Les petits papiers de Jacques Drillon

À cheval, les mollets pincés par les étrivières. * Les concertos pour flûte, toujours médiocres, joyeux/champêtres/idiots – sauf ceux de Mozart. Les concertos pour clarinette, toujours faibles, bavards/creux/mous – sauf celui de Mozart. Etc. * Personne ne sait Comment font les amateurs de sport pour s’offrir tous les « bouquets » payants, qui leur permettent de regarder intégralement les grandes manifestations, autrefois diffusées gratuitement à la télévision. Ils ne peuvent payer tous les abonnements nécessaires, et en sont réduits à regarder des diffusions illégales sur leur ordinateur, chacun chez soi. * Les pivoines rouges : l’intensité presque insupportable de leur couleur, prête à […]
lire la suite .../ ...
Celui qui considère que ses seuls ennemis sont les êtres qu’il n’a pas réussi à séduire ; tous les autres, il les a séduits, ou s’apprête à le faire. * La phrase imprudente que Jean d’Ormesson, jeune critique littéraire, avait écrite sur un livre de Pierre Brisson : « On ne peut pas à la fois être directeur du “ Figaro ” et avoir du talent. » * * Personne ne sait Pourquoi un enfant normalement constitué a tellement honte de ses parents. Peut-être, enfants, en avons-nous eu honte parce qu’ils nous avaient faits aussi nuls ? * Personne ne sait Pourquoi les plus prestigieux fabricants […]
lire la suite .../ ...
Le « mépris de classe », qui semble ne s’exercer que dans un sens, du haut vers le bas – en tout cas dans l’esprit de ceux qui emploient cette expression. Faut-il supposer que les classes inférieures n’éprouvent aucun mépris pour les supérieures ? * Sviatoslav Richter, taureau de sexe féminin. * Les obsolètes : les féroces chaisières du Jardin du Luxembourg, qu’on évitait en prenant le large, mais qui vous couraient après. * Les chanteuses que la pratique de la musique baroque a déformées. Gosier noué. Elles ne chantent plus, ce qui s’appelle chanter : elles font des sons, l’un après l’autre. Une […]
lire la suite .../ ...
Les rêves parfois si stupides qu’on a honte en se réveillant. Heureusement que personne ne les a vus ! * Ceux qui, dans une épicerie, achètent les gros paquets parce qu’ils durent, et ceux qui achètent les petits, pour en commencer de nouveaux plus souvent. * La passion amoureuse des enfants, d’une intensité sans égale, et auprès de laquelle les amours d’adultes les plus dévorantes, les plus tempétueuses, paraissent de misérables petits clapotis de sentiments. * Extension du domaine des Droits de l’Homme : * Le masque d’Arthur Rubinstein, dont les yeux à peine fendus lorsqu’il est au piano, ne sont […]
lire la suite .../ ...
Le retour à l’internat, le dimanche soir. Tout l’après-midi dévasté par la perspective du brouillard, du train, du dortoir… Aucune blague de potache sur les miches de la boulangère n’y remédiait. * Brian de Palma, le cinéaste bling bling. Sympathique, roublard, attendrissant, décevant. * Les obsolètes : dire « on va chez Untel » quand on va au théâtre. « On va chez Jouvet » quand on allait à l’Athénée, « chez Renault-Barrault » quand on allait à Marigny, « chez Dullin » quand on allait à l’Atelier, « chez Marcel Herrand » quand on allait aux Mathurins, « chez Pitoëff », quand on allait à l’Œuvre… * Le seul animal qui […]
lire la suite .../ ...
Les obsolètes : les manuels scolaires recouverts de papier bleu marine dans le primaire, de papier journal dans le secondaire. * Les obsolètes : « Aller au cabinet ». * Visite de l’un des deux chez le brocanteur. Ce que l’autre lui dit au retour : « Mon Dieu, mais qu’est-ce qu’on va faire de ça ? » * * Céline, qui se présente comme « infiniment médical, c’est-à-dire bien compréhensif de tout », mais qui s’accuse d’avoir péché « par manque de pessimisme ». * (Suite) « Ah il est arrivé ce Frigidaire ! magnifique, hiératique, mystique ! c’est un Temple ! Tout le monde a mis le nez dedans l’a refermé pas fier, prêt […]
lire la suite .../ ...
Vous êtes d’humeur joyeuse, joviale, enjouée, et puis vous vous mettez à parler. Curieusement, votre voix est rogue, agressive, brutale, et vous ne pouvez pas la redresser : elle vous échappe. * « Covid » : inclusif·ve. * Les enfants, aux yeux desquels rien n’échappe, le moindre travers, le plus léger tic, le geste le plus innocent. * Projet de communication à l’Insee Ministère de l’Intérieur : (01) 49 27 49 27 Ministère des Affaires étrangères : (01) 43 17 53 53 Ministère de la Transition écologique : (01) 40 81 21 22 Ministère des Solidarités : (01) 40 56 60 00 Ministère des Affaires étrangères : (01) 43 […]
lire la suite .../ ...
Les filles portées sur les pulls trop longs, détendus, et qui cachent leurs mains dans l’extrémité de leurs manches. * Le seul endroit de Paris où les flacons de gel hydroalcoolique soient cadenassés : les couloirs de Radio France. * Les très gros, qui jouissent d’un supplément d’âme. Ils ont en plus ce qu’ils ont en trop. En plus d’être, ils sont gros. * La Fontaine : « J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique La ville et la campagne, enfin tout : il n’est rien Qui ne me soit souverain bien, Jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique. » * Le bouchon du carter […]
lire la suite .../ ...
On va à l’église, cela se passe à l’église, on retrouve quelqu’un à l’église, mais on se marie en l’église. C’est une préposition d’apparat. * Gravement / grièvement. * Les sales gueules, que le port du masque améliore. * Andràs Schiff : un pianiste sans doctrine particulière, ou plutôt un composé de doctrines différentes qui se neutralisent, et dont l’empilement est efficace en toute circonstance. Comme les chambres d’un Hilton : confortables, et résolument, profondément, sincèrement internationales. * La répugnance qu’on éprouve, enfant, à embrasser un vieillard, ridé et malodorant. * Les obsolètes : Les chanteurs des rues, qui poussaient la romance en […]
lire la suite .../ ...
3
commentaires
La glorieuse constipation de Luther, coincé, occlus, souffrant mille morts. Poussif. « Tu chieras à la sueur de ton front. » * Reprendre à zéro = reprendre à neuf ! * « Presse le pas, facteur, l’amitié n’attend pas ! » * Cette jeune femme, tous les matins, sur le quai de la gare, à la même heure et au même endroit. Toujours tapant des sms sur son téléphone, le bout du pied droit marchant sur le bout du pied gauche, à quatre-vingt dix degrés, comme si elle avait envie de faire pipi. Très jolie femme, très moche posture. * « C’est tout une histoire », ou « c’est […]
lire la suite .../ ...