancêtres de sortir de leur position inférieure dans l’Algérie musulmane, de grimper à toute vitesse dans l’échelle sociale républicaine et à elle-même de faire une belle carrière de haut fonctionnaire!
l’autre truc qui fait qu’on peut en avoir plein les couilles c’est tous ces mensonges.
exemple au hasard : l’Iran et leur nucléaire.
encore une histoire d’armes de destruction massive : encore une guerre justifiée par des mensonges !
l’Iran est assise sur des richesses minières de 35 mille milliards de dollars !
la question est : va-t-on leur lâcher la grappe et les laisser profiter et prospérer sur ces richesses ?
hein jazzman ? tu en penses quoi ?
est-ce ainsi que se comportent les maitres avec leurs esclaves ?
on ne l’a pas fait l’Irak, ni avec la Syrie, ni avec la Libye pourquoi le ferait-on avec l’Iran ?
parce que ce que sou tendent ces histoires c’est le suprémacisme !
Pessoa est un suprémaciste, tout comme Epstein.
Tabucchi n’est pas un suprémaciste, Musil non plus !
donc déjà ça peut faire une petite grille de lecture pour ne pas mélanger les pommes et les poires !
aujourd’hui c’est important parce que ne pas être suprémaciste c’est simplement dire laissez les iraniens prospérer !
c’est dire il ne faut pas traiter les palestiniens comme des animaux !
qui est capable de le dire aujourd’hui en France ?
@ couilles molles et pleines… c’est aussi le cas des gens qui ni ne baisent ni ne se manualisent… Alors forcément, ça ressort par d’autres voies, venimeuses, en général. Très nombreuses, sur cette chaine.
@ /je n’ai jamais dit que le président y excella (11.12)/.
Anéfé, c’est moi qui l’ai supposé. Excusez-moi.
@ (11.23) Il me souvient qu’elle fut horrifiée de ce qu’on l’on ait mis fin au décret Crémieux sous Vichy. Pour le reste des conséquences sur sa propre carrière…, on vous en laisse planer le parfum… je n’arrive pas à trouver qu’il sente très bon.
Laissons la s’expliquer à nouveau, merci pour elle qui n’est pas du genre à se dégonfler de la chambre à air…
Bàv
le comble des trous du cul du suprémacisme actuel c’est pas que Macron et ses oligarques, ou les US ou Israël et les sionistes, non le comble des suprémacismes depuis 500 ans c’est ces putains de fouteurs de merde d’anglais !
quand le roi Charles va aux US et qu’il fait son discours devant le congrès américain il dit quoi ?
il dit nous, l’Angleterre, nous sommes en train de fabriquer des dizaines de milliers de drones pour les donner aux ukrainiens pour qu’ils envoient sur Moscou.
ok Charles ! en fait c’est toi qui as envoyé ton pote bojo pour demander aux ukrainiens de ne pas sighner d’accord de paix avec les ukrainiens.
d’ailleurs c’est aussi à ça qu’on reconnait les suprémacistes, comme on le voit en ce moment avec les sionistes : il jamais question d’accord de paix avec eux !
donc ton idée Charles, c’est une excellente idée Charles !
sauf que tu as oublié de dire comment cette histoire va se finir ?
hein Charlot ? tu refiles des drones à tes potes ukrainiens pour qu’ils les balancent sur Moscou et t’imagines quoi espèce de charlot ?
comme passou quand il se réjouit de voir la Finlande entrer dans l’otan sa se demande la moitié d’une seconde les conséquences que cela aura !
pourquoi ?
parce que c’est comme ça que fonctionnent les suprémacistes dans leur tête !
ils s’imaginent avoir tous les droit et en face les sauvages eux n’ont aucun droit !
passou peut construire son « grand otan » comme les colons juifs leur « grand Israël » et en face ils vont l’accepter sans broncher parce que ce sont des êtres inférieurs ?
bojo avait justifié sa démarche de demander aux ukrainiens en avril 2022 de ne pas signer d’accord de paix avec les russes en disant que si les russes obtenaient cet accord de paix alors cela signifiait la fin de l’hégémonie occidentale.
cette déclaration de bojo est hyper importante !
parce que ces quelques mots permettent de comprendre que cette histoire ne peut pas se finir bien.
d’un côté ni les russes, ni les iraniens n’accepteront de se soumettre à l’occident : parce que l’accpeter c’est accpeter de perdre sa souveraineté.
de l’autre l’occident n’acceptera jamais qu’un peuple refuse de se soumettre à ses règles parce que l’accepter c’est tirer un trait définitif sur le suprémacisme impérialiste de l’occident.
l’occident doit absolument mettre la main sur les richesses de l’Iran et de la Russie, c’est ce qu’elle fait depuis 5 siècles et ça ne doit pas s’arrêter !
donc ces 2 histoires d’Iran et de Russie n’ont absolument aucune chance de se bien se terminer.
Pessoa ou Tabucchi faut juste choisir son camp….
« (…) du décret Crémieux, qui a permis à ses ancêtres de sortir de leur position inférieure dans l’Algérie musulmane, de grimper à toute vitesse dans l’échelle sociale républicaine et à elle-même de faire une belle carrière de haut fonctionnaire! »
cloclo je t’adore !
sérieux si t’existais pas en fait faudrait juste pas t’inventer pour s’éviter de lire des conneries grosses comme des camions.
donc selon toi faudrait que les juifs d’Algérie remercient Mr Crémieux pour son décret…
parce que ce décret a permis aux juifs d’Algérie d’accéder à la fonction publique.
contrairement aux musulmans qui ont ne pouvaient pas accéder à la fonction publique.
forcément.
du coup il y avait 3 niveaux hierachiques :
les français : le top du top
les musulmans : le bas du bas.
les juifs : les intermédiaires qui du coup se sont retrouvés haïs par les 2 autres catégories.
et donc ça pour toi c’était super !
selon toi il faudrait panthéoniser ce putain de taré de Crémieux ?
ça fait penser quand les anglais écrivent des histoires à dormir debout pour enjoliver leur colonisation genre « les bons colons… »
ils ont utilisé le cinéma et la littérature pour faire adhérer les gens à cette fable et pasd de bol ça n’a pas marché.
c’est là où l’on voit que les anglais sont moins bons que les américains qui ont réussi à s’attribuer la victoire des 2 guerres mondiales !
et là il suffit d’écouter l’autre pouffiasse de lettone (ou de lituanienne ?) pour voir que ça a marché à donf !
les anglais devraient prendre des leçons de soft power parce que même avec Harry Potter et les Beatles ils n’ont pas réussi à redorer leur blason…
@Rose
Que voulez-vous dire avec ce décret Crémieux « qui me serait resté au travers de la gorge » ?ne parliez-vous pas plutôt de sa scandaleuse abrogation que je considère comme une ignominie ,comme une insulte au sentiment indéfectible d’appartenance et de patriotisme qui animait les français juifs d’Algérie ;
Être française à été été pour l’ensemble de cette population un évidence ,comme inscrite dans son ADN ,et transmise à travers les générations, des que la France lui a offert sa nationalité ; c’est pourquoi j’ai aimé la cérémonie d’hier et je me suis parfaitement retrouvée dans ce qui a été dit au cours de cette manifestation du rapport de Marc Bloch a la France, car pour moi , comme ce fut le cas pour lui ce sentiment d’appartenance est d’ordre viscéral ,il fonde tout ce qui m’a construite , ma langue, mon identité, ma culture et aussi mon appropriation du passé auquel elles s’enracinent, et cela sans interférence de tout autre contenu d’ordre religieux ou communautaire, qui relèverait d’un autre registre ;
Plus tard ,en devenant adulte j’ai appris et compris que cette évidence, ce vécu tranquille sans interrogation ni états d’âme de mon statut de citoyenne française, résultait, d’un coup de chance, de la générosité d’une France qui n’était alors ni égoïste ni raciste ,loin de celle qui l’a pour un temps abrogé
Et dès lors j’ai nourri pour cette France en plus de l’amour que je lui porte comme patriote, un sentiment de reconnaissance pour m’avoir offert ce cadeau :être française .
A mon avis renato est un faux tranquille. Le contraire de Puck.
En 1967, le poète américain Ezra Pound s’est rendu sur la tombe de l’écrivain irlandais James Joyce au cimetière de Fluntern, à Zurich.
https://revistapiparote.com.br/wp-content/uploads/2021/06/pound-joyce-tappe-copy100.jpg
Rosanette,
Ne prenez jamais au sérieux cette rose. Elle et ce pauvre Janssen JJ sont deux lâches antisémites refoulés et perfides.
@Alfred
je manque peut-être de perspicacité , mais en aucune occasion Rose ou JJJ ne me sont apparus sous le jour où vous le présentez .
Rosanette
Que voulez-vous dire avec ce décret Crémieux « qui me serait resté au travers de la gorge » ?ne parliez-vous pas plutôt de sa scandaleuse abrogation que je considère comme une ignominie ,comme une insulte au sentiment indéfectible d’appartenance et de patriotisme qui animait les français juifs d’Algérie ;
tres clairement, je n’ai rien compris au décret Crémieux.
et je me suis parfaitement retrouvée dans ce qui a été dit au cours de cette manifestation du rapport de Marc Bloch a la France, car pour moi , comme ce fut le cas pour lui ce sentiment d’appartenance est d’ordre viscéral ,il fonde tout ce qui m’a construite , ma langue, mon identité, ma culture et aussi mon appropriation du passé auquel elles s’enracinent, et cela sans interférence de tout autre contenu d’ordre religieux ou communautaire, qui relèverait d’un autre registre ;
mais, tout cela, je l’ai parfaitement compris : ce n’est pas pour rien que ce matin, à l’aube, je vous ai identifiée en plein à cette magnifique cérémonie concernant Marc Bloch.
Le contraire de Puck.
Un vrai intranquille.
Janssen J-J ( restera B )
ma relation à vous est extrêmement particulière et puissante, quoiqu’indirecte : en effet, écrire deux années successives à ma mère, par mon intermédiaire, pour lui envoyer vos vœux de nouvel an, m’a extrêmement touchée.
Le choix de l’enveloppe, et du timbre, la carte écrite, les mots choisis, l’écriture ample et déterminée qui témoignent d’un bel équilibre, l’ensemble reçu et lu par ma mère, me pousse à un extrême sentiment de reconnaissance envers vous : ce geste que vous faites envers ma mère, c’est comme si vous le commettiez cent fois envers moi.
C’est dit.
@Rose
le decret Cremieux etait dans les cartons du Gouvernemnt lorsque le second empire est tombé;de sorte que le texte de ce decret-loi a eté promulgué sous la troisieme republique naissante en 1970.il a fait de tous les juifs d’algériens de français avec les obligatins correspondantes, notamment le service militaire
Ce qu’on peut reprocher à ce ttexte c’est qu’il crée entre les indigenes juifs et arabes de l’Algerie coloniale une discrimination injustifiable Mais pour les juifs et leur descendance ce fut une aubaine,appreciable toute injuste qu’elle nous apparaisse aujourd’hui
Le texte a ete abrogé par Vichy , avec pour conséquence l’eviction de tous les fonctionnaires juifs de leur poste .En effet , des lors qu’ils étaient dechus de la nationalité française, ils n’avaient plus accès aux emplois publics .
Ce fut le cas de mes parents, ma mere institutrice et mon pere percepteur;
Le texte a ete abrogé par Vichy , avec pour conséquence l’éviction de tous les fonctionnaires juifs de leur poste.
rosanette
c’est cela que j’avais compris.
@jazzi
la denomination « champs elysée », à l’origine celle de l’espace radieux qui accueille aux enfers ceux qui ont vécu dans le bien, convient effectivemnt mieux à un cimetière qu’à un champ de bataille offert aux casseurs
@@JJJ
vous ecrivez a mon propos
« ….Pour le reste des conséquences sur sa propre carrière…, on vous en laisse planer le parfum… je n’carrive pas à trouver qu’il sente très bon. »
je n vois pas à quoi vous faites allusion
Est-ce juste une impression ou l’une des deux photos côte à côte n’est-elle pas d’aplomb ?
JJJ écrit n’importe quoi Rosanette…Je voulais simplement dire que sans Crémieux vous n’auriez pas été française, donc impossible de faire une carrière de fonctionnaire…Du simple factuel.
Il y a quelques jours, Christiane, j’ai été prévenu par courrier privé de la mort d’ Alain Blondel. Une page se tourne….Les raisons pour lesquels celle-ci a été effacée de la RDL m’échappent totalement,
« Trump a affirmé que, durant le G7 qui s’est tenu à Évian, la présidente du Conseil italien l’aurait supplié de se faire prendre en photo avec lui : « Elle m’a imploré », a-t-il lancé. « Moi et l’Italie, nous ne supplions jamais », a répliqué Giorgia Meloni. »
Quelle femme cette Meloni!
Je réitère ma proposition de rétablir l’Empire Romain avec Meloni comme impératrice. Retailleau pourrait être proconsul des Gaules.
La déesse Perséphone avec le dieu Hadès, seigneurs des enfers :
https://dailygeekshow.com/wp-content/uploads/2023/04/heros-grece-7.jpg
celle de droite n’est pas d’aplomb, renato. Elle gansaille légèrement.
j’imagine que le décret Crémieux abrogé par Vichy , a été restitué ensuite, sans doute à la fin de la guerre. Et puis, rosanette, jeune fille, est venue étudier en France, y a passé ses concours, s’y est mariée, etc.
Donc l’enfer (les enfers) greco-romain c’est l’Hádēs pour les Grecs et l’Averno pour les Romains — ceux-ci faisaient référence à un petit lac volcanique à l’ouest de Naples, fut identifié comme lieu de passage entre deux mondes ; pour les Romains il était une entrée des Enfers. C’est aussi le lieu où la jeune Perséphone fut enlevée par Hadès.
Voir aussi Averno, un remarquable recueil de poèmes de Louise Glück.
renato.
à l’ouest de Naples, Pozzuoli.
Au sud de Pozzuoli, Bacoli,
quelque chose comme souterrain là
juste en face de Procida
je cherche
le lac misero ?
les Champs Phlégréens. tout près de Bacoli
Lac Averne, rose :
C’est très beau, Rose, cette amitié entre vous et JJJ.
Mais, MC, qui est Alain Blondel dont aucun journal ne relaie cette triste nouvelle ? Si vous l’avez annoncé ici c’est que cet homme doit être important intellectuellement. Pouvez-vous nous en dire plus ?
« L’espace radieux qui accueille ceux qui ont fait le bien aux Enfers », dites-vous, Rosanette. Comme cette pensée va bien avec ce très beau poème de Jean Paul Toulet.
le lago d’Averno.
Lac Averne sans préposition, rose.
non christiane, il n’y a pas d’amitié de blog.
Même si avzc Janssen J-J c’est à la vie, à la mort.
Y a un échange. Avec rosanette, il pourrait y avoir amitié. Il y a lien déjà et respect.
Mais si on ne se voit pas, non. L’amitié nécessite des rencontres.
Je ne saisis pas comment l’amitié peut se bâtir sur du virtuel.
en 2010, un bon pote de blog a eu un accident domestique. Une bloggueuse de Marseille lui a sauvé la vie, car le soir, il ne blogguait plus. Cette femme alertait.
Les pompiers sknt entrés chez lui par la fenêtre, il était dans le coma depuis huit jours.
Un an d’hôpital.
Lorsque je suis arrivée pour le visiter, an Noël de l’année suivante, il venait de partir, le matin même ou la veille et je suis allée le voir trois jours. Deux fois l’an. Une fois l’été, une fois à Noël.
J’étais une crevette sur son blog au milieu de savants, de grands savants. Il m’a acceptée et supportée.
Je ne le connaissais pas ; j’y suis allée quand même.
Lorsqu’il a eu son accident chez lui, début août 2010, j’étais en voyage en Amérique, je l’ai su. Cela s’appelle la prescience. Comme pour ma mère, le 1er janvier 2025, lorsque j’étais à Syracuse.
Il n’était pas un ami, un copain de blog. Il a vécu six ans, est dcd à 56 ans. Il en aurait 66.
L’amitié, c’est réellement un autre plan.
un ami pour inventer la route
et garder la chaleur de sa main dans ma main
un ami pour rester à l’écoute
et poursuivre avec lui le chemin
chanteur hey pad.
renato
sur google maps lago di Averno
Mais je veux bien vous croire
non, écrit lago d’Averno
et traduit
lac Averne
« Ce qu’on peut reprocher à ce ttexte c’est qu’il crée entre les indigenes juifs et arabes de l’Algerie coloniale une discrimination injustifiable Mais pour les juifs et leur descendance ce fut une aubaine,appreciable toute injuste qu’elle nous apparaisse aujourd’hui »
une aubaine injuste ?
en fait une aubaine injuste c’est pas vraiment une aubaine : il faut trouver un autre mot.
je propose le mot « entourloupe » ?
si ça se trouve Crémieux il était pote avec les Rothschild ?
ou si ça se trouve il travaillait dans leur banque comme Macron ?



1631
commentaires