de Pierre Assouline

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La République des livres
Tout donc rien sur Shakespeare (et inversement)

Tout donc rien sur Shakespeare (et inversement)

Quelle merveille, ce livre. Il est vrai que c’est devenu si rare, dans la production du tout-venant tel qu’il se présente à nous d’une rentrée l’autre, d’être émerveillé par la lecture d’un essai qui n’en est pas vraiment un, consacré à une œuvre dont on croit avoir fait le tour de longue date tant elle a été ensevelie sous les commentaires, et à un auteur dont on croit tout savoir alors qu’en réalité on en sait à peu près rien de tangible. Le titre même du livre de Philippe Forest annonce les réjouissances : Shakespeare. Quelqu’un, tout le monde et puis personne (346 pages, 21,90 euros, Flammarion). On ne fait pas plus décalé- et pour cause. Dès les premiers pages, on devine que ce sera une lecture de rumination lente afin de s’offrir le luxe de savourer les suivantes une à une, sans se presser à commencer par la citation de Borges placée opportunément en épigraphe et dont résonne tout le livre :

« Shakespeare ressemblait à tous les hommes, sauf en ceci, qu’il ressemblait à tous les hommes. Au fond de lui-même, il n’était rien, mais il était tout ce que sont les autres, ou tout ce qu’ils peuvent être » (De quelqu’un à personne in « Autres inquisitions »)

L’auteur, sensibilité en liberté et intelligence à ciel ouvert, embarque le lecteur dans une conversation personnelle en marge et à propos de William Shakespeare. C’est donc son histoire qu’il raconte en conteur et fabuliste mais en y glissant ça et là un peu de la sienne. Son histoire, c’est-à-dire la vie du grand Will du moins que l’on croit en savoir. Sauf qu’il ne le fait pas en historien mais bien en écrivain, enquêtant non à partir de preuves mais des traces. Il y a trois siècles, on tenait pour acquis qu’il était né en 1564 à Stratford-upon-Avon dans le comté du Warwickshire, au centre de la vieille Angleterre, qu’il s’y maria et y enfanta, qu’il fit ses débuts dans la vie comme comédien à Londres, qu’il écrivit des poèmes et des pièces de théâtre en assez grand nombre avant de regagner la terre qu’il avait vu naitre, de rédiger son testament, d’y mourir et de s’y faire enterrer.

Voilà tout ce que l’on en savait autrefois et cela n’a guère changé depuis malgré les milliers de livres à lui consacrés. Ils n’ont pas pu se retenir d’ajouter leur petite pierre à la cathédrale de papier, Philippe Forest pour notre plus grand bonheur. Non pour une biographie, Peter Ackroyd y a fort bien pourvu en 2005, ni même pour un essai  analytique de l’œuvre (il y a foule et elle est internationale), ni même pour une antibiographie qui ferait la somme de tout ce que l’on ignore de lui, mais pour un livre d’écrivain sur un écrivain, qui ne déplore pas que l’on en sache si peu de tangible sur le bonhomme et se permet de rappeler que, en son temps, « on ne considérait pas qu’à un livre il fallut forcément un auteur ». Et si ses contemporains avaient tout simplement comblé ce vide en l’imaginant dans sa ressemblance avec un ou des personnages de ses pièces ? Le créateur décalqué de ses créatures, quelle formidable mise en abyme. Ainsi la manière dont Forest creuse les pages que Joyce consacre à Hamlet dans son Ulysses est si convaincante (la clé serait une vulgaire histoire de cocuage, à la grande consternation des university Wits) qu’elle donne aussitôt envie de s’y replonger pour y retrouver ce qui nous avait échappé. Et l’on ne perd pas son temps à regarder de plus près, outre les intuitions de Borges, celles de Hugo et de Claudel lecteurs de Shakespeare.

Quand d’autres se plaisent à demeurer roi de leurs chagrins, Forest l’est de ses anachronismes (cachez donc ces remarques misogynes que nous ne saurions voir, celles du grand Will), doutes, lacunes et allers-retours, jouissant de l’infinie liberté de celui qui décide de ne plus se justifier (comme cela avait pu être le cas lors de sa biographie classique d’Aragon). Mais ne peut-on tout se permettre avec ce génie qui, mystérieusement, ignorait tout des règles et des théories littéraires et dramaturgiques de son temps sans parler de son insignifiante connaissance du grec et du latin mais qui a magnifié la grandeur et illustration du rythme du pentamètre iambique ? Et après tout, que nous apporte les incertitudes de la chronologie et la fiabilité du First Folio lorsque seuls compte, l’émotion, la saveur, la grâce, la puissance comique et l’intelligence des Comédies, Tragédies et Histoires -sans oublier les Sonnets (je me permets de recommander la traduction d’André Markowicz et Françoise Morvan dans l’édition bilingue aux éditions Mesures), « le plus prestigieux coming out poétique de l’histoire littéraire », dont la capacité à nous troubler n’est en rien entamée avec le temps, l’auteur nous invitant non sans ironie à ne pas shakespeariser à la manière consternante des gender studies incapables d’imaginer que, dans le monde d’avant le monde d’avant, il arrivait que des hommes s’aiment sans que cela relève pour autant de l’homosexualité.

Dire que s’entreglosant des spécialistes ont même créé un nouveau genre celui des « pièces à problème » (Mesure pour mesure, Tout est bien qui finit bien), en fait des pièces qui leur posent à eux des problèmes ! Il n’y a pas que la chronologie : du genre aussi on se moque après tout car tout cela est arbitraire et rend impossible de déduire un ordre de sa vie qui découlerait de l’ordre de son œuvre et c’est tant mieux. Toute tentative d’y chercher une cohérence est vouée à l’échec. Philippe Forest a raison d’y voir « un désordre souverain ». Pour léger qu’il paraisse, son vagabondage dans le shakespeareland est d’une telle densité ! Il nous invite à recevoir les intrigues de ce théâtre-là comme des histoires de vendetta entrainant un grand chaos. Régicide ou pas, même s’il est au cœur de presque tout, l’intrigue lui parait invariable de pièce en pièce, inutile de chercher midi à quatorze heures :

« Un homme possède le pouvoir, il le perd, un autre le lui prend, il le conserve un temps, les confie à ses descendants et puis un autre survient qui réclame la couronne pour lui et pour les siens, prétendant rétablir la légitimité qui, autrefois, fut outrageusement bafouée. A son tour, il ne monte sur le trône que pour être aussitôt renversé. Et ainsi de suite »

A chacun son Shakespeare, faites comme il vous plaira. Celui de Philippe Forest, qui développe une intuition de Borges, est des plus séduisants car il s’énonce, s’avance et se déploie dans une langue d’une savoureuse liberté, une langue qui a le souci de la langue, fluide, précise, chaleureuse. La moindre des choses pour un écrivain qui, de toutes les qualités prêtées à son héros, ne place rien au-dessus de sa sweetness, la gentillesse de Shakespeare, sa grande parole de compassion, sa douceur malgré la cruauté et la violence de son univers.

(« Ophélie noyée »,  huile sur toile de John Everett Millais, 1851-1852, Tate Britain, Londres ; « The Play Scene in Hamlet », huile sur toile de Daniel Maclise, 1842, Tate Britain, Londres )

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire.

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commentaires

2 121 Réponses pour Tout donc rien sur Shakespeare (et inversement)

J J-J dit: 3 juin 2026 à 8h45

Pmp, j’aurais fait le contraire, m’enfin on ne va pas changer les gens. Ils sont ce qu’ils sont, on n’y peut rien. Hein ?

J J-J dit: 3 juin 2026 à 8h53

@ C.T & autres… c’est la journée mondiale du p’tit vélo (dans la tête). Collez des rustines sur vos chambres à air, kamarades, le vieux monde est devant vous !

closer dit: 3 juin 2026 à 9h11

J’ai entendu des commentateurs rapprocher Edgard Morin de Michel Serres; ça me paraît sensé, deux toutologues qui savaient tout sur tout mais rien à fond.

Alfred dit: 3 juin 2026 à 10h12

Le seul livre que j’ai lu de Morin est Les Stars, il y a bien longtemps et je l’ai trouvé moyen-moyen, pas de quoi fouetter une starlette !
Quant à sa Méthode… Bof !

D. dit: 3 juin 2026 à 10h18

C’est quand même terrible que ce soit quelqu’un qui n’y connait rien ni en philosophie, ni en sociologie, qui fasse l’éloge d’Edgar Morin. Surtout en se servant de l’hommage pour promouvoir une Europe extrêment éloignée de celle pensée par Morin. Le tout saupoudré d’une écologie aussi petite dans sa réalité nationale et européenne que celle pensée par Morin était grande et ambitieuse.

Misère. Macron. Toujours lui.

Jazzi dit: 3 juin 2026 à 10h21

« Jazzi, tu devrais fouiller un peu plus tes citations qui me semblent un peu bateau. »

De quoi parles-tu, Chailloux ?

rose dit: 3 juin 2026 à 10h37

christiane,

merci.

Je pense- mais pas directement à vous, à ces hommes qui maltraitent leurs femmes, (ici on échappe au couple) et quinle lendemain matin lui font croire que ce sont elles qui sont responsables.
Alors qu’ils sont dramatiquement responsables.
Et moi, je me sens la queue basse, oui, non seulement parce que j’assiste en voyeur à la raclée, mais encore parce que je me tais, et pire, parce que je pense alors mais ouf ce n’est pas moi.

C’est un sujet de honte.

J J-J dit: 3 juin 2026 à 10h47

Edgard Morin de Michel Serres (sic) ; quand on les orthographie aussi mal, on a beau jeu de s’en prendre à l’ignorance de Macron en matière de « tout au logis ».
Nathalie St Cricq & Laure Adler, nos grandes intellectuelles humanistes de gauche qui ont lu assidument ses 140 bouquins et quelques depuis leur naissance, ont réussi le tour de force de nous avoir résumé la comolexité de sa vie personnelle, à défaut de la méthode de sa Méthodes. Attendons les « trapenards » pour mieux nous instruire, et en attendant, relisons plutôt les récentes observations de Véronique Nahoum-Grappe sur la guerre menée par Poutine contre les civils ukrainiens.
https://www.la-croix.com/Debats/Guerre-Ukraine-Chez-Poutine-cruaute-virilite-vont-ensemble-2022-04-11-1201209808

closer dit: 3 juin 2026 à 11h09

J’ai mis un « d » à Edgar par erreur; pas de quoi en ch… une pendule JJJ.
Va plutôt flâner à la librairie Peiro Caillaud à Saintes qui recueille 5 étoiles sur le net; ça te changera d’Edouard (avec un « d »).
(pub gratuite)

Rosanette dit: 3 juin 2026 à 11h25

Edgar(D) avec ou sans « D »
Edgar Faure avait fait référence à l’absence de D à la fin de son prénom pour le pseudo dans lequel il écrivait ses polars :EDGAR SANDAY

Chaloux dit: 3 juin 2026 à 11h30

Le journaliste Clément Weil-Raynal a consacré un chapitre à l’antisémitisme grandissant d’Edgar Morin, dans son livre « La gauche antisémite ».

Chaloux dit: 3 juin 2026 à 11h34

Je suis comme vous, Closer, je trouvais Serres rigoureusement insupportable.

Alfred dit: 3 juin 2026 à 11h43

Cette vieille putain de Gigi a quand même réussi un exploit sur ce blog : Emmerder tout le monde et se fâcher avec tous et toutes !
Une mouche à merde de dernière qualité mais de première saleté !

puck dit: 3 juin 2026 à 11h53

intellectuels humanistes de gauche ?

comme toi carlito ? toi aussi t’es un grand humaniste ?

les journaux ukrainiens ont mis les photos et les noms des 21 étudiants qui allaient devenir instituteurs et institutrices tués la nuit dans leur dortoir.

les drones tuent actuellement que des civils !

pourquoi ?

parce que les pilotes de drones ukrainiens ont des points qui leur permettent de gagner plus d’argent :

quand ils tuent des soldats ou des équipements militaires ils ont un max de points.

et quand ils tuent des étudiants la nuit dans leur dortoir ou une grand mère qui promène son petit fils ils ont aussi des points !

et comme actuellement ils ont du mal à cibler les soldat et le matériel militaire du coup ils ne ciblent que des gamin dans leur dortoir ou des grand mère !

voilà le genre de types que tu défends en tant que grand humaniste de merde !

tu me diras que c’est pas la première que nos humanistes défendent des terroristes ?

c’est vrai, mais j’ai un peu de mal à m’y habitué…

puck dit: 3 juin 2026 à 11h57

les 9 drones qui ont détruit le dortoir universitaire dans Donbass étaient de fabrication italienne.

signification : des armes fabriquées en Italie servent à commettre des actes terroristes.

question : les russes vont-ils accepter encore longtemps que des armes fabriquées en Italie ou en Allemagne servent à commettre des actes terroristes ?

réponse : non !

j’ai des amis qui vivent à Moscou : ils me disent que quand ils écoutent ce qu’il se dit autour d’eux ils ont le sentiment que les européens ont réussi à éveiller en eux la même haine que les allemands en 1941 !

puck dit: 3 juin 2026 à 12h04

et tous ceux qui nous font l’éloge de Morin devraient commencer à lire ce qu’il a dit sur ce conflit en Ukraine !

ie quand il parle de multi ethnicité !

sauf que nos grands humanistes comme carlito ils préfèrent quand empêche des gens parler leur langue et leur religion.

comme tous les grands humanistes carlito préfère quand on vide les bibliothèques des auteurs russes !

putain carlito tu vas nous la jouer longtemps ta putain d' »hypocrisie ?

t’es ni un mec bien ni un humaniste ! assume-le !

J J-J dit: 3 juin 2026 à 12h29

@ l’exploit de se fâcher avec tous et toutes (sic)
Pas du tout, la plupart me respectent mais n’osent pas le dire ouvertement. Le « restant » préfère conchier sur ses propres merdes, vu qu’@ chacun les siennes, hein ?
@ J’ai toujours préféré un juif prétendument antisémite à un catholique prétendument non raciste.
@ je n’ai toujours été qu’un modeste humaniste de gauche européo-cosmopolite, il en existe encore, en l’absence d’Edgar. N’en déplaise aux « assume-toi ». Et suis-j encore capable d’exploits inattendus, pour alfredo75 et sa drôle de clique des 9 drones à trolls.
@ aux cagots et cabochards mal embouchés, bàv.
@ Chez Peiro-Caillaud, la libraire indépendante saintongeaise n’est pas toujours des plus compétentes, bien que dévouée et que son assortiment soit beaucoup plus riche que celui de chez Leclerc. En revanche, l’imprimerie et la papeterie de la maison-mère, boulevard de Recouvrance, est fort bien achalandée (sic) en matière de fournitures à dessinateurs, aquarellistes et autres peintres du dimanche. Je la fréquente beaucoup plus assidument. Merci d’en avoir fait la pub à mes dépens. Bàv,

J J-J dit: 3 juin 2026 à 12h34

@ CL. Vous êtes passé au tutoiement, vous aussi ?
(*** 1 signe éloquent de votre contamination par les trolls hursidés et urticants… Dommage ! On se serait attendu à mieux / « On ne lâche rien »). Bàv,

J J-J dit: 3 juin 2026 à 12h57

Rappels de mémoire… histoire de pourrir un peu plus le prestigieux blog à dirfil.

1/ EduarDo Galeano (1940-2015) fut un célèbre humaniste de gauche uruguayen connu pour ses « veines ouvertes de l’Amérique latine », que dirigea Jean Malaurie à la tête de la merveilleuse collection Plon/Terre Humaine.
2/ Quant à l’Argentin EdgarDo Cozarinsky (1939-2024), je me souviens qu’il consacra un film intéressant à la figure d’Ernst Jünger.
Cela vous dit-il quelque chose ? Bàv,

J J-J dit: 3 juin 2026 à 13h01

@ 12.52, moi itou, à beaucoup d’égards. Mais pas Morin. Pisani, surtout…, le malheureux apôtre de la catastrophique réforme écologique dite du « Remembrement » dans nos campagnes françaises dans le courant des années soixante…
https://fr.wikipedia.org/wiki/Edgard_Pisani
Bàv,

J J-J dit: 3 juin 2026 à 13h23

Quant on cause sur CNews et qu’on est édité chez Grasset, il vaut mieux contrôler ce que l’on dit… C’est bien normal, qu’il a dit, Bololo, non ?

J J-J dit: 3 juin 2026 à 13h27

Je viens d’acheter « VIVRE, le copte à rebours », un roman récent de BS paru en Folio n° 7527 (2024). Mais d’abord, « La légende ». Hein ? Ah bon ! On s’en ouf… Yes OK, RPTV !—

J J-J dit: 3 juin 2026 à 13h29

(vivre, le compte à rebours), oups, c’est un peu la même chose comlexe, genre une « dystopie extraordinaire », comme a dit ma sainte libraire indépendante.
Bàv,

FL dit: 3 juin 2026 à 13h42

J’arrête d’écouter CNews à la recherche de la citation perdue.

On ne dira jamais assez de bien des faiseurs de notes de bas de page. Enfin les bons ceux qui vérifient leurs informations.

Je dis ça parce que rien que le fait de rechercher une citation de Sansal ça prend un temps fou. Mais vraiment un temps fou.

FL dit: 3 juin 2026 à 14h18

Le problème avec ce pauvre Boualem Sansal c’est qu’il est sympathique. Il faut lutter deux fois plus pour ne pas se laisser aller.

Christiane dit: 3 juin 2026 à 15h12

Non, pas de la haine envers cet homme qui signe J-J Janssen mais une incompréhension totale. L’impression d’être en face d’un être divisé, capable de copier puis coller mes commentaires sur ce blog, de verser des compliments sur le blog où ils étaient écrits, de partager des lectures, des mémoires de ses promenades parisiennes, bref, encourageant. Puis soudain, parce que j’ai exprimé mon admiration pour une comédienne et actrice qu’il citait, je le découvre férocement moqueur et trouvant mes « tartines » de commentaires ineptes et inutiles.
Que penser d’un tel comportement, d’un tel revirement ? Que c’est un homme peu fiable, au jugement incertain, qui, de plus n’hésite pas à me faire porter son dysfonctionnement en le justifiant par mes soi-disant sautes d’humeur. Je crois que cet homme est malade.
Quant à C.T qui profite de l’expression tonitruante de JJJ, elle fait remonter une haine, une jalousie encore bien vivaces pour balancer un jugement plein d’assurance sur la nullité de mes commentaires, terminant son post par un envoi ridicule concernant une certaine Violette Leduc qu’elle semble admirer et porter au pinacle. Elle, c’est de la haine. Je n’y peux rien. Ça la prend de temps en temps. Elle doit avoir ses lunes… et une certaine fébrilité tantôt implorant La compagnie des bêtes ou des hommes tantôt menaçante pour ses ennemis politiques. Je pense qu’elle a mis en veilleuse son talent et son intelligence pour s’abêtir dans la militance.
Voilà. Je passe à autre chose. Ces deux-là ne méritent plus mon attention.

Chaloux dit: 3 juin 2026 à 16h02

Je voudrais bien qu’on me retrouve l’extrait dans lequel Boualem Sansal affirmerait « ne pas savoir l’arabe » comme le prétend FL (flan languide?). M’étonnerait que ça arrive.

FL dit: 3 juin 2026 à 16h07

« M’étonnerait que ça arrive. »

Suffit de demander.

« J’étais avec des détenus très dangereux : terroristes, djihadistes, criminels. Certains avaient combattu en Tchétchénie, en Syrie, avec Daech. Moi, je parle l’arabe dialectal, mais la justice utilise l’arabe classique, que personne ne parle réellement en Algérie. Cela rend la défense encore plus difficile. »

https://francais.radio.cz/boualem-sansal-le-simple-fait-datterrir-a-prague-sera-deja-une-emotion-8883099

Rosanette dit: 3 juin 2026 à 16h13

@JJJ 13 h01

Pisani eu un gestion court-termiste de l’agriculture française
Ainsi le remembrement qu’il a mis en place avec la creation des SAFER s’est- il revélè avec le temps une erreur;
Et si on a pu en son temps se feliciter de la maniere dont il a negocié la PAC dans les annéees 60 benefice de l’agriculture française, on peut se demander si les avantages qu’il a obtenus pour elle de l’Europe française n’ont pas fait qu ‘occulter pour un temps ses problemes ,aggravant les évolutions à venir

Chaloux dit: 3 juin 2026 à 16h22

Suffit pas de répondre.

Donc, BS n’a jamais dit qu’il ne parlait pas l’arabe, ce qui serait absurde. Pour ce qui est de l’arabe classique, il n’est pas le seul, ainsi qu’il le dit lui-même. Une de mes amies professeur de lettres m’avait raconté qu’un de ses élèves arrivé tout droit d’Égypte s’étonnait que les maghrébins en sachent si peu sur la civilisation arabe et ignorent sa langue classique.

FL dit: 3 juin 2026 à 16h24

« Une de mes amies professeur de lettres m’avait raconté qu’un de ses élèves arrivé tout droit d’Égypte s’étonnait que les maghrébins en sachent si peu sur la civilisation arabe et ignorent sa langue classique. »

Faudrait savoir.

Rosanette dit: 3 juin 2026 à 16h33

Il ne seraoi pas surprenant que BS ne maîtrise en fait de langue arabe que l’arabe dialectal est tres different de l’arabe classique i parlé notamment au Liban ou en syrie i
De sorte un algérien formé ,comme lui a l’ecole française ,qui parle couramment la langue vernaculaire qu’est l’arabe dialectal a toute chance de ne pas etre à l’aise en arabe classique et d’etre incapable de l’écrire
On se souvient que lorsque le duc d’Aumale ,avec notamment Delacroix dans se bagages a visité le Maroc et l’Algérie. il avait amené comme interprète un arabisant patenté qui n’a pu faire son office , car la langue parlée dans ces pays lui etait inconnue
A Tanger l’expédition s’est rabattue sur les services d’un commerçant juif ,Abraham Benchimol ; et c’est lui qui a fait découvrir a Delacroix croix ce mariage juif qu’il représentera plus tard dans son célebre tableau

Chaloux dit: 3 juin 2026 à 16h41

FL, il fallait preciser « classique ». Votre propos était absurde, et votre justification… passons.

rose dit: 3 juin 2026 à 16h50

Personne, ce n’est pas vrai. J’ai eu une amie algérienne, puis française qui parlait l’arabe littéraire et était traductice.
Bien des gens cultivés parlent l’arabe littéraire en Algérie.

J J-J dit: 3 juin 2026 à 16h51

Rosanette 16.13
6 ans au M. de l’Agriculture aux débuts de la 5e Répu…!!! Une vision court-termiste ? Mais aucun « haut fonctionnaire » n’a jamais fait plus long dans ce poste !… Je veux bien que Pisani ait commis une « erreur » (erreur) au regard de l’histoire de la France agricole et à vos yeux. La construction de la PAC fut sans doute une chance pour beaucoup de paysans durant la nouvelle génération montante du baby boom comme on la voit poindre dans la métamorphose de Plozévet (Morin) ou chez Mendras (la fin des paysans), quoique déjà grosse des dégâts annoncés (cf. les transfo en 30 ans du village de Chichery de Pascal Dibie, métamorphosé, puis retrouvé…). Inutile d’épiloguer sur les dégâts (le jargon en vigueur parlerait d' »externalités négatives ») causés par l’industrie agro-alimentaire depuis la nouvelle génération dite des « 30 Piteuses », sur la santé du peuple et la dégradation irréversible de l’environnement. Grâce hélas à la complicité de la FNSEA, véritable ministère bis de l’agriculture durablement intensive depuis la « grande Chiraquie » et sa petite suite au manettes. Evidemment, le pauvre Pisani ne contrôlait plus rien, depuis longtemps… Les « erreurs » de la technocratie gaulliste et ses illusions technologiques, bon, moi, je veux bien les passer par pertes et profits, comme disait Jacques Ellul. On peut les voir dans les deux sens. Je vous fait part du mien. Et croyze bien que je concède à chacun le droit d’utiliser les ellipses qu’il souhaite pour décrire sa perception du réel, et, ce faisant, de ne pas adhérer au sort des « exploitants agricoles ingénieurs » sortis de l’ENSAE qui se suicident, même dans les romans de Houellebecq. –
/// Cela dit, j’ai rin dit, vu qu’on ne doive jamais accorder le moindre crédit aux grands malades mouchés qui mêlent sans scrupule leur morve aux tout et aux riens de l’RDL ///.
Bàv, DHH.

rose dit: 3 juin 2026 à 17h02

Christiane,

je vous ai lu.
La soirce, ce n’est pas Yolande Moreau. C un peu plus tard, vous lui avez balancé û anti-compliment. Il a pris la mouche.

Il y a d’autres facteurs qui interviennent.

Quant à Clopine, être militant ce n’est pas une tare, mais être aussi solidement montée contre vous, depuis tant d’années, de manière aussi féroce, c’est à mes yeux, absolument catastrophique.

Ce blog, il passe du meilleur au pire.

Chaloux dit: 3 juin 2026 à 17h04

Personne sauf les érudits. La rosse a toujours des objections absurdes.

puck dit: 3 juin 2026 à 17h05

@ »je n’ai toujours été qu’un modeste humaniste de gauche européo-cosmopolite, il en existe encore, en l’absence d’Edgar »

excellent !

c’est quoi un modeste humaniste carlito ?

c’est un demi humaniste ? t’es humaniste un jour sur deux ? ou à la belle saison et pas quand il fait froid !

pour se proclamer soi même « humaniste » il faut déjà être tout sauf modeste espèce de crétin que tu es !

puck dit: 3 juin 2026 à 17h12

on entend tellement d’humanistes de nos jours sous nos latitudes…

les uns veulent étendre l’otan jusqu’en Mongolie…

les autres veulent envoyer plus d’armes à Israël pour que les enfants du Liban et de Palestine s’habituent à l’odeur de la poudre !

d’autres comme ce taré de Glucksmann sont des adeptes du changement de régime, pas n’importe où bien sûr : dans les pays qui entourent la Russie et Israël, dans un cas pour affaiblir le pays et dans l’autre pour lui permettre de construire son « grand » Israël.

parce que le grand Israël de Glucksmann va de Brest à Vladivostok : c’est tout à moi !

mais bien sûr pour y amener la démocratie.

parce que tous nos humanistes sont de grands démocrates !

certains disent qu’Israël a le droit de bombarder des enfants et femmes parce que c’erst un pays démocratique !

parce que leur démocratie donne le droit de tuer des innocents !

c’est même pour ça qu’ils sont démocrates : pour avoir ce droit divin de tuer des innocents !

ouai des humanistes on en a des pleins camions…

rose dit: 3 juin 2026 à 17h25

Christiane,

je vous ai lu.
La source, ce n’est pas Yolande Moreau. C un peu plus tard, vous lui avez balancé un anti-compliment. Il a pris la mouche.

Il y a d’autres facteurs qui interviennent.

Quant à Clopine, être militant ce n’est pas une tare, mais être aussi solidement montée contre vous, depuis tant d’années, de manière aussi féroce, c’est à mes yeux, absolument catastrophique.

Ce blog, il passe du meilleur au pire. Et du pire au meilleur.

J J-J dit: 3 juin 2026 à 17h28

… par opposition à vos « grands humanistes », il y a toujours eu de « grands pacifistes », un brin immodestes. De grands Carl Schmitt et de petits carlitos. Bofl !… des grands et des petits ennemis, aussi. Suffit de bien choisir les siens. Hein ?

J J-J dit: 3 juin 2026 à 17h32

@ il passe du meilleur au pire. Et du pire au meilleur (12.25).

C’est que tout le monde en a un brin marre de Shakespeare, et inversement. Ce billet bat des records de longévité. Et ça commence à piaffer d’impatience dans les écuries, voilà tout. Non, on n’est pas seul.es, on a besoin de chacun.e pour épancher nos littératures.

rose dit: 3 juin 2026 à 17h41

Janssen J-J et Rosanette
L’agriculture.
De ci, de là, je parsème sur ce blog quelques infos.
Anciennement, j’avais acheté des petits pois à planter en Espagne. Sidérée par le paint ball bleu qui les recouvrait.

Lorsque j’ai cru, il y a trente ans de cela que tout était parfait dans le meilleur des mondes agricole, une a dessilé mes yeux.
Cela faisait plus de vingt ans que le virage catastrophique était, non pas annoncé, mais mis en place : plus rien ne poussait sans ces engrais chimiques et luttes anti-bestioles.

En presque quarante ans, nous sommes passés de 52 fermes à 12 gros, trés gros exploitants.
Les petits fermiers ont vendu leur ferme à des touristes et leurs terres aux gros exploitants.

Un cultive en bio depuis quarante ans. Il est en avance de cette durée sur tous ceux qui démarrent, parce que l’on sait désormais de manière sûre que ce que l’on mange impacte directement sur notre santé. Récemment, c’est lui qui nous a expliqué comment on demande aux paysans d’enfouir les boues des stations d’épuration dans les terres agricoles ; et en fait, ce que l’on fait, on tue le sol. Qui, à l’origine, est vivant.
Je crois aussi, comme Puck, que, ces dénonciations là, sur les réseaux sociaux, devraient avoir un impact positif sur les faits. Surtout que, tout le monde sait le mal-être profond paysan, l’impasse dans laquelle nous nous dirigeons dans l’hyper-productivité, etc.

Christiane dit: 3 juin 2026 à 17h55

Rose, j’ai tourné définitivement une page pour ces deux commentateurs. Pensez d’eux ce que voulez. Pour moioi, c’est terminé. Et je maintiens tout ce que j’ai écrit ici de l’un et de l’autre.
Bonne soirée à vous. Je lis.

Damien dit: 3 juin 2026 à 18h27

À une époque où le tennis féminin est dominé par la puissance brute de fond de court, Chwalinska est une bouffée d’oxygène technique.

Le slice de revers et les variations : c’est sa plus grande arme contre les cogneuses comme Shnaider. Chwalinska est capable de casser le rythme en coupant ses balles extrêmement bas. Shnaider, qui aime frapper à hauteur de hanche, va devoir fléchir les cuisses constamment, ce qui va l’épuiser et provoquer des fautes directes.

Le sens de l’amortie : elle possède un toucher de balle exceptionnel. Elle utilise l’amortie de manière très masquée, ce qui obligera Shnaider à courir vers l’avant, une zone où la Russe est moins à l’aise que dans les échanges latéraux.

L’utilisation des angles : Ne pouvant pas rivaliser en puissance pure, la Polonaise excelle pour trouver des zones courtes croisées, déportant ses adversaires hors du court pour ensuite ouvrir le jeu.

Le défi tactique de demain : si Chwalinska parvient à refuser le combat de puissance en alternant trajectoires bombées, balles rases et amorties, elle va faire déjouer Shnaider. La clé technique sera sa capacité à neutraliser le premier coup de raquette de la Russe après le service.

Si elle installe son jeu de « métronome magicienne » dès les premiers jeux, elle a techniquement toutes les cartes en main pour frustrer Shnaider et la pousser à la faute.

La Polak doit s’imposer !

Jean Langoncet dit: 3 juin 2026 à 18h41

@avec etalii et consorts 🙂

Faut-il en déduire que vous n’en seriez peut être pas ?

et alii dit: 3 juin 2026 à 18h41

Rose,je ne suis pas certaine que les avis des commentateurs les uns sur les autres soient la meilleure part du blog,il viendra bien un moment où ce moyen sera précisément analysé,par delà les échanges de conversation qu »ils semblent proposer
bonsoir

rose dit: 3 juin 2026 à 18h50

et alii

je suis d’accord avec vous.
je cesse immédiatement.
c pareil pour la paix des ménages : pas sous la couette => rien à dire.

Bonne soirée à vous

Jean Langoncet dit: 3 juin 2026 à 19h04

Capté en passant ; on prend les mêmes, ou bientôt les mêmes en pire, et on recommence

« Au Liban, Israël parti pour reproduire les erreurs du passé

Alors que Washington et Téhéran négocient, le front israélo-libanais s’embrase : frappes israéliennes intensifiées, tirs du Hezbollah, plus d’un million de déplacés libanais. Et l’Iran, protecteur du Hezbollah depuis la naissance de celui-ci en 1982, conditionne tout accord avec les États-Unis à un arrêt des opérations israéliennes au Liban. Pris en tenaille entre son objectif stratégique, une administration américaine qui tente de la brider et une opinion intérieure à convaincre avant les élections de fin 2026, Benyamin Nétanyahou semble enfoncer Israël dans un bourbier libanais qui lui est familier… (…) »

Jean Langoncet dit: 3 juin 2026 à 19h30

Rions encore un peu des casseurs chroniques de ce cul de basse fosse

« Sacre du PSG : 14 mois de prison pour un policier ivre qui braque un automobiliste avec son arme

Le policier, qui n’était pas en service au moment des faits, aurait par ailleurs lancé des menaces à caractère raciste aux victimes.

La rédaction avec AFP

Erwan M., 24 ans, a braqué dans la nuit de samedi à dimanche un automobiliste avec son arme, alors qu’il était hors service. Selon les victimes, il aurait par ailleurs crié : « Rentrez chez vous, vous n’êtes pas dans votre pays ! » Il a expliqué lors de son procès qu’il était ivre au moment des faits. Il a été jugé pour violence avec arme, violences en réunion et port d’arme de catégorie D, et condamné à deux ans d’emprisonnement dont dix mois assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans incluant une obligation de soins, et à une interdiction de détenir ou porter une arme pendant cinq ans. (…) »

Jazzi dit: 3 juin 2026 à 19h35

« Ce billet bat des records de longévité. Et ça commence à piaffer d’impatience dans les écuries, voilà tout. »

Un peu de patience, JJJ !
Après la panthéonisaton au plus vite de Samuel Paty, Passou, qui n’a pas cru bon, et on peut le comprendre, d’évoquer les manes d’Edgar, va probablement nous parler de « De Gaulle, la gaule », le biopic érectile sur la rigidité morale du général : un film tout autant historique que symbolique sur le personnage emblématique qui incarna la France combattante par temps de débandade généralisée.
Une belle ode cinématographique, sur le thème de la résistance et de l’honneur de la France, bien au-delà des partis pris de tout un chacun, des intérêts personnels et des idéologies en vigueur à l’époque.
Un film terriblement d’actualité !

Jean Langoncet dit: 3 juin 2026 à 19h41

dixit l’hétéronyme en chef du bocal l’hétéronyme en chef du bocal dixit

closer dit: 3 juin 2026 à 19h56

L’arabe classique par rapport à l’arabe parlé en Algérie, c’est presque comme le latin par rapport à l’italien.
FL s’est moqué du monde.

Jean Langoncet dit: 3 juin 2026 à 19h57

Que de tristes émules, perséverantes 🙂

L’hétéronymie chez Fernando Pessoa désigne la création d’auteurs fictifs autonomes, chacun doté d’une biographie, d’un style et d’une vision du monde propres, permettant au poète de se dédoubler et d’explorer différentes facettes de l’existence

Jean Langoncet dit: 3 juin 2026 à 20h04

D’où la configuration théâtrale de types clownesques remarquables, comme Bibi de Lituanie de longue lignée et ses litanies de conquistador borné sur la Cisjordanie de Palestine … Pay in Blood

Jean Langoncet dit: 3 juin 2026 à 20h09

la Cisjordanie de Palestine > la Cisjordanie de Palestine occupée

Jean Langoncet dit: 3 juin 2026 à 20h14

Des images de l’occupant ? Il se met tellement bien en scène lui même que vous ne pourrez pas dire que vous ignoriez l’étendue de ses responsabilités

J J-J dit: 3 juin 2026 à 20h47

… toujours un brin gaulois de la trique, en somme, jzmnn. Plein d’humour grassement subtil, comme on l’M sur cette chaine, c’est si rare. Bon soir à Vita, surtout.

J J-J dit: 3 juin 2026 à 21h03

@ 20.14, -> J. P. Filiu introduit ceci, en novembre 2024, dans la 2e éd. de son bouquin sur « Netanyahou et la fin du rêve sioniste » :
« Au delà de sa trajectoire politique hors norme, le 1er ministre israélien se révèle être bien le fils de Benzion Netanyahou, dont la vision profondément pessimiste réduisait l’histoire juive à n’être qu’une succession d’holocaustes, relativisant ainsi la singularité de la Shoah. Et il revient à Benyamin Netanyahou de s’acharner aujourd’hui contre un ordre international dont les fondements ont pourtant été posés, à l’issue de la 2e GM, afin d’éviter le retour d’une telle barbarie. La réélection de Donald Trump, qui a, durant ses quatre années à la Maison Blanche, apporté un indéfectible soutien à la politique du fait accompli du 1er ministre israélien, ne pourra qu’accentuer une tendance aussi dévastatrice ».(Paris, la découverte, 2025, préface).

Les choses seraient-elles en train de changer, JL. ?

Jean Langoncet dit: 3 juin 2026 à 21h07

@Les choses seraient-elles en train de changer, JL. ?

Vu votre commentaire, non ! Mais d’où parlez-vous, J J-J ?

J J-J dit: 3 juin 2026 à 21h13

@ j’ai tourné définitivement une page pour ces deux commentateurs.

On verra bien dans deux ou trois jours, au come back de l’infante prodigue… toujours prise d’un syndrome identique à la menace d’un départ permanent de Dédé du Blog, quand elle sent qu’on n’aime plus trop ses endives cuites au Soleil Vert. Bouh, ouh ouh, cricri : « souriez, vous êtes filmée quand vous boudez ». Hein !?

J J-J dit: 3 juin 2026 à 21h16

21.O7… c’était celui de Jean-Pierre Filiu en novembre 2024. C’est tout, JL…, histoire d’ajouter à votre moulin. Bon soir @ Sonny Rollins.

J J-J dit: 3 juin 2026 à 21h27

FL se montre parfois imprécis.e, mais fort lettré.e. Et iel s’en tient là, en règle générale. Pas la peine de le.la traiter d’absurde flan languide (sic). C’est très pas drôle, quoique bien dans la manière de l’insulte habituelle à l’égard des nouveaux concurrents potentiels.
Bonsoir.

Jean Langoncet dit: 3 juin 2026 à 21h29

Merci, J J-J, mais les lettres de mon moulin n’acceptent que rarement les ajouts non sollicités ; votre 21h16 n’en est pas

J J-J dit: 3 juin 2026 à 21h36

Vous n’aimez pas les Lettres de mon Moulin du regretté Alphonse Daudet, JL ?… Il serait pourtant temps de le relire, d’après les conseils avisés d’un des nôtres pour être mieux en phase avec. Mais je doute que vous y compreniez quelque chose, vous ne comprenez décidément rien non plus à la vraie littérature hurkidée, c visible. Bonsoir.

Jazzi dit: 3 juin 2026 à 21h38

Actuellement sur Arte

Les Bêtes humaines

« As bestas » de Rodrigo Sorogoyen, avec Marina Foïs, Denis Ménochet, Luis Zahera et Diego Anido.

Porté sur le film noir en général, Rodrigo Sorogoyen s’affirme de plus en plus comme l’un des meilleurs cinéastes du genre.
Un genre qu’il décline, en traçant tranquillement mais surement son sillon, dans ses diverses composantes.
Après le polar avec serial killer « Que dios nos perdone » (2017), le thriller politique « El reino » (2019) ou le faits divers intimiste avec l’émouvante histoire d’une mère à la recherche de son fils disparu « Madre » (2020), Sorogoyen nous propose aujourd’hui un thriller rural, à dimension tragique autour d’une forte problématique politico-sociale !
Le cinéaste espagnol nous transporte cette fois-ci dans un village montagnard et forestier de Galice en voie de désertification.
Cadre idéal d’un western contemporain à caractère écologique, où les paysans locaux domptent à mains nues les chevaux sauvages pour les immobiliser à terre afin de raser leurs crinières.
C’est dans ce décor impitoyable et rude que Sorogoyen, qui visiblement connait bien ses classiques américains (Sam Peckinpah ou John Boorman) nous conte cette sombre histoire de haine et de vengeance aux allures de chasse à l’homme, qui n’est pas sans évoquer, par certains côtés, l’atmosphère haletante et suffocante de « Délivrance ».
C’est là qu’Antoine et Olga, un couple de bons bourgeois français ont décidé de s’installer pour cultiver des légumes bio, qu’ils revendent au marché local, et retaper les maisons abandonnées du village.
Quoique bien accueillis par les autochtones, nos néo ruraux vont se heurter bien vite à l’hostilité de leurs plus proches voisins.
Deux frères vivant avec leur vieille mère, qui rêvaient d’échapper à leur misère, grâce à l’opportunité offerte par une grande société d’exploitation d’éoliennes.
Ceux-ci ne pardonnent pas au couple d’étrangers d’avoir refusé de donner leur accord et d’avoir ainsi bloqué l’installation des éoliennes.
Un scénario solide, des décors et des paysages singuliers, filmés en toutes saisons, pour une oeuvre en diptyque, qui se distingue par le jeu des quatre principaux rôles.
Dans la première partie du film, on suit principalement Antoine.
Eblouissant Denis Ménochet qui, après l’étonnant Peter von Kant/Fassbinder de François Ozon, s’impose comme un acteur de premier plan : il n’hésite pas à payer de sa personne, en plongeant nu et rebondi dans une rivière glacée.
A ses côtés, Marina Foïs, qui incarnait une Olga besogneuse et mutique dans la première partie du film, va pouvoir, après le basculement dans la seconde partie, donner toute sa mesure de comédienne : cantonnée principalement aux rôles comiques, elle atteint ici, en acceptant de ne pas paraitre à son avantage physique, à une dimension proprement tragique.
Face au couple, les deux frangins, l’aîné, Xan (Luis Zahera), autoritaire et menaçant et le cadet, Lorenzo (Diego Anido), sournois et vicieux, complètent ce casting impeccable.
Sans oublier le bon chien berger allemand d’Antoine et d’Olga, qui va se révéler être le traitre de l’histoire…
https://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19596883&cfilm=297016.html

Christiane dit: 3 juin 2026 à 22h12

Renato,
Cette danse étrange de Sylvie Guillem est tout à fait étonnante. Cet œil qui ne craint pas de s’exposer, puis ce visage et enfin ce jeu caché révélé avec ce panneau gris translucide jouant sur les couleurs et leur absence. Un silence presque parfait. Des bruits furtifs de ses déplacements avant, à la toute fin, ces tintement et ces êtres dans le panneau puis leur disparition.
Elle ne cherche pas la grâce et la beauté d’une ballerine mais se déguise en madame tout le monde avec ce gilet et cette jupe banale. La beauté est dans l’emploi qu’elle fait de son corps tellement expressif. Comment traduisez vous cette performance ? C’est un thème très phosophique. Peut-être la recherche du moi… Peut-être la solitude… On ne sait… C’est terriblement beau et revêche. Merci.

Christiane dit: 3 juin 2026 à 22h32

Et alii,
La thèse de Catherine Treilhou-Balaudet est passionnante et ouvre à une interrogation qui traverse puis dépasse les costumes élizabethiens du théâtre de Shakespeare. Elle cherche dans le théâtre contemporain les créations étonnantes qui se libèrent du costume traditionnel pour créer un monde artistique et symbolique effaçant le temps et le rappelant. Ces magnifiques photos illustrent sa démarche. Je le relirai à tête reposée car le document est long et tellement riche. Grand merci.

Christiane dit: 3 juin 2026 à 22h36

Jazzi,
Ça c’est de la grande critique de cinéma ! Bravo pour « As best as » de Rodrigo Sorogoyen.

Claudio Bahia dit: 3 juin 2026 à 22h38

J J-J dit: 3 juin 2026 à 12h57
Rappels de mémoire… histoire de pourrir un peu plus le prestigieux blog à dirfil.

1/ EduarDo Galeano (1940-2015) fut un célèbre humaniste de gauche uruguayen connu pour ses « veines ouvertes de l’Amérique latine », que dirigea Jean Malaurie à la tête de la merveilleuse collection Plon/Terre Humaine.

Oui, bon, le terme « humaniste » vous pouvez l’enlever, « il a été un grand journaliste » doit être suffisant à sa mémoire, je pense.
Il a écrit un seul livre, je crois, celui que vous mentionnez; et il a, comment dire, un peu mal vieilli (1971 c’est loin, vraiment).
Je vous signal en passant que à l’époque, Eduardo Galeano ne faisait pas toujours l’unanimité de la gauche latino-américaine. Pour le fond du livre, on est d’accord, mais pour ce qui est des chiffres et statistiques, c’est à revoir, à lumières de nos connaissances à partir des années 2000

renato dit: 3 juin 2026 à 22h43

Elle est simplement confiante en ses propres capacités, Christiane, et fait preuve d’une connaissance remarquable du corps.

Christiane dit: 3 juin 2026 à 22h47

Rose-17h25
Je vous ai lu et vous ai répondu. Je cesse définitivement de lire ces deux-là, un peu pervers. Mais il n’y a aucune raison pour que je quitte pour ce motif ce blog où j’aime venir de temps à autre même si ma préférence me porte ailleurs, maintenant à cause de tous ces absents que j’aimais lire et avec qui parfois un court dialogue était source de joie.
Mes récentes joie ont été ces longs échanges avec Chantal, Rosanette, Renato et lire l’abondante recherche de et alii. Bonne soirée.

Christiane dit: 3 juin 2026 à 22h49

Renato, oui, mais il y a plus, beaucoup plus. ça reste très mystérieux.

Claudio Bahia dit: 3 juin 2026 à 22h51

de plus je vous signale que depuis au moins 50 ans, l’Eglise catholique est clairement « du coté des opprimés », elle soutiens et aides les minorités délaissées et cela dans presque tous les pays latino, à part quelques rares exceptions en Amérique Centrale.
Pour ce qui est des minorités indigènes du Brésil, voyez ici par exemple:https://cimi.org.br/
Le positionnement de cette Eglise n’a rien à voir avec le prosélytisme outrancier des églises et sectes nord-américaines, genre New Tribe Mission, Jocum, SLI et autres.
mais stoppons là

renato dit: 3 juin 2026 à 22h51

Incidemment, l’œil rappelle (ou se réfère) à l’œil de Keaton dans Film de Beckett.

rose dit: 4 juin 2026 à 4h09

et alii et christiane

le dernier lien sur les costumes élizabétains a été précédé avant hier par un lien ,,,( j’ai cherché hier, pas retrouvé si c’est jean langoncet il dit à et alii vous avez oublié cela, parce qu’elle nous a fait un panel complet ) concernant (c’est stupéfiant*) Jean Giono et Shakespeare, le costume et le masque, se travestir et se cacher.

* Ce qui est stupéfiant, cela a été de découvrir que Giono a lu tout Shakespeare et de découvrir le lien entre les deux. Ce Giono au bonheur si bucolique !

rose dit: 4 juin 2026 à 4h14

La tutrice de ma mère à qui j’ai écrit, brièvement, hier après-midi.
Elle ne m’a pas – comme d’habitude- répondu. Sur 125 mails, elle a dû me répondre dix fois.
C’est un privilège pck le notaire qui a pris les deux testaments olographes de mon père, et qui règle sa succession ne me répond jamais. Systématiquement.
Et mon notaire me répond à chaque fois.
On est un être d’exception ou pas.
Ou bien, j’envisage cette hypothèse, rien ne m’étonne plus désormais, les deux ont des problèmes gravissimes avec l’orthographe. Tu me diras, comme le ministre actuel.

Qui propose des lois, sur quelque chose qu’il ne maîtrise pas.

Accueil, écureuil c’est niveau CP.

rose dit: 4 juin 2026 à 4h27

Hier, je lisais Grothendi3ck et je me suis admonestée, gentiment, sans m’injurier, je m’aime bien, je fais partie des êtres d’exception, ma plus grande qualité est la loyauté, puis la gentillesse de multiples fois bafouée : je me suis dit allez cinquante pages par jour. Mon cul c’est du poulet, deux paragraphes.
J’avais trouvé dans une boîte à livres Le blé en herbe, quelle tristesse infinie que de le lire.
Dans la vraie vie, Colette fut trompée par son mari Henry de Jouvenel. Elle a initié à l’amour Bertrand son fils de seize ans. C’est moi qui le dit : en guise de vengeance.
Je crois pouvoir affirmer que Anne de Jouvenel qui est à l’origine de l’édition des Lettres à sa fille 1916-1953 est la fille de Bertrand et donc la nièce de Colette la fille.

Ce récit n’est pas une fortune : de la part de Philippe, c’est un sommet de lâcheté et de médiocrité et de la part de l’initiatrice c’est un sommet d’infamie.
Quant à Vinca, ma chérie, trahie toujours tu seras, puisque la premiére fois sera répétitive et tes yeux pervenche seront faits pour pleurer.
Courage à toi ma bichette.

rose dit: 4 juin 2026 à 4h45

Je n’ai pas besoin de compliments et merci de ne pas m’injurier.
Je vis seule, et j’ai envie de dire heureuse.
Mon père à partir de 92 ans a commencé une lente et irrémediable dégringolade. Il ne lisait pas, jamais, sauf l’annuaire des marées qu’il m’a offert de son vivant. Il pleurait beaucoup, à chaque fois qu’il racontait un souvenir qui l’émotionnait. Ses yeux se mettaient à pleurer, hors contrôle.
Comme toi, il passait sa vie devant la télé et ne ratait rien : les débats politiques, le tennis, le foot, le tour de france, etc. Il vivait scotché à sa télé, dormait le matin, à la sieste, la nuit et mangeait. Sa vie était axée comme ça : TV, dormir, manger. Puis, il a chopé ce cancer.

En passant, boire ne calme pas la déprime ni ne la cache. C’est un artefact. Les joints idem. La cocaïne pire. Parfois, en live, si quelqu’un me questionne je répondrai, j’assiste à une prise de cocaïne, qui, un jour, cessera sans préavis.
Le reste, je ne le raconte pas, de la.déchéance absolu de mon père, parce que je l’ai vécue à ses côtés. Les cinq derniers mois de sa vie, lorsqu’il s’est fait enlever par sa fille aînée, il s’est fait bananer. Je lui ai pardonné.
Mon père était un homme faible, comme Philippe, mais je lui reconnais son honneur d’avoir été fidèle soixante quatre années de mariage durant à ma mère.

renato dit: 4 juin 2026 à 5h02

Oriana Fallaci : « Je n’aime pas du tout les femmes écrivaines, à quelques rares exceptions près. Il y a toujours chez elles une certaine coquetterie, une sensibilité ostentatoire, une suffisance… Vous par contre je vous aime bien, parce que vous n’avez pas le stigmate de l’écrivaine. »

Natalia Ginzburg : « Vous avez raison, les femmes écrivaines sont souvent insupportables. Elles transforment leur art en costume, en robe. Elles n’ont aucun sens de l’autodérision. Or, l’ironie est ce qu’il y a de plus important chez l’homme : même l’amour doit être mêlé d’ironie. Sans ironie, on tombe immédiatement dans la comédie ou le mélodrame. »

Oriana Fallaci : « Vous donnez l’impression d’être une personne très seule. L’êtes-vous ? »

Natalia Ginzburg : « Oui, je suis très seule. Mais la solitude est nécessaire pour écrire. La douleur, par contre… on dit que la douleur guérit, que le temps efface tout. C’est faux. La douleur ne guérit jamais : elle change simplement de forme, elle devient une partie de nous. Mais à un certain moment, il faut la regarder avec détachement. Je n’y arrive toujours pas : voilà. »

Rosanette dit: 4 juin 2026 à 5h09

@Rose 4 h 27
je n’ai pas compris la filition que vous indiquez pour la fille de Colette
Si Anne est bien la fille de Bertrand elle est a la fois la fillede Colette et la petite fille de son mari Henry de Jouvenel , donc par abus de langage à l à la fois sa fille et sa petite-fille , mais en aucun cas sa nièce.
Schema romanesque classique par exemple Via Mala de John Knittel

rose dit: 4 juin 2026 à 5h12

Je ne sais pas pourquoi, un jour les réponses tombent alors que tu ne les attends plus, Colette surnommait son dernier mari Bassompierre.
Colette était volage, homme ou femme, jeune homme même tout était bon pour son plaisir.
Maurice son dernier mari était plus jeune qu’elle d’une dizaine d’années. Il était amant d’une autre femme à qui elle l’a volé ( il était bien entendu d’accord et consentant ). Toutes les lettres qu’elle écrivit à sa fille (quel pensum ! cherches-tu une médaille, rose ?) se terminent par Maurice est ton ami ou formule de tendresse assimilée ).
Dans la vraie vie, Maurice a hérité de l’appartement de sa vieille femme, et la fille s’est battue avec lui une trentaine d’annees pour le récupérer dans l’intention d’en faire un musée à l’honneur de sa mère ( qui sera fait dans la maison de l’enfance de Saint Sauveur en Puysage, cela donnera l’occasion d’aller voir les bouseux en province et de rentrer soulagé à Paris, les godillots boueux.)
À la fin de la bataille, elle mourra exténuée aux alentours de ses soixante ans. Jeune.

Lui, durant ce temps, se mariera très vite ( trois jours ? trois mois ? ) avec une gourgandine, bien plus jeune que lui qui le plumera de tous ses biens, dont le fameux appartement à Paris, et qui l’avait déjà fait à son précedent mari.

Voilà le Maurice.
La mère qui écrivait Maurice est ton ami.

rose dit: 4 juin 2026 à 5h17

Rosanette

j’ai le bouquin à mes côtés. Les deux s’appellent Colette, mère et fille ( quelle idée !!! ).
Par convention la fille est appelée Colette de Jouvenel.
Bertrand est le fils d’un premier lit de Henry. Le beau-fils de Colette la mère qui l’a dépucelé, à l’origine du livre Le blé en herbe.
Colette est la demi-sœur de Bertrand donc bien la tante de Anne.

rose dit: 4 juin 2026 à 5h22

Saint Sauveur en Puisaye.
Où elle écrit Sidonie, sa mère.

nota : très, très, très belle écriture Le blé en herbe.
N’empêche : le récit est une horreur.
=> Colette elle-même est une horreur.

rose dit: 4 juin 2026 à 5h24

4 juin

je vais m’abstenir de tout aujourd’hui. Chantal nous a prévenus.

rose dit: 4 juin 2026 à 6h16

Rosanette

je cherche l’arbre généalogique de Colette, mais ce n’est pas le même qui est inséré dans le Lettres à sa fille de Anne de Jouvenel.
Je vous fais un bref résumé :
Colette, 1873-1954 trois mariages
premier 1893 avec Henri Gauthier-Villars dit Willy (NDLR : un proxenète) pas d’enfant.
le second 1912 avec Henry de Jouvenel un enfant Colette de Jouvenel.
le troisième mariage avec Maurice Goudeket 1889-1977: pas d’enfant.

Henry 1876 premier mariage 1902 avec Claire Boas : un enfant Renaud de Jouvenel
liaison avec Isabelle de Comminges : un enfant Renaud de Jouvenel
deuxième mariage avec Colette 1912 : un enfant Colette de Jouvenel née en 1913
troisième mariage 1930 avec Germaine Hément pas d’enfant. Pas eu le temps, a clamsé en 1935 ( NDLR Trop de sexe ).

Bertrand de Jouvenel 1903-1987
premier mariage avec Marcelle Prat un enfant Roland
Deuxième mariage avec Hélène Duseigneur trois enfants Anne 1943 Hugues 1946 Henri 1949-1992
[…]

Colette de Jouvenel 1913-1981

mariage avec Camille-Adrien Dausse pas d’enfant ( NDLR : le maroage a duré quinze jours toit au plis, l amère u etait absente, le mari a cru épouser la mère mais c’était la fille, qui a vecu cela.comme une agression sexuelle, bref,.cela.a fait long feu.)

Christiane dit: 4 juin 2026 à 6h23

Quel beau rapprochement, Renato, ce personnage joué par Buster Keaton pour Beckett. La caméra se substitue à son œil. Vidéo, je crois. Le personnage est suivi par lui-même. On est l’œil. « Film »… la caméra, c’est nous qui le poursuivons. C’est une tentative de comprendre le non-sens du monde. Mais c’est aussi un monde perdu que Beckett cherche, un monde déséquilibré. Or, Sylvie Guillem dans sa danse est perpétuellement en déséquilibre, en péril, au bord de l’échec et comme par magie, un geste ample, une coulure du corps, un étirement la sauvent de la chute.
Chez Beckett il y a aussi une attente, beaucoup d’attente dans un temps qui n’existe plus. Son univers est très bizarre, inquiétant. Il creuse l’obscurité et tout devient gris. C’est le gris qui s’impose à la fin de la performance de Sylvie Guillem. Cette nouvelle recherche œuvre bien des pistes.
Par ailleurs, ce bond dans le temps évoqué par ce silex taillé pose aussi une énigme.

rose dit: 4 juin 2026 à 6h34

j’ai relu tout 1946, je me suis trompée, elle avait 46 ans en 1919 et relu tout 1919 de ce journal intime.
En 1919, Colette de Jouvenel a six ans, elle vit à Varetz en Corrèze, elle est seule à écrire à sa mère qui ne répond pas. La tendance s’inversera ensuite, lorsque Colette vieillira et sa fille sera une jeune fille. Là, la mère mendiera des réponses à sa fille.

Fin de la recension.
Bon jeudi, surtout à renato, en vacances aujourd’hui.

J J-J dit: 4 juin 2026 à 6h37

Bonjour,
@ sur le lien Shakespeare-Giono, je. – Ne partez pas trop longtemps r^z !
@ le plus beau mot de Morin Edgar : « je vais partir en plein suspense »…
@ « j’ai pitié de moi-même jette un œil d’envie, sur ceux dont notre guerre a consumé la vie » (citation de mémoire).
@ Claudio B. Merci pour vos précisions sur Galeano, bien mieux informées que les miennes. Donc, je retire le terme de journaliste « humaniste », mais ne vois pas le rapport de 22.51 avec la contribution de l’Eglise d’Amérique latine en soutien aux minorités opprimées. Je ne l’ai point mise en doute, que je sache. Voulez-vous dire qu’on pourrait la qualifier d' »humaniste » ? Il convient de bannir ce terme obscène de la RDL, désormais, savez-vous ?
@ de Natalia à Oriana : « Vous avez raison, les femmes écrivaines sont souvent insupportables. Elles transforment leur art en costume, en robe. Elles n’ont aucun sens de l’autodérision. Or, l’ironie est ce qu’il y a de plus important chez l’homme : même l’amour doit être mêlé d’ironie. Sans ironie, on tombe immédiatement dans la comédie ou le mélodrame »… Que ne faut-il pas lire comme horreurs permanentes, sur cette chaine, au nom de la grande littérature féminine italienne !

*** Merci à tous.tes pour cette nouvelle moisson du jour. De quoi méditer dans le jardin bien mouillé : les laitues y sont au top… à point pour le déjeuner.

et alii dit: 4 juin 2026 à 6h39

il est quand même tres étpnnany que je n’aie entendu parler de Colette par oersonne de toute ma jeunesse

closer dit: 4 juin 2026 à 7h17

« I can’t breathe ».
Le meurtre d’Henri Nowak en GB s’ajoute à une montée du racisme anti-blanc un peu partout. Il serait temps de créer un mouvement « white lives matters ».
Kemi Badenoch, la Thatcher noire britannique ne veut plus que: « all lives matter ». On ne peut pas lui donner tord sur le fond, mais que les anti blancs commencent…

closer dit: 4 juin 2026 à 7h23

Devant la montée de Bardella dans les sondages, FOG évoquait ce matin la possibilité que les juges réduise la peine d’inéligibilité de MLP pour lui permettre de se présenter plutôt que Bardella.
J’avoue modestement que, connaissant la neutralité politique légendaire des juges, j’avais déjà formulé cette hypothèse…

et alii dit: 4 juin 2026 à 7h25

Dqns l’histoire de la littérature qui m’a été transmise,(où il y a Mme Bovary), Colette est à oeine un mot dans une parenthèse

renato dit: 4 juin 2026 à 7h29

« Que ne faut-il pas lire comme horreurs… »

Il est évident que les hypocrites ont tendance à s’abuser eux-mêmes, s’enfonçant dans une forme de sociologie de café.

closer dit: 4 juin 2026 à 7h30

« Notre hôte », comme dirait la rouennaise, doit être bien embarrassé: parler de Boualem Sansal et en dire du bien, c’est faire la promotion du livre publié par le diable Bolloré. En dire du mal: impossible compte tenu du statut de victime d’un régime dictatorial de BS…
Une porte de sortie serait de faire un billet sur Edgar Morin, probablement aussi insipide que son objet…

renato dit: 4 juin 2026 à 7h36

Le statut de victime n’est pas un critère en art (y compris la littérature) en critique non plus.

et alii dit: 4 juin 2026 à 7h38

Beckett :merci; Renato:
La citation peut-être la plus célèbre de Beckett est tirée de cette oeuvre. L’original anglais est : « Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better. [1] » Il a été traduit ainsi par Edith Fournier pour les Editions de Minuit : « D’essayé. De raté. N’importe. Essayer encore. Rater encore. Rater mieux[2].» Une autre traduction donne : « Déjà essayé. Déjà échoué. Peu importe. Essaie encore. Echoue encore. Echoue mieux. »
cité dans wiki où je reprends aussi:
L’expression « Westward Ho » apparaît dans la Nuit des Rois (« Twelfth Night ») de Shakespeare, III, 1.
Cap au pire est une brève nouvelle qu’écrit Samuel Beckett en 1982, d’abord paru en anglais sous le titre Worstward Ho en 1983 chez Calder à Londres et chez Grove Press à New York. Elle est traduite en français en 1991 par Édith Fournier, pour paraître aux éditions de Minuit. Avant-dernière nouvelle de l’auteur, elle relève de sa dernière période, marquée par des œuvres minimales, courtes et denses.

Christiane dit: 4 juin 2026 à 7h44

Renato, de lien en lien, nous avançons dans le lien entre cette performance de Sylvie Guillem et l’expression philosophique de Beckett dans son théâtre et dans ces films rares.
C’est passionnant.
« Unique incursion de Samuel Beckett dans le cinéma, « Film » fut écrit en 1963 et tourné à New York durant l’été 1964, sous la direction d’Alan Schneider et avec Buster Keaton. Ce tournage marqua le seul et unique voyage de Beckett aux États-Unis. Ce film muet, dépourvu de dialogues, s’inspire de la théorie de Berkeley « Esse est percipi » (« être, c’est être perçu »). Même après la suppression de toute perception extérieure, qu’elle soit animale, humaine ou divine, la perception de soi demeure. Le montage fut assuré par Sydney Meyers et la photographie par Boris Kaufman, deux figures majeures de leur domaine à l’époque. »

rose dit: 4 juin 2026 à 7h51

closer
les anti blancs commencent…
un noir raciste est pire qu’un blanc raciste. Je ne sais pas si vous saisissez l’ampleur. Effrayante.

et alii
merci de ces informations concernant Colette.
On va se confronter à l’éternel dilemme ( Céline etc.) l’auteur a du style, mais alors l’individu est une pourriture. Comment faire avec ? Pas encore trouvé le gap.

Janssen J-J
chantal, le premier juin nous a dit un truc style le 4 juin se tenir coi.
Et puis des vacances pour renato, qui bosse non stop, cela ne peut lui faire que du bien.

J J-J dit: 4 juin 2026 à 8h12

Se tenir coi le 4 juin… OK, mais pas facile, vu les assauts précédents. Pour l’instant, le punckt & les trolls respectent la consigne. Des agents dormants plutôt qu’endormis.

J J-J dit: 4 juin 2026 à 8h23

et le brumeux FOG s’inspire des conseils du modeste pour s’éclaircir.
Oups. (j’ai failli ne pas me tenir coi, avec un brin d’hypocrisie, au café sociologique d’EM. Désolé… un homme, ça s’empêche pas toujours de partir en vacance, hein ?).

renato dit: 4 juin 2026 à 9h09

L’art de ne rien comprendre !

« rose dit: 4 juin 2026 à 5h24
4 juin
je vais m’abstenir de tout aujourd’hui…
renato dit: 4 juin 2026 à 5h48
Eh bien, ça nous fera des vacances ! »

Comprendre doit poser problème aux intellectuels autoproclamés de gauche.

rose dit: 4 juin 2026 à 9h33

hey, renato, lachez-moi la grappe. Il est vrai que souvent, je donne la première partie de ma phrase et pas la seconde ce qui entraîne chez mon interlocuteur bien des incompréhensions.
Mais là, je viens de réexpliquer à Janssen JJ que cela vient d’un conseil de chantal. Cela signifie pas de démarche, pas de courrier. Journée de break.

renato dit: 4 juin 2026 à 9h35

Pour la « pointe lancéolée foliée avec retouche plate en silex », Christiane, ce n’est pas par hasard que je l’ai associé à la création d’une application pour smartphone. Divers auteurs du XXe siècle ont lié la pensée à la main, si l’on y regarde bien, les cassures qui conduisent à la forme, dans la matière dont le silex est travaillé (en l’occurrence la pointe lancéolée, de l’image mise en lien), nous reconnaissons des séquences (trois comme ça, deux comme ceci, cinq comme ceci), ce qui nous ramène à l’usage du corps par Sylvie Guillem, car la main, son action, est représentative du corps.

C’est pour cette banalité que je conseille toujours aux jeunes qui viennent chercher des réponses dans le puits d’inutilité que je suis, de participer à une saison de recherche sur un chantier paléolithique.

Vedo dit: 4 juin 2026 à 9h47

Les articles après le match entre le PSG et Arsenal laissent songeur. Le football, c’est quand même très différent du saut à la perche, ou d’autres disciplines, où le talent et le travail donnent des résultats réguliers, avec certes une part de hasard, mais une part modeste. Au football, la part du hasard est très grande (voir les alternances de matches où « cela marche » l’inverse, mais l’enthousiasme de la foule (voire l’hystérie) réduit cette part dans la perception collective Celui qui a raté son coup de pied aurait très bien pu être français au lieu d’être anglais (souvenir de Piatini….). Et alors? tout ce déversement médiatique?

D. dit: 4 juin 2026 à 9h49

Colette, très bon écrivain, très bonne cuisinière et gastronome, citadine solidement ancrée dans la réalité rurale dans ce qu’elle a de plus noble (et non pas réalité provinciale, j’insiste). Pour le reste, je préfère passer…

D. dit: 4 juin 2026 à 9h51

En fait non je ne peux pas passer : elle ne fessera jamais de choquer, hier, aujourd’hui et encore demain.

renato dit: 4 juin 2026 à 9h52

«… lachez-moi la grappe. »

Soyez donc plus précise dans votre expression !

Vedo dit: 4 juin 2026 à 9h59

Ces jours-ci, re-relu une partie du Comte de Monte-Cristo. Une thérapie avec une bonne histoire quand il n’y en a plus dans les médias. A treize ans, j’étais dévoré par l’intrigue et je sautais tous les passages que je lis maintenant avec délices Une pièce de théâtre en prose. Ces passages colorés (et extravagants pour les blasés que nous sommes) sont comme la musique dans un film à l’époque où il n’y en avait pas encore. (En plus, on s’amuse bien quand the Kitch est de bonne qualité). Et l’invention de Noirtier qui n’a que ses yeux pour parler, et dont la violence de l’expression est ainsi renforcée, quel génie!

Alfred dit: 4 juin 2026 à 10h02

Rose est le genre de vieille femme qui finira sa vie dans un HP.
Même pas dans un EHPAD.
Je dis ça je dis rien…

rose dit: 4 juin 2026 à 10h05

christiane

j’ai tout lu attentivement, cer article de Jacques Dupont. De Colette, hormis quelques brèves, j’ai lu Le blé en herbe, hier et Lettres à sa fille 1916-1953 Éditio d’Anne de Jouvenel.
Dès le début je m’inscris en faux
« par ses conditions sévères d’existence »

D’après les lettres, sur presque quarante ans, Colette a eu une vie de travail, d’écrivaine etc. mais aussi de patachon.
Elle a incessamment voyagé, s’est acheté plusieurs baraques partout en France, à Saint Tropez en Bretagne etc.
Elle a fréquenté okus souvent qu’à son heure le beau monde à Gdaast en Suisse et à Paris, et a mené la grande vie.
Lorsque durant le seconde guerre mondiale elle a eu plusieurs gros problèmes, Maurice était juif, elle a tout réglé denla meilleure façon qui soit, et llrsqu’elle a souffert de restrictions alimentaires, sa fille Colette, qui vivait à la campagne lui envoyait des colis somptueux.

Les conditions sévères d’existence, où cà ?

Et le reste est tout à l’avenant.
Ce n’est pas un quasi inceste : Colette est la belle-mère de Bertrand. C’est un inceste.

Préférer et louer l’infidélité à la fidélité, il faut être gravement atteint et ne jamais avoir eu une femme belle et intelligente.

Quant à ce qu’il dit sur la vertu, du même tonneau, prendre contact avec la Princesse de Clèves : elle n’en parle pas, mais elle applique.

Il y a cinquante exemples encore, mais non, Colette n’est pas, un iota, une moraliste.

Oui, elle a été sévère pour l’éducation de sa fille, et même très sévère : elle semble avoir été pour les autres ce qu’elle n’a pas appliqué à elle-même.

Je suis remontée à bloc contre Colette.

renato dit: 4 juin 2026 à 10h11

« Chéri, le vide existentiel appelé… veut récupérer ses lunettes de soleil. »
Monica Vitti

renato dit: 4 juin 2026 à 10h20

L’artiste franco-iranienne Marjane Satrapi, connue pour ses bandes dessinées et le film « Persépolis », est décédée à l’âge de 56 ans.

56 ans, c’est trop jeune !

Christiane dit: 4 juin 2026 à 10h39

Rose,
Il me semble que les rejets que vous exprimez quant à la recherche de Jacques Dupont sont intimement liées à vos défenses personnelles plus qu’aux idées exposées dans cet article ou à l’œuvre de Colette. J’ai écrit « il me semble »…

rose dit: 4 juin 2026 à 10h55

Non, je l’ai lu attentivement.
Il prend une idee, il la tort et il lui fait adopter le point de vue qui est le sien.
Mais Christiane, j’ai une connaissance tres parcellaire de Colette, minimale, même. Je ne vais pas reconcer à découvrir l’écrivain.
Lorsque M.Dupont écrit quasi inceste entre Phil et la dame en blanc, Francoise Héritier spécifie que avec les beaux parents, il s’agit d’inceste.

Je le relirai plus tard.
Mais Colette moraliste c’est une franche rigolade. Il faut lire comment elle etait sévère avec sa fille lorsqu’elle avait de six à huit ans, ses résultats scolaires, son comportement, alors qu’elle allait lui rendre visite dans ses diversninternats de manière rarissime, que des nurses successives se sont mêlées de son éducation.
J’espérais sincérement, et j’étais, de plus, joyeuse de lire ce fameux Le blé en herbe en croyant que mon point de vue critique allait virevolter vers une franche admiration mais ce livre m’a glacé littéralement le sang. Un vampire cette femme…

rose dit: 4 juin 2026 à 10h59

nota :

y a bien, dans la vraie vie, des yaourts au kiwi, pourquoi ici n’y aurait-il pas un Alfred ?

closer dit: 4 juin 2026 à 11h03

Vous avez raison Renato, le statut de « victime » ne devrait en aucun cas influencer la critique d’un livre, mais le milieu littéraire parisien est ultra politisé et chaque mot d’un de ses piliers comme Passou sur Boualem Sansal sera scruté avec des arrières pensées politiques.
Surtout que le livre lui-même est largement politique.

Jazzi dit: 4 juin 2026 à 11h15

Colette fait son cinéma

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COLETTE

Le cinéma du réel

Dès ses débuts, Colette s’est intéressée au cinéma. Son premier article sur cet art nouveau date de 1914. En 1917, son roman La Vagabonde fut adapté pour le grand écran, avec son amie Musidora dans le rôle-titre. Depuis, de nombreuses autres œuvres de Colette donnèrent naissance à des films et, plus tard, à des téléfilms. Ecrivant des scénarios originaux et des dialogues pour le cinéma, Colette rédigea également les sous-titres en français de plusieurs films étrangers, notamment ceux du célèbre Jeunes Filles en Uniforme (1932), devenu par la suite un classique du cinéma lesbien. Si son implication dans le cinéma est bien réelle, en revanche, contrairement à Cocteau, Malraux ou Pagnol, elle n’éprouva jamais le besoin de passer directement derrière la caméra. Croyant au rôle pédagogique des images, Colette affectionnait tout particulièrement les films documentaires. Le spectacle des abeilles mellifères ou la germination et l’éclosion en accéléré d’une fleur l’enchantaient proprement. A ce sujet, voyons ce qu’elle écrivit dans le quotidien Le Matin, daté du 4 juin 1914, pour rameuter le public, quelque peu indifférent, à la projection du film de l’expédition du capitaine Scott vers le Pôle Sud et dont, seules, ne nous revinrent que les images. Edifiant !

« Quand Rigadin fait la noce ou que Ma belle-mère va aux eaux ou bien qu’un Enfant volé met aux prises, avec un ravisseur cravaté d’écossais, une petite fille de comédie aux yeux de vieille rouée – Paris y court, les murs de la banlieue le crient, la province et l’étranger reconnaissants, héritent, la semaine qui suit, de ces « films sensationnels ».
Mais que Scott et ses compagnons, avant de périr au Pôle Sud, recueillent pour le monde habité des images vivantes, des portraits animés d’un pays inconnu, cela fait ici un peu moins de bruit que le dernier ballet étranger – ce n’est pas dire beaucoup. Pourtant un spectacle comme celui que nous avons vu hier soir honore – faut-il écrire réhabilite – le « cinéma » que l’on est en train de déconsidérer. Pendant deux heures trop brèves, la merveille de ce temps, le cinématographe, recouvre sa fraîcheur de miracle, cesse enfin d’être un bon ustensile à vaudeville, à grotesques imbroglios. Un jour, il n’y aura sans doute, pour la jeunesse et l’enfance, plus d’autre méthode d’enseignement que le film. Nous trouvons toutes les leçons dans celui d’hier soir. La voix blanche d’un récitant lit, brièvement, froidement, le plus beau résumé d’une aventure héroïque, ne s’attendrit pas aux privations, aux tortures, à l’agonie de l’expédition Scott, mais l’émotion naît et se propage, sous cette voix monotone et convaincue de croyant, qui laisse tomber les mots fréquents de « Neige… perdus… infranchissable… mort… honneur… ». L’émotion, ai-je dit, non la tristesse. Tant de beautés terrestres, fussent-elles désolées, enchantent, et tant de courage, fût-il à la fin foudroyé, engendre l’enthousiasme. Et que de voyageurs assis, de vagabonds enchaînés se penchaient hier, comme moi, vers l’eau salée, mordante et sombre, qui berçait les pavés de glace concassés par l’étrave du navire ! Savoir comment vole la neige par quarante degrés de froid, toucher le duvet du poussin pingouin qui vient de crever son œuf… La démarche des pingouins, leurs gestes de petits notaires ventrus aux bras courts, leur familiale douceur, le velours mouillés et à demi gelé qui vêt la mère phoque, au corps en olive, et son petit qui tette, cela est à nous maintenant, cela est en nous, et aussi l’image surprenante du morse qui taille, de ses dents, les degrés de son embarcadère sur une rive de glace… Nous savons comment niche et couve la mouette antarctique, palpitante à peine sous les yeux de l’homme qui l’observait. Nous n’oublierons plus que la bête ingénue, la bête qui n’a pas encore souffert de l’homme, l’affronte familièrement, l’interroge, le traite en égal, sur ces rivages sans sable et sans terre, comme un âpre Paradis terrestre…
Le volcan Erebus, dont cinquante paires d’yeux humains n’ont certes pu contempler la cime ébréchée, nous goûtons ce privilège de posséder dans une pourpre rose, sa fumée couchée sous le vent du pôle… Cette fumée rose et noire, cette image menaçante et magnifique, il a fallu, pour qu’elle vienne jusqu’ici, que des hommes – ceux-là qu’on nous montre noirs de froid, le visage pelé par places – partent, pris de la curiosité mortelle, de l’orgueil des « découvreurs ». Il a fallu que l’un, immobile pendant neuf heures dans un sac de renne, attende le morse joueur qui plongeait, émergeait, replongeait et montrait sous l’eau durcie ses beaux yeux de chien… Cet autre s’ensevelissait sous la tempête de neige qui couvrait aussi les nids d’oiseaux… Un troisième, un quatrième, cependant, dressaient la tente, fondaient ensemble la neige, le bouillon et le cacao congelés, cuisaient la viande des chiens de traîneaux, le sang sec pour les poneys…
 Il a fallu que Scott, à la longue figure aventureuse et sage, s’éloigne sur le désert blanc, lentement, la main à la bride de son cheval, en envoyant – vers qui ? vers nous ? – un suprême, un inestimable geste d’ « au revoir »… Il a fallu qu’il périsse, avec tous ceux-là dont les joues crevassées rient encore sur l’écran, et que jusque dans la mort, en préservant les films, les clichés, les manuscrits, ils n’aient songé qu’à nous – nous, leur gloire.

(« L’expédition Scott au cinématographe in Colette au cinéma », Flammarion, 1975)

On voit bien à travers l’article de Colette quelle était la production cinématographique à l’époque : deux tiers de burlesques et un tiers de «  mélos ». Précisons que le film de l’expédition Scott, présenté précédemment à Londres, y avait joui d’un certain succès.

Jazzi dit: 4 juin 2026 à 11h21

Pourquoi nous parler d’un(e) grand(e) écrivain(e) uniquement qu’à travers ses travers ?

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COLETTE

L’adieu en grappes

Entre 1925 et 1939, Colette (1873-1954) passait tous ses étés à La Treille Muscate, sa villa rose de Saint-Tropez, bien avant que la station balnéaire ne devînt à la mode. Là, elle y disposait d’un vaste jardin plein de fleurs, de fruits, de légumes et de… bêtes. Un véritable paradis, parfumé par le jasmin, la lavande ou la glycine, ombragé de pins, de mimosas, de tilleuls, d’eucalyptus et prolongé vers la mer par les rangées de ceps de vigne : le muscat, qui a donné son nom à la propriété qui était baptisée à l’origine Tamaris-les-Pins. Dans Belles Saisons, écrit après la guerre, période durant laquelle elle restera pratiquement recluse dans son appartement du Palais-Royal à Paris, Colette évoque longuement les rituels de ces étés tropéziens, qui commençaient en juin, avec la descente en voiture par la Nationale 7 et l’arrivée dans le sud-est sous le chant des cigales, et s’achevait en septembre, juste après les vendanges. Enivrantes ou pas, dur, dur, la fin des grandes vacances !

« Un tam-tam de guerre divulgue, à grands coups sourds, sur quatre ou cinq notes, que l’heure est venue de vendanger en Provence. Quand le verjus dans « leur Nord » pend encore opaque sur le cep, ici le picardan ovale, bleu, finement sucré, l’alicante lourd et doré, le muscat à peau épaisse, l’olivette longue, la clairette ronde couvrent nos tables.
« Ils sont là-haut à la Belle-Isnarde… Ils sont sur Borély… Ils descendent mercredi aux Cannebiers… » On parle d’eux, les vendangeurs, comme d’une horde envahisseuse. Mais l’embauche est petite, cet été, quoique le raisin abonde ; de vignoble à vignoble on se donne la main, par équipes bénévoles. Que fera-t-on du vin, de tant de vin, de si bon vin ? Que paiera la « copé » ? Pas plus de quarante, quarante-cinq francs, au lieu de quatre-vingts… Ces graves soucis ne sont pas les miens, mais ils m’entourent. Tout ce qui mûrit sur mon lé de vigne se boit sans effort d’un an sur l’autre. Le sable salé et le soleil, en lui faisant la vie dure, ont formé, au produit d’une vigne trop vieille, un curieux caractère. Chaque fois qu’un cep meurt, je le remplace par un mimosa, méritant ainsi, sans l’avoir méritée, l’approbation d’une politique de crise vinicole…
Mévente, malaise… Le voisin qui foule mes grappes ne me l’a pas envoyé dire : « Ne comptez guère que je vous loge, votre vin, cette fois. Il vous faut le trouver, le tonneau ! » Ainsi il m’a fait comprendre qu’il garderait, follement, son vin nouveau et l’espoir de le vendre, qu’il ne mêlerait pas son « rosé », couleur de rubis balais, bouqueté et franc, au fleuve anonyme qui se déverse dans les citernes de la « copé ».
Depuis trois semaines la mer berce une fange de tonneaux vides, que rince le flot-court. Le beau son caverneux qu’ils rendent sous les maillets nous éveille tôt, retentit encore la nuit tombée, annonce la fin d’un l’été que de loin Paris nous mesure. Ces quelques semaines heureuses, rapides, la bénignité des jours, la brièveté des fraîches nuits, cela a donc suffi pour porter à mon passif un an de plus ? Mon Dieu, j’y consens, mais il est un peu amer de laisser ici le port et sa paix recouvrée, tout ce qui se défait et recommence… Un printemps de septembre refleurit la capucine pimpante, la rose, l’infatigable pourpier aux cinq couleurs, les petits pétunias sarmenteux. Sauf que l’argent détrône l’or dans la lumière matinale, septembre ne vaut-il pas juin ? »

(« Belles Saisons », Editions Flammarion)

Jazzi dit: 4 juin 2026 à 11h25

COLETTE

Tu croqueras la vie à pleine dent

Pour la très sensuelle Colette, le bonheur commence souvent dans l’assiette, où, la succulence d’un plat, enraciné dans son paysage, et accompagné d’un bon vin local, est le plus à même d’enchanter plusieurs de nos sens. Attention au coup de pied !

« Naturellement, vous aimez la Provence. Mais quelle Provence ? Il y en a plusieurs. […] Il y a des morceaux de Provence gras, herbus, baignés de sources, de petites Provences italiennes, même espagnoles ; une Provence – peut-être est-elle ma préférée – maritime, pays de calanques d’un bleu qui n’est point suave mais féroce, de petits ports huileux qu’on ne déchiffre qu’à travers une grille de mâts et de cordage… […]
En forêt du Dom*, il est une auberge… Son renom se fait si vite qu’il n’est pas besoin de la désigner plus clairement. Le lieu est beau, en pleine forêt profonde, et la route romantique tourne à souhait pour l’attaque des diligences… Les soirs d’été, deux, trois tables rudimentaires, égaillées sous les acacias attendent les amateurs de gibier, et les friands du poisson que j’appelle « le poisson au coup de pied ».
Est-ce une recette ? Non. Un accommodement culinaire primitif, vieux comme l’olivier, comme la pêche au trident. Jamais cuisson n’a demandé moins d’apprêts – il n’y faut que la manière.
Ayez seulement… une forêt provençale, tout au moins méridionale. Fournissez-vous-y de bois choisi : bûches cornues d’olivier, fagot de ciste, racines et branches de laurier, rondins de pin pleurant la résine d’or, menue broussaille de térébinthe, d’amandier, n’oubliez pas le sarment de vigne. A même la terre, entre quatre gros éclats de granit, bâtissez, allumez le bûcher. Pendant qu’il flambe, rouge, blanc, cerise, léché d’or et de bleu, il n’y a rien à faire que le regarder. Le ciel vert du crépuscule provençal au-dessus de lui, tourne au bleu de lac.
Les flammes baissent, se couchent ; vous avez sous la main, n’est-ce pas, une ou plusieurs belles pièces de poisson méditerranéen, tout vidé ? Vous avez acquis à Saint-Tropez une rascasse monstrueuse, à gueule de dragon, ou vous avez apporté de Toulon les malins mulets à dos noirs, et vous n’avez pas omis, vidant ceux-ci ou celle-là, de glisser, tout le long de leur ventre creux, un fuseau de lard ? Bon. Apprêtez votre balai, j’appelle ainsi ce bouquet odorant de laurier, de menthe, de pebredaï**, de thym, de romarin, de sauge, que vous avez noué avant d’allumer votre feu. Apprêtez donc le balai, c’est-à-dire qu’il trempe dans un pot empli de la meilleure huile d’olive mêlée de vinaigre de vin – ici nous n’admettons que le vinaigre rose et doux. L’ail – vous pensiez naïvement qu’on pouvait se passer de lui ? – pilé, jusqu’à consistance de crème, rehausse le mélange comme il convient. Du sel, du poivre, assez.
Attention. Votre feu n’est plus que braise bientôt. Un lit épais de braise qui chante bas, des tisons qui flambent encore un peu ; une fumée translucide, légère, porte à vos narines l’âme consumée de la forêt… C’est le moment de donner le magistral coup de pied qui envoie, au loin, bûches, brandons et fumerolles, qui découvre et nivelle le charbon ardent d’un rose égal, met à nu le cœur pur du feu sur lequel halète un petit spectre igné, bleuâtre, plus brûlant encore que lui. […]
Le « poisson au coup de pied » saute de son vieux gril dans votre assiette. Vous verrez qu’il est roide, vêtu d’une peau qui craque, s’exfolie et bâille sur une chair blanche, ferme, dont la saveur se souvient de la mer et des baumes sylvestres. La nuit résineuse descend, une lampe faible, sur la table, dénonce la couleur de grenat de vin qui emplit votre verre… Marquez, d’une libation reconnaissante, cet instant heureux. »

(« La Treille muscate in Prisons et paradis », Bibliothèque de la Pléiade, Œuvres III, Editions Gallimard, 1991)

* La forêt domaniale du Dom s’étend sur les pentes du massif des Maures.
** La sarriette.

Jazzi dit: 4 juin 2026 à 11h28

COLETTE

Le temps des violettes et du lilas

Dans Sido, publié en 1930, Colette (1873-1954) a beaucoup parlé de son enfance au sein de la nature bourguignonne et du rapport privilégié que Sido, sa mère, entretenait avec les animaux et les plantes. Sensuelle et gourmande, Colette a toujours fait une place importante à la nature dans ses livres de souvenirs, tels Le Fanal Bleu (1949) ou Belles Saisons, paru après sa mort en 1955. Mais déjà, dans l’un de ses premiers recueils de nouvelles, Les Vrilles de la vigne, écrites en 1908, peu de temps après la série des Claudine, Colette évoquait le jardin de son enfance. Écoutons-la nous parler du printemps, dans cette chaleureuse nouvelle titrée Le dernier feu (de l’hiver) !

« Regarde ! il n’est pas possible que le soleil favorise, autant que le nôtre, les autres jardins ! Regarde bien ! car rien n’est pareil ici à notre enclos de l’an dernier, et cette année, jeune encore et frissonnante, s’occupe déjà de changer le décor de notre douce vie retirée… Elle allonge, d’un bourgeon cornu et verni, chaque branche de nos poiriers – d’une houppe de feuilles pointues chaque buisson de lilas…
Oh ! les lilas surtout, vois comme ils grandissent ! Leurs fleurs que tu baisais en passant, l’an dernier, tu ne les respireras, Mai revenu, qu’en te haussant sur la pointe des pieds, et tu devras lever les mains pour abaisser leurs grappes vers ta bouche… Regarde bien l’ombre, sur le sable du tamaris : l’an prochain, tu ne la reconnaitras plus…
Et les violettes elles-mêmes, écloses par magie dans l’herbe, cette nuit, les reconnais-tu ? Tu te penches, et comme moi tu t’étonnes ; ne sont-elles pas, ce printemps-ci, plus bleues ? Non, non, tu te trompes, l’an dernier je les ai vues moins obscures, d’un mauve azuré, ne te souviens-tu pas ?… Tu protestes, tu hoches la tête avec ton rire grave, le vert de l’herbe neuve décolore l’eau mordorée de ton regard… Plus mauves… non, plus bleues… Cesse cette taquinerie ! Porte plutôt à tes narines le parfum invariable de ces violettes changeantes et regarde, en respirant le philtre qui abolit les années, regarde comme moi ressusciter et grandir devant toi les printemps de ton enfance…
Plus mauves… non, plus bleues… Je revois des prés, des bois profonds que la première poussée des bourgeons embrume d’un vert insaisissable – des ruisseaux froids, des sources perdues, bues par le sable aussitôt que nées, des primevères de Pâques, des jeannettes jaunes au cœur safrané, et des violettes, des violettes, des violettes… Je revois une enfant silencieuse que le printemps enchantait déjà d’un bonheur sauvage, d’une triste et mystérieuse joie… Une enfant prisonnière, le jour, dans une école, et qui échangeait des jouets, des images, contre les premiers bouquets de violettes des bois, noués d’un fil de coton rouge, rapportées par les petites bergères des fermes environnantes… Violettes à courte tige, violettes blanches et violettes bleues, et violettes d’un blanc-bleu veiné de nacre mauve – violettes de février, fleuries sous la neige, déchiquetées, roussies de gel, laideronnes, pauvresses parfumées… Ô violettes de mon enfance ! Vous montez devant moi, toutes, vous treillagez le ciel laiteux d’avril, et la palpitation de vos petits visages innombrables m’enivre…
À quoi penses-tu, toi, la tête renversée ? Tes yeux tranquilles se lèvent vers le soleil qu’ils bravent… Mais c’est pour suivre seulement le vol de la première abeille, engourdie, égarée, en quête d’une fleur de pêcher mielleuse… Chasse-la ! elle va se prendre au vernis de ce bourgeon de marronnier !… Non, elle se perd dans l’air bleu, couleur de lait de pervenches, dans ce ciel brumeux et pourtant pur, qui t’éblouit… Ô toi, qui te satisfais peut-être de ce lambeau d’azur, ce chiffon de ciel borné par les murs de notre étroit jardin, songe qu’il y a, quelque part dans le monde, un lieu envié d’où l’on découvre tout le ciel ! Songe, comme tu songerais à un royaume inaccessible, songe aux confins de l’horizon, au pâlissement délicieux du ciel qui rejoint la terre… En ce jour de printemps hésitant, je devine là-bas, à travers les murs, la ligne poignante, à peine ondulée, de ce qu’enfant je nommais le bout de la terre… Elle rosit, puis bleuit, dans un or plus doux au cœur que le suc d’un fruit… Ne me plaignez pas, beaux yeux pitoyables, d’évoquer si vivement ce que je souhaite ! Mon souhait vorace crée ce qui lui manque et s’en repaît. C’est moi qui souris, charitable, à tes mains oisives, vides de fleurs… Trop tôt, trop tôt ! Nous et l’abeille, et la fleur du pêcher, nous cherchons trop tôt le printemps… »

(« Le Dernier feu in Les Vrilles de la vigne », Œuvres I, Bibliothèque de la pléiade, Éditions Gallimard, 1984)

Jazzi dit: 4 juin 2026 à 11h34

Non, Colette n’avait pas le goût de la merde !

________

COLETTE

Rustique aisance

Avec la série des Claudine, écrite sous la houlette de son mentor de mari Willy, dont la seule signature apparaitra longtemps sur la couverture, Colette (1873-1954) fit une entrée remarquée en littérature, où elle occupa une place singulière durant plus d’un demi siècle. Après Claudine à l’école, publié en 1900, Colette, dans Claudine à Paris, prête à nouveau ses propres souvenirs de petite bourguignonne délurée à son héroïne, que nous retrouvons, à dix-sept ans, transportée brutalement dans la capitale, sur un coup de tête de son fantaisiste de père. Arrivée en plein hiver, la sauvageonne de Saint-Sauveur-en-Puisaye (Montigny-en-Fresnois, dans le roman), subit un tel choc, qu’elle dut rester alitée jusqu’au printemps. Avec la belle saison revenue, elle retrouva un peu de force et découvrit enfin les rues, les jardins et les grands magasins parisiens. Elle fit alors la connaissance de son petit cousin Marcel, un garçon de son âge, beau comme un cœur, mais passablement maniéré. Celui-ci se montre particulièrement intéressé par les histoires d’amours saphiques que lui raconte sa pittoresque cousine. Notons qu’à l’époque, Colette, déjà lancée dans le « beau monde », où Willy l’a introduite, avait rencontré Marcel Proust, et que Claudine préfigure Albertine ! Car, par sa liberté de ton, les Claudine, présentés sous la forme d’un journal intime de jeune fille pas vraiment rangée, ne sont en rien destinés à garnir les rayons de la bibliothèque rose. Mais plutôt ceux, plus grivois, de la littérature érotique du bon bourgeois gaulois de la Belle époque, volontiers paillard. Ainsi qu’en témoigne cet extrait, où, malgré sa joie de vivre retrouvée, notre héroïne est toujours la proie, à l’occasion d’une « madeleine » quelconque, d’un redoutable mal du pays. Amateur de senteurs délicatement bucoliques s’abstenir !

« Ma gaieté n’a pas duré. J’ai eu une brusque rechute de nostalgie fresnoise et scolaire. Et pourquoi ? A cause de Bérillon ; à cause de ce crétin de Bérillon, de cet idiot de Bérillon. J’ai épousseté, dans mon petit bureau, mes livres rapportés de l’école, et j’ai ouvert machinalement La Bonne Ménagère agricole, simples notions d’économie rurale et domestique à l’usage des écoles de jeunes filles, par Louis-Eugène Bérillon*. Cet ineffable petit bouquin était, pour toutes les grandes de l’école, une source de joies pures (y en avait déjà pas tant, des joies pures) et nous en redisions des passages à voix haute, la grande Anaïs et moi, sans nous lasser. Les jours de pluie, sous le préau neuf de la cour carrée, alors qu’on ne pouvait jouer ni au pot ni à la grue, nous nous poussions des colles sur La Bonne Ménagère.
« Anaïs, parlez-moi de La Bonne Ménagère agricole et de son ingéniosité en matière de vidanges. »
Le petit doigt en l’air, sa bouche plate serrée en une moue d’extraordinaire distinction, Anaïs récitait avec un sérieux qui me faisait mourir de rire :
«La bonne ménagère a amené son mari à lui construire, où elle a construit elle-même, au nord du jardin, dans un coin retiré, au moyen de quelques perches, de quelques planches et de quelques poignées de glui** ou de genêt – une sorte de cabane qui sert de lieu d’aisances » (C’est comme j’ai l’honneur de vous le dire…) « Cette cabane littéralement cachée sous le feuillage et les fleurs de plantes grimpantes et d’arbustes sarmenteux, ressemble moins à des latrines qu’à un joli berceau de verdure. »
– Charmant ! Quelle poésie de conception et de style, et que ne puis-je
égarer mes pas rêveurs vers cette tonnelle fleurie, embaumée, et m’y asseoir une minute… Mais, passons au côté pratique. Anaïs, continuez, je vous prie.
– « Comme les déjections de cinq ou six personnes, pendant un an, sont
bien suffisantes pour fumer un hectare de terrain, et que rien en matière…
Chut, chut, n’appuyez pas !
… « en matière d’engrais, ne doit être perdu, la fosse d’aisance est, ou
un trou creusé en terre et recouvert de glaise battue, ou une sorte de vase profond en terre cuite, ou tout simplement un vieux tonneau hors de service. »
Adieu, tonneau, vidanges sont faites ! Ma chère enfant, c’est parfait. Je
ne vous apprendrai rien en vous disant qu’il sied de mélanger intimement l’engrais humain avec deux fois son volume de terre, et que cinq kilos suffisent pour fumer un are, et pour en empoisonner deux cents. En récompense de votre assiduité, je vous autorise à embrasser cinq fois le docteur Dutertre, délégué cantonal.
Tu blagues ! murmurait Anaïs rêveuse, mais s’il ne fallait que ton
autorisation… »
Ô Bérillon, que tu as amusé ces sales petites filles, dont j’étais ! »

(« Claudine à Paris », Œuvres I Bibliothèque de la pléiade, Editions Gallimard, 1984)

*Colette cite littéralement un guide en usage à l’époque, auquel les tenants actuels de la culture bio pourraient utilement se référer !
**Paille dont on fait des liens pour attacher les gerbes ou couvrir les toits de chaume.

puck dit: 4 juin 2026 à 11h34

carlito !!!!!!!!!!!!!!!!!

j’ai besoin de toi, j’aimerais avoir ton avis de grand humaniste… là-dessus, y vois-tu un changement de paradigme sur c’est quoi la notion de Grand Humaniste en Europe ? je veux dire jusqu-là le Grand Humaniste on le reconnaissait à son combat anti fasciste, à son combat contre le révisionnisme, la ré écriture de l’Histoire, tu vois le genre ?

je me souviens même d’une époque où l’on a envoyé un type qui s’appelait Barbie en prison ! et quand il est mort on ne lui pas rendu un hommage national ni proposer de le faire entrer au Panthéon.

c’était une époque où l’on imaginait même pas le nihilisme qui nous tomberait sur le coin de la figure…

même le président actuel, ce qui l’a rendu populaire c’était de se moquer des ultra nationalistes, il les traités de nostalgiques du 3è Reich

mais tout ça c’était avant l’avènement du nihilisme.

à noter que quelques médias en ont parlé en France, dont l’Humanité, mais en Allemagne c’est le silence absolu.

pourtant les allemands ont été les premiers en 14-18 à utiliser l’Ukraine de l’ouest pour récupérer toute l’Ukraine dans son giron.

mais ceux qui en parlent le plus ce sont les polonais. Alors eux ils ont carrément demandé au président ukrainien de présenter des excuses officielles et ils lui ont retiré son « aigle blanc » (l’équivalent de notre légion d’honneur)

mais tout ça on s’en tape, ce qu’il nous faut c’est l’avis d’un Grand Humaniste n’est-ce pas ? comme BHL n’était pas dispo je me suis dit on va demander à carlito :

https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20260525-l-ukraine-rapatrie-et-inhume-un-h%C3%A9ros-nationaliste-qui-divise

Jazzi dit: 4 juin 2026 à 11h40

Morte d’une peine de coeur, SV !
Elle ne s’est pas remise de la mort de son compagnon, il y a un an.
Oui, il existe encore des femmes qui aiment les hommes…

puck dit: 4 juin 2026 à 11h41

en plus les allemands ce sont les premiers qui ont théorisé la haine ethnique ukrainienne dans les années 20 :

les allemands ont appris aux ukrainiens de l’ouest qu’ils étaient les vrais ukrainiens alors que ce de l’ouest étaient des descendants de la horde mongol.

c’est vrai que quand on regarde la troche à Poutine il a un air de descendant de la horde d’or.

dans ce genre de truc les allemands sont au max de leur domaine de compétence.

mais ça c’était dans les années20 aujourd’hui nos Grands Humanistes comme BHL ont pris la relève.

c’est vrai que quand on regarde Israël tout ce qui haine raciale ou ethnique c’est aussi devenu à donf leur domaine de compétence.

à côté d’Israël, l’Afrique du sud d’avant limite c’était le club med.

puck dit: 4 juin 2026 à 11h41

les allemands ont appris aux ukrainiens de l’ouest qu’ils étaient les vrais ukrainiens alors que ce de l’EST étaient des descendants de la horde mongol.

puck dit: 4 juin 2026 à 11h46

quand on voit un type qui a activement participé à la Shoah avoir droit à des funérailles nationale et bientôt panthéonisé on se dit mais ils sont où nos historiens ?

sérieux je me souviens d’une époque où tous nos historiens cherchaient le nom des rues ou des places ou des boulevards qu’il fallait débaptiser.

MC dit: 4 juin 2026 à 11h48

Rose, je vous signale que Sifo, avant d’être idolâtrée littérairement par sa fille , n’était peut être pas non plus la mère idéale qu’il aurait fallu à Colette. Bien à vous. MC. PS Maurice Goudeket a dû écrire une Sagesse de Colette…

puck dit: 4 juin 2026 à 11h50

et quand on voit le cirque qu’on nous a fait sur Céline !

il a écrit des pamphlets antisémites ? salaud !

là le mec il a pas écrit des pamphlets : il a carrément flingué 100 mille civils polonais et des milliers de juifs !

avec bien sûr toutes les atrocités qui vont avec genre tortures, viols, éventrement de femmes enceintes j’en passe et des meilleurs…

pourquoi on nous a fait tout ce barouf pour un type qui a juste écrit des pamphlets antisémites, mais qui n’a jamais tué ou violé personne ?

elle est où la couille dans cette histoire à la con ?

MC dit: 4 juin 2026 à 11h51

« N’achètez pas BS chez Grasset, Marc Bloch ne l’eut point fait » ( FL) . A ce moment là, n’achetez pas Bernanos il a été publié en partie par François Coty…

FL dit: 4 juin 2026 à 11h54

Sur le « million » de Boualem. Devant Jean-Jacques Bourdin sur Bourdin media, Sansal dit qu’il a perçu moins d’un million (42:15). Il ne donne pas le chiffre. M. Bourdin qu’on a connu plus rentre-dedans oublie de lui demander. Il faut pas qu’il soit trop méchant, les interviewés ne viendraient plus.

(J’ai confondu plus haut avec Sud Radio parce que M. Bourdin était avant sur Sud Radio.)

https://www.youtube.com/watch?v=db0PaXFZ97I

puck dit: 4 juin 2026 à 11h55

en fait l’Europe fait en Ukraine exactement ce que la France a fait au Rwanda !

nous sommes des supporters de discrimination ethnique !

en fait ça fait partie de nos valeurs.

et c’est pour ça qu’on a donné à cette bande de nazis tatoués qu’on nous panthéonise ce rôle messianique de nous sauver !

Israël mène sa guerre messianique.

les US mènent leur guerre messianique.

et l’Europe aussi…

rose dit: 4 juin 2026 à 11h58

je ris et je pleure
Le 23 février dernier, Marjane Satrapi se réjouissait de la création de la «Fondation pour le cinéma Mattias et Marjane Ripa-Satrapi», dont la mission principale est de soutenir des étudiants étrangers dans leur projet de venir étudier le cinéma à Paris.

îs se sont aimés, ils se sont rejoints
ripa, (sat-)rapi nanmého, ces deux là 💔

Christiane dit: 4 juin 2026 à 12h02

Oh merci, So’eil vert. Bien triste nouvelle. Merci pour le lien. Je l’ai écoutée à la médiathèque de Saint-Ouen. Quel tempérament ! Elle n’avait pas sa langue dans sa poche !

puck dit: 4 juin 2026 à 12h02

le truc qui a rendu célèbre le président ukrainien et qui lui ont permis de devenir président c’est :
1/ se moquer des nationalistes d’extrême droite
2/ arrêt des bombardements sur les civils du Donbass
3/ réconcilier toutes les ethnies ukrainiennes
4/ combattre la corruption.

pourquoi ?

parce que son grand père qui combattait les nazis avec l’armée rouge a été tué par des nazis ukrainiens de la division Galicie.

division Galicie qui était commandée par le type à qui il vient d’offrir des funérailles nationales…

puck dit: 4 juin 2026 à 12h16

les néocons américains sont très bons pour monter les ethnies les unes contres les autres pour foutre le bordel dans un pays.

en Libye ça a super bien marché.

en Syrie ça a moyennement bien marché.

en Irak ça n’a pas marché du tout.

en Ukraine tant qu’ils ne refont d’élections ça fonctionne aussi, sauf que comme les nazis ultra nationalistes représentent 1% de la population c’est que sûr que s’ils font des élections c’est pas eux qui vont les gagner.

mais le plus top c’est en Iran : dans les dernières manifs ils ont refilé des armes à des kurdes iraniens.

ils ont même pris des kurdes communistes alors qu’ils avaient virés les communistes en 1953.

ils ont aussi armé des azéris parce que les azéris iraniens c’est la marotte des néocons : ils s’imaginent que le territoire azéri en Iran n’appartient pas vraiment à l’Iran donc ils voudraient qu’ils demandent leur indépendance.

là où les mecs ils sont très cons c’est qu’ils ont complètement oublié que les président iranien et la moitié » des parlementaires iraniens sont des azéris !

et que de tous les iraniens les azéris sont les plus nationalistes !

et ça un gamin de 6 ans aurait pu le leur expliquer.

Jazzi dit: 4 juin 2026 à 12h46

Comme je le pensais, le dernier domicile connu d’Edgar Morin est désormais situé sur le boulevard Edgar-Quinet.
En bordure de la 17e division, au proche voisinage de Nathalie Baye.

« – Edgar Morin (1920-2024)
Issu d’une famille juive séfarade originaire de Salonique, Edgar Nahoum, dit Edgar Morin, sociologue et philosophe parisien, fut le théoricien de « la pensée complexe » et l’auteur de La Méthode, une somme en six volumes se voulant une méthodologie de la transdisciplinarité. »
https://www.lelezarddeparis.fr/le-cimetiere-du-montparnasse

Jazzi dit: 4 juin 2026 à 13h10

Sans oublier Lionel Jospin, entérré récemment dans la 6e div. du cimetière du Montparnasse…

Jazzi dit: 4 juin 2026 à 13h12

J’ai besoin d’une petite sieste, rose !
Mais c’est bon dans le document en joint…

J J-J dit: 4 juin 2026 à 13h16

12.53 Il aura eu quatre ans sur sa tombe ?
11.34 pour BHL… je sais pas… Mais vous avez bien fait de demander à carlito : c’est un « humanisme revisité » à l’échelle européenne, advenu après l’ouragan de la paradigmologie complexifiée.
Bàv,

J J-J dit: 4 juin 2026 à 13h19

Décidément dans ce cimetière de gauche, il fait bon vivre en charmantes compagnies.

closer dit: 4 juin 2026 à 13h19

L’entretien de Sansal avec Retailleau dans « mon » Figaro ce jour ne va pas arranger sa popularité auprès de la presse de gauche! J’imagine ses contorsions pour le critiquer sans avoir l’air de défendre le régime de Teboune!

Soleil vert dit: 4 juin 2026 à 13h27

Chère Christiane, ma lectrice la plus assidue, je vous propose incessament des ouvrages exotiques parfois très déroutants,loins de votre appuis culturels,renvoyant eux-mêmes à des ouvrages plus anciens plus exotiques et encore plus déroutants, mais vous vous accrochez à ces textes himalayens guidée par une curiosité inépuisable. Cpmment (en tout bien, tout honneur) ne pas vous aimer ?

J J-J dit: 4 juin 2026 à 13h30

On ne comprend pas si vous parlez des contorsions de Retailleau ou de Sansal… Il est vrai qu’avec le Gorafi, on est souvent entre mêlées. Bàv, 13.19

rose dit: 4 juin 2026 à 14h29

jazzi

juste en dessous d’Edgar Morin, la photo de celui que vous nommez l’erotique du cimetière aurait pu être intitulée « Un pied dans la tombe ».
Pigeon et sa femme sont magnifiques.
La sculpture de Nikki de Saint Phalle L’oiseau, pour son ami, aussi.
Etc.

Je vous enverrai une photo de la tombe de Joseph Kessel, lorsque j’irai le saluer, et de Jean Seberg.

Christiane dit: 4 juin 2026 à 14h30

Merci Soleil vert. Votre pensée est bienvenue…
Je regarde le tableau, « Ophélie noyée », Everest Millais, dont nous avons beaucoup parlé mais là mon cœur se serre car on vient de retrouver un petit corps dans le Gers.. Lyanna, certainement. À dix minutes de l’endroit où on a perdu sa trace.
Shakespeare, Colette,… La littérature ne peut rien en ce moment précis. Quel effroi…

Jazzi dit: 4 juin 2026 à 15h20

J’ai fait une bonne sieste salutaire, au grand plaisir de Vita !

rose, le scandale du cimetière du Montparnasse, véritable musée en plein air, comme la plupart des cimetières parisiens, c’est que la sculpture la plus emblématique de ces lieux, où repose mon précédent compagnon, à savoir « Le Baiser » de Brancusi, n’est plus visible du public.
Pour de sombres droits de succession et de querelles entre les héritiers, elle est scandaleusement barricadée derrières des planches.
Voyez le travail !
https://www.lelezarddeparis.fr/proprietes-interdites

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