de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Littérature étrangères

Le Nobel à Svetlana Alexievitch, romancière de voix

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Il sera difficile, pour ne pas dire impossible, de juger le jugement des membres du comité Nobel de littérature sur l’œuvre de Svetlana Alexandrovna Alexievitch (1948) sans garder à l’esprit le fait qu’elle est traduite dans une vingtaine de langues, qu’elle a été plusieurs fois distinguée (Prix de la paix des libraires allemands, Prix de la paix Eric-Maria Remarque, prix Médicis et Meilleur livre étranger de l’année par le magazine Lire) à commencer par le tout premier, le très officiel prix du Komsomol en 1986 (mais depuis, l’eau a coulé sous les ponts…), mais que certains de ses livres sont […]

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Coup de grâce de Javier Cercas à « ladite mémoire historique »

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Le plus fascinant livre d’histoire de la rentrée est un roman de 400 pages L’Imposteur (El impostor, traduit de l’espagnol par Elisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic, 400 pages, 23,50 euros,  Actes sud). Un récit réel qui a tout d’un roman sans fiction saturé de fiction. Auteur d’une œuvre déjà conséquente, notamment Les soldats de Salamine sur le destin d’un idéologue de la Phalange et Anatomie d’un instant sur le coup d’Etat avorté de 1981, Javier Cercas (1962) s’est laissé ensorceler non par son antihéros mais par son cas au sens pathologique du terme. A travers l’affaire Marco minutieusement démontée et […]

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Tout n’est pas toujours « traduisible »

Tout n’est pas toujours « traduisible »

Françoise Rétif

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(…) Le lecteur doit savoir que la traduction ne peut faire parfois autrement, au grand désespoir du traducteur, que de réduire la profondeur du texte et de l’amputer de certaines charges sémantiques ; tout n’est pas toujours « traduisible », transportable dans l’autre langue: il faut se résoudre à choisir entre un sens et un autre, entre une allusion et une autre, gommer un jeu de mots et trouver des équivalents approximatifs à des mots sans équivalent en français, comme dans le cas des mots « grenzen » ou « Grund » (…) sans parler de l’un des mots les plus chargés qui soient de sens et […]

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C’est (encore) les vacances, non ?

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Les Anglais ne sont pas des gens comme nous. On peut en juger par leur humour qu’ils qualifient eux-mêmes de « britannique » afin de ne pas vexer les autres. Non les étrangers mais les autres sujets de Sa Majesté. Prenez deux donc Britanniques au hasard, George Bernard Shaw et Winston Churchill par exemple. Un jour, le premier envoya au second deux places pour le théâtre accompagné d’un mot : « C’est pour la première de ma nouvelle pièce. Venez avec un ami, si toutefois vous en avez un. » A quoi l’intéressé répondit en renvoyant les places accompagnées d’un mot : « Merci mais malheureusement, je suis pris […]

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La parole retrouvée de la poésie slovène

La parole retrouvée de la poésie slovène

Françoise Siri

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On connaît peu la poésie slovène en France. L’occasion nous a été donnée de la découvrir en octobre, à la Sorbonne, où l’on recevait Barbara Pogačnik, lumineuse poète de quarante ans, ayant déjà trois recueils derrière elle et des traductions dans plus d’une vingtaine de langues. L’un de ses traducteurs français est un poète singulier et rare, Guy Goffette, qui retrouve dans la poésie de cette jeune femme un écho à sa propre mélancolie :  « Grand­mère est assise au milieu de sa chambre, / dans la lumière des tableaux peints par sa mère. / Le reflet de l’argenterie terne se pose […]

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Cent ans de métamorphoses

Cent ans de métamorphoses

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Il n’avait pas tort, Italo Calvino. A force de mettre “kafkaïen” à toutes sauces, de galvauder l’adjectif outrageusement à le synonymisant avec « illogique » ou « absurde » jusqu’à le vider de son sens, ou du moins à le pervertir ce qui est une face de la rançon du succès (“surréaliste” a subi le même sort funeste), on en oublierait ce qu’il y a de véritablement kafkaïen dans l’œuvre de Kafka. Le centième anniversaire de la publication de La Métamorphose (Die Verwandlung) par Kurt Wolff à Leipzig, nouvelle dans laquelle Vladimir Nabokov voyait la quintessence de toute son œuvre, est l’occasion d’y revenir. […]

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La mauvaise herbe de la mafia

La mauvaise herbe de la mafia

Philippe Godoy

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L’herbe, même la mauvaise herbe, a besoin d’air, d’oxygène ; or, c’est ce qui manque à Giueseppe Grassinelli depuis plus de vingt  ans. Enfant, il était surnommé par sa famille malerba ce qui signifie en italien « mauvaise herbe ». C’est le titre de son récit qui vient de sortir en France sous le titre Malerba (traduit de l’italien par Nathalie Bauer, JC Lattès), co-écrit avec Carmelo Sardo. Effectivement,  l’auteur de ce texte  est emprisonné à perpétuité après avoir été condamné pour de nombreux assassinats avec préméditation. Un mafieux de plus, pensera le lecteur français. Mais pourquoi à vie ? Tant de repentis ont […]

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Ces années du boom latino-américain

Ces années du boom latino-américain

JORGE CARRION

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Nous sommes face à un livre important. Un livre qui, à partir d’aujourd’hui, sera cité dès qu’on parlera du boom, ce mouvement littéraire amorphe qui a réuni, peut-être comme aucun autre dans l’histoire, le succès commercial et la grande littérature. Aquellos anos del boom. Garcia Marquez, Vargas Llosa y el grupo de amigos que le cambiaron todo (RBA, 876 pages, Barcelone, 2014), autrement dit « Ces années du Boom. García Marquez, Vargas Llosa et le groupe d’amis qui a tout changé », est un livre de référence, fruit de nombreuses années de voyages, d’interviews et de lectures, écrit par Xavi Ayén, un […]

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Les éditeurs sont-ils vraiment tenus d’écrire ?

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Une fois rangé des voitures, quand bien même continuerait-il à accompagner quelques uns de ses auteurs, un éditeur a le choix entre lire et écrire. Gaston Gallimard s’était bien gardé de prendre la plume quand Bernard Grasset ne pouvait s’en empêcher. Mais même lorsqu’il cède à la tentation de l’écriture, souvent après avoir juré ses grands dieux durant toute sa carrière que jamais il ne succomberait à un tel pêché d’orgueil, l’éditeur hésite entre raconter sa vie et raconter celle des autres. Dans le premier cas, il présente son ours comme un « roman », alors que cela ne trompe personne (André […]

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Résurrection d’un roman macédonien

Résurrection d’un roman macédonien

Maria Béjanovska

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Quand j’évoque le titre de ce roman unique de Živko Čingo, La Grande eau, j’ai le cœur qui chavire. C’est à cause de ce texte, ou plutôt grâce à lui, que je suis devenue traductrice littéraire. Je devrais parler de vocation, car à l’époque j’avais déjà un métier passionnant, le journalisme. Je revenais de reportage en Macédoine et, comme toujours, ma valise était pleine de livres. Connaissant mon intérêt pour la littérature, les écrivains et les éditeurs de mon pays natal n’hésitaient pas à me charger d’une quantité invraisemblable d’ouvrages qui ne manquaient pas de me poser quelques problèmes à […]

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